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« Et la Lumière Fut ! » ou Le Pèlerinage au Soleil

De
262 pages

L'auteur rend compte dans ce livre de son expérience de « pèlerin en quête de vérité », suite à son voyage initiatique en Inde à la rencontre des spiritualités orientales. Dans une démarche altruiste, il souhaite transmettre au plus grand nombre les enseignements qu'il a reçus de grands maîtres et servir de guide sur la voie d'une existence dédiée à la pureté et la sagesse. Puisant aussi bien dans les traditions spirituelles de l'Antiquité, que celles d'Orient et d'Occident, l'auteur donne un aperçu éclairant des principaux courants qui l'ont inspiré. Transformé par sa connaissance approfondie de la science initiatique, ce fervent serviteur des forces de la lumière souhaite faire de nouveaux disciples.


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Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-03331-7
© Edilivre, 2017
En Hommage et Gratitude infinie au Maître de Sagesse qui éclaira ma compréhension spirituelle par son lumineux. Enseignement, sans l’aide duquel ces écrits n’auraient pu être élaborés.
C’est à la faveur de connaissances puisées dans ce dernier, apposées à mes propres expériences comme du mortier à autant de matériel éparpillé, que celles-ci furent scellées en un tout révélateur faisant apparaître la forme générale de ces écrits ainsi que leur sens final.
* * *
Les lecteurs sont mis en garde vis-à-vis de la simplicité de certaines pensées exprimées au début de cet ouvrage, longtemps conservées sous forme de notes éparses et qui s’accumulèrent durant de nombreux voyages et déplacements. Judicieusement examinées avant la rédaction de ce livre et intégrées aux passages jugés les plus adéquats, elles firent apparaître, une fois dans leur contexte, un ensemble de révélations allant progressivement vers leur culmination. L’Auteur.
Introduction
Durant ma jeunesse, je me représentais souvent délivrant plus tard des conférences à de larges auditoires, inspiré par la Lumière, comme mon Instructeur l’était… Ce dernier me fascinait toujours par sa présence sur l’estrade d’où il conférençait, alors que j’étais assis à l’une des tables des rangées qui constituaient le réfectoire domanial de son Ecole, littéralement suspendu à ses lèvres… jusqu’au jour où je fus tenu, sur sa demande, de la quitter et ne plus y revenir, ayant, d’après ses dires, un Maître intérieur… Après un dernier regard échangé plus tard entre nous et qui en dit long à ce moment-là, je me mis en route, accompagné de mes bagages, et commençais à entreprendre un long voyage qui me conduisit plus tard jusqu’en Inde, où j’espérais rencontrer un autre Maître qui complèterait mon instruction spirituelle et ce, au cours d’une randonnée interminable, mais infiniment bénie, à travers plusieurs continents.
Arrivé à destination, j’entrepris, sur un sol balayé par les fortes températures du sous-continent Indien, de longs voyages en sens hexagonaux, rencontrant sur mes trajets nombre d’Hindous versés en spiritualité et malheureusement, en plus de ceux-ci, d’autres, dépourvus de scrupules ceux-là, qui ne se dérangeaient point à interpeler et ne plus lâcher les voyageurs étrangers s’adonnant, comme moi-même à des pérégrinations sans fin, afin de tirer de ceux-ci un gain financier ou de saisir l’occasion qui s’offrait à eux aux fins de s’attirer du prestige. Il s’agit d’une réalité qui se rencontre souvent dans ce pays, bien que j’en fus encore inconscient à cette époque… C’est contre mon gré que j’en devins victime, naïf que j’étais de me fier à la sincérité de quiconque présentant ses services…
Et c’est ainsi que certains professeurs d’Université et davantage encore de guides d’Institutions ou Sociétés spirituelles, ont, à plus d’une reprise, voulu et quelquefois insisté, pour que je m’adresse à des auditoires variées et ce, sans même m’informer de leurs intentions au préalable ! Ils m’ont alors pressé de les accompagner et fait littéralement dévier de mon trajet, alors que j’accomplissais, seul, des déplacements et des pélerinages d’un lieu saint, ou même purement touristique, à un autre, visitant la hutte d’un jogi bivouaquant au pied d’une montagne ou d’un autre découvert par hasard dans une posture assise méditant sur la berge d’une rivière. Cela pouvait aussi être celle d’un Brahmachari à la tête d’un hermitage, jusqu’à la demeure d’un Pandit rencontré dans une ville ou village. Il se pouvait même que cela soit le siège d’un Lama officiant dans un Temple Thibétain ou un « Samadhi » tenu en charge par un Saddhou, d’un Ashram renommé fréquenté par des Adeptes étrangers, gouverné par un Swami renommé dans la région, * ou encore d’un pauvre bougre en haillons voyageant en compagnie d’un groupe de mendiants errants, au logis d’une simple famille dont les enfants, étaient, ô combien vivants et peu disciplinés…
Quant aux parents, dont le mode de vie était plus que modeste, il va sans dire que ceux-ci n’oubliaient pas un seul matin et soir de procéder aux méditations ou prières adressées à l’une des nombreuses divinités de leur Panthéon, qu’il s’agisse de la Déesse Kali, Sarasvati, Lakshmi ou encore des Avatars que sont Krishna, Rama, Shiva, Vivekananda ou Ramakrishna, ces derniers étant plus contemporains mais non moins adorés que leurs illustres prédecesseurs !
Un de ces « enlèvements au Sérail », qui est une façon dont j’en parle, eut lieu à Kushinagar, près de Lumbini, lieu où Siddharta, appellé plus tard Gautama Bouddha, vit le jour. Un autre eut lieu à la Nouvelle-Delhi et un autre, pour finir, dans la capitale officielle du Punjab (qui fut, à propos, construite par Le Corbusier). J’entrerai, par la suite, davantage dans le détail de ces « Congrès » ou réunions organisées à l’impromptu. Pour le moment, laissez-moi vous dévoiler qu’on ne m’a jamais demandé mon avis, ni même laissé le temps
dy réfléchir afin que je puisse me décider de moi-même. Non, il « fallait » « que je vienne », « tout de suite » ! Il ne m’avait pas été laissé de choix pour me décider ! D’autres yogis de la place, en quête de gain ou de prestige, n’auraient pas hésité et auraient été au contraire plus qu’enthousiastes d’accepter une telle invitation (peut-être qu’il s’agit chez eux d’une coutume…) mais, personnellement, je trouvais qu’ils faisaient ce que bon leur semblait de ma personne, ce dont je voulais me défendre avec véhémence…
Le résultat de ces intrigues a été que l’on m’a privé de l’élan nécessaire pour donner des conférences de ma propre initiative. A la suite de ces faits on m’a de nouveau prié, au cours de visites à des Temples Sikhs (où j’arrivais toujours à me faire héberger pour quelque jours) ou encore à mon retour en Occident, plus précisément dans mon pays d’origine, la Tchécoslovaquie, dont je ne connaissais que très peu le langage… L’audace nécessaire pour s’adresser à un auditoire m’a abandonné et c’est une sorte d’inhibition qui m’a envahi à sa place… un recul instinctif, comme si jailli du plus profond de moi-même et c’est ce qui, jusqu’à présent, m’empêche d’entreprendre le premier pas pour vaincre cette tragique situation !
C’est cela que je désirais exposer tout d’abord à ceux qui liront ce livre. Il se peut même que ceux qui ont été à l’origine et portent donc la responsabilité de mon traumatisme, se rendent compte en parcourant cette introduction dans quelle mesure ils ont en moi tué dans son œuf ce poussin de l’inspiration et qui plus est la joie, inconnue des profanes en la matière, de se trouver face à une assemblée d’auditeurs impatients et tenus en haleine, démuni qu’ils m’ont de la capacité de le faire dorénavant sans appréhension préalable. Oui, un tel abus m’a affligé d’un complexe qui sera long à guérir, s’il doit jamais l’être ! Ce qui est pire encore est le fait que je me demande en même temps si je ne suis pas seulement en train de me justifier d’une peur instinctive de m’adresser aux gens, la cause de laquelle pourrait n’être en fait que le trac ! Oui, allez voir où se trouve le vrai dans cet embrouillage…
Cela ne devrait pas être si terrible, ni difficile, pour celui qui a eu le privilège et bonheur inouïs d’avoir eu pour Instructeur un Etre doté d’un talent auquel ne suffisait que l’inspiration du moment, qui ne préparait pas de notes à l’avance, mais n’était guidé que par les besoins intellectuels de son auditoire, ce qui ne manquait pas de faire l’étonnement des personnes concernées, solutionnant ainsi les problèmes qui les tracassaient, éclaircissant les coins sombres de leur conscience et comblant leurs lacunes en leur apportant les connaissances correspondantes ! Quoi de plus simple qu’être « Messager de la Lumière » lorsque l’Etre qui La représente ne vit que pour elle ! Il me faut illustrer cela par une expérience personnelle vécue à l’occasion de notre rencontre ultérieure en Inde, durant laquelle Il me conta ce qui s’était produit au Canada, à la fin de sa conférence, délivrée en face de milliers d’auditeurs venus du monde entier pour l’écouter du stade d’une grande métropole Canadienne.
A la fin de cette manifestation publique historique, des auditeurs enthousiastes voulurent lui faire don de plusieurs millions de dollars. Il leur demanda pour quelle raison devrait-il prendre cet argent d’eux et que pourrait-il en faire… A quoi ils lui fut répondu « pour faire du bien ! » Etonné par cette réponse, il leur dit qu’ils pouvaient eux-mêmes faire ce bien et n’avaient pas besoin de lui pour cela ! Pour en finir et couper court à leur insistance, il refusa purement et simplement ce don, leur disant qu’il était venu conférencer pour son unique plaisir et avait lui-même financé son voyage. De plus, il avait déjà reçu sa récompense puisqu’il avait reçu la Lumière ! Il les remercia, rétorquant : « Non, merci, gardez votre argent ! Si je l’acceptais, je perdrais la Lumière ! Je suis après la Lumière, pas après l’argent ! »
Tâchez maintenant de vous imaginer à qui ou à quoi pourrait bien ressembler ce conférencier, le plus grand, sans nul doute, qui ait jamais foulé le sol de notre planète ! Mais à soi-même ! Et qui plus est, unique ! Un à qui il n’est pas possible de ressembler car tous les autres se ressemblent entre eux, ou bien sont identiques : ils tiennent des notes en face d’eux qu’ils n’arrêtent de parcourir tout en levant parfois les yeux sur vous ou bien cherchent
activement en pensée les mots qu’ils vont avoir à prononcer !
Et c’est ainsi qu’il s’agit de « Celui-là » et de personne d’autre évidemment ! Je ne veux, ni ne puis d’ailleurs, le nommer. Son nom restera bien sûr irrévélé, car ceux qui Le connaissent savent qu’il n’y en a qu’un à qui Il puisse être comparé, à lui-même, bien sûr… et sans aucun doute le reconnaîtront.
Le moment est venu maintenant de vous confier de quelle façon se sont déroulées ces quelques conférences délivrées en la présence d’étudiants d’Université ou de membres de Sociétés spirituelles, qui ne furent malheureusement plus jamais suivies d’aucune autre, à part les nombreux entretiens tenus au cours de rencontres fortuites ou dans des cercles amicaux qui se sont formés autour de moi, constitués le plus fréquemment de personnes que je ne connaissais pas jusque là, durant lesquelles la facilité d’expression que j’avais pour persuader mon compétiteur s’est avérée une grande alliée, doué que j’étais d’un don pour argumenter, excluant la défaîte… Il s’agit d’être convaincu de ses idées et de les avoir expérimentées et vécuespersonnellement,sans plus !
Mon intention n’est pas d’ennuyer le lecteur, sûrement désireux d’entrer déjà dans le vif du sujet, mais de modérer son impatience par des récits qui, autrement, ne trouveraient pas leur place dans ce contexte. A ce stade de mes travaux, il est, à mon avis, prématuré d’insérer des passages d’autobiographie, mais je crois que mon intention d’illustrer ce texte par des faits non démunis de piquant sera apprécié à cet endroit. Le lecteur pourra ainsi, à peu de frais, participer à la vie d’un pélerin en quête de Vérité, riche en évènements, privilégiée en circonstances et dotée d’imprévus de toutes sortes. Il pourra, de cette sorte, récolter à pleines mains la lumière d’une existence vouée à l’Esprit ! Peut-être qu’il apparaîtra audacieux à certains, de révéler ici et sans préambule mystique ou philosophique, que l’Esprit Lui-même est la Lumière de Dieu, qu’Il possèdeTout ce qui EstenSoi-mêmeet que« Cela » provient de Lui, de toute Eternité. De par le titre que j’ai été inspiré de donner à cette ouvrage, il paraît logique, dès le premier abord, d’apporter au lecteur une récolte aussi lumineuse en connaissance, n’est-il pas vrai ? Et si c’est bien de la Lumière que tout provient, nous le vérifierons durant la lecture des chapîtres qui viendront.
Et bien maintenant je vais vous conter de quelle manière eurent lieu et se déroulèrent ces quelques conférences publiques qui ne furent pratiquement plus suivies d’aucunes autres… du moins en Inde, sinon rarement après, à mon retour en Occident !
En ce qui est de la première, j’avais, dés mon arrivée à Kushinagar (petite ville située près de la frontière Indienne et le Népal), été contacté par les professeurs de l’Université de cette ville où Gautama le Bouddha est supposé avoir été incinéré (certains, en effet, affirment qu’il est allé poursuivre sa vie en Agartha…) sur le haut d’une colline, aux pieds de laquelle se trouve une haute pallissade artistiquement décorée, en fer forgé. A deux kilomètres de là, se trouve, située au Népal, la ville de Lumbini où naquit le Bouddha. J’avais été, la veille, invité à passer une soirée et une partie de la nuit en compagnie d’un jeune moine Bouddhiste intéressé au développement des Chakras à l’aide du Yoga du Soleil ou Surya-Yoga. C’est lui qui annonça ma venue en ces lieux à ses collègues. Ceux-ci vinrent me trouver à mon départ de sa résidence, alors que je randonnais encore, méditant à l’occasion, dans un jardin l’avoisinant, et tâchèrent de me convaincre de donner une conférence à leurs élèves, réunis déjà à cette intention dans une salle de l’Université. J’acceptai, tout en restant circonspect et y mis deux conditions. L’une était que je la donne gratuitement, la deuxième étant qu’ils m’accordent deux jours pour me préparer, profitant pour cela du Soleil qui se levait du parc même à l’intérieur duquel je décidai de séjourner à cette occasion.
Ils vinrent me chercher dès le matin qui suivit, disrespectant mes instructions, interrompant même ma méditation en cours, insistant avec véhémence, sans me laisser déjeûner et m’obligeant à les suivre de suite en direction de l’Université, où, paraît-il,
m’attendait déjà mon auditoire ! Au passage, nous nous arrêtâmes un moment à la maison du moine pour y prendre un verre de thé.
Après ce lěger rafraîchissement, nous nous étions mis de nouveau en marche et avions rejoint la salle de conférences, déjà emplie d’une centaine de jeunes gens, qu’accompagnaient leurs professeurs, assis au premier rang. Je pris place à la table qui m’avait été préparée à cet effet et les salua la main levée en signe de paix, les invitant à en faire de même pour établir une bonne communication entre nous. Sans me laisser le temps de délivrer le moindre préambule, l’un d’eux voulut immédiatement que je leur explique l’art de guérir par le magnétisme. Voyant en eux un tout disparate, je ne me sentis pas enclin à leur dévoiler des informations à ce sujet, ascertant, à raison, qu’il me faudrait les connaître tous individuellement, condition qui ne pourrait être remplie que dans une école ésotérique construite à ces fins. Pourais-je savoir quel usage feraient-ils de ces révélations ? Je pouvais, bien sûr, leur parler des règles de pureté qui étaient exigées pour cela, des disciplines morales nécessaires à respecter, préliminaires à toute pratique, et, surtout, la façon de méditer au Soleil levant, afin que certains d’entre eux, plus doués que le reste, puissent parvenir aux résultats déjà atteints par d’autres, mais je m’abstins de le faire et ma prudence s’avéra plus qu’opportune en ce cas. Les révélations que je devais faire, qui n’en sont point pour des adeptes en ésotérisme… ne devaient pas tomber entre des êtres démunis de scrupules. Il s’agissait plutôt d’un talent, d’une disposition naturelleretrouvée, ne devant servir qu’à être utilisée fraternellement, qui n’était d’ailleurs utilisé que rarement, à la condition essentielle que le karma de la personne le permette… Pourquoi, dans ce cas, vouloir m’incomber cette responsabilité au lieu de se mettre à la recherche d’un guérisseur professionnel faisant un usage commercial de ce don ? Il est juste que seul un disciple désintéressé puisse en être instruit, lorsqu’il est fait noble usage de ce don.
Irrités par mon attitude réfractaire, certains d’entre eux commencèrent à devenir nerveux et me demandèrent à brûle pourpoint si je consommais de la viande… Je leur répondis que non, précisant que j’étais végétarien depuis quatorze ans déjà. Jugulant et exultant à la façon de joueurs de loterie en veine de chance, ne se camouflant point de la victoire qu’ils venaient visiblement de remporter, ils décidèrent d’exploiter ma réponse à leur avantage et exigèrent alors de moi que je leur parle plus fort afin que ma voix soit entendue jusqu’aux rangs les plus éloignés. Sans micro, je ne pus les satisfaire car il est connu que les végétariens ont une voix plus douce que les non-végétariens… Optant pour une tactique peu loyale, ils argumentèrent à l’appui de ce fait parlant contre moi et se mirent à critiquer mon choix de nourriture (pareil d’ailleurs à celui de millions d’Hindous…) et initièrent une conspiration contre moi ! C’est à ce moment, que je pris conscience d’avoir affaire à des matérialistes, sans en avoir eu le moinre soupçon auparavant, supposant mes auditeurs préparés.
Comme on peut facilement se l’imaginer, je restai sous l’effet de choc ! J’avais débarqué peu auparavant en Inde, m’attendant à y découvrir un peuple entier de spiritualistes pratiquant exclusivement le régime végétarien et au lieu de cela je me trouvais face à un public arrogant et manifestant un comportement dicté par une philosophie purement matérialiste, acquise auprès d’instructeurs qu’en mon for intérieur je ne pouvais considérer que décadents et immoraux !
Néanmoins, je fis la sourde oreille à ce que je pris comme une réaction incontrôlée de quelques opposants et continuai dans ma discussion, sans que le ton de ma voix puisse être haussé pour être mieux entendu, faute de micro, parlant au fil de l’inspiration, naturellement et sans qu’apparaisse en moi de complexe, laissant percevoir un accent identique à celui qu’ont les Hindous en Anglais, ne les informant, du reste, que de généralités en spiritualité. Le reste de la causerie fut visiblement apprécié par les quelques professeurs présents, assis au premier rang et écoutant avec une mine ravie… Les étudiants ligués contre moi ne tenaient pas en place, car ils étaient loin de se douter que je parlais ce matin à jeûn, fait qui, à lui seul,
justifiait déjà amplement la modération du ton de voix avec lequel je m’exprimais…
Les professeurs, beaucoup plus intéressés par la façon dont je me manifestais plutôt que par le sens que je voulais donner à mes paroles, rayonnaient de plaisir et étaient suspendus à mes lèvres. Ils semblaient saisir consciemment la vie qu’ils sentaient émise et jaillissant de derrière les mots. Ils portaient également leur attention sur les gestes que je faisais et, depuis longtemps déjà, voyaient autre chose en moi qu’un Anglais ordinaire vu sous l’angle d’occupant et scruté par une pensée critique et pleine de reproche. En Inde les voyageurs de peau blanche, autres que les Britanniques, sont sans exception pris pour des Anglais, mais, à cause de mes cheveux longs, colorés naturellement en blond vénitien et sillonnés de reflets dorés, beaucoup d’entre eux étaient mus par l’impression de reconnaître en moi leur poète national d’origine Bengali qu’était Rabindranath Tagore.
Lorsque ma petite discussion prit fin et que je saluai l’audience du même signe de main levée en signe de prise de congé, les professeurs en ma faveur vinrent me rencontrer afin de me remercier et féliciter exprimant une joie qu’ils ne pouvaient dissimuler. Ils se comportèrent en vrais Frères et leur attitude chaleureuse me compensa au centuple des misères causées par les quelques fauteurs de troubles dont je fis ce jour l’expérience…
Entretemps, la salle se vida, mes supporteurs se séparèrent de moi près d’une table où je vis, posé à un coin, un plat de riz avec de la « dâl », une sorte de soupe faite avec des lentilles jaunes ajoutée au riz. En même temps, je m’aperçus que plusieurs Hindous comptaient sur la table une certaine somme d’argent, recueillie des étudiants et placée de façon ostentatoire au centre, où elle fut minutieusement partagée en égales parties. Choqué et réalisant en un instant qu’il avait été dérogé à mon désir de conférencer gratuitement aux étudiants, je compris soudain l’arrogance manifestée quelques instants auparavant par certains d’entre eux et il devint clair pour moi qu’ils voulurent en avoir pour leur argent ! Cela expliquait clairement le manque de finesse avec lequel ils s’étaient adressés à moi ! L’effet que j’avais voulu produire sur les étudiants, en agissant de la sorte, aurait dû avoir pour effet que régne entre nous une atmosphère d’estime mutuelle et que soit respecté mon désir de liberté d’expression. Il ne me vint pas une seconde en pensée le soupçon que tous ces efforts seraient vains…
Par la suite je me suis longtemps demandé si nous nous étions bien ùis d’accord durant notre débat ou s’il ne s’agissait pas plutôt d’une mise sur pied d’un plan motivé par la convoitise et dont je devins une victime impuissante. Plus tard le moine m’informa que cet argent avait été recueilli d’avance, et à son initiative, pour que je puisse continuer mon voyage. L’ayant refusé, les responsables, au lieu de le rendre aux étudiants, se l’accaparèrent pour leur propre profit. Après cela, ils m’instruirent de manger et de m’en aller. Sans plus !
Je venais d’être soumis à une épreuve guêtant l’Adepte-amateur que j’étais alors, et qui se présentait sous la forme d’une vexation avec laquelle il est difficile de se concilier, suivie peu après d’un sentiment d’humiliation. Il faut avouer, à cet endroit, qu’on ne s’attend guère à un tel comportement de la part d’Hindous… Un tel degré de grossierté, jusqu’alors inconnu de moi, m’atteignit jusqu’au sein de mon être… Il est dit que les voies du Seigneur sont incontrôlables… Toute occasion de parler en public qui me fut ultérieurement proposée, fut, vous vous en doutez bien, accueillie par une réluctance répétée de ma part…
* * *
Comme vous pouvez l’imaginer, je mangeai mon repas goulûment et, mettant mon bagage sur mon dos, pris congé des quelques personnes encore présentes pour me mettre en route sans plus tarder, prenant le chemin de Patna, capitale du Bihar. Ils ne se passa
guère plus de quinze minutes que j’aperçus soudain un temple Thibétain, du portail duquel me sourit, en guise de bienvenue, un Lama qui n’était plus de la prime jeunesse et m’interpella de loin pour prendre un verre de thé avec lui. J’acceptai avec empressement son invitation, parce qu’elle était empreinte de simplicité et d’amabilité. Parlant un tant soit peu l’Anglais, il me tranquillisa vite des sentiments de confusion laissés en moi par le manque d’éducation avec laquelle je venais juste d’être confronté. Il resta affairé durant tout ce temps et s’agitait sans cesse pour me faire retrouver mon calme. Puis il m’invita à passer la nuit à son Temple. D’ici là nous conversâmes autour du dîner qu’il prépara vers le soir seulement, tout en me faisant écouter de la musique Thibétaine, qu’il passa sur un tourne-disque et ressemblait beaucoup à de la musique chinoise, avec la seule différence qu’elle était plus gaie et permettait l’évocation en pensée des peintures à motifs célestement colorés, en tous points semblables à ceux des « Mandalas », magnifiques exécutions dessinées sur le parterre et même incomparablement plus riches en contrastes, en dessins et en couleurs que les « Yantras » hindous, utilisés aux fins de concentration.
La joviale compagnie de ce Lama me fit oublier les mésaventures connues ce matin-là… J’étais d’ailleurs reconnaissant au destin qui avait fait que ce soient justement celles-ci qui me conduisirent à faire sa connaissance. Nous nous séparâmes pour toujours le lendemain matin et, au cours des effusions échangées au moment du départ, il me fit une modeste donation d’argent destinée à couvrir les frais de mon voyage d’ici à la prochaine étape. Je me remis en route, après l’avoir remercié, le cœur léger et sûr de laisser derrière moi un ami auquel je serais heureux de penser de temps à autre, bien qu’ayant, en même temps, la prémonition que cette rencontre ne serait plus suivie d’aucune autre…
* * *
Deux ans plus tard, je vins de nouveau rendre visite à mon hôte de marque qu’était le Directeur de l’Université de Kushinagar et qui m’avait alors accueilli à son domicile… Visiter de nouveau mes amis au cours de voyages lorsque leur accueil précédent persistait dans ma mémoire était devenu une habitude… Il ne manqua pas de saisir l’occasion et fit en sorte que nous nous rendions de nouveau auprès des autres professeurs. Aucun groupe d’étudiants ne nous attendait cette fois-ci et nous nous retrouvâmes entre nous. Nanti de connaissances acquises entretemps par de nombreuses lectures et m’appuyant sur mes expériences personnelles, je me lançai avec eux dans un débat qui devint bien vite passionné et se transforma progressivement en une compétition entre érudits, durant laquelle j’accumulais des points en ma faveur car ils ne se référaient qu’à des connaissances purement intellectueles et théoriques qu’ils avaient plus ou moins bien assimilées et qui s’appuyaient la plupart du temps sur des textes de philosophie dualistique. En plus, ils étaient entichés d’un sentiment de fierté pour appartenir à un nation spirituelle. Mais il était aisé de se rendre compte qu’ils manquaient d’expériences spirituelles acquises de leur for intérieur.
Bien que nous en étions arrivés à des divergences de vues fatales dès le début des débats, celles-ci se transformèrent bientôt en chicane bruyante. Je possédais heureusement plus d’un tour dans mon sac pour les confondre, ce qui eut un effet négatif sur nos rapports amicaux du futur… Certains ne voulaient pas se résoudre à se défaire d’idées erronées, basées sur une conception dogmatique, qui les rendaient un tant soit peu agressifs. Je m’exprimais avec autorité et d’une façon non-orthodoxe, car ce que j’ascertais avait été préalablement et personnellement vérifié, n’utilisant pas en outre de références en Sanskrit comme le font en général les Pandits hindous. C’est probablement ce non-conformisme de ma part qui les fit me sous-estimer.
A la fin de cette confrontation, je ne vis plus l’utilité de jamais revenir à Kushinagar et ce