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Ebisu 1

96 pages
Premier numero d'une longue serie (comptant 27 volumes fin 2001), ce livre marque le desir qu'ont ressenti les japonologues vivant au Japon de faire connaitre leur travaux.
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Ebisu
nUl11éro I, avril-juin 1993

@ l' Harmattan, 1993 ISBN: 2-7384-2047-8
Rédacteur en chef :

Olivier ANSART
Rédaction:

Maison Franco-Japonaise, 2-3, Kanda Surugadai, Chiyoda-ku, Tokyo, 101 Japon. Tél. : (3) 3291 1144- Télécopie: (3) 3291 8360

EBISU

Etudes Japonaises
Bulletin de la Maison FrancQ- Japonaise

numéro 1 Avril - Juin 1993

L' Harmattan

Maison Franco-Japonaise de Tôkyô

SOMMAIRE
A van t - pro pos .. .. ... .. .. .. .. .. .. .. .. ... . ... .. .. .. ... .. .. . . .. .. .. ... .. .. .. .. .. .. .. ... .. .. .. .. 5

Fragmentation et recomposition des espaces économiques en Asie orientale: le Japon leader ou networker? François GIPOULOUX
Chargé de recfœrche au CNRS, Pensionnaire à la Maison Franco-Japonaise

7

L~s vertus et les rites dans la voie d'Ogyû Sorai Olivier ANS ART
Directeur français à la Maison Franco-Japonaise

25

Le rôle des commissions consultatives dans la décision politiqu e au Japon ........ ............... ....... .. .......... ..... ...... ... ........ .. . 49

SONE Yasunori
Professeur à ['Université du Keiô gijuku

La mort des Dieux
Des tin ée d es Di eux

-

étude iconographique

de peintures sur la
71

. .. . . .. ... .. .. .. .. .. .. .. . . . . . .. . . .. .. .. .. . . . .. . . .. .. .. .. .. .. ... .. .. .. .. .. .. .. ...

Erika PESCHARD- ERLIH
Pensionnaire à la Maison Franco-Japonaise

AVANT-PROPOS

Voici le premier numéro d'un bulletin d'études japonaises que la Maison Franco-Japonaise de Tôkyô souhaite désormais faire paraître quatre fois par an. Ebisu, un des Sept Dieux du Bonheur, est plus particulièrement celui de l'abondance et de la richesse. C'est aussi, et surtout, pour expliquer ce choix, le nom du quartier de Tôkyô où la Maison FrancoJaponaise s'installera en 1995. Ce n'est sans doute pas céder à la formelle modestie ambiante que de souligner que ce premier essai devra être amélioré: l'ambition de ce bulletin n'est pas facile à réaliser. Ebisu souhaiterait à chaque livraison proposer des articles: 10 sur l'art et la littérature; 20 sur l'économie, l'industrie et les finances; 30 sur la sociologie et la politique; 40 sur l'histoire des idées et la religion au Japon. Le pari que nous prenons est donc que les lecteurs recherchés - tous ceux qui portent un vif intérêt aux choses du Japon, quelle que soit leur domaine de compétence - sont prêts à faire l'effort requis pour lire hors de leur spécialité des textes que les spécialistes ne négligeront pas. Cet équilibre à atteindre entre l'érudition et la vulgarisation relèvet-il de l'acrobatie? En lançant ce premier numéro, nous sommes conscients de la difficulté de l'exercice, mais nous sommes persuadés qu'il reste trop à dire et à étudier sur le Japon, saisi comme un tout vivant, pour ne pas le tenter. Il va sans dire enfin que nous sommes curieux ou, plus que curieux, avides, des réactions des lecteurs avec qui nous souhaitons faire prospérer Ebisu. Olivier ANSART
Directeurfrançais
à la Maison Franco-Japonaise

5

Avertissement Les noms japonais sont transcrits dans l'ordre japonais: nom personnel derrière. Lorsque des caractères chinois sont insérés, il arrive qu'une simplification locale soit utilisée.

FRAGMENTATION ET RECOMPOSITION DES ESPACES ÉCONOMIQUES EN ASIE ORIENTALE: LE JAPON LEADER OU NETWORKER ?

François GIPOULOUX
Résumé Vu du Japon, le recentrage sur l'Asie de la région Asie-Pacifique semble constituer le fait marquant de la décennie 90. Il s'accompagne d'un autre phénomène remarquable: la diminution de la dépendance des pays asiatiques vis à vis du marché américain. Pourtant; le Japon ne sera pas le substitut du marché américain pour les économies asiatiques. Dans ce contexte, la constitution de zones régionales de coopération (mer du Japon, mer Jaune) semble être la conséquence du développement des échanges commerciaux et de flux d'investissements croisés qui se sont développés depuis une décennie. Une articulation plus visible apparaît désormais entre le Japon, les NIES, l'ASEAN et les zones côtières chinoises. Mais en raison de l'hétérogénéité extrême des espaces économiques, une solution unique visant à un regroupement institutionalisé n'est pas envisageable. En revanche, la multiplication des initiatives régionales favorise le Japon. Refusant d'être un leader explicite, il joue en fait le rôle d'un networker discret mais omniprésent, sinon indispensable. *I~~ *7 :;-7Y'- ~ ~~::13~:T~ 7}~~7t -11}m ? ~ ~ 7J 1)
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7

François GIPOULOUX

D'ici la fin du siècle, l'Asie orientale1 deviendra l'un des trois principaux foyers de l'économie mondiale, avec un PNB comparable à celui de la Communauté Européenne ou des Etats-Unis. Selon les prévisions du Nomura Research Institute, le taux de croissance des pays d'Asie devrait être, au cours de la décennie 90, le triple de celui du reste du monde2. Quel que puisse être le caractère aléatoire de telles prévisions -le différentiel des taux de croissance et la volatilité des taux de change rendent l'exercice risqué - il ne fait pas de doute que la rapide industrialisation des pays d'Asie orientale exercera une influence décisive sur la croissance et l'évolution du commerce mondial au cours des prochaines décennies. A la différence de l'Europe ou de l'Amérique du Nord, cependant, l'Asie est loin de constituer une entité économique cohérente, pour des raisons historiques, géographiques et culturelles qu'il n'est pas possible de développer ici. En marge du débat concernant les différents schémas d'intégration à l'oeuvre en Europe, en Amérique du Nord et en Asie - APEC (Asia Pacific Economic Cooperation), EAEC (East-Asia Economic Caucus), Zone de libre échange de l'ASEAN - une réflexion s'est développée depuis plus de deux ans au Japon sur les zones de coopération transnationales qui redessinent l'espace économique en Asie de l'Est: mer du Japon, mer Jaune, mer de Chine du Sud, etc. Ces nouvelles entités régionales aujourd'hui disjointes, forment déjà l'embryon d'une structure de coopération économique. Cette dernière sera-t-elle susceptible de se doter par la suite d'une armature institutionnelle, négociant de plain-pied, avec l'Europe et l'Amérique du Nord? Ce regain d'attention pour ce que l'on appelle, encore trop péjorativement, l'économie locale, a le mérite de remettre à l'honneur deux disciplines que le rapide essor des études de l'économie internationale avait éclipsé: la géographie et l'histoire économiques. Le recours à ces deux disciplines permet d'éclairer un phénomène que l'affrontement idéologique - aujourd'hui en voie d'extinctionavait occulté: l'exacer1?ation des différences culturelles, trait marquant des rivalités entre les trois pôles d'un espace économique que l'on a longtemps crû - à tort - relativement homogène.
1 Japon, Chine, NIES, ASEAN. Les NIES désignent ici la République de Corée, Taiwan, Hong Kong et Singapour. Les pays de l'ASEAN comprennent dans cette définition la Malaisie, la Thaïlande, l'Indonésie et les Philippines seulement. 2 Nomura Research Institute, Asia Focus, février 1993. Prévisions NRI, 1992, Il.1.

8

ESP ACES ÉCONOMIQUES

EN ASIE ORIENT ALE

L'intérêt suscité par la formation d'espaces régionaux transnationaux en Asie orientale apparaît en contrepoint d'un autre mouvement de fond: depuis le mileu des années 80, le centre de gravité de la région Asie-Pacifique se déplace vers l'ouest. Les échanges intra-asiatiques devraient surpasser les échanges transpacifiques au cours des années 90. Alors que la dépendance des pays asiatiques vis à vis du marché américain est en train de décroître, peut-on imaginer que le Japon se substitue aux Etats-Unis dans leur rôle de débouché principal pour les produits asiatiques? Très concrètement, le Japon
ira-t-il au delà du rôle qui était le sien jusqu'alors, celui d'un fournisseur

de biens d'équipement et de produits industriels pour animer un champ qui couvrirait l'investissement direct, les transferts de technologie, l'ouverture du marché des biens de consommation et celle du marché du travail? L'accélération des regroupements régionaux ne peut cependant masquer la hiérarchisation des relations économiques en Asie. Dès lors, la question est de savoir quel rôle y tiendra le Japon. Sera-t-il le centre - ou le sommet - d'un édifice économique et politique extrêmement hiérarchisé, ou bien sera-t-il le pays qui permet la mise en réseau d'espaces économiques aujourd'hui disjoints et hétérogènes, en nouant avec chacun des relations paritaires?
1. UNE STRUCTURE 1.1. Globalisation ÉCONOMIQUE À PLUSIEURS ÉTAGES

et régionalisation

d'ailleurs pas toujours contradictoires - caractérisant l'évolution de l'économie mondiale depuis une décennie. Les nouvelles dimensions qu'a pris la globalisation au cours des années 80 sont bien connues: au niveau macro-économique, elle s'est traduite par une extension considérable du commerce mondial, mais surtout de l'investissement direct à l'étranger, qui a progressé en moyenne annuelle, de 20% de 1983à 1988,quatre fois plus vite que les échanges mondiaux, entraînant un développement massif de la production en dehors du territoire national. Au niveau micro-économique, la globalisation a signifié la
.

Globalisation et régionalisation sont deux tendances - qui ne sont

multinationalisation des processus manufacturiers, grâce à la 'constitution de réseaux de sous-traitance internationaux et l'appro-

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