Enfance sanglante
60 pages
Français

Enfance sanglante

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Description

« Mon père a volé mon enfance innocente, il a brisé mes rêves, il a piétiné mes ambitions, il a fait de moi une femme qui a commis un péché flagrant, alors que moi, je suis encore une gamine qui n’a pas encore abandonné l’idée de jouer aux jeux de fillettes.
Je ne sais même pas si un jour je pourrais lui pardonner son crime qui m’a entraînée vers une succession de malheurs interminables. »

Découvrez dans cet ouvrage, sept autres histoires déchirantes d’enfants maltraités qui considèrent leur enfance comme un vrai cauchemar.


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Informations

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Date de parution 01 avril 2014
Nombre de lectures 6
EAN13 9782332696298
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-69627-4

 

© Edilivre, 2014

Dédicaces

 

 

 

 

A l’âme de ma mère qui a sacrifié son bonheur et

sa jeunesse pour parfaire son double rôle.

Enfance sanglante

 

 

C’est à toi seul que je pense toujours, toi qui m’as vouée à une oppression indicible, toi qui m’as écrouée dans une prison dénuée d’air et de vie.

Je t’accuse de m’avoir privée d’articuler le plus doux mot qu’un enfant peut énoncer à son père. Tu ne m’as pas laissé suffisamment de temps pour te contempler et pour dessiner tes traits au fond de ma mémoire, tu as condamné mes sentiments à mort à l’âge où je prononçais mes mots à l’envers et où je ne faisais que des faux pas.

Depuis ton départ, le soleil ne brille plus sur mon toit, sa chaleur ne m’apporte que des sentiments glacés. Mon cerveau ne grave que de vagues réminiscences de la période si courte qu’on a vécue ensemble.

Si seulement…

J’étais à l’aube de la vie, je ne me souviens pas avoir senti tes attouchements.

Les pleurs, les cris et la souffrance étaient ma seule récolte. Le jour de ton départ, c’était le jour où j’ai semé dans mon petit cœur le plus haut degré d’amertume.

J’étais tellement jeune que je ne pouvais pas comprendre pourquoi autant de personnes nous avaient visitées toutes en même temps. Je ne savais vraiment pas que tu allais me quitter pour toujours.

Si seulement j’avais été au courant, je t’aurais serré contre moi pour que ma douce peau de bébé se nourrisse de la tienne. Une nourriture qui peut me servir de l’oxygène dont j’ai besoin.

Si tu étais resté à mes côtés, j’aurais été la plus sage des enfants, je ne t’aurais jamais chagriné, je t’aurais obéi jusqu’à la libération de mon dernier souffle.

Si seulement je pouvais t’appeler « papa », j’aurais incontestablement réussi à remplir mes lacunes profondes, ces lacunes qui connaissent un manque de tendresse tout à fait spécifique dont nul au monde ne dispose excepté toi, ce « toi » que tu ne m’as jamais entendu prononcer, ce « toi » dont l’absence déchire mes veines et dilate le réservoir de ma détresse.

Pour un mot de toi

Je dirai non et mille fois non à tous ceux qui essaient d’effacer de ma mémoire l’allure de ton beau visage devenu cicatrice indélébile.

J’aurais altéré toutes mes fonctions vitales au profit d’un mot de ta part, d’un conseil ou d’une punition. J’aurais déchiré mes tympans pour ne pas entendre les autres discuter avec leurs pères. J’aurais broyé toutes mes cellules sensorielles pour ne pas voir autrui s’amuser dans les bras de leurs papas, alors que moi livrée aux bras d’un désarroi et d’une absence éternelle.

J’aurais annulé tous mes mauvais comportements pour ne pas agir d’une manière qui t’aurait déplu.

Pour t’oublier ou plutôt pour oublier ton absence toujours présente en moi, j’ai dû trahir tous mes sens et tous mes profonds sentiments.

Que de fois je t’ai appelé à mon secours sans jamais recevoir de réponse, même pas un refus !

Que de fois je t’ai raconté mes problèmes, que de fois, je t’ai transmis mon malheur, mais tu ne répondais toujours pas !

Je pleure, oui je pleure à chaudes larmes chaque fois que je pense à toi.

Pourquoi, mon dieu ?

Je t’écris ces mots sans même penser si tu les recevras ou pas, mais seulement je veux que tu saches que tu m’as affligée pendant dix-sept ans.

Ces dix-sept ans qui ont cultivé en moi une tristesse que j’ai du mal à extérioriser.

Serais-tu sourd pour ne pas entendre un mutisme si fracassant ?

Serais-tu dans un exil extraterrestre pour me priver aussi longtemps de ta visite, aussi courte qu’elle soit ?

J’ai toujours refusé de visiter ta tombe parce que je sais que tu n’es pas là, que ton âme ne réside qu’en moi, parce que je sais que je t’enveloppe dans mes viscères.

Ne sens-tu pas le sang brûlant issu de mon cœur largement blessé ?

Ces modestes mots, je les lance d’une façon indirecte à tous ceux qui savent qu’ils sont condamnés et qui désirent malgré ceci avoir des enfants. Pourquoi ? Pour les faire souffrir ?

À vrai dire, j’ai écrit ces lignes lors d’une soirée trop triste où je sentais la nécessité de parler à mon père pour l’informer de mon chagrin et de mes inquiétudes. Lorsque j’ai lu ce que j’avais écrit, je me suis rendu compte de l’ampleur de mon affliction.

J’ai réalisé à quel point la disponibilité des autres pères et l’absence du mien me peinait.

Mon père était malade, il savait qu’il ne lui restait pas beaucoup à vivre et pourtant il tenait à avoir des enfants.

S’il avait eu la possibilité de me lire, il aurait certainement eu des remords ; je n’aurais pas été fière de moi-même car je n’aurais pas aimé qu’il souffre d’avoir pris une décision qui aurait régénéré autant de chagrin chez les êtres qui lui étaient les plus chers au monde.

D’innombrables enfants, dans le monde entier, sont victimes de leurs propres parents ou d’autres facteurs extérieurs, ils sont confrontés à des problèmes très sérieux et diversifiés qui menacent leur parcours dans la vie.

Nombreux sont les bébés à la peau douce et au visage...