Écopsychologie

Écopsychologie

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Français
144 pages

Description

On ne pourra pas guérir la planète sans soigner l’esprit. L’écopsychologie va à la racine des problèmes écologiques en explorant les interrelations complexes entre la nature et la psyché humaine.

Les principaux axes de ce nouveau champ transdisciplinaire issu du monde anglo-saxon sont présentés : les origines de la déconnexion entre l’humanité et la nature, les raisons du hiatus entre l’information abondante sur les problèmes environnementaux et l’insuffisance des changements de comportement, la découverte de la nature comme dimension de notre identité et de notre inconscient, son rôle dans le développement de la personne.

Les différentes « écothérapies » qui existent ont pour but de permettre à la personne de sortir des sentiments d’impuissance et de découragement et faire des expériences de reliance avec les autres – humains et autres humains – ainsi qu’avec soi-même. Plusieurs exercices simples sont proposés au fil des chapitres.


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Informations

Publié par
Date de parution 24 mai 2017
Nombre de lectures 17
EAN13 9782889054558
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Écopsychologie
RETROUVER NOTRE LIEN AVEC LA TERRE
MICHEL MAXIMEEGGER
« L’écopsychologie voit les êtres humains guérir et s’épanouir en harmonie avec la guérison et l’épanouissement du monde naturel au sens large, dans 1 une grande célébration de la vie . »
Andy Fisher psychothérapeute
Du même auteur : La Terre comme soi-même. Repères pour une écospiritualité,Labor et Fides, 2012 Soigner l’esprit, guérir la Terre. Introduction à l’écopsychologie,Labor et Fides, 2015
Catalogue gratuit sur simple demande
Éditions Jouvence Rue François-Perréard 20 - CP 227 1225 Chêne-Bourg — Suisse Site internet :www.editions-jouvence.com Mail :info@editions-jouvence.com
© Éditions Jouvence, 2017 © Édition numérique Jouvence, 2017 ISBN 978-2-88905-455-8
Graphiques et tableaux :binocle.ch Image -Fotolia.com: © Elena Hölzer Suivi éditorial : Muriel Frantz-Widmaier Composition intérieure : Morgane Postaire Maquette de couverture : Atelier Didier Thimonier
Tous droits de reproduction, traduction et adaptation réservés pour tous pays.
SOMMAIRE
Présentation de la collection La règle des 3 Introduction 1. Choisir entre trois histoires 2. Changer de paradigme 3. Accomplir quatre tâches 4. Aller à l’essentiel
I. Allier l’écologie et la psychologie 1. Un peu d’histoire 2. Besoin mutuel de l’écologie et de la psychologie
II. Définir l’identité de l’écopsychologie 1. Éléments caractéristiques 2. Entre la marge et l’institution 3. La voie du pluralisme
III. Dévoiler les racines de la crise 1. Déconnexion avec la nature 2. Dualismes en cascade 3. Responsabilité de la psychologie
IV. Sortir du déni de réalité 1. Dissociations intérieures 2. De l’apathie à l’espérance 3. Force des rituels
V. Se libérer du consumérisme 1. Addiction à la consommation 2. Angoisse du manque et de la mort 3. Travail de libération intérieure
VI. Redonner une âme à la Terre 1. Nature désenchantée 2. De Gaïa à la Terre sacrée 3. Ancrage dans l’émerveillement
VII. Reverdir la psyché humaine 1. Soi écologique 2. Inconscient écologique 3. Individuation en plénitude
VIII. Reconnecter l’être humain à la nature
1. Approches exploratoires 2. Pratiques de reconnexion 3. Soins écothérapeutiques 4. Imagination et rêves
IX. Éduquer pour des personnes matures 1. Entre autonomie et reliance 2. Développement avec la nature 3. Primauté de l’expérience sensible
X. S’engager pour une société reliée 1. Lacune à combler 2. Nécessité d’une théorie socio-économique 3. Acteurs de transformation 4. Cap de la joie intérieure
Notes
À Nadine, avec toute ma gratitude pour son précieux soutien
LES CONCEPTS JOUVENCE
oncept : représentation mentale, générale et abstraite d’un objet ou d’une idée » « C selon la définition du Petit Robert.
C’est ainsi que Jouvence a baptisé cette nouvelle c ollection qui a pour ambition d’expliquer des « concepts » an de vousdonner des repèresvous qui aideront à l’action dans votre quotidien.
Dans un monde où l’information est surabondante et incessante, il est souvent di"cile de prendre du recul, de retourner justement au « concept » pourretrouver du sens, de se poser la question du « pourquoi ? », tellem ent nous sommes submergés par le « comment ? »
Notre objectif est donc de vous donner les bases pour ouvrir les yeux sur le monde, de vous poser les bonnes questions et d’y apporter des réponses,vospar réponses, une interrogation lucide pour porter un regard éclairé sur vous, sur vos relations, et sur le monde.
L’e)ort est mis sur la forme avec des icônes qui vo us guident au long de votre lecture, mais aussi et surtout sur le fond avec des textes concis et structurés pour aller à l’essentiel avec des mises en évidence graphiques.
Nos livres se veulent brefs car, en parodiant Boileau : « ce qui se conçoit clairement s’énonce brièvement ! »
L’écologie dénit et propose des concepts pour qu’i ls nous aident à vivre en cohérence : nous posons les bonnes questions et som mes l’auteur des réponses que nous apportons. C’est pourquoi vous trouverez au l des pages des interrogations, des interpellations.Les réponses seront bien souvent en vous.
LA RÈGLE DES 3
omme dans tous les ouvrages de la collection « Concept Jouvence », nous allons C aborder notre sujet en vous proposant 3 mots-clés, 3 citations et 3 conseils destinés à faciliter votre approche de l’éco-psychologie.
L’écopsychologie en 3 mots
L aTerrer, mais un organismen’est pas qu’un stock de ressources à consomme  qui vivant à respecter, dont nous faisons partie et qui fait partie de nous.
L’âme ou la psyché, qui est la dimension d’intériorité o ù s’enracinent les interrelations les plus intimes entre l’être humain et la Terre.
Lareliancequi est l’enjeu de l’écopsychologie : nous reconnecter en profondeur avec la Terre pour pouvoir contribuer à sa guérison et à la nôtre.
L’écopsychologie en 3 citations
«Nous devrions ressentir en nous ce dont la Terre a besoin comme si c’était notre propre désir le plus intime […] Le lien que nous devons développer entre nous-mêmes et la planète qui nous donne la vie a pour nomamouroucompassion. » Theodore Roszak, philosophe
« Je pense qu’il est juste de décrire l’écopsychologie et l’écothérapie comme un programme général pour dépasser le dualisme : les divisions devenues courantes entre la psyché et la nature, l’âme et le monde, l’intérieur et l’extérieur, etc. » Andy Fisher, psychothérapeute
« Quand les gens sont capables de dire la vérité sur ce qu’ils savent, voient et ressentent par rapport à ce qui arrive à la Terre, une transformation se produit. On observe une détermination accrue à agir et un appétit de vivre renouvelé. » Joanna Macy, écophilosophe
L’écopsychologie en 3 conseils
Nouséveillerpour être touchés dans notre cœur par les cris de la Terre et accueillir nos sentiments de peur, de tristesse et d’impuissan ce pour en métamorphoser l’énergie en source d’espérance et d’action.
N o u sémerveillerles dons de la Terre et dire merci à tous l  devant es êtres qui l’habitent pour retrouver notre juste place comme m embre de la communauté du vivant, inscrite au tréfonds de notre être.
Nousengager, à partir de notre désir profond, pour contribuer à la transition vers une société fondée sur des relations rééquilibrées avec la toile de la vie.
Introduction
’écopsychologie, une nécessité. » Voilà comment titrait Jean-Louis Servan-«L Schreiber dans son éditorial du magazinePsychologies en avril 2010. D’autres en parlent comme d’une émergence face à une urgence ou encore d’une aide pour des temps sombres. L’urgence et l’obscurité renvoient à l’état de la planète. Les phénomènes climatiques inhabituels se multiplient, les espèces comme les abeilles disparaissent, les sols s’érodent, les ressources naturelles s’épuisent… La Terre a mal, et nous avec, mais globalement nous continuons à vivre et à penser (presque) comme avant. Or, ce que l’on appelle communément la « cri se écologique » n’est pas une crise au sens habituel du terme, mais la manifestat ion d’une mutation (éco)systémique liée à une profonde altération de notre rapport à la nature.
Nous sommes entrés dans l’anthropocène. Une nouvelle ère géologique caractérisée par l’impact majeur et accéléré de l’être humain su r la planète. Avec, au bout du 2 compte, des risques d’effondrement . Pour les écosystèmes, mais plus encore pour les sociétés humaines. Car, dans la mesure où nous dépe ndons de la Terre, c’est la possibilité même de la vie pour nos enfants et petits-enfants qui est en péril.
3 CITATION
« Peut-être que l’un des aspects les plus stimulants de ce temps de bouleversement planétaire, c’est de nous confronter avec force à des questions profondes sur ce que nous 4 sommes en tant qu’êtres humains . » Hilary Prentice, psychothérapeute
1. Choisir entre trois histoires
Les clameurs de la Terre révèlent l’impasse d’un mode de développement, fondé sur l’illusion d’une croissance matérielle illimitée, qui se heurte aujourd’hui aux limites de la planète et de l’être humain. Ce seuil évoluti onnaire interroge non seulement nos comportements, mais les fondements mêmes de notre existence en tant qu’espèce et individu. Pour l’écophilosophe Joanna Macy, nous avons le choix entre trois 5 « histoires » :
• La poursuite de la marche ordinaire des a>aires. C’est le scénario du déni, de l’aveuglement et de la fuite en avant. Il repose sur l’idée que l’être humain, avec son génie technologique, finira par trouver des solutions.
• La « grande désagrégation ». Ce qui domine est la lucidité sur les dévastations en cours. Avec pour conséquence des sentiments très ré pandus aujourd’hui : l’impuissance, la peur, le découragement, voire le désespoir.
• Le « changement de cap ». C’est la voie de l’« es pérance en mouvement » : l’engagement sur le plan collectif et personnel pour la transition vers une civilisation qui soutient la vie au lieu de la détruire, car fondée sur des relations réharmonisées entre l’être humain et les autres — humains et non humains.
Ici, une question fondamentale nous est posée qui a ppelle à une vision claire de
nous-mêmes et de la situation : et moi, en toute sincérité, dans quelle histoire est-ce que je me situe ? Et plus encore : dans quelle hist oire ai-je le désir d’être ? La réponse que nous donnerons à ces questions, les cho ix personnels que nous opérerons, inueront sur l’avenir : le nôtre, celui de la Terre et des générations futures.
2. Changer de paradigme
Issue notamment de la contre-culture des sixties et cristallisée comme mouvement au début des années 1990 aux États-Unis, l’écopsychologie se veut non pas une solution aux problèmes écologiques en tant que tels, mais une contribution à la réalisation du « changement de cap ». La conviction de ses auteurs est que, pour opérer une telle transition, les normes internationales, les lois, les chartes éthiques, les technologies vertes et les écogestes au quotidien ne susent pas . Toute nécessaire qu’elle soit, cette écologie extérieure doit être complétée par u ne écologie intérieure. Car les désordres écosystémiques sont aussi le reet de dés équilibres intérieurs à l’être humain. Ils ont donc une composante psychologique qui doit être prise en compte.
On peut résumer l’écopsychologie en trois propositions :
• Il existe un lien ontologique (ancré jusque dans les tréfonds de l’être) entre les êtres humains et la nature.
• L’oubli, l’ignorance ou la destruction de ce lien conduit à des sou>rances et des déséquilibres tant pour la Terre (dégradations écologiques) que pour l’être humain (aliénation, mal-être, angoisses…).
• Restaurer en profondeur le lien entre l’être humain et la nature est l’une des clés pour guérir la Terre et soigner l’âme. La santé et le bien-être des humains et ceux du reste de la nature sont indissociables.
Il convient donc d’entendre la « transition » au sens fort du mot latin «trans-ire», qui signiïe « aller au-delà ». En l’occurrence, non seulement au-delà d’un système socio-économique productiviste et consumériste qui détruit la biosphère, mais aussi au-delà du paradigme, c’est-à-dire du système de repré sentations et de valeurs qui le soustend. L’enjeu n’est pas uniquement de protéger le milieu naturel, mais de transformer le milieu culturel et psychologique qui détermine nos relations avec la nature.
CITATION
« L’écopsychologie réunit la sensibilité des thérapeutes, l’expertise des écologistes et 6 l’énergie éthique des activistes de l’environnement . » Lester R. Brown, pionnier du développement durable
3. Accomplir quatre tâches
L’écopsychologie o>re des pistes, théoriques et pratiques, pour une reconnexion en profondeur de tout notre être avec la toile de la vie. Son « projet », pour reprendre la 7 synthèse du psychothérapeute Andy Fisher , se déploie selon quatre axes :