Dynamiques de l ethnicite en Afrique

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How does one think about the form of the State in its management of conflicting ethnic groups in positive light in Africa in the present and in the future? Ethnic reality in Africa continues to be the principal determining factor of individual and collective existence, constituting an obstacle to the normal operation of its States, which often fail or collapse. In the global era, the re-organisation of power and of thought in plural societies leads to socio-political and geopolitical stabilisation. The author here argues for the implementation of �deliberative democracy� or �governance under the tree� as a synthesis of liberal and republican democracy based on the �win-win� principle, different from majoritarian democracy where the �winner takes all�. The theory of the multinational state thus proposes a constitutional, political and conceptual innovation in the plural societies of the 21st century: it entails restructuring the imagination to allow a global shift in African political thought, its needs, desires, quests, expectations and hopes.

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Date de parution 12 mai 2014
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EAN13 9789956792481
Langue Français

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Dynamiques de l’ethnicité en Afrique
Par Pascal Touoyem
Eléments pour une théorie de l’Etat multinational
Comment imaginer la forme de l’Etat dans sa gestion de la cohabitation tendue des
ethnies sous un angle positif pour l’Afrique aujourd’hui et demain ? La réalité ethnique
en Afrique continue d’être déterminante comme dimension absolue de l’existence
individuelle et collective, au point de constituer une hypothèque grave pour ce qui
est du fonctionnement normal de ses Etats. C’est pourquoi le continent est riche en
Etats faillis (failed), effondrés (collapsed), ou en passe de le devenir (collapsing). A l’ère
globale, la stabilisation sociopolitique et géopolitique des sociétés plurales passe par
une réorganisation du pouvoir et fi nalement, de la pensée. L’auteur procède ici à un `
plaidoyer à travers une invention capitale : la démocratie palabrique ou la gouvernance
sous l’arbre comme synthèse de la démocratie libérale et de la démocratie républicaine
correspondant à une démocratie combinatoire fondée sur le principe du wim-win qui
se distingue de la démocratie majoritaire du système politique contemporain basée Dynamiques de
sur le principe du winner takes all. La théorie de l’Etat multinational ouvre ainsi la
perspective d’une innovation constitutionnelle, politique et conceptuelle des sociétés l’ethnicité en Afrique plurinationales au XXIe siècle : celle d’une refondation de notre imaginaire pour une
réorientation globale de la pensée politique africaine dans ses besoins, ses désirs, ses
quêtes, ses attentes, et ses espérances. Eléments pour une théorie de l’Etat multinational
* * *
Pascal TOUOYEM est titulaire d’un Doctorat/PhD en Philosophie, Tilburg University, the
Netherlands, sous la co-direction des Professeurs Wim van Binsbergen et Wouter van Beck.
Philosophe et anthropologue camerounais, il est enseignant-chercheur en peace & development
studies, intercultural & human rights philosophy, african studies dans les Universités camerounaise
et africaine. Le diplômé tilbourgeois est membre du « Groupe de Référence sur la Sécurité et
la Gouvernance en Afrique » coordonné par le SIPRI, Stockholm International Peace Research
Institute, Sweden. Il a dirigé depuis 7 ans le Service Œcuménique pour la Paix et sa revue Dialogue
& Reconciliation (ONG soutenue par une quinzaine de contrats de fi nancement des bailleurs
de fonds bilatéraux et multilatéraux). Aujourd’hui, l’auteur préside aux destinées du Centre
interdisciplinaire pour le développement et les droits humains (CIPAD), ONG avec Statut consultatif
spécial auprès de l’Onu.
Langaa Research & Publishing African Studies Centre
Common Initiative GroupP.O. Box 9555
P.O. Box 902 Mankon
2300 RB Leiden
BamendaThe Netherlands
North West Region
www.ascleiden.nl
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PO Box 902 Mankon
Bamenda
North West Region
Cameroon
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African Studies Centre
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2300 RB Leiden
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Couverture: Scènes de minipalabre au Nord Cameroun (technologie africaine de la palabre)
Photos : Pascal Touoyem, CIPAD An African Peace Forum Service

ISBN : 9956-791-33-4
LQHV FD VDIU WXG �e UH W&HQ DDH �/DQJ


Table des matières
0 INTRODUCTION 1
L’anthropologie politique et philosophique comme réflecteur
herméneutique principal des structures et dynamismes fondamentaux
de l’Afrique noire moderne 1
Cadre conceptuel et opératoire 3
Elucidation notionnelle 3
Prise en charge critique de la spécification du fait ethnique et ses
corollaires en Afrique noire 7
Problématique et cadre théorique : champ de questionnement 8
Cadre méthodologique 9
Finalité de l’étude 11
Structure de l’étude 11
PREMIERE PARTIE :
ENJEUX DE LA MODERNITE POLITIQUE EN AFRIQUE :BASES DE L’ORDRE
POLITIQUE CONTINENTAL DES ETATS-NATIONS, PROCES D’ETATISATION ET
ORDRES IDENTITAIRES 13
Liminaire 14
1 REJET DE L’IDEAL DETERMINISTE ET REDUCTIONNISTE
DE LA « STATOLITE » 17
Fondements théoriques et épistémologiques de l’État 17
L’avènement de l’État moderne en Afrique noire: présupposés
épistémo-politiques 20
Institutions étatiques et legs de la pensée dominante 22
Implications idéologiques du « pouvoir » individuel :
la pensée unique 23
Bilan de la faillite en Afrique noire 26
Les causes socio-historiques de la faillite 28
2 LA MEMOIRE INTERNATIONALE DE L’AFRIQUE ET LES FIGURES
DE LA DOMINATION 33
L’État-nation comme paradigme politique dominant 33
Organisation verticale de l’État 37
Examen des glaciations multiples des figures de l’État-nation 38
Repérage des catégories dominantes 40
État-nation et modernité négro-africaine : les voies de restructuration
théorique et pratique 41
vNature, structure et itinéraire de légitimation de l’État-nation dans la
modernité négro-africaine 42
Mutation de l’État-nation vers le moment ethnique : l’embargo
contre Marx 45
L’État postcolonial et la nécessité théorique d’une nouvelle
construction politique 51
3 MODALITES D’ERADICATION DU DOLORISME NEGRE 57
Les impensés idéologiques 57
Exclusivisme ethnique et micro-étatisme balkanisateur comme
fossoyeurs de l’intentionnalité « palabrique » du pardon 61
Pour un patrimoine constitutionnel commun des sociétés politiques 68
Passage des positions hégémoniques à l’intercommunication 70
De la conflictualité instituante à la tolérance 70
En guise de conclusion 71
DEUXIEME PARTIE :
LA « STATOLITE » A L’EPREUVE DES LOGIQUES IDENTITAIRES.
CRISE DE LA PERCEPTION ET DE LA SIGNIFICATION DE L’ETHNICITE 73
Liminaire 74
4 CONJONCTURE CRITIQUE DE L’ETHNICITE ET EBRANLEMENT DES
FONDEMENTS DE LA FIGURE ETATIQUE 77
Sortir de l’illusion transcendentale de l’ethnicité 77
La gouvernance identitaire, un calembour sérieux dans la dialectique du
progrès et du droit des peuples à l’autodétermination en Afrique 80
De la fragilité théorico-pratique de la gouvernance aux croisements
de la « question anglophone » au Cameroun 81
Sociétés multi-ethniques et/ou plurales dans l’institution étatique
en crise en Afrique 84
Les dynamiques externes de la transnationalisation de la vie
international des États 90
Le paradigme d’Addis-Abeba et l’hypothèse du monde
trans-étatique/trans-ethnique post-Addis-Abeba 92
La fin des territoires politico-étatiques et la montée
des territoires ethniques 94
5 L’INTERETATIQUE TRANSNATIONALE ET SES DYNAMIQUES
POLITICO-IDENTITAIRE 97
L’épistémologie de la « structure » et ses implications sur
le théâtre des opérations politico-identitaires 97
Réseaux marchands trans-étatiques : les géographies réelles
de la circulation 100
vi La consolidation d’une structure sociale régionale en Afrique noire :
la montée d’une structure publique transnationale 102
Dynamiques et figures de la publicité transnationale 105
L’enchevêtrement des citoyennetés et dynamiques identitaires 108
6 REVALORISATION DE LA REFERENCE NATIONALE ET CITOYENNE
DANS LES POSTURES TRANSNATIONALES 115
Une transnationalité de plus en plus accrue des logiques
politico-identitaires 115
Les communautés trans-étatiques de sens ou l’émergence
d’un espace délibératif et critique transnational 117
L’émergence timide d’une société civile transnationale à travers
les cadres trans-étatiques d’action collective 119
Economie politique de la construction trans-étatique des sociétés
civiles dans la modernité négro-africaine 120
Les ordres étatiques au cœur de la civilité transnationale 126
En guise de conclusion : De la crise globale à la prise du pouvoir local :
recomposition transnationale du champ interétatique dans la politique
contemporaine négro-africaine 133
TROISIEME PARTIE :
PERSPECTIVES NOUVELLES SUR LA COHABITATION ETHNIQUE DANS
LA POLITIQUE AFRICAINE CONTEMPORAINE 135
Liminaire 136
7 FONDEMENTS ET ENJEUX D’UN ETAT MULTI-ETHNIQUE AFRICAIN 141
Comment édifier l’État-nation africain ? 144
Les tribus contre l’État 153
Les limites de l’idéal démocratique et organisationnel 153
Les ressources de la tribalité: assurer la consécration républicaine
des micro-nations sociologiques 154
8 L’AFRIQUE DANS LE TEMPS DU MONDE.POUR UN ÉTAT
TRANS-ETHNIQUE DANS UNE ESPACE PAN-ETHNIQUE 159
Question de méthodologie 159
Normes et politiques internationales africaines : la démocratie
de transit 166
L’obsolescence de l’équilibre ethno-régional ou le masque
de dissimulation des pratiques politiques décivilisées 167
La pertinence des équilibres politiques 170
Emergence de nouveaux équilibres 171
Le « power-sharing » comme technologie d’ordonnancement
de la pluralité sociale? 173
Repenser l’État et préserver la tribalité 177
vii 9 VERS LA FORMATION D’UN PATRIMOINE CONSTITUTIONNEL COMMUN
DANS LES SOCIETES MULTI-ETHNIQUES ? 181
Les fondements constitutionnels 181
Pré-conditions pour une base de discussion sur les arts de gouverner
dans les sociétés plurales aujourd’hui 184
Libérer l’horizon de l’ontologie de la créativité culturelle et
l’énergétique de la liberté 198
Vers un pacte républicain rénové de la multi-ethnicité 203
En guise de conclusion 207
10 CONCLUSION GENERALE 209
Pour une ontologie de l’altérité et d’intégration interculturelle comme
dialectique normative de liberté, de responsabilité et de paix 209
Bilan de la dissidence étatique dans la modernité négro-africaine 210
Epilégomènes : des axiomes contre l’incurie générale 213
Enrichissement théorique de l’État et de l’ethnicité dans l’ordre
politique de l’immanence négro-africaine 219
Plaidoyer pour une « alternative interculturelle » et pour un « interculturel
radicalement alternatif » 220
Thèses minimales sur le statut de la théorie interculturelle 221
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 225
ANNEXE 235
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Introduction
et philosophique comme réflecteur herméneutique
$IULTX HO� HQWDX[ HVIRQGDP QDP G\ HVHW UXFWXU VV GH SDO SULQF
oderne
Le projet épistémologique qui nous habite, est déterminé par deux considérations
théoriquement distinctes mais pratiquement imbriquées j VDYRLU G�XQH DUW OD WXU H SUREOpPDWLTXH GX


comme objet de recherche ne participe pas du domaine des données
consacrées et légitimées de la recherche en Afrique
dominante est dans une large mesure en rapport de complicité avec la doxa. Le silence et
parfil du temps son
indigènes, autochtones ou encore hétérodoxes.
etre part,
postmoderne, les théories postcoloniales ont emprunté leurs outils heuristiques et
méthodologiques aux Subalterns et aux Cultural Studies. nt des cadres analytiques de la
alias mondialisation
qui a suscité un vif intérêt pour le « -bas ».
OLJHU pJ
bas HQ PRXYHPHQW DXMRXUG�KXL 8QH
Afrique qui, en marge des grands discours prophétiques sur son effondrement, ses crises,
informelles et neuves, malmenant les civilités conventionnelles et officielles, mais qui
justifient la perdurance sociale. Derrière les métamorphoses de la désintégration sociale et de
. Un tableau complexe de la vie
développement coexistent
avec des trajectoires originales de création ; des conceptions identitaires naissent ou se sont
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reformulées.
Arcune extraordinaire puissance de résistance, co
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des catégories et discours traditionnels. Plus que jamais, il faut une nouvelle stratégie de
des-
odépeindre les expériences et les souvenirs de ceux ou de celles qui sont au centre de ces
transformations.
-sociale et
politique de la modernité négro-africaine que voudra
onyme de cette étude : « PXOWLQDWLRQDO QRXV SHUPH W GH
scruter les diverses modalités de la cohabitation inter-ethnique en Afrique noire. Il est
question de ressortir les lieux, les niveaux, les questions et les diverses médiations institutionnelles
DQV O�LQVWLWXWLRQ pWDWLTXH HOOH -
VW F�H GH DJHU pJ pVRUP DLV XQH , des territoires de la
fait ethnique
épistémique néfaste. Ce silence, au niveau de la production des savoirs interculturels constitue
pour nous, un obstacle
quasisource de notre détermination. On ne peut tenter une telle étude sur les enjeux
anthropologiques et
épistémolieux communs.
Tout notre effort consistera donc à « » un objet
anthropologiquement pertinent. Ainsi constitué en réflecteur herméneutique principal,
politique poursuit un projet fort ancien orientant déjà la réflexion d Aristote
dans sa Politique : la définition de l naturellement » politique. Elle
apparaît, sous sa forme moderne, comme une discipline de constitution tardive ; elle délimite
alors un domaine d
représentations). Ce qui revient à dire que l anthropologie politique est un instrument de
découverte et d étude des diverses institutions et procédures assurant le gouvernement des
hommes, ainsi que des systèmes de pensée et des symboles qui les fondent et les légitiment ;
-p
anthropo-sociale. Définir l anthropologie politique, c est suggérer les buts principaux qui
déterminent sa visée : une interprétation élargie du politique qui ne lie ce dernier ni aux seules
sociétés dites historiques, ni à l existence d un appareil étatique ; une élucidation des
processus de formation et de transformation des systèmes politiques, à la faveur d une recherche
parallèle à celle de l historien ; une étude comparative appréhendant les différentes
expressions de la réalité politique, non plus dans les limites d une histoire particulière celle de
l Europe mais dans toute leur extension historique et géographique. Longtemps considérée
comme une spécialisation marginale de l anthropologie, cette discipline neuve a été le sujet de
nombreux malentendus et débats, dont les principaux résidaient dans la définition et la
détermination de l instance politique. Ce nouveau mode d appréhension de la réalité politique
induit une nouvelle représentation scientifique des sociétés, y compris des sociétés qualifiées de
primitives. Le politique est alors situé non plus sur le terrain des institutions formelles mais,
dans une perspective dynamiste, sur celui des actions visant à maintenir ou modifier l ordre
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établi.

én-soi, est nécessairement
poli-politique. Existentielle et
contextuelle, certes, articulant théorie et pratique bien évidemment, la philosophie est tout
cela. Cette perspective dynamiste s
rmet une reformulation africaine de ses structures et dynamismes fondamentaux et nécessite
alors de déterminer son cadre conceptuel et épistémique de même que les éléments de la
problématique.
Cadre conceptuel et opératoire
Le travail scientifique est avant tout une entreprise de nettoyage conceptuel. Celui-ci permet

iemploi doxique et erroné des concepts. Dans la pratique scientifique en effet, la reconduction
ait appeler, dans
suicide épistémologique » : les mots de la langue
usuelle comme les concepts qui les expriment sont toujours ambigus et le savant qui les
exaux graves confusions (Durkheim 1930 :1). La précision sémantique des concepts ne consti-
; elle garantit aussi
finis. En fait, dans la perspective bourdieusienne de la
définition contextualisée LQLWLRQ TXH \VWpPLTXH HW VRQW
(Bourdieu & Wacquant 1992 : 71).
Q LWRLUH UU scientifique
sera empiriquement définie. La définition empirique et opératoire de
appellera également celle de la configuration
géo-à-dire la modernité négro-africaine.
Elucidation notionnelle
Ethnicité et interculturalité : de leur prise en charge définitionnelle
RPPH REpLVVDQW j XQH LRQDOLWp instrumentale de modernisation
1autoritaire (Marcuse 1968 :
2288) ou de la « violence symbolique » de Pierre Bourdieu , semble heuristiquement fécond et
1 Marcuse, Herbert (1898-1979), théoricien de la gauche radicale et membre de l école de Francfort. Le
mouvement estudiantin et la contre-culture de la fin des années 1960, contestataires et revendicateurs, se sont
reconnus dans la pensée politique de Herbert Marcuse, qui affirme la nécessité de freiner le processus
démocratique pour résoudre certains problèmes sociaux. Selon lui, le plus grand défi jeté à l'ordre établi dans l avenir
émanera des étudiants et de groupes minoritaires voire marginaux plutôt que des travailleurs, en passe
DS G�LGUqVOX entériner le statu quo GHV� HW ntégrer au système dominant.
2 Les concepts fondamentaux de la sociologie de Pierre Bourdieu sont ceux d « habitus », « champ » et «
capital ». Dans la relation entre le sens vécu et le sens objectif, l habitus est le système de dispositions durables et
transposables dont sont dotés les agents sociaux. Les champs sont les espaces de la vie sociale qui deviennent
H UHODWLR GH UFHVHVVRX G� HQM U VR URSUH RQ DUOHUD DLQVL
par exemple, du « champ économique », du « champ scientifique » ou du « champ politique »). La notion de
capital n est pas, chez Pierre Bourdieu, uniquement économique. C est ainsi qu on trouve, dans ses analyses,
des formes de capital symbolique ou culturel hétérogènes (il s agit donc d une sorte de généralisation de la
notion marxiste de capital). La prise en compte de la dimension symbolique de la réalité sociale est donc
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