Europa, notre histoire

Europa, notre histoire

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Une enquête conduite par 109 historiens et intellectuels du monde entier pour explorer notre histoire

Pour savoir qui nous sommes. Une enquête conduite par 109 historiens et intellectuels du monde entier pour explorer notre histoire. Pour savoir d'où nous venons. Une traversée de 25 siècles pour raconter les héritages qui nous façonnent. Pour savoir où nous allons. Une somme inédite sur les ombres et les lumières d'un continent.

Une enquête conduite par 109 historiens et intellectuels du monde entier pour explorer notre histoire


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Date de parution 05 octobre 2017
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EAN13 9782352046950
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Ouvrage publié sous la direction d’Hélène de Virieu EUROPA se prolonge sur www.arenes.fr © Éditions des Arènes, Paris, 2017 Tous droits réservés pour tous pays. Éditions des Arènes 27 rue Jacob, 75006 Paris Tél. : 01 42 17 47 80 arenes@arenes.fr
Prologue
Étienne François Né à Rouen (France) en 1943. Professeur émérite d’histoire à l’université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et à l’université libre de Berlin, ancien directeur du Centre Marc-Bloch, membre de l’Académie des sciences de Berlin-Brandebourg. Ses recherches portent sur l’histoire de l’Allemagne moderne et contemporaine ainsi que sur celle des cultures mémorielles européennes.
Thomas Serrier Né au Mans (France) en 1971. Maître de conférences à l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis et professeur invité à l’université européenne Viadrina de Francfort-sur-l’Oder. Ses recherches portent sur l’histoire de l’Allemagne, des régions frontières en Europe centrale et orientale ainsi que sur les mémoires collectives européennes.
ans la mythologie grecque, Europe est une ravissante nymphe enlevée par Zeus, transformé pour l’occasion en taureau, qui la conduit de l’Orient à la Crète ; et depuis l’Antiquité elle sert à définir notre continent. lReashomrDdarnessundeChnetlaropoeedivorpusetarobseaets337uo(ruEL.)rebèer-b327ensUn millénaire plus tard, l’auteur anonyme de laChronique mozarabe invente le substantif « Européens » pour caractériser les soldats qui, sous arles Martel, ont vaincu, près de Poitiers, l’émir de Cordoue Abd al-espace géographique dont les habitants prennent conscience de leur identité parce qu’ils se sentent attaqués. Le terme resurgit dans les mêmes circonstances plusieurs siècles plus tard, en 1454, dans la bouche d’Enea Silvio Piccolomini, futur pape Pie II, inquiet de l’expansion ottomane en Adriatique. Mais l’idée européenne e ne prend vraiment corps qu’au milieu du XVII siècle avec les traités de Westphalie (1648) qui mettent fin à cette guerre de Trente Ans qui avait déchiré et ravagé la majorité du continent ; à Münster et Osnabrück, presque tous les monarques européens sont représentés à l’exception du tsar de Moscovie, du roi d’Angleterre et du sultan ottoman ; ensemble, ils jettent les fondements d’un système politique qui e dura plus de deux siècles et transforma la Chrétienté en Europe. Au XXI siècle, au-delà de sa partielle union politique depuis le milieu du siècle précédent, l’Europe est devenue à la fois une réalité tangible et une représentation fantasmée, une entité insaisissable et l’objet de controverses enflammées. Penser notre histoire aujourd’hui, c’est la penser avec l’Europe, dans la durée et ensemble.Dans la duréesi les interrogations du présent et les conflits de l’histoirecar récente dominent nos mémoires, au point de les obscurcir, l’héritage européen, lui, vient de très loin, d’Homère et d’Athènes, de Jérusalem et de Rome. Etensemble, parce que les débats qui ont agité les sociétés européennes autour du nazisme et du stalinisme, de la Shoah et du Goulag, révèlent la prégnance d’espaces façonnés par le temps des empires européens, par la guerre froide, par les césures Est-Ouest et Nord-Sud. Cette géographie des mémoires et ses clivages, nous avons voulu les dépasser pour envisager la tectonique dans son ensemble. Notre enquête est d’une ampleur inédite, ouverte au grand large. Avec Pierre Monnet (Paris / Francfort-sur-le-Main), Akiyoshi Nishiyama (Tokyo), Valérie Rosoux (Louvain), Olaf B. Rader (Berlin) et Jakob Vogel (Paris) qui ont, dans un échange permanent, pris en charge l’édition des trois parties qui composent ce livre, nous avons réuni une centaine de contributeurs – cent neuf très exactement –, originaires de toute l’Europe et du monde entier : Allemagne, A ustralie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Inde, Italie, Japon, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République démocratique du Congo, République tchèque, Russie, Sénégal, Serbie, Suède, Ukraine, sans compter les trajectoires de passe-frontières si nombreuses parmi nos auteurs que toute assignation à une nationalité particulière confinerait à l’absurde : si nous suivions en plus leurs racines familiales, elles nous emmèneraient du côté de la Bulgarie, de la Croatie, de l’Iran, des pays baltes, de la Turquie ou de la Tunisie. Pour répondre au défi intellectuel lancé par le penseur postcolonial indien Dipesh Chakrabarty qui suggérait de « provincialiser » l’Europe, il fallait résolument brasser large. Toutes les générations sont également représentées avec leurs sensibilités différentes : plus de cinquante ans séparent notre doyen de notre benjamine. Cette polyphonie est celle de nos convictions, persuadés que nous sommes, avec Paul Ricœur, qu’un « travail de mémoire » n’est rien d’autre qu’un « travaildes mémoires ». Démêler l’écheveau des histoires imbriquées et des identités proclamées n’est possible qu’en multipliant les regards, en reconnaissant à la mémoire du voisin une même importance et dignité qu’à la sienne, bref, en rendant nos mémoires « partageables » comme le dit joliment Luisa Passerini. « Cessons, si vous le voulez bien, de causer éternellement d’histoire nationale à histoire nationale, sans nous comprendre », réclamait déjà Marc Bloch dans son plaidoyer « Pour une histoire comparée des sociétés européennes » de 1928. Pourquoi ne pas dire d’emblée le plaisir de la découverte et de l’échange qui a dominé la gestation de ce projet, resté de bout en bout profondément international jusque dans la concertation permanente ? Europa.Notre histoireest le fruit de cette aventure.