Deux heures avec Henri IV, ou le Délassement du bon Français - Recueil historique et anecdotique destiné aux jeunes militaires

Deux heures avec Henri IV, ou le Délassement du bon Français - Recueil historique et anecdotique destiné aux jeunes militaires

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Français
82 pages

Description

D’UN côté, des discordes intestines mal contenues par l’autorité, n’attendent qu’un gouvernement foible pour désoler la France ; de l’autre, les maisons de Foix et d’Albret dépouillées de la Navarre, par l’injuste Ferdinand, avoient transmis à la maison de Bourbon leurs droits violés et leur haine impuissante. Le respectable Henri d’Albret, qui, de son mariage avec l’illustre Marguerite, sœur de François Ier, n’a eu qu’une fille, attend le moment où sa brebis enfantera un lion.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 25 octobre 2016
Nombre de lectures 7
EAN13 9782346119981
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Jean-Baptiste-Augustin Hapdé
Deux heures avec Henri IV, ou le Délassement du bon Français
Recueil historique et anecdotique destiné aux jeunes militaires
PRÉFACE
UN grand nombre de jeunes militaires furent appelés au combat à l’âge où la lecture vient orner l’esprit ; une foule d’autres, enlevés au commerce et à l’agriculture, ne purent recevoir que l’instruction nécessaire à la p rofession qu’ils devoient exercer. Beaucoup parmi eux portent comme récompense de leur valeur, l’effigie deHenri IV, modèle des rois, exemple des conquérans, père du so ldat ! La plupart de ces jeunes guerriers ne peuvent donc pour ainsi dire, connoîtr e de ce héros, que le nom à jamais illustre, et ce chant national qui électrise toutes les âmes. Ce motif m’a fait naître l’idée de former ce Recuei l : il est peu volumineux. Le soldat français, on le sait, préfère enrichir l’histoire d e nouveaux traits héroïques, à lire ceux des siècles passés. DEUX HEURES suffiront à ces braves, pour être instr uits des principaux faits mémorables qui immortalisent Henri IV. Ils le suivr ont depuis son berceau, jusqu’au jour fatal qui le ravit à l’amour de ses sujets et à la contemplation de l’Europe. Ils sauront quels furent ses travaux, ses adversités, s a persévérance, ses ennemis, son courage, ses victoires, sa clémence, sa sagesse et son esprit. Dans un camp, étant assis auprès d’un faisceau, dan s la ville, en veillant à la sûreté publique, ils liront ce précis qui ne manquera poin t de leur fournir plus d’un rapprochement. Pourront-ils ne pas comparer le bon Roi qu’ils servent aujourd’hui, à son illustre ancêtre, en trouvant chez Henri IV ce même amour pour le peuple, cette même sollicitude pour l’armée, cette même modératio n, cette même bonté, cette même justice qui attirent àLouis-le-Désiré, les cœurs de tous ses sujets, fixent à jamais sur lui l’admiration de l’étranger, et font que partout on s’écrie : Peureux le 1 peuple qui possède un tel monarque ! Je n’ai point eu d’autre but en faisant ceRecueil, persuadé d’ailleurs que propager les vertus et les actions des grands hommes, c’est se rendre utile à son pays.
1Cet excellent prince s’exprimoit encore ainsi aprè s la grande revue qui eut lieu le 14 janvier : « Général Maison, dites aux troupes que j e suis très-content : dites-leur qu’en s’éloignant de ma résidence, elles ne s’éloignent p as de ma pensée. Ma BRAVE ARMÉE y est toujours présente. » Qu’auroit dit de p lus Henri IV ?
PORTRAIT DE HENRI IV
PLUSIEURS historiens nous ont offert le portrait de Henri-le-Grand ; Péréfixe dépeint ainsi sa figure : nous laisserons ensuite à Sully l e soin de tracer le caractère d’un monarque dont il fut le ministre et l’ami. « Henri IV, dit Péréfixe, avoit le front large, les yeux vifs, le nez aquilin, le teint vermeil, la physionomie douce et majestueuse, et ma lgré cela l’air martial ; le poil brun et assez épais ; il portoit la barbe large et les c heveux courts. Il commença à grisonner dès l’âge de 35 ans. A ce sujet, il avoit coutume d e dire à ceux qui s’en étonnoient : C’eSt le vent de meS adverSitéS qui a Soufflé là.» Ecoutons maintenant Sully : « La nature prodigua à ce prince toutes ses faveurs , excepté celle d’une mort telle qu’il devoit l’espérer. Ses manières étoient si fam ilières et si engageantes, que ce qu’il y mettoit quelquefois de majesté n’en déroboit jama is entièrement cet air de facilité et d’enjouement qui lui étoit naturel. Il étoit né gén éreux, vrai, sensible et compatissant. Il avoit pour ses sujets la tendresse d’une mère, et p our l’Etat l’attachement d’un père de famille. Cette disposition le ramenoit toujours, et du sein même des plaisirs, au projet de rendre son peuple heureux et son royaume floriss ant. De là cette fécôndité à imaginer, et cette attention à multiplier une multi tude de réglemens utiles. Il seroit difficile de nommer une branche de l’administration , et même une condition sur laquelle ses réflexions ne se soient portées. Il vo uloit, disoit-il, que la gloire disposât de ses dernières années, et les rendit tout ensembl e agréables à Dieu et utiles aux hommes. L’idée du grand et du beau se trouvoit plac ée comme d’elle-même dans son esprit ; ce qui lui faisoit regarder l’adversité co mme un simple obstacle passager. Le temps est la seule chose qui lui ait manqué pour co nduire ses utiles projets à leur fin. L’ordre et l’économie étoient des vertus nées avec lui, et ne lui coûtoient presque rien. Jamais monarque n’auroit été plus en état de se pas ser de ministres : le détail des affaires n’étoit point pour lui un travail, mais un amusement. Les princes qui veulent s’occuper du gouvernement de leurs Etats, se trouve nt souvent incapables ou de s’abaisser au détail des affaires, ou de s’élever à des objets plus importans. Mais l’esprit de Henri savoit se proportionner à tout. S es différentes lettres en sont autant de preuves ; et l’usage où l’on étoit de s’adresser à lui directement pour de simples bagatelles, le démontre encore plus clairement. Ce prince, par de continuelles réflexions sur les effets de la colère, par l’usage d’une longue adversité, par la nécessité de se faire des partisans, enfin par la t rempe d’un cœur tourné vers la tendresse, avoit converti ses premiers transports s i bouillans en de simples mouvemens d’impatience qui se faisoient apercevoir sur son visage, dans son geste, et plus rarement dans ses paroles. Malgré l’extérie ur grave dont la majesté royale sembloit imposer la nécessité, il se livroit volont iers à la douce joie que l’égalité des conditions répand dans la société. Le vrai grand ho mme sait se plier aux plaisirs de la vie privée ; il ne perd rien à s’abaisser ainsi dan s le particulier, pourvu que, hors de cette sphère, il se montre également capable des de voirs de son rang ; mais le courtisan se souvient toujours qu’il est avec son m aître. Après avoir loué ce prince d’une infinité de qualit és vraiment estimables, il ne faut pas dissimuler les défauts qui les ont obscurcies. Je m’imaginerois, ajoute M. de Sully, n’avoir travaillé qu’à demi pour l’instruction des hommes et surtout pour celle des. princes, mon principal objet étant de satisfaire le s uns et les autres, si je retranchois quelque chose de mon tableau. Je veux ouvrir devant eux le cœur où tant de grandeur
se trouve mêlée à tant de foiblesse, afin que l’une devienne plus sensible par l’autre, et qu’ils se tiennent d’autant plus en garde contre une passion dangereuse. Cette passion pour les femmes, sa douceur souvent poussée jusqu’à la foiblesse, et son penchant pour tous les plaisirs, lui firent perdre du temps et l’entraînèrent dans de folles dépenses. Mais pour donner à la vérité ce qu ’on lui doit des deux côtés, avouons que ses ennemis ont beaucoup exagéré ses dé fauts. Il fut, si l’on veut, l’esclave des femmes ; mais jamais elles ne décidèr ent du choix de ses ministres, ni du sort de ses serviteurs, ni des délibérations de son conseil. Ses autres défauts peuvent également être regardés comme des foiblesse s. Il suffit de voir ce qu’il a fait, pour convenir qu’il n’y a aucune comparaison à faire dans sa personne entre le bien et le mal ; et puisque l’honneur et la gloire ont touj ours eu le pouvoir de l’arracher au plaisir, oh doit les reconnoitre pour ses grandes e t véritables passions. »
DEUX HEURES AVEC HENRI IV, OU LE DÉLASSEMENT D’UN BON FRANÇAIS
Dr l’autorité, n’attendent qu’un’UN côté, des discordes intestines mal contenues pa gouvernement foible pour désoler la France ; de l’a utre, les maisons de Foix et d’Albret dépouillées de la Navarre, par l’injuste F erdinand, avoient transmis à la maison de Bourbon leurs droits violés et leur haine impuissante. Le respectable Henri er d’Albret, qui, de son mariage avec l’illustre Margu erite, sœur de François I , n’a eu 1 qu’une fille, attend le moment oùsa brebis enfantera un lion. Ce moment arrive :voici
1Ce sont les propres termes de Henri Albret.