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Fioretti di Roma

De
208 pages

CHAQUE soir, longtemps après l’Ave Maria, lorsque Rome s’endort dans son calme habituel, on entend descendre du mont Esquilin le son perçant d’une cloche qui sonne à la volée. Ce n’est pas le couvre-feu, c’est un acte de reconnaissance et de prévoyante charité.

Il y a je ne sais combien de siècles, un voyageur, surpris par la nuit, s’égara dans la campagne romaine. Craignant de tomber dans quelqu’une des nombreuses ouvertures qui, s’élevant de la profondeur des catacombes, criblaient la surface du sol, il n’osait faire un pas.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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ROME. — ÉGLISE DE SAINTE-MARIE-MAJEURE
J. Foulhouze
Fioretti di Roma
Souvenirs et coutumes de Rome
A MADAME LA BARONNE D’AUBIGNY MADAME, Vous me permettrez de vous dédier ce livre. Il vous appartient autant qu’à moi. C’est ensemble que nous avons, à plusieurs reprises, visi té les merveilles de Rome. Votre souvenir est mêlé, dans ma mémoire, à tous le s souvenirs de la Ville Eternelle, pour y. ajouter un charme de plus. Je su is donc heureuse de vous offrir cet ouvrage ainsi que l’expression de mon affectueuse g ratitude. J. FOULHOUZE.
Montluçon, le 31 mai 1897.
LETTRE DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE MOULINS A L’AUTEUR
ÉVÊCHÉ DE MOULINS
Moulins, le 24 juin 1897.
MADEMOISELLE, L’épreuve de votre nouveau livre m’est remise au mo ment où je pars pour un long voyage. Je n’ai que le temps d’y jeter un coup d’œi l rapide. Mais cette lecture hâtive est néanmoins suffisante pour me permettre d’affirm er que les « Fioretti »sont dignes de votrePèlerinage de Rome et de Jérusalem. » « et que la sœur cadette peut marcher sans crainte à côté de sa sœur aînée. J’y r etrouve, en effet, les mêmes qualités de description et de style qui rendaient s i attrayante la lecture de votre précédent ouvrage. Votre deuxième volume, du reste, n’est que le complément du premier. Dans votrePèlerinage », « vous avez naturellement imité les pèlerins avides de tout voir, mais pressés d’arriver au but ; et vo us n’avez pu qu’esquisser à grands traits la physionomie de cette Rome chrétienne si c urieuse à étudier. Vous avez senti le besoin d’y revenir ; — et c’était aussi le désir de vos lecteurs qui regrettaient la brièveté de vos détails et la rapidité de vos descr iptions au sujet de la Ville Eternelle. Cette fois, vous avez du temps et vous vous promene z, à votre aise, avec une sorte de dilettantismeet surtout lesdoux et pieux, à travers les palais, les monuments églises de cette Rome,capitale des âmes,que vous aimez. tant et dont vous savez si bien inspirer aux autres l’ardent amour. Et dans ce tte promenade où votre cœur vous sert de ciceroneplus encore que votre esprit, vous glanez sur votre passage tous les souvenirs que vous rencontrez ; vous leur donnez le nom charmant dans la langue italienne de « Fioretti » ;lez et dontce sont, en effet, de petites fleurs que vous cueil vous composez un bouquet délicieux. Le plus grand journaliste de nos temps modernes a é crit un livre intitulé : « Les Parfums de Rome ».Vos fleurs à vous, outre qu’elles ont, sous votre p lume, un gracieux coloris et une rare fraîcheur, dégageront aussi, j’en suis convaincu, un parfum qui embaumera les âmes. Je serai donc heureux, en ce qui me concerne, de re commander votre nouvel ouvrage à nos communautés religieuses et à nos écol es libres ; et je lui souhaite le même succès qu’à votre ipremier livre si goûté du public et dont l’édition a été si vite épuisée. Veuillez. agréer, Mademoiselle, l’expression de mes sentiments respectueux et dévoués. † AUGUSTE, évêque de Moulins.
PRÉFACE
L’étude de Rome dans Rome « fait pénétrer jusqu’aux sources vives du christianisme. Elle rafraîchit tous les bons sentim ents du cœur, et, dans ce siècle de tempêtes, elle répand une merveilleuse sérénité dan s l’âme. » C’est en méditant cette belle pensée de Mgr Gerbet, que je me suis décidée à livrer à la publicité les quelques pages écrites après mon dernier voyage de Rome. Ce livre n’en est donc pas un, c’est simplement le résumé de mes courses journalières dans la Ville Eternelle ; c’est surtou t l’étude que j’ai faite, avec un vif intérêt, des usages et coutumes de ce pays privilég ié. Ce sont d’humbles petites fleurs cueillies çà et là, modestes violettes aux parfums immortels qui embaument l’âme et la font vivre dans le vestibule du ciel. J’ose espérer que ce modeste volume sera aussi bien accueilli que son frère aîné : An pèlerinage, — Rome, Terre-Sainte, Agypte et Prov ence.Il a également pour but de répondre au désir de plusieurs personnes qui ont tr ouvé trop abrégées les pages concernant Rome. J’avais été obligée d’agir ainsi, quoique à regret, car parler de Rome touche presque à l’infini, mais écrivant un pè lerinage en Terre-Sainte, je devais faire de ces lieux bénis mon principal objectif et comme le dit fort bien Mgr Dubourg, j’étais pressée d’arriver. Voilà pourquoi je viens aujourd’hui combler cette l acune et donner satisfaction à mes lecteurs. C’est d’ailleurs une intime joie pour moi. Un auteur a dit : « Un voyage à Rome, beau rêve avant, magnifique réalité pendant, ineffaçable souvenir après !... » En revenant de Rome, le pèlerin n’a pas de plus gra nd bonheur que d’en parler, parce que ce sont les jours les mieux remplis et les meil leurs de sa vie. Il éprouve donc un charme indéfinissable à dire à d’autres ce qu’il a vu, ce qu’il a senti, ce qu’il a goûté. La grande difficulté, c’est de le bien exprimer. En cela je reconnais mon impuissance et je réclame l’indulgence de mes lecteurs. S’ils m e trouvent parfois trop enthousiaste, ils se souviendront que l’enthousiasme ne jaillit q ue des profondes sincérités de l’âme qu’il émeut délicieusement. Lui seul produit l’admi ration qui est l’amour et le culte de tout ce que Dieu a fait de plus beau, de meilleur e t de plus grand. Et comme à Rome on se sent arrêté à chaque pas par une beauté, par un souvenir, les yeux, l’imagination, la mémoire du passé, la fo i et l’amour des choses divines trouvent tour à tour à s’exercer et à jouir ! On ne peut circuler dans une rue, visiter une ruine sans rencontrer un objet, un monument, qui ré veille en l’âme les plus grandes et les plus religieuses pensées et sans qu’il fasse co uler en elle plus vivace et plus rapide, la sève de la grande vie catholique. Je ne forme qu’un souhait, c’est de faire partager mon enthousiasme au lecteur et lui donner le désir d’aller aussi à Rome ; d’expéri menter par lui-même que visiter pour la première fois la Ville Eternelle, c’est quelquef ois affaire de convenance ou de curiosité, mais la revoir quand on la connaît à fon d, quand on l’aime, qu’on s’y est créé une patrie idéale et la revoir après trois ans d’ex il, c’est une des plus grandes joies de ce monde. J.F.
I
LA CLOCHE DE SAINTE-MARIE-MAJEURE
CHAQUE soir, longtemps après l’AveMaria, lorsque Rome s’endort dans son calme habituel, on entend descendre du mont Esquilin le s on perçant d’une cloche qui sonne à la volée. Ce n’est pas le couvre-feu, c’est un ac te de reconnaissance et de prévoyante charité. Il y a je ne sais combien de siècles, un voyageur, surpris par la nuit, s’égara dans la campagne romaine. Craignant de tomber dans quelqu’u ne des nombreuses ouvertures qui, s’élevant de la profondeur des cata combes, criblaient la surface du sol, il n’osait faire un pas. Dans son anxiété, il recom manda son âme à Dieu et se résigna à passer la nuit, peut-être à mourir au milieu du s ilencieux désert. Le lendemain était un jour consacré à la sainte Vierge. A l’occasion d e la fête, on sonne dès la veille à Sainte-Marie-Majeure. La cloche est entendue du pau vre voyageur ; grâce à elle, il s’oriente, retrouve son chemin et échappe miraculeu sement au danger. En reconnaissance, il fit une fondation perpétuelle , afin que, chaque soir, on sonnât la cloche libératrice en faveur de ceux qui seraien t exposés au même sort. N’est-ce pas une délicieuse pensée ? J’aime cette foi généreuse, expansive et charmante qui caractérise le catholicisme des Romains ; cette prodigalité à faire des dons, à parer les autels, à embellir les saintes images pour reconnaître un bienfait, une fa veur obtenue. Cette touchante histoire de la cloche libératrice m e fit retourner encore une fois dans cette basilique chère à mon cœur. C’était le matin, la douce odeur du sacrifice régna it encore sous ses voûtes à la fois resplendissantes et sombres. Je m’agenouillai devan t cette magnifique Confession qui conserve les précieux débris de la crèche où naquit le Rédempteur, et là je goûtai combien l’ombre des temples est douce : le cœur bri sé s’y endort, s’y refait. Là, toute chose a son enseignement, son charme, son âme, et p arle au fidèle avec un accent dont rien ne peut rendre l’ineffable profondeur. Dieu s’y révèle dans la majesté de son divin abaiss ement, dans la splendeur de son infini pardon. Il faut la foi pour bien visiter les basiliques rom aines, afin d’en voir le côté divin ; sans cela, quelque brillant qu’il soit, le temple s era vide, il sera muet, il sera sans poésie divine. On le visitera comme un monument ord inaire, l’oreille du cœur n’aura rien entendu, car l’œil de la foi n’aura rien vu. « Et vraiment, était-ce bien la peine de venir à Rome pour obtenir un pareil résultat ? » a dit Mgr Gaume. Je me trouvais en ce moment complètement seule dans l’immense désert de cette basilique, image de l’infini ; pas un bruit ne s’él evait, et, ici, le plus faible murmure retentit au loin sous ces voûtes éternelles, dignes seulement d’entendre la voix de la prière. Je regardai avec admiration ces superbes mo saïques représentant divers traits de l’Ancien Testament et de la vie de la bienheureu se Mère de Dieu ; le maître-autel, formé d’une riche table de marbre soutenue par quat re anges de bronze doré ; le baldaquin, porté par des colonnes de porphyre et su rmonté de quatre anges qui tiennent une couronne triomphale. Argent, or, diama nts, jaspe, porphyre, y brillent de toutes parts, et toute chose y a son histoire aussi bien que son éclat. De chaque côté du grand autel, sont deux magnifique s chapelles. Celle de droite renferme le Saint-Sacrement et possède le corps de saint Pie V, l’enfant chéri de la
sainte Vierge, qui lui accorda la glorieuse victoir e de Lépante. Celle de gauche appartient à la famille Borghèse. On y honore parti culièrement une de ces images miraculeuses de la sainte Vierge que la tradition a ttribue au pinceau de saint Luc. C’est à elle que l’on doit la cessation de la peste de 596, qui faisait de si grands ravages. Aussi, rien ne peut égaler la dévotion singulière q ue l’on a à Rome pour la pieuse image et pour le sanctuaire où elle repose. Elle fut couronnée par Clément VII, qui lui fit don de sa couronne de pierres précieuses ; car il est d’usage, en Italie, de cour onner l’image devant laquelle on a obtenu les grâces que l’on sollicitait de la Reine du Ciel. Un cercle d’argent ou d’or, enrichi de diamants et de perles, entoure la tête d e Marie et appelle la dévotion en perpétuant le témoignage de la reconnaissance. La basilique de Sainte-Marie-Majeure n’est pas moin s admirable à l’extérieur qu’à l’intérieur. Elle a deux façades. Devant la princip ale, la statue en bronze de la sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus s’élève sur une colonn e de marbre blanc de soixante-dix pieds de hauteur, la seule qui reste de l’ancien te mple de la Paix, chef-d’œuvre de grâce, d’élégance, de beauté ; l’une des merveilles de Rome que mes yeux ont toujours contemplée avec le plus de ravissement. C’est du sommet de la coupole que, chaque année, le 5 août, jour anniversaire du miracle des neiges, on jette, pendant tout le temps de l’office, des pétales de fleurs blanches sur le pavé. Quelle charmante et poétique coutume entre toutes celles qui existent déjà !... Si l’on sort par la petite porte ouverte derrière l ’abside, on aperçoit devant soi la longue rue des Quatre-Fontaines, qui s’étend jusqu’ à l’église de la Trinité-des-Monts et dont les ondulations offrent un aspect des plus pittoresques. Au pied de la colline, s’élève un gracieux obélisqu e, qui appartenait autrefois au tombeau d’Auguste. Le grand Pape Sixte-Quint l’a pl acé ici afin qu’ayant vu les malheurs de l’Eglise, il servit de témoin et d’instrument à son triomphe. C’est le vaincu qui chante les louanges du vainqueu r, et ici, à Sainte-Marie-Majeure, la pensée est plus touchante qu’ailleurs. Cet obéli sque, qui décorait la tombe du monarque de l’univers entier, sert maintenant d’orn ement au berceau du petit Enfant qui a terrassé cet empereur et brisé son empire.
II
LAVIA APPIA(RÊVERIE)
ETRANGE. et charmante route, qui m’a laissé de péné trants souvenirs !... Bordée de monuments funèbres, sur une longueur de p lusieurs lieues, et donnant ouverture aux catacombes, entre les sépulcres des S cipions et le tombeau de Cécilia Metella : c’est bien l’entrée qui leur convient. Il s’attache à elle quelque chose du charme mélancolique de ces ruines que Rome possède plus que toute autre ville, et dont elle a la majesté, la grandeur imposante, la t ristesse aussi. Mais les ruines de la Ville Eternelle sont fécondes et vivantes !... le s oleil les dore de ses rayons, le lierre les festonne, la fleur les parfume, le souvenir les anime, la croix les protège et les ressuscite. Ici l’histoire parle et Dieu est là... Aussi combien j’aime à errer, seule avec mes pensées, parmi ces tombeaux et ces cyprès ; à m archer sur ce sol jonché de marbres brisés, de statues mutilées, d’inscriptions effacées ; combien j’aime à contempler la physionomie de cette campagne aux gra ndes lignes sévères, à l’aspect solennel et désolé, vaste comme la mer, semée de dé bris, d’aqueducs croulants, qui semblent continuer à l’horizon les ondulations de c es montagnes si parfaitement assorties avec les ruines qu’elles encadrent.
ROME. — ACQUEDUC DE CLAUDIUS
Çà et là, quelque antique église vient peupler ces régions solitaires : c’est d’abord celle dédiée aux saints Nérée. et Achille, une des plus précieuses de Rome par ses beautés artistiques de tout genre. Ambons ornés de mosaïques, candélabre monumental, chaire pontificale dans laquelle saint Grégoire le Grand prononça la vingt-huitième de ses homélies ; on en lit une part ie sur le dossier même de ce trône, dont un bloc de marbre a fait les frais : voilà les vestiges vénérables qu’elle possède. Cette petite église, que peu de personnes songent à visiter, respire je ne sais quel mystérieux parfum de vertus et de sainteté qui se r etrouve dans toutes celles du même style, de la même époque, l’on éprouve une sen sation vraiment indescriptible en pénétrant pour la première fois dans ce sanctuai re contemporain des premiers