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Dom Luiz, roi d'Espagne et de Portugal

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Le gouvernement provisoire qui a accepté la tâche lourde et périlleuse, — mais non sans gloire, — de régir l’Espagne, a décrété que la forme de gouvernement, quelle qu’elle soit, qui sortirait du suffrage universel largement étendu, librement exercé, serait celle que le peuple espagnol devrait reconnaître et respecter. Plus tard, le ministère accepta ce programme, et suivant l’exemple de la France, un peuple puissant, brave, généreux, sera appelé, pour la première fois, à décider de son sort, et à appliquer à son profit, — de son plein gré, sans pression, — le suffrage universel.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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T. Van Veerssen

Dom Luiz, roi d'Espagne et de Portugal

I

Le gouvernement provisoire qui a accepté la tâche lourde et périlleuse, — mais non sans gloire, — de régir l’Espagne, a décrété que la forme de gouvernement, quelle qu’elle soit, qui sortirait du suffrage universel largement étendu, librement exercé, serait celle que le peuple espagnol devrait reconnaître et respecter. Plus tard, le ministère accepta ce programme, et suivant l’exemple de la France, un peuple puissant, brave, généreux, sera appelé, pour la première fois, à décider de son sort, et à appliquer à son profit, — de son plein gré, sans pression, — le suffrage universel.

Epreuve solennelle, progrès immense, succès pour les idées libérales, en ce qu’une nation, libre dans son choix, sera seule l’arbitre de sa destinée !

Mais n’est-il pas à craindre que ce peuple qui, jusqu’ici, n’a jamais été appelé à exercer sa volonté politique, ignorant ses droits, peu familiarisé avec les notions de liberté et d’opinion individuelle, se drapant dans sa superbe indifférence, ne comprenne ni les bienfaits ni l’importance de ce droit ? Se rendra-t-il bien compte de la portée de son acte, de la nécessité de voter, et des conséquences de son vote ? ne peut-on pas craindre qu’il ne s’abstienne ?

*
**

Cette crainte est permise à ceux qui ont observé les événements de l’Espagne dans ces dernières années. Tous ces soulèvements, tous ces pronunciamentos isolés qui ont détourné les troupes de leurs devoirs, et qui rappellent le temps du Bas-Empire, ont été des révoltes et non des révolutions. Accomplies en dehors de la nation, leur succès apparent a été dans l’apathie des populations, curieuses, mais restant neutres ; elles regardaient, discutaient, mais laissaient faire. Jusqu’ici, pas d’élan national, pas d’unité, pas d’ensemble, pas de ces levées de boucliers provoquées par l’amour de la patrie en danger, pas de ces dévouements héroïques, sauf un seul peut-être, qui font des martyrs, affranchissent un peuple et provoquent le réveil de la liberté.

Ces révoltes étaient fomentées par des mécontents, des ambitieux, des ingrats. Si la dernière insurrection a réussi, si elle a pris des proportions énormes pour aboutir à une révolution, c’est par l’indifférence du peuple qui, comprenant qu’il était l’enjeu d’une partie jouée au-dessus de sa tête, sans avantages pour lui, s’est abstenu. Si la reine eût été à Madrid, le prestige de son rang, de sa naissance, l’entente des chefs du gouvernement eussent conjuré l’orage — peut-être — et elle serait reine encore. Mais elle était absente, elle eut peur de revenir au palais, craignant d’être prisonnière ; mais elle était isolée de la nation par un entourage malsain et représentée par des ministres déconsidérés et odieux.