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Essai historique sur M. Juge-de-Saint-Martin - Ancien magistrat

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48 pages

MESSIEURS,

IL est bien respectable, l’usage établi dans toutes les sociétés savantes, de célébrer la mémoire des hommes qui les ont illustrées : fondé sur les liens d’une douce confraternité, en même temps qu’il satisfait les sentimens du cœur, il fournit d’utiles matériaux pour l’histoire de l’esprit humain ; il excite une noble émulation, en montrant, par de beaux exemples, ce qu’on peut espérer de l’étude et du travail, et acquitte encore la dette de la patrie envers les savans modestes que leurs services recommandent à la reconnaissance publique.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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François Alluaud

Essai historique sur M. Juge-de-Saint-Martin

Ancien magistrat

ESSAI HISTORIQUE SUR M. JUGE-DE-ST- MARTIN

MESSIEURS,

 

IL est bien respectable, l’usage établi dans toutes les sociétés savantes, de célébrer la mémoire des hommes qui les ont illustrées : fondé sur les liens d’une douce confraternité, en même temps qu’il satisfait les sentimens du cœur, il fournit d’utiles matériaux pour l’histoire de l’esprit humain ; il excite une noble émulation, en montrant, par de beaux exemples, ce qu’on peut espérer de l’étude et du travail, et acquitte encore la dette de la patrie envers les savans modestes que leurs services recommandent à la reconnaissance publique.

Jamais, Messieurs, vous ne déférâtes un pareil hommage à un citoyen qui en fût plus digne que le respectable doyen de cette compagnie, à qui son mérite personnel et trente années d’assiduité à vos réunions, avaient fait conférer l’honneur de la présider.

Témoins de ses vertus privées, de son zèle et de ses travaux pour le bien de son pays, vous voulez en perpétuer le souvenir, les offrir comme des modèles et des exemples à nos contemporains et à nos neveux, et payer à sa mémoire le tribut de votre admiration et de vos regrets.

Quand vous daignâtes me choisir pour remplir cet auguste ministère, il me sembla doux et facile de louer un ami dont les conseils furent souvent utiles à ma jeunesse : le zèle du sentiment me fit oublier les difficultés d’une tâche étrangère à mes occupations habituelles ; je l’acceptai avec un empressement qui ne me permit pas de consulter mes forces.,

Mais au moment où je dois satisfaire à mes obligations et répondre à votre attente ; lorsque ma pensée embrasse le nombre et la variété des importans ouvrages qui survivent au Nestor de l’agriculture limousine ; lorsque je considère l’heureux assemblage des rares qualités qui embellirent son existence, les talens qui le rendirent si précieux à son pays, tout l’ensemble de cette belle vie, d’abord vouée au culte de Thémis, et puis consacrée aux sciences naturelles et aux progrès du plus nécessaire comme du plus difficile des arts, je commence à sentir mon insuffisance ; je ne puis me dissimuler que les inspirations du cœur ne sauraient suppléer à celles du génie, qu’il ne suffit pas de bien sentir pour bien s’exprimer ; aussi m’estimerai-je heureux, si, ne pouvant élever un monument durable au vertueux et savant confrère, à l’homme de bien dont vous déplorez la perte, je puis montrer du moins la richesse des matériaux qu’il nous a laissés pour le construire, et prouver par-là combien ils sont dignes d’exercer une main plus habile.

Jacques-Joseph JUGE-DE-ST-MARTIN,, ancien magistrat, président honoraire de la Société royale d’Agriculture, Sciences et Arts de la Haute-Vienne, correspondant de la Société Linnéenne et de la Société royale et centrale d’Agriculture de Paris, vit le jour à Limoges, le 16 septembre 1743. — Sa famille, l’une des plus anciennes de la haute bourgeoisie de la même ville, jouissait, depuis long-temps, de cette antique considération qui est le prix de la vertu et des talens héréditaires. — Vers le milieu du 14e siècle, deux de ses membres furent élevés à la dignité de princes de l’église1. Depuis cette époque, elle a donné des jurisconsultes distingués et des magistrats éclairés et intègres, dont l’un fut le premier maire de Limoges et l’ami de Turgot.