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Frantz Fanon un héritage à partager

De
210 pages
L'auteur propose une réflexion sur le parcours et la pensée de Frantz Fanon, grande figure de l'anticolonialisme et du tiers-mondisme. Articulé autour de grands thèmes tels que la défense des cultures nationales ou la conscientisation de la jeunesse africaine, l'auteur entend ainsi répondre aux phénomènes d'aliénation ou de communautarisme qui caractérisent, selon lui, nos sociétés.
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AdamLongue
FNN TR AZ F AN ON Un héritage à partager
Frantz FANON
Un héritage à partager
AdaM LOnguEt
Frantz FANON
Un héritage à partager
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00135-7 EAN : 9782343001357
SommAire
Avant pROpOs7 BIOgRaphIE sOMMaIRE dE fRantz fanOn13 chapitre i. LE MIlItant antIRacIstE19 chapitre ii. DEfEnsE dEs cultuREs natIOnalEs dEs pEuplEs cOlOnIsEs53 chapitre iii. LE dIscOuRs fanOnIEn, un REquIsItOIRE cOntRE lEs bOuRgEOIsIEs du tIERs-MOndE75
chapitre iv.VIOlEncE Et cOnstRuctIOn natIOnalE99 chapitre v. mEssagE dE cOnscIEntIsatIOn pOuR la jEunEssEafRIcaInE 145
chapitre vi.
ruptuRE Et huManIsME
COnclusIOn BIblIOgRaphIE ouvRagEs dE fRantz fanOn
169 197 203 204
AVANT- ProPoS
RànTz FaNON.VOIlà bIEn un pRénOM Et un nOM quI pOuR bOn nOMbRE d’EntRE nOus paRaîtROnt ObscuRs Ou lOIntaInEMEnt sIgnIfIcatIfs. SuRtOut, lORsqu’On Est En AfRIquE nOIRE fRancOphOnE Et vOIRE En AlgéRIE Où FanOn Est quasIMEnt InExIstant dans lE paysagE IntEllEctuEl lOcal actuEl. et pOuRtant, FanOn Est plEInEMEnt dEs nôtREs. CE fRèRE dE la dIaspORa dOnt lE tRavaIl hautEMEnt cRucIal a été caRRéMEnt jEté dans lE puIts nOIR dE l’OublI. AlORs qu’unanIMEMEnt nOus savOns tOus aujOuRd’huI qu’au lEndEMaIn dE nOs IndépEndancEs nOMInalEs, unE OREIllE attEntIvE auRaIt dû êtRE pRêtéE à sEs nOMbREux cOups dE sEMOncE. CaR suR plusIEuRs pOInts, lEs faIts pOstcOlOnIaux luI auROnt EffROyablEMEnt dOnné RaIsOn. Hélas, aujOuRd’huI, pREsquE pERsOnnE n’évOquE FanOn aussI bIEn dans lEs dIscOuRs pOlItIquEs qu’IntEllEctuEls. Dans nOs lycéEs Et dans nOs unIvERsItés, sIlEncE absOlu. on IgnORE jusqu’à sOn nOM a fORtIORI sEs lIvREs. PaRadOxalEMEnt, En AlgéRIE, tERRE d’adOptIOn dE FanOn, la MêME dEstInéE navRantE luI Est RésERvéE Ou plutôt InflIgéE. mOhaMEd BOuhaMIdI du quOtIdIEn d’InfORMatIOn algéRIEn La TRIbunE nOus l’a RappElé RécEMMEnt En dEs tERMEs sans équIvOquE dans sOn édItIOn du 25 juIn 2009. « QuaRantE-huIt ans apRès sa MORt dEs suItEs d'unE lEucéMIE dans un hôpItal aMéRIcaIn Et quaRantE-sEpt ans apRès nOtRE IndépEndancE, qu'Il n'a pas Eu lE bOnhEuR dE vIvRE -Ou qu'Il a Eu lE bOnhEuR dE nE pas vOIR, - lE statut dE
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FanOn suR la tERRE dE l'AlgéRIE IndépEndantE Est plOMbé dans l'OublI lE plus OpaquE Et dans dEs dénIs dE sEs appORts scIEntIfIquEs dans la cOMpRéhEnsIOn dE la sOuffRancE MEntalE cOMME dans la cOMpRéhEnsIOn dEs pROcEssus pOlItIquEs Et hIstORIquEs. » QuE dIRE alORs dE l’AfRIquE nOIRE, nOtaMMEnt, cEllE quE l’On dIt fRancOphOnE. FanOn y faIt fIguRE d’IllustRE IncOnnu. raREMEnt, dEs thèsEs sOnt cOnsacRéEs à sOn œuvRE EncORE MOIns dEs tRavaux dE REchERchE. A cE pROpOs, Il ME REvIEnt En MéMOIRE cEttE anEcdOtE tRès RévélatRIcE dE l’état dE la sItuatIOn. il y a dE cEla quElquEs annéEs, à l’UnIvERsIté dE COcOdy à AbIdjan, jE ME tEnaIs dEvant unE lIbRaIRIE tROttOIR à pROxIMIté d’unE bandE d’étudIants quI faIsaIEnt pRatIquEMEnt la chOsE MêME quE MOI. COMME dE cOutuME, jE passaIs En REvuE lEs tItREs dEs lIvREs ExpOsés. Un MOMEnt, j’EntEndIs un étudIant MOntRant dE l’IndEx à sEs caMaRadEs PEau nOIRE, MasquEs blancs En ajOutant dOctEMEnt lE cOMMEntaIRE suIvant : « FRantz FanOn Est un Blanc quI détEstE lEs NOIRs ». Dès lORs, Il y avaIt uRgEncE d’IntERvEnIR Et dE déMystIfIER. C’étaIt à l’épOquE Où jE pRépaRaIs lE MatéRIau pOuR l’élabORatIOn du pRésEnt tExtE. PaR bOnhEuR, paRMI lEs dOcuMEnts quE j’avaIs, cE jOuR-là, paR dEvERs MOI, fIguRaIt suR un, unE IMagE dE l’hOMME. JE pRIs l’étudIant En apaRté Et luI MOntRaI ladItE IMagE. il étaIt vIsIblEMEnt cOnfOndu. JE nE luI En tIns pOInt RIguEuR. JE cOMpRIs sEulEMEnt qu’Il étaIt la vIctIME d’un systèME d’EnsEIgnEMEnt EncORE dOMIné paR lE pactE cOlOnIal Et quI REfusE dE MEttRE En pREMIèRE lIgnE nOs pEnsEuRs lEs plus EnRIchIssants Et lEs plus stIMulants. DEs hIstORIEttEs dE cEttE vEInE, j’En aI vécuEs tROIs Ou quatRE. L’évOcatIOn dE cE RécIt pERsOnnEl n’a d’autRE but quE dE cORRObORER cE quE nOus dIsIOns pRécédEMMEnt à pROpOs du tRaItEMEnt InjustE Et InadMIssIblE quE l’On faIt subIR à FanOn dans nOs etats afRIcaIns. POuRtant, FanOn pOuRRaIt aIdER sIgnIfIcatIvEMEnt à unE cOMpRéhEnsIOn plus pROfOndE dEs pRObléMatIquEs auxquEllEs nOus nOus tROuvOns cOnfROntés dEpuIs plusIEuRs décEnnIEs MaIntEnant. SuRtOut, dans la cOnduItE dE nOs RappORts avEc lEs Ex-puIssancEs cOlOnIalEs, l’ORganIsatIOn sOcIalE, écOnOMIquE Et pOlItIcO-adMInIstRatIvE dE nOs etats, lE RôlE dE
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l’aRMéE dans la natIOn, la placE dE la fEMME, lEs pROblèMEs dE la jEunEssE, l’IMpORtancE dE l’unIté natIOnalE, du panafRIcanIsME, l’appROpRIatIOn dEs tEchnIquEs, la RépaRtItIOn équItablE dEs RIchEssEs natIOnalEs, la cultuRE natIOnalE, la gEstIOn pRIORItaIRE du MOndE paysan Etc. LE MEssagE dE FanOn à pORtéE unIvERsEllE cERtEs, nOus Est, pEuplEs du TIERs-MOndE En généRal Et afRIcaIns En paRtIculIER, dEstIné En pREMIER. CaR, cOMME l’a sI bIEn sOulIgné Hassan remAoUN, lE sOcIOlOguE-hIstORIEn dE l’UnIvERsIté d’oRan En décEMbRE 2003 à la COnféREncE COMMéMORatIvE du CoDeSTriA à DakaR « FanOn Est En EffEt dE cEux dOnt lEs analysEs Et lEs cOncEptIOns IntERpEllEnt EncORE lEs vIvants, cEux nOtaMMEnt quI sOnt cOncERnés Ou s’IntéREssEnt au dEvEnIR dE l’AfRIquE En paRtIculIER… ». CEttE ObsERvatIOn nOus attEInt dIREctEMEnt. SuRtOut, apRès quE l’On aIt cOMMéMORé En gRandE pOMpE, avEc fanfaRE, djEMbés, kORas Et balafOns, lE cInquantEnaIRE dEs IndépEndancEs fORMEllEs dE nOs etats, nOus EstIMOns capItalE la RéalIsatIOn d’unE étudE appROfOndIE suR sOn œuvRE afIn dE cOMpREndRE l’EssEncE dE cE cOncEpt quE nOus avOns tant MassacRé dEpuIs bEllE luREttE paR nOs pRatIquEs IRREspOnsablEs. maIs, sachant quE FanOn déRangE, IncOMMOdE nOs âMEs bIEn-pEnsantEs, flagEllE nOs bOnnEs cOnscIEncEs tRès OMbRagEusEs, nOus placE, sans MénagEMEnt, dEvant nOs REspOnsabIlItés quE nOus vOulOns à tOut MOMEnt fuIR, nOus dEMEuROns scEptIquEs quant à un nOuvEl ExaMEn, à unE nOuvEllE IntERROgatIOn du dIscOuRs fanOnIEn aujOuRd’huI. malhEuREusEMEnt, nOus avOns REMaRqué quE cOMME En 1960, l’EuphORIE l’a EMpORté unE fOIs dE plus suR la RéflExIOn cRItIquE, l’analysE fROIdE Et ObjEctIvE dE nOtRE sItuatIOn glObalE lORs dEs céRéMOnIEs du cInquantEnaIRE. et pOuRtant, paRadOxalEMEnt EncORE, un autRE cOnstat s’avèRE pRégnant. CE sOnt lEs gEns du caMp advERsE, lEs occIdEntaux, quI aujOuRd’huI REcOnnaIssEnt l’IMpORtancE IncOntEstablE dE l’œuvRE dE FRantz FANoN dans l’IntEllIgEncE du MOndE cOlOnIal Et du MOndE pOstcOlOnIal. ils luI cOnsacREnt un nOMbRE IncalculablE d’étudEs. Dans la quasI-tOtalIté dEs unIvERsItés anglO-saxOnnEs Et nIppOnnEs, dEs etats-UnIs au rOyauME-UnI En passant paR lE Canada Et lE JapOn lEs tExtEs dE FanOn sOnt étudIés,
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