//img.uscri.be/pth/669e07c26b192abd44764101736ceec02ccb83e7
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Discours du récit

De
448 pages

Discours du récit


Ce volume réunit deux " essais de méthode " : Discours du récit, contenu en 1972 dans Figures III, et Nouveau discours du récit, publié en 1983. Le second présente une mise à jour théorique du premier, à la lumière des commentaires qu'il a suscités, et des avancées de la recherche qui en sont résultées.


Élaborés à partir d'une étude rigoureuse du régime narratif de la Recherche du temps perdu, ces deux ouvrages complémentaires sont aujourd'hui largement considérés comme fondateurs d'une des disciplines majeures de la poétique : la narratologie, ou analyse structurale des formes et des procédés du récit, particulièrement dans le champ de la fiction littéraire.


Voir plus Voir moins
Discours du récit
Gérard Genette
Discours du récit
Éditions du Seuil
Le présent ouvrage regroupe « Discours du récit », publié initialement dansFigures IIIen 1972, etNouveau discours du récit, publié en 1983.
ISBN9782757805381 re (ISBNpublication de9782020020398, 1 Figures III) re (ISBNpublication de9782020066273, 1 Nouveau discours du récit)
© Éditions du Seuil, 1972, 1983, et septembre 2007, pour la présente édition et la composition du volume
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de lauteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Discours du récit essai de méthode
Avantpropos
L'objet spécifique de cette étude est le récit dansÀ la recherche du temps perdu. Cette précision appelle immédia tement deux remarques d'inégale importance. La première porte sur la définition du corpus : chacun sait aujourd'hui que l'ouvrage ainsi dénommé, et dont le texte canonique est établi depuis 1954 par l'édition ClaracFerré, n'est que le dernier état d'uneœuvre à laquelle Proust a travaillé pour ainsi dire toute sa vie, et dont les versions antérieures se dispersent, pour l'essentiel, entreles Plaisirs et les Jours (1896),Pastiches et Mélanges(1919), les divers recueils ou inédits posthumes intitulésChroniques(1927),Jean Santeuil 1 (1952) etContre SainteBeuveet les quelque(1954 ), quatrevingtscahiersdéposés depuis 1962 au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale. Pour cette raison, à quoi s'ajoute l'interruption forcée du 18 novembre 1922, laRecherche, moins qu'aucune autre, ne peut être considé rée comme uneœuvreclose, et il est donc toujours légitime et parfois nécessaire d'en appeler pour comparaison du
1. Les dates rappelées ici sont celles des premières publications, mais nos références renvoient naturellement à l'édition ClaracSandre en deux volumes (Jean Santeuilprécédé desPlaisirs et les Jours;Contre SainteBeuveprécédé dePastiches et Mélangeset suivi deEssais et Articles), Pléiade, 1971, qui contient de nombreux inédits. Encore fautil parfois, en attendant l'édition critique de laRecherche, continuer de recourir à l'édition Fallois duContre SainteBeuvepour certaines pages empruntées auxCahiers.
10
Discours du récit
texte « définitif » à telle ou telle de ses variantes. Cela est vrai aussi pour la tenue du récit, et l'on ne peut méconnaître, par exemple, ce que la découverte du texte « à la troisième personne » deSanteuilapporte de perspective et de signifi cation au système narratif adopté dans laRecherche. Notre travail portera donc essentiellement sur l'œuvre ultime, mais non sans parfois tenir compte de ses antécédents, considérés non pas pour euxmêmes, ce qui n'a guère de sens, mais pour la lumière qu'ils peuvent ajouter. La seconde remarque concerne la méthode, ou plutôt la démarche adoptée ici. On a pu déjà observer que ni le titre ni le soustitre de cette étude ne mentionnent ce que je viens de désigner comme son objet spécifique. Ce n'est ni par coquetterie ni par inflation délibérée du sujet. Le fait est que bien souvent, et d'une manière peutêtre exaspérante pour certains, le récit proustien semblera ici oublié au profit de considérations plus générales : ou, comme on dit aujour d'hui, la critique s'effacer devant la « théorie littéraire », et plus précisément ici la théorie du récit ounarratologie. Je pourrais justifier et clarifier cette situation ambiguë de deux façons très différentes : soit en mettant franchement, comme d'autres l'ont fait ailleurs, l'objet spécifique au service de la visée générale, et l'analyse critique au service de la théorie : laRecherchene serait plus ici qu'un prétexte, réservoir d'exemples et lieu d'illustration pour une poétique narrative où ses traits spécifiques se perdraient dans la transcendance des « lois du genre » ; soit en subordonnant au contraire la poétique à la critique, et en faisant des concepts, des classi fications et des procédures proposés ici autant d'instruments ad hocexclusivement destinés à permettre une description plus exacte ou plus précise du récit proustien dans sa singu larité, le détour « théorique » étant à chaque fois imposé par les nécessités d'une mise au point méthodologique. J'avoue ma répugnance, ou mon incapacité, à choisir entre ces deux systèmes de défense apparemment incompa tibles. Il me paraît impossible de traiter laRecherche du