Épître à l'objet

-

Français
157 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Sans nos objets internes nous ne pouvons pas vivre, mais nous pouvons aussi être étouffés par eux. C'est de leur fait que nous devenons lâches ou courageux, ce sont eux qui nous poussent à nous tourner vers les autres, eux aussi qui nous incitent à demeurer dans un isolement narcissique superbe. D'où viennent-ils ces compagnons internes incontournables ? Quel rôle joue notre mémoire subjective dans leur constitution et leurs modifications ultérieures ? Que devient leur compagnonnage avec le Moi lors des séparations et des pertes inhérentes au déroulement psycho-biologique de la vie qui peuvent briser le cours d'une existence ? Sur ces questions et d'autres, l'auteur propose un mode de réflexion, théorique dans une première partie puis pratique, à partir d'études cliniques intéressant l'interprétation dans le cadre de la cure analytique.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782130790747
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0120€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Florence Guignard
Épître à l'objet
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 1997
ISBN papier : 9782130489580 ISBN numérique : 9782130790747
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Sans nos objets internes nous ne pouvons pas vivre, mais nous pouvons aussi être étouffés par eux. C'est de leur fait que nous devenons lâches ou courageux, ce sont eux qui nous poussent à nous tourner vers les autres, eux aussi qui nous incitent à demeurer dans un isolement narcissique superbe. D'où viennent-ils ces compagnons internes incontournables ? Quel rôle joue notre mémoire subjective dans leur constitution et leurs modifications ultérieures ? Que devient leur compagnonnage avec le Moi lors des séparations et des pertes inhérentes au déroulement psycho-biologique de la vie qui peuvent briser le cours d'une existence ? Sur ces questions et d'autres, l'auteur propose un mode de réflexion, théorique dans une première partie puis pratique, à partir d'études cliniques intéressant l'interprétation dans le cadre de la cure analytique.
Table des matières
Première partie Introduction Chapitre 1. L’objet de la pulsion Libido et pulsion de destruction, aïeux des pulsions La poussée constante de la pulsion Objet de désir, objet de satisfaction Théories sexuelles infantiles et théories génétiques comme défenses contre la sexualité infantile Objets sexuels de vie et de mort Chapitre 2. Généalogie des pulsions Pulsions, processus et principes du fonctionnement psychique Les pulsions sexuelles, fruit de l’union de la libido avec la pulsion de mort Une représentation généalogique de laMischungdes pulsions Sexualité infantile, principe de réalité et travail du négatif Chapitre 3. Le Moi et l’objet dans tous leurs états Apories des concepts de « pulsions du Moi » et de « pulsions d’objet » Le Moi et l’objet, faux jumeaux issus des pulsions sexuelles Pulsions sexuelles et investissements prégénitaux Neurones φ et éléments quantiques… A la recherche des éléments du Moi et de l’objet : frayage et traces mnésiques L’héritage organisateur des pulsions sexuelles Les liens psychiques de base et le temps intérieur L’héritage des Autres L’écoute analytique des états du Moi et de ses objets Chapitre 4. Entre deuil et traumatisme : le masochisme L’objet du masochisme Le masochisme érogène à l’aune de la généalogie des pulsions Amour primaire, deuil primaire La pulsion épistémophilique au secours du traumatisme Nature et fonction du masochisme Masochisme féminin et masochisme moral Chapitre 5. L’objet du transfert en psychanalyse d’enfants Enfant réel, enfant fantasmatique, ou le passé d’une illusion
L’analyste, les parents et l’enfant, ou le bon, la brute et le truand Analyse d’enfants, analyse du contre-transfert Niveaux de symbolisation et technique analytique La psychanalyse d’enfants, passion de la psychanalyse « I am my mother’s mother » Et la fin de l’histoire ? Deuxième partie Pulsions sadiques et pulsions épistémophiliques Le désir de connaître à l’aune de l’amour et de la haine Sadisme et désir de connaissance Normalité et psychopathologie des pulsions sadiques et des pulsions épistémophiliques L’identification projective dans la psychose et dans l’interprétation Clivage et identification projective Avènement du sens et « changement catastrophique » Champs de l’identification projective L’identification projective dans le transfert psychotique et dans le contre-transfert Normalité et universalité de l’identification projective L’identification projective dans le contre-transfert Activité interprétative et espace psychique Adolescence de la féminité Adolescence Féminité La féminité adolescente Hypothèses Le sourire du chat . Réflexions sur le féminin à partir de la pratique analytique quotidienne Devenir un homme. Le rôle des identifications maternelles et féminines dans le devenir du masculin chez le garçon Le garçon en période de latence Configurations des identifications précoces à la mère Le maternel primaire Le féminin primaire Quelques avatars œdipiens du « maternel primaire » et du « féminin primaire » chez le garçon Période de latence et socialisation
La réorganisation pubertaire La seconde partie de l’adolescence Bisexualité et scène primitive Conclusion
Première partie
Introduction
Encore un livre sur l’objet ! » pourra s’exclamer celui qui, tenant ce petit « ouvrage entre ses mains, se demande jusqu’où va se poursuivre cette « chasse au Snark »[1].
En effet, une réflexion sur « l’objet en psychanalyse » semble bien constituer une aporie en soi. Peut-être est-ce d’ailleurs précisément ce qui m’a poussée à l’examiner de plus près, tant la curiosité est leprimum movenstoute de recherche pour ceux qui aiment la vie envers et contre tout.
L’objet, donc : il n’est pas de terme qui ne revienne de façon aussi fréquemment répétée dans toute considération sur la pratique ou sur la théorie psychanalytique, mais il n’en est pas non plus qui suscite davantage de malentendus, voire de polémiques.
Afin d’explorer ce concept fuyant, j’ai tenté de différencier, dans toute la mesure du possible, la terminologie psychanalytique de celles des disciplines voisines et, tout spécialement, de la terminologie phénoménologique. Depuis de nombreuses années déjà, mon écoute analytique quotidienne me conduit à porter une attention toute particulière à la distinction, dans les projections transférentielles que m’adressent les analysants, entrele langage du Moi et le langage des objets du Moi. C’est cet effort, précisément, qui rencontre les apories du terme d’« objet », lorsque celui-ci désigne aussi bien l’externe que l’interne. C’est pourquoi je vais tenter, dans les pages qui vont suivre, de rendre compte du concept d’objet à partir de la remarque de René Diatkine, qui pense quel’on ne devrait parler d’objet qu’à propos de l’objet interne. Le lecteur jugera lui-même du bien-fondé et des difficultés de cette option de départ que je fais mienne.
Sans nos objets internes, nous ne pouvons pas vivre. Mais nous pouvons aussi être étouffés par eux, jusqu’à en mourir.
Nous pouvons les aimer au point d’y sacrifier ce qui fait de nous des individus et non des clones. Nous pouvons aussi les haïr au point de consacrer toutes nos énergies à les tuer, dussions-nous en mourir du même coup. Nous pouvons les porter au pinacle au point de considérer leur jugement sur nous et sur le monde comme infaillible, et nous abîmer devant eux dans la honte et l’humiliation. Nous pouvons les sentir pleurer en nous au point d’être aveugles au soleil de la vie qui continue à briller, ou les mépriser au point d’en devenir méprisables. C’est de leur fait que nous devenons lâches ou héroïques dans l’adversité,