Enfants turbulents : l

Enfants turbulents : l'enfer est-il pavé de bonnes préventions ?

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Livres
304 pages

Description

Le collectif Pasde0deconduite poursuit sa réflexion dans cet ouvrage. Il fait le point sur les apports des neurosciences, de la génétique, des sciences humaines et des pratiques de terrain dans la recherche concernant la prévention psychologique ; il précise la place de l’éducation, de la santé et de la société face aux appels des enfants en difficulté ; il définit en interdisciplinarité les caractéristiques de « la prévention psychologique, globale, prévenante, humanisante et éthique ». Un ouvrage citoyen croisant les réflexions de scientifiques qui refusent l’utilisation idéologique de leurs recherches, et de professionnels engagés dans des pratiques de soin respectueuses de l’enfant et de sa famille.

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Date de parution 07 mai 2008
Nombre de visites sur la page 22
EAN13 9782749225616
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Enfants turbulents : l’enfer est-il pavé de bonnes préventions ?
Le collectif Pasde0deconduite
Enfants turbulents : l’enfer est-il pavé de bonnes préventions ?
Conception de la couverture : Anne Hébert
Illustration : Pancho
Version PDF © Éditions érès 2012 CF - ISBN PDF : 978-2-7492-2562-3 Première édition © Éditions érès 2008 33, avenue Marcel-Dassault, 31500 Toulouse, France www.editions-eres.com
Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, micro-filmage, scannérisation, numérisation…) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris, tél. 01 44 07 47 70, fax 01 46 34 67 19.
Table des matières
Ouverture Sylviane Giampino. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Introduction Pierre Delion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
I. QUELLE RECHERCHE POUR LA PRÉVENTION PSYCHOLOGIQUE CHEZ LES ENFANTS?
La Science : nouvel opium du peuple ? Roland Gori. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ordre moral, ordre cérébral ? Catherine Vidal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Génétique du comportement Bertrand Jordan. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les effets iatrogènes de la prédiction François Ansermet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
II. ENFANT EN SOUFFRANCE DEMANDE ASSISTANCE
Les familles en première ligne Évelyne Bernard. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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IV. PRÉVENTION ET SOINS:VERS UNE PALETTE DES POSSIBLES
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Psychopouvoir et guerre métapsychologique : la question dupharmakon Bernard Stiegler. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Que peut faire laPMI? Yvette Gautier-Coiffard. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Pour une clinique de la surprise Évelyne Lenoble. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Au-delà des grilles…, la liberté Philippe Meirieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’hypothèse dopaminergique duTDAH: faits, interprétations, conséquences François Gonon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’entretien prénatal précoce, un exemple concret de dilemme prévenance/prédiction en périnatalité Michel Dugnat. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
III. SOCIÉTÉ,ÉDUCATION ET SOINS FACE AUX APPELS DES ENFANTS EN DIFFICULTÉ
Repérage précoce des manifestations de souffrance psychique et des troubles du développement des enfants et des adolescents Yvonne Coinçon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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L’enfant agité à l’école : enfant handicapé ou école inadaptée ? Pascal Ourghanlian. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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L’exemple des troubles d’apprentissage scolaire : l’apport de la neuropédiatrie Louis Vallée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Un passage en pouponnière, une séparation prévenante… Dominique Ratia-Armengol. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Une autre approche Bernard Toboul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Se secouer sans s’agiter pour penser l’avenir… Bernard Golse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La santé publique ne doit pas devenir un alibi pour la répression Antoine Lazarus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CONCLUSION
Synthèse et propositions Jean-Claude Ameisen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PasdeOdeconduite persiste et signe Pierre Suesser. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PRÉSENTATION DES AUTEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Sylviane Giampino
Ouverture
Le collectif Pasde0deconduite publie dans cet ouvrage le travail qu’il mène sur la question des « enfants turbu-lents », en s’interrogeant : « L’enfer est-il pavé de bonnes préventions ?» Les praticiens, spécialistes, parents, chercheurs que nous représentons sont conscients des nouvelles formes de pathologie et des nouvelles difficultés de vivre des enfants. Lorsqu’elles se manifestent sous la forme déran-geante de l’agitation, ou du débordement, l’enfant pâtit, la plainte des parents, des soignants et des éducateurs-enseignants est particulièrement aiguë. Alors, à travers les enfants « turbulents », nous entendons évidemment la souffrance des systèmes, des institutions et des familles. C’est au niveau de la réponse que l’écart peut se creu-ser entre l’adhésion massive à la défense des libertés indi-viduelles, l’enthousiasme des 200 000 signatures de l’appel, les valeurs humanistes défendues par certains, dont nous sommes, et le constat d’une demande crois-
Sylviane GIAMPINO,psychanalyste, psychologue petite enfance, fonda-trice de l’ANAPSY.pe
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sante de dépistage, de diagnostic opérationnel, de soins calibrés, de catégorisations. Cette demande applique le modèle mécano du grand-père : panne, mise au garage, démontage, réparation de la pièce défectueuse. On occulte que dans la psyché humaine, si mécanismes il y a, ce ne sont que des rejetons de processus interdépen-dants les uns des autres, internes et environnementaux, individuels et collectifs.
PASDE0DECONDUITE:LA FORCE DUNE MÉTHODE
Tout le monde se souvient qu’au printemps 2006, avec ses 200 000 signataires de l’appel « Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans », le collectif a contraint le gouvernement à renoncer à inscrire le dépis-tage d’enfants turbulents, dès 36 mois, dans sa loi de prévention de la délinquance, et a conduit l’INSERMà annoncer, en novembre 2006, de nouvelles méthodes pour ses expertises en santé mentale et prévention. Face aux approches prédictives, ciblées et normatives, l’intérêt et la mobilisation n’ont pas fléchi pour proposer une conception de la prévention psychologique et de l’aide aux enfants en difficulté qui soit « globale, prévenante, éthique, humanisante et efficace ». Pour autant, l’hydre n’est pas vaincue, et de nouvelles têtes repoussent. Un an plus tard, sur la prévention psychologique, le soin et l’éducation, les approches réductrices restent actives dans les politiques, les 1 pratiques et les recherches .
1. La publication en février 2007 d’une nouvelle expertise de l’INSERMsur les troubles de l’apprentissage chez l’enfant est loin de correspondre aux engagements pris. Des questionnaires intrusifs circulent lors de bilans de santé en école maternelle ou pour raisons pédagogiques. Des projets de recherche sur des difficultés psychiques des enfants, qui n’offrent pas de garanties méthodologiques, ni de confidentialité, ni de respect des règles éthiques, se développent. L’instrumentalisation de la recherche
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C’est ainsi que la ministre de la Justice, s’exprimait en ces termes devant la commission des lois le 17 octobre 2 2007 : « Si l’on a fait basculer vers la loi sur la protection de l’enfance la disposition sur les troubles du comporte-ment qui figurait à l’origine dans le projet de loi de préven-tion de la délinquance, c’est parce que l’on s’est rendu compte que ces troubles sont souvent décelés dès la Protection maternelle et infantile, sans jamais être soignés, laissant les jeunes sur la voie de la délinquance. » L’hydre contre laquelle nous luttons, c’est précisément cette idée fausse d’un lien linéaire et prédictible entre des difficultés de comportements durant les premières années de la vie et l’apparition d’actes déviants plus tard. Comment avançons-nous depuis trois ans ?En appli-quant une méthode qui a fait ses preuves : nous servir de nos deux pieds : mener l’action et la réflexion. L’action elle-même, c’est la bataille menée, de front et en inter-pénétration, sur les deux plans requis : le sociopolitique et le scientifique. En créant ainsi un cadre et des condi-tions pour le débat, nous sommes citoyens et renforçons la démocratie. Cela ne saurait avoir d’effet sans l’établissement d’un rapport de force ; c’est ce qui s’est instauré grâce au nombre de signataires, à leur notoriété, au haut niveau de compétence des personnalités et des organismes qui nous soutiennent.
est manifeste dans les propos de responsables politiques qui se réfèrent aux approches exclusivement neurobiologique, soit des difficultés en lecture, soit sur l’origine des comportements humains comme le suicide chez les jeunes ou la pédophilie. La loi votée en juillet sur la prévention de la délinquance remet en question le secret professionnel dans le champ de la santé et du social, au profit des maires, et les difficultés psychologiques ou sociales y sont toujours plus stigmatisées. me 2. Audition de M Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice, sur le projet de loi de finances pour 2008. Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Mercredi 17 octobre 2007, séance de 16 h 15, compte rendu n° 8. Présidence : M. Jean-Luc Warsmann.
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Notre force nous vient aussi de notre volonté de « faire savoir » à tous ceux qui sont concernés : les parents, les professionnels, les élus… C’est, en soi, subversif de ne pas laisser les choses se faire sans se dire, se concevoir dans les antres du savoir et se décider dans les allées du pouvoir. Les premiers concernés, enfants, familles et professionnels, se retrouvant alors devant le fait accompli. Sur le versant scientifique, une fois le contenu du rapportINSERMsur les troubles des conduites invalidé, après avoir publié deux ouvrages pour poser les enjeux de la prévention psychique, organisé le colloque de juin 2006, et obtenu un débat scientifique avec l’INSERMlors du colloque du 16 novembre 2006, nous franchissons une nouvelle étape, dont cet ouvrage est le reflet : construire la réflexion sur l’apport de toutes les disciplines concernées par la prévention en santé psychologique chez les enfants.
QUEST-CE QUUN ENFANT QUI VA BIEN?
Si à Pasde0deconduite le rapport de force est un des moyens d’avancer, cela doit être entendu en termes de « force de proposition ». Depuis le début, Pasde0decon-duite ne se complaît pas dans la riposte. Nos démarches auprès des parlementaires (près de cinquante), ministres, sociétés savantes… portent toujours sur les contenus. Il s’agit de désigner les fausses solutions, qui sont orientées vers une prévention-prédiction, inductrice et stigmati-sante, et d’expliquer pourquoi nous les qualifions poli-3 ment de « démarches de prévention non pertinentes ».
3. Le collectif Pasde0deconduite a poursuivi ses actions sur ces problèmes, s’adressant tour à tour aux pouvoirs publics, aux candidats à l’élection présidentielle, à des organismes de recherche ou à des institu-tions chargées des politiques sociales et de santé. Deux ouvrages déjà ont été publiés par Pasde0deconduite. Cf : www.pasde0deconduite.ras.eu.org