Etudes Octobre 2016
144 pages
Français

Etudes Octobre 2016

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Description

"L'anniversaire de la Réforme ne peut et ne doit être qu'une avancée nouvelle dans la voie de la réconciliation" Bernard Sesboüé

"L'Etat n'a une âme et n'est donc vivant qeu si la nation s'identifie à lui" Emilie Tardivel

"La xenophobie ne se remplace pas par une assimilation irréaliste" Gaston Pietri


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Date de parution 01 octobre 2016
Nombre de lectures 2
EAN13 9782370960900
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Table des matières

  • Editorial
  • International
    • Vladimir Poutine et l’Europe(Jean-François Bouthors, Michel Eltchaninoff et François Euvé)
    • Figures et politiques du pardon au Rwanda (Benoît Guillou)
      • Reconstruire l’unité d’une paroisse
      • Le synode gacaca chrétien
      • Les juridictions nationales gacacas
      • Les figures principales du pardon
  • Société
    • La troisième révolution digitale (Hubert Tardieu)
      • Un tremblement de terre dans le monde de la consommation
      • Les « marchés bifaces »
      • La nécessaire réglementation de l’économie de la donnée
      • Les progrès techniques rendant possible cette révolution digitale
      • Un tsunami sur le monde industriel
      • Conséquences sur la croissance et sur le travail
      • Agilité et fragilité
      • Une vision à plus long terme : vers la singularité ?
    • Encore une histoire corse ? (Gaston Pietri)
      • Violence et xénophobie
      • La défense de l’identité corse : de l’assimilation à l’intégration
  • Essai
    • Qu’est-ce qu’une nation ? (Émilie Tardivel)
      • La logique moderne
      • L’État nation en crise
      • La fiction contractuelle
      • L’impuissance du droit
      • L’héritage reçu indivis
      • L’Europe des nations
    • (Bernard Sesboüé)
      • L’Église catholique au début du XVIe siècle
      • D’où viennent ces indulgences ?
      • L’expérience spirituelle de Luther
      • La naissance et le développement de l’« affaire »
      • Comment situer les responsabilités ?
      • L’Europe sous le signe de la rupture
      • Naissance des Temps modernes et de la modernité
      • Le luthéranisme aujourd’hui
      • Une suggestion pour le cinquième centenaire
  • Arts et littérature
    • Bill Viola ou l’art de la paix retrouvée (Claude Tuduri)
      • Le passage par la vidéo expérimentale
      • La sacramentalité de l’eau, de l’air et du feu
      • Un nouveau rapport du corps au tempss
  • Chronique écologique
    • La nuit, « réserve d’être » (Dalibor Frioux)
  • Chronique spiritualité
    • Aux assassins (François Cassingena-Trévedy)
  • Figure libre
    • Silences (Nicolas Cavaillès)
  • Les carnets culturels
    • Carnets aléatoires
      • Rentrée littéraire, à chacun son rite
    • Exposition
      • Dans l’atelier, le mystère reste entier
    • Cinéma
      • Aquarius
      • Juste la fin du monde
      • Frantz
      • Fuocoammare. Par-delà Lampedusa
      • Le pape François
      • Victoria
      • Stefan Zweig. Adieu l’Europe
      • Brooklyn Village
      • The Free State of Jones
    • Revues des livres
      • Notes de lecture
        • Foi et Raison
        • Une vie pour faire corps : une biographie d’Ignace de Loyola
      • Recensions
        • Littérature
        • Art
        • Histoire
        • Sciences
        • Philosophie
        • Société
        • Questions religieuses
éditorial

Conversion œcuménique

François  Euvé

Le 31 octobre 1517, la tradition rapporte que Martin Luther, moine augustin et docteur en théologie, aurait affiché, sur la porte de l’église du château de Wittenberg, quatre-vingt-quinze « thèses » qui critiquaient, entre autres, le système des indulgences tel qu’il était pratiqué alors dans l’Église catholique. Cet événement, qui précipita sa condamnation par le pape, est considéré symboliquement comme marquant le début de la Réforme protestante. C’est pourquoi, l’année 2017 a été retenue comme 500anniversaire de la Réforme, les commémorations débutant un an avant l’anniversaire au sens strict, le 31 octobre 2016. Ce jour-là, le pape François se rendra en terre luthérienne, à Lund (Suède) et Malmö (Danemark) pour participer à des célébrations de repentance, d’action de grâce et de témoignage commun.

Dans ce numéro, Bernard Sesboüé reviendra sur les circonstances historiques de la Réforme et les moyens qui ont été mis en œuvre, ou qui restent à mettre en œuvre, pour surmonter cette division séculaire. On peut s’interroger ici sur le sens que peut avoir le fait de faire mémoire d’un événement dont la conséquence proche fut la rupture de l’Église chrétienne en deux factions antagonistes ; et la conséquence lointaine, la contribution à l’émergence de la modernité. La Réforme marque la fin de la chrétienté, la sortie d’un monde qui semblait homogène, unifié par l’Église, ses réseaux monastiques et universitaires, un monde où toute différence était repoussée à l’extérieur (l’islam) ou étroitement circonscrite à l’intérieur (le judaïsme).

L’unité de l’Église a toujours été considérée comme la marque visible de sa cohérence avec le message évangélique. Tel est l’objet de la dernière prière de Jésus rapportée dans l’évangile de Jean : « Que tous soient un » (Jn 17,21). Cette unité avait déjà été ébréchée par la séparation progressive avec l’Orient orthodoxe à partir du IXsiècle. Mais c’était sans conséquences significatives pour la chrétienté occidentale. La rupture de la Réforme protestante, suivie par plusieurs décennies de guerres de religion avec leur cortège de violences et de massacres (il suffira de penser à la Saint-Barthélemy), était un contre-témoignage qui amena certains à penser que la religion en général, et le christianisme en particulier, avaient partie liée à la violence et aux oppositions irréductibles.

Pendant longtemps, le monde catholique s’est contenté de considérer son vis-à-vis protestant comme une dissidence, une forme dégradée de christianisme, dont il fallait souhaiter, au mieux la réintégration dans le giron catholique, au pire la disparition pure et simple dans l’éclatement indéfini de ses sectes. L’événement de la Réforme était vu comme la première étape d’un long processus de décadence qui finissait par engendrer l’ensemble des maux modernes : libéralisme, matérialisme, athéisme, etc. Quant aux protestants, ils continuaient à voir dans l’Église romaine un dévoiement de l’authentique christianisme évangélique. Rares étaient les personnes qui tentaient la rencontre et une connaissance de l’autre qui ne procédait pas simplement d’une visée polémique.

Le mouvement œcuménique est né au XXsiècle d’une part du constat que la division de l’Église était un contre-témoignage (en particulier dans le champ des missions) et d’autre part de l’idée qu’une différenciation interne n’était pas incompatible avec une authentique communion. C’est d’abord au sein du monde protestant, divisé en plusieurs branches (luthériens, réformés, anglicans, pour s’en tenir aux principales) qu’il est apparu. Le magistère catholique a longtemps résisté, avant que le concile Vatican II ne marque un véritable point d’inflexion.

Un élément qui a contribué à cette avancée fut indéniablement la présence de chrétiens non-catholiques (protestants et orthodoxes) dans l’enceinte du Concile. Plusieurs représentants avaient été invités à assister à ses travaux, dont le célèbre théologien suisse (réformé) Karl Barth qui, dans ses ouvrages, n’avait pas été tendre avec la théologie romaine. La simple présence physique de ces personnes, dans les couloirs et les réunions plénières, changeait nécessairement le style des débats. On ne peut pas parler de l’« autre », voire de l’« adversaire », en sa présence comme on en parlait en son absence.

Depuis lors, de nombreuses rencontres œcuméniques eurent lieu, de simples groupes paroissiaux à des assemblées d’experts. Des groupes de travail élaborèrent des documents qui contribuent à rapprocher les positions. Il importe de se rappeler les étapes parcourues par un long processus « allant de la convergence des points de vue au consensus et même à la concorde » [1] . Le plus significatif est sans doute celui qui fut publié le 31 octobre 1999 (la date n’était pas choisie au hasard !) par la commission luthéro-catholique autour de la délicate question de la « justification », pierre de touche de la théologie luthérienne. Le résultat fut qualifié de « consensus différencié » : « La diversité n’est pas laminée, mais intégrée, dans la mesure où l’affirmation de foi est reconnue la même. » [2]

Un fruit important du mouvement œcuménique a été de faire l’expérience, au gré des rencontres, que la différence que présente celui que j’étais porté à considérer comme mon adversaire, peut s’avérer, pour moi, une source d’enrichissement. Si l’Église doit rendre compte de sa foi à partir des situations concrètes où cette foi est vécue, « elle ne peut s’exprimer que sous des formes diverses, de manière plurielle » [3] . La rencontre en vérité nécessite de sortir de soi. À l’encontre de tentations récentes de « reconfessionnalisation », elle suppose de soumettre à un examen critique d’une part les images que l’on se fait de l’autre et d’autre part les expressions par lesquelles on exprime habituellement ses propres convictions. Selon les mots du pape Jean Paul II dans son encyclique Ut unum sint (1995), cela engage une véritable conversion du cœur, qui doit conduire à « la nécessaire purification de la mémoire historique ». La démarche doit encore se poursuivre.


Notes de l'article

[1]  Bruno Chenu, « Le siècle de l’oecuménisme », Études, décembre 2000, p. 648.

[2]  Id., p. 650.

[3]  René Marlé, « Rendre raison de l’espérance qui est en nous », Études, février 1973, p. 298.

international

Vladimir Poutine et l’Europe

Entretien avec
Jean-François  Bouthors

Éditeur, essayiste, auteur de Comment Poutine change le monde (Francois-Bourin, 2016).

Michel  Eltchaninoff

Philosophe, rédacteur en chef de Philosophie Magazine, auteur de Dans la tête de Vladimir Poutine (Actes Sud, « Babel », 2015).

Propos recueillis par
François  Euvé

Vladimir Poutine paraît très populaire dans son pays et son influence est grandissante, en particulier en Europe occidentale. Comment expliquer cette popularité ? Quelle est son influence réelle ? Quelle est la composante religieuse de sa politique ?

Vladimir Poutine bénéficie d’une forte popularité en Russie. Qu’en est-il effectivement ?

Jean-François Bouthors : La popularité de Vladimir Poutine parmi la population russe est incontestable, même si l’on peut s’interroger sur sa nature et sur la manière dont elle a été construite. La première chose à admettre est qu’il a la faveur de l’opinion publique. Mais pourquoi est-elle fascinée par ce personnage ?

Il faut d’abord se replonger dans l’histoire de la Russie. L’attente d’un homme fort s’inscrit dans une histoire longue. Les figures d’Ivan IV, de Catherine II et de Pierre le Grand marquent l’imaginaire politique russe. Déjà, avant la fin de l’Union soviétique, le pays se vivait dans le délabrement. Il faut se rappeler le choc qu’a représenté le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan, qui signifiait la défaite de la puissance soviétique. S’est ajoutée à cela la libération de la parole entreprise par la glasnost et la perestroïka, et le désarroi qui s’ensuivit pour beaucoup. Si les intellectuels se réjouissaient de cette libération et en profitaient, la majorité de la population se trouvait confrontée à des questions qu’elle n’avait même pas imaginées. Lors du premier scrutin où, en 1990, Boris Eltsine s’est présenté devant les citoyens de la Fédération de Russie, les gens se demandaient s’il aurait une « main forte ». L’expression revenait de manière récurrente. Il y avait en particulier, à l’époque, une fascination pour les généraux sud-coréens.

Un autre point à garder présent à l’esprit est la place de la violence, omniprésente dans la société russe. Une famille sur six comporte au moins un membre qui a connu les camps (pas seulement d’ailleurs pour des raisons politiques). Ils ont été pour beaucoup une école de destruction mentale, car les relations, souvent régies par la pègre avec l’assentiment des autorités, y étaient réglées par la force : c’est le plus fort qui s’en sort. Varlam Chalamov a parlé d’une « école du crime ». Une autre violence a été, après la fin de l’Union soviétique, la « thérapie de choc » imposée en 1992 à l’économie par le Premier ministre de l’époque, Iegor Gaïdar. Ce fut un combat très violent pour l’appropriation des richesses. La plupart des Russes n’avaient pas les outils pour réagir. Les gens ordinaires se sont fait doubler par toute une série de personnages qui disposaient d’informations privilégiées, d’argent, de réseaux efficaces, d’appuis divers dans la police et la justice, voire d’hommes de main. Au lieu de recevoir cette libération économique comme un gain, les gens ont eu le sentiment d’avoir été trompés. D’où, encore une fois, l’attente d’un homme fort pour remettre de l’ordre.

Il faut enfin prendre en compte le rôle et l’influence des médias dans la formation de l’opinion. Un événement significatif a été la réélection d’Eltsine en 1996. Sa première mandature avait été marquée par de fortes oppositions politiques. Il avait réglé le soulèvement de 1993 par la manière forte, en faisant tirer au canon sur le parlement. Sa popularité était alors très basse, sans parler de son état physique… À l’époque, les sondages donnaient le Parti communiste gagnant. Les oligarques qui tenaient les médias se sont alors mobilisés pour éviter un retour au communisme. Ils ont monté une vaste opération médiatique qui a été couronnée de succès. À cette époque, la plupart des journalistes n’avaient pas encore vraiment de structure déontologique. Ils ont compris que cela valait le coup de  vendre. Le pouvoir n’a pas eu besoin de prendre d’assaut la plupart des rédactions, comme il l’a fait pour les grosses entreprises aux mains des oligarques. Bien des journalistes étaient prêts à « collaborer » car ils y trouvaient leur intérêt. Vladimir Poutine va retenir la leçon. De fait, ce que l’on trouve dans les médias russes correspond davantage à des opérations de propagande qu’à un reflet de la réalité des choses. On l’a bien vu au sujet de l’Ukraine.

Michel Eltchaninoff : Il y a, en effet, une cohérence historique entre l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir et ce qui précède. L’ensemble de l’histoire russe est parcourue par la tentation récurrente de la « main forte ». L’avènement de la démocratie après la chute du communisme a correspondu à une période de chaos social. Pour beaucoup de gens, le passage à la démocratie est devenu un synonyme de désordre ; et l’accès à l’économie de marché, de spoliation généralisée.

Quant à la popularité réelle de Vladimir Poutine, il est vrai que les chiffres des sondages tournent autour des 80 à 90 % d’opinions favorables. S’ils reflètent une certaine réalité, il faut les prendre avec prudence car ils sont biaisés. Les personnes interrogées ont souvent peur de ne pas répondre « correctement ». Il faut également avoir à l’esprit le culte de la personnalité « glamour » créée depuis plus de quinze ans par les médias en Russie. Vladimir Poutine se présente comme l’incarnation du renouveau russe. Ce culte passe surtout par la télévision. Dès 2000, Vladimir Poutine en a compris l’importance et il s’est approprié les outils télévisuels. Parallèlement, il a cherché à restreindre au maximum l’expression des médias indépendants du pouvoir.

Enfin, Vladimir Poutine réussit à résister à l’usure du temps grâce à une politique de mobilisation intense de la population, surtout depuis 2012. Avant cette date, en effet, le discours du Kremlin insistait davantage sur les progrès économiques et la hausse du niveau de vie. On promettait à des gens qui, durant la période soviétique, ne voyageaient guère de pouvoir passer leurs vacances à l’étranger. On permettait à une classe moyenne de voir le jour. Depuis 2014, année de l’annexion de la Crimée, le propos officiel s’est recentré sur la grandeur du pays, sans désormais promettre le bien-être. Ce discours s’appuie sur les manifestations de puissance à l’extérieur (comme l’opération en Syrie), mais aussi sur une critique très brutale de l’Occident. On comprend que le motif de la guerre soit très présent dans cette rhétorique.

La mobilisation passe d’abord par les discours du Président. Une référence importante des propos de Vladimir Poutine est le philosophe Ivan Iline (1883-1954) dont l’un des motifs centraux est celui de « guide de la nation », le chef qui sait échapper aux pièges de la démocratie « formelle », « arithmétique » ou « quantitative », au profit d’une démocratie « qualitative ». Au concept jugé abstrait de « droits de l’homme », on oppose le thème, plus romantique, du « chef » en liaison directe avec son peuple. Dans un discours d’avril 2014, Vladimir Poutine oppose l’homme occidental, pragmatique, à l’homme russe, prêt à se sacrifier pour une juste cause. Le second est prêt à mourir pour une cause supérieure, ce à quoi, selon lui, le premier a renoncé depuis longtemps. Ce qui fait sa supériorité anthropologique est que cette possibilité appartient à son « code génétique ».

La mobilisation populaire est très exigeante, car elle requiert en permanence un « combustible ». Depuis 2012, il y a eu les jeux olympiques de Sotchi en février 2014, l’annexion de la Crimée le mois suivant, la grandiose commémoration du soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale (appelée en Russie la « Grande Guerre patriotique ») le 9 mai 2015 et enfin l’intervention en Syrie de l’automne 2015. Ayant retiré une partie de ses troupes du pays au printemps 2016 – la guerre coûte très cher – Vladimir Poutine doit inventer quelque chose de nouveau, d’autant plus que le pays connaît une crise économique et que des élections législatives ont eu lieu en septembre. Il faut se souvenir à ce propos que les dernières grandes manifestations contre le pouvoir ont eu lieu lors des précédentes législatives, frauduleuses, de décembre 2011. Le Kremlin devra donc créer de nouveaux motifs de mobilisation populaire autour de lui dans les mois qui viennent, surtout si s’aggrave la crise économique, alimentée par la baisse des revenus des matières premières. Cela peut entraîner une fuite en avant du régime vers un nationalisme encore plus exacerbé.

Vladimir Poutine est-il simplement un pragmatique qui cherche les moyens d’affirmer la puissance russe ou a-t-il une « vision du monde » appuyée sur des références intellectuelles ?

M. E. : Vladimir Poutine fait état d’une vision du monde à destination de sa population et, plus largement, de l’extérieur du pays. Elle est dictée par des impératifs politiques et aussi par des motifs de sécurité personnelle. Il a intérêt à rester au pouvoir le plus longtemps possible, sans doute de se représenter à la présidentielle de 2018 pour un nouveau mandat de six ans, car les lendemains risquent d’être difficiles pour lui. Le climat d’hystérisation que ses discours entretiennent risque de se retourner contre lui. Il profite donc de cette période pour installer sa vision du monde.