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Éloquence judiciaire

De
40 pages

La parole, dit Quintilien, est le plus bel attribut de l’homme, celui qui fait ressortir le plus en grand la supériorité de sa nature. Obéissant au goût passionné des sociétés antiques pour l’art qu’il médita toute sa vie, cet orateur philosophe analyse avec une puissance pleine de charmes les ressources diverses que l’éloquence emprunte aux trois divisions de l’école, genre démonstratif, genre délibératif, genre judiciaire, et semble accorder la préférence à ce dernier.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Charles Riobé

Éloquence judiciaire

M. Janvier

En publiant ce travail sur un avocat d’un mérite incontestable et, toutefois, d’une appréciation délicate, nous éprouvons le besoin de dire sous quelle inspiration nous l’avons conçu. M. Janvier ne rentre point dans une de ces classifications qui sourient à la critique ; son talent ne se soumettrait point à ; l’analyse qui poursuivrait en lui les éléments de la spécialité ordinaire de l’éloquence du barreau. Métaphysicien à un dégré éminent, orateur par la verve et l’image qui s’épanouit sur le sein d’une sensibilité profonde, M. Janvier exige de l’observateur qu’il le saisisse dans la manifestation élevée de sa pensée, et laisse, un peu dans l’ombre, l’aspect d’ailleurs d’un intérêt secondaire de l’avocat praticien. L’homme gagne d’autant plus à être pris dans cette spécialité qu’il y déploie à l’aise les ressources que nous lui demanderions dans la plaidoirie journalière, de sorte que l’aspect général sous lequel nous l’envisagerons, sera aussi la synthèse fidèle de son talent. Commençant par le philosophe, nous ferons ressortir la précision et le tour remarquable de sa formule, et nous ne reculerons point devant l’emploi de la phrase, vague pour bien des gens positive pour nous, d’une sévère métaphysique ; nous passerons de la pensée à la forme oratoire, empruntant alors à l’imagination quelques-unes de ses ressources pour amener plus exclusivement le lecteur à l’intelligence d’une parole souvent noble et pathétique. Vu avec cet instinct de choses nobles et grandes, à la saillie de la société dont la vie morale s’efface de plus en plus sous le flot ascendant des spéculations intéressées, M. Janvier dessine un profil hardi dans son originalité. C’est ainsi que nous avons compris cette organisation en quelque sorte exceptionnelle aussi à travers l’éloquence du siècle ; puissions-nous avoir réussi dans notre tâche de la faire sentir et comprendre par tous, et nous aurons atteint un but utile, car la connaissance du talent est aussi une conquête pour l’esprit.

CÉLÉBRITÉ ANGEVINE

M. JANVIER,

 

La parole, dit Quintilien, est le plus bel attribut de l’homme, celui qui fait ressortir le plus en grand la supériorité de sa nature. Obéissant au goût passionné des sociétés antiques pour l’art qu’il médita toute sa vie, cet orateur philosophe analyse avec une puissance pleine de charmes les ressources diverses que l’éloquence emprunte aux trois divisions de l’école, genre démonstratif, genre délibératif, genre judiciaire, et semble accorder la préférence à ce dernier. Cicéron était allé plus loin, et quoiqu’admirant, à chaque page, Démosthène qu’il appelle l’orateur divin, il n’hésite nullement à proclamer le triomphe de l’éloquence judiciaire. Nous n’avons point, aujourd’hui, à nous appesantir sur ce jugement du prince du barreau romain, peut-être y reviendrons-nous plus tard, dans un travail spécial et d’une portée toute théorique ; nous nous contentons de dire que des trois genres d’éloquence, celui qui sait le mieux surprendre et captiver, au premier abord, qui fournit, au premier regard, le luxe le plus éblouissant de la parole est, sans contredit, le genre judiciaire : aucune des manifestations du caractère, de la pensée, de l’amour ne lui est interdite ; l’esprit ne lui refuse pas ses faciles et piquants agréments, il s’élève au pathétique, se tient, par la discussion, dans un milieu mesuré, et descend, sans s’abaisser, à l’usage de l’ironie mordante et du sarcasme déchirant. Mais cette sphère brillante a pour centre l’individu ; de là deux vices radicaux : exagération, en fait de sentiment, erreur, en fait de pensée, car quelqu’élevée et auguste que soit la personne sur laquelle roulent l’accusation et la défense, elle n’aura point assez d’éclat, ne comportera point assez de vérité pour assouvir le besoin de l’éloquence qui, dès-lors, forcera naturellement la limite des faits et de la mesure, et consumera dans la parure d’une éblouissante surface la force qu’elle ne saura nourrir de l’unité ; telle est l’explication de ce fameux mot de Brutus : l’éloquence de Cicéron manque de reins.