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Guide du voyageur et du colon de Paris à Alger et dans l'Algérie

De
263 pages

« La gloire civilisatrice, la gloire de la France nouvelle qui ira sur ces rivages créer un pays nouveau, un pays africain et français ; voilà ce que nous chercherons, avec la paix quand la guerre ne sera plus nécessaire, et avec la guerre et la paix quand il faudra successivement user de l’une et de l’autre. »

M. THIERS, Séance du 10 juin 1836.

Le temps est déjà loin où l’on considérait un voyage aux états barbaresques comme l’on envisage encore un voyage à Madagascar du à Calcutta.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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CET OUVRAGE INDIQUE
I. Les formalités à remplir en France pour se rendre à Alger.
II. Le pris du voyage de Paris à Alger.
III. Les postes par les différentes routes de Paris à Marseille et Toulon.
IV. L’historique des villes principales de ces routes.
Y. Les moyens de faire la traversée.
VI. La description des îles Baléares et de toutes l es villes de l’ancienne régence d’Alger.
VII. Une Notice sur l’histoire d’Alger.
VIII. L’état actuel de la colonie, ses ressources, ses besoins, etc., etc.
IX. Pour le retour en France ; Observations sur les quarantaines, description des lazarets de Marseille et Toulon, etc.
X. Ordonnances royales organisatrices du gouverneme nt et de la justice dans l’Algérie.
Armand Pignel
Guide du voyageur et du colon de Paris à Alger et dans l'Algérie
« La France a conquis Alger, la France gardera sa conquête. .... Sous tous les rapports, agricoles, commerciaux, militaires et maritimes, nous avons des avantages communs à attendre. Nous le déclarons donc haut, c’est que nous voulons conserver Alger. Nous ne voulons ni directement ni indirectement abandonner Alger. Donc nous garderons Alger.» M. THIERS, président du conseil des ministres. 9 juin 1836.
* * *
Honneur, dix fois honneur au ministre du roi dont la voix éloquente a promis à la France la conservation d’Alger. Gloire, gloire u sur le mont Atlas et quià l’armée française qui a planté son drapea soumettra toutes les hordes de barbares de l’ancien ne Mauritanie césarienne. Prospéritéaux colons dont la protection du gouvernement assu re le succès. Profilà la France dont le commerce s’enrichira des produ its du sol algérien.
* * *
Encore quelques années : Et les préjugés contre les colons et les colonies d isparaîtront ; Et l’indifférence des Parisiens pour les possession s d’outre-mer, fera place sans doute à un sentiment plus digne des habitans de la capitale du monde civilisé ; Et l’on cessera de considérer comme aventuriers ou banqueroutiers, ceux qui braveront les fatigues des voyages et les effets d’ un climat étranger, pour aller chercher sur une terre conquise par les armes franç aises, une fortune qu’ils ne seraient pas assez heureux pour attendre de leurs f amilles, ou acquérir dans leur patrie. On demande la civilisation partout et pour tous. En France on veut de la civilité chez toutes les cl asses de la société ; A Constantinople on civilise les Turcs ; En Afrique on veut civiliser les Bédouins ; En Amérique et dans l’Inde, les missionnaires trava illent de toutes leurs forces à civiliser les sauvages, Et l’on désirerait néanmoins que chacun restât danssa sphère ! Cependant la civilisation porte, à l’instruction. L’instruction enfante l’ambition. L’ambition fait naître les grands projets, les gran des entreprises, les grandes idées, et les idées développent le génie. Chacun maintenant se sacrifie pour donner de l’inst ruction àsesenfans. Les fils du cultivateur, de l’artisan, ont fait toutes leurs cl asses. Celui-ci a étudié le droit, celui-là la médecine, cet autre les arts mécaniques, etc. — Jusque-là tout va bien, mais arrive l’âge où il faut penser à un établissement : les mo yens manquent... Alors on s’arrête, on hésite sur le choix d’une carrière, quand un peu plus tôt on croyait en avoir embrassé une : on jette un regard, non dans le pass é, mais dans l’avenir, et l’on s’aperçoit que lagrande routele et chemin de traverse présentent des difficultés égales pour arriver à la fortune.
De là bien des déceptions ; De là l’idée du suicide, maladie aujourd’hui épidém ique ; De là aussi des projets d’expatriation. Eh bien ! est-il un vagabond, un aventurier, l’homm e pourvu d’instruction ou qui possède une science quelconque, et qui pense à port er dans un pays étranger où il pourra les utiliser des talens qui dans sa patrie s uffiraient peut-être à peine pour le faire vivre ? Doit-il être déconsidéré, celui qui va se procurer au loin ce qu’il ne peut obtenir chez lui ? Telle a été pourtant l’opinion qu’ont eue jusqu’à p résent de leurs compatriotes établis à Alger les habitansdu centrede la France, que pour la plupart rien n’intéresse au delà des limites de leur commune. Ainsi, suivant eux, ces belles constructions neuves qui bordent les rues de la capitale de l’Algérie, ces riches établissemens ind ustriels ou agricoles qui viennent de se former, et ces villages qui s’élèvent dans les e nvirons seraient l’œuvre d’aventuriers et de banqueroutiers ! Il n’est que trop vrai que durant les premières ann ées de notre occupation, une foule de gens sans ressources s’était rendue à Alger. cro yant y trouver un nouvel Eldorado ; mais heureusement le pays est depuis long-temps pur gé de ces plantes parasites ; et l’on petit dire qu’aujourd’hui toute la population européenne de la colonie est éminemment laborieuse. A cette époque du siècle, il est difficile de faire quelque chose avecrien. Mais sans vouloir persuader qu’Alger estla terre promise,peut garantir qu’avec on un peu d’avance, de l’intelligence et de la persévé rance, tout homme laborieux parviendra à se créer dans la colonie une existence aisée. Et vienne le moment où l’on sera en possession de t outes les villes de l’ancienne régence : la population européenne toujours croissa nte de ces villes, ouvrira dans les sciences et les arts les portes d’un bel avenir à q uantité de jeunes gens qu’aucun avantage personnel ne retiendrait en France. Depuis la défaite du Dey, six années à peine se son t écoulées pendant lesquelles l’élan des colons a été incessamment comprimé par l ’indécision du gouvernement et les tracasseries des autorités locales. Et néanmoins Alger est métamorphosée en ville franç aise ; Oran et Bone semblent sortir de leurs cendres. Une infinité d’obstacles n’a pas empêché que les Eu ropéens n’aient jusqu’à ce jour acquis des indigènes pour plus de quatre millions e n capital de propriétés, dont la majeure partie est encore au delà de nos avant-postes. A Alger, vous voyez à chaque pas des maisons constr uites à la française ; là c’est l’hôtel d’Europe, l’hôtel du Nord, l’hôtel de Paris , etc. ; plus loin, des bains français, le café du Commerce, le café de la Bourse ; ici c’est le magasin de Paris, le magasin Ternaux, véritables bazars où l’on vend de tout : h abits confectionnés,plumes de Perry,papier Weynen et cheminées économiques. Sur cette place vous entendez les orgues de Barbari e ; Dans cette rue, ce sont des marchands de comestible s à l’enseigne du gourmand et du gastronome ; des marchands de nouveautés, des bi joutiers, des orfèvres, des libraires, des lithographes, etc. Sortez-vous de la ville ? Du côté du jardin du Dey, vous trouverez l’Hermitag e, la Chaumière, l’Elysée, le Cirque, outre vingt guinguettes et des tirs au pistolet.
Allez-vous dans le faubourg Bab-Azoun ? Vous vous procurerez des cabriolets de place, des c hevaux de louage, des mules, des ânes ; et avant un an peut-être vous y verrez d es Omnibus ou des Tricycles qui desserviront les routes des villages voisins, concu rremment avec la diligence déjà établie dans la direction de Blidah. Vous avancez-vous un peu dans les vallées, sur le m assif des montagnes ? Vous verrez surgir autour de vous des habitations élégan tes, des établissemens industriels, des fermes modèles, des villages, un temple chrétie n à côté d’une mosquée. Enfin poussez-vous un peu plus avant ? Apparaîtront à vos yeux de beaux jardins et des plaines cultivées, surveillées par des gardes c hampêtres ayant la plaque sur le bras comme dans nos campagnes. Si donc notre établissement a obtenu tant de succès en si peu de temps, que ne doit-on pas espérer actuellement que le gouvernemen t s’est prononcé pour la colonisation et qu’il s’occupe avec tant de sollici tude de la prospérité du pays ? Dès qu’une bonne et stable organisation sera faite dans l’administration de l’Algérie, quel avenir est réservé à ce pays dont tant de pers onnes ont parlé sans le connaître et q u e si peu ont vu en détail ! Quels progrès ne fera pas la colonisation ? quels avantages la France n’en doit-elle pas attendre ? Il est Indubitable qu’avant dix années, si le gouve rnement tientsesil y. promesses, aura plus de 100,000 Européens établis dans les, po ssessions françaises du nord de l’Afrique, et que. la féconde Algérie deviendra Le grenier, La cave, Et l’écurie De la France. Sans doute jusqu’à ce jour, l’occupation du littora l d’Alger a coûté au trésor quelques millions, et à la France quelques milliers d’hommes. Mais le commerce français a profité des dépenses, et la France profi tera de la conquête qui ne pouvait avoir lieu sans que quelques uns de ses enfans vers assent leur sang. Du reste, ont-ils été réellement perdus pour le tré sor ces. millions dépensés ? Doit-on compter pour rien ceux dont la recette à la doua ne de Toulon et Marseille s’est accrue depuis 1830, et ceux dont elle s’accroîtra e ncore successivement à. cause des relations de la Provence avec les côtes de Barbarie ? D’un autre côté, si les chambres votent avec tant d e peine les fonds nécessaires à l’entretien des troupes de l’armée d’Afrique, que p ourtant il faudrait bien entretenir en France, si elles ne l’étaient en pays étranger : Ne pourrait-on pas diminuer les dépenses en formant dans la plaine de Metidja des établissemens militaires qui, bien entendus et bien dirigés, pourraient rivaliser avec ceux formés dans certaines parties de l’empire de R ussie, et donneraient de suite une immense extension à la colonisation ? Si cela avait lieu, comme il serait possible de le faire, le nombre de troupes serait doublé, les soldats attireraient près d’eux une par tie de leur famille ; en cultivant leur champ ils défendraient le territoire et le fruit de leurs labeurs dispenserait le gouvernement de leur entretien et de leur solde ; i l n’aurait plus que des : armes à leur fournir. On à dit que pour être possesseurs paisibles de l’a ncienne régence, les Français seraient obligés de faire une guerre à mort à tous les Arabes, et d’en faire un massacre général. Non, non. Il ne s’agit plus de guerres comme celles occasionées par la découverte
de l’Amérique ; on ne fera pas la chasse aux-Bédoui ns. L’ancienne régence d’Alger peut nourrir douze millions d’hommes, les Arabes qu i l’habitent n’excèdent guère deux millions. Il est donc possible delaisser vivre ceux-ci en se contentant de les refouler progressivement au delà de l’Atlas, s’ils refusent de faire alliance avec nous. Au surplus, comment les Romains ont-ils fait lorsqu ’ils se sont établis dans toute la Mauritanie, depuis Tanger jusqu’à Constantine, depu is Alger jusqu’à Medeya, alors surtout qu’ils étaient déjà en possession d’une partie de l’Asie ? Les Arabes se lasseront de guerroyer contre nous ; ils ont besoin de refaire leurs troupeaux qui composent toute leur fortune, leurs t roupeaux qu’ils ont trop long-temps négligés et qui s’affaiblissent. Ils ont besoin d’é lever des chevaux dont ils sont bientôt épuisés ; ils auront besoin de se défaire de leurs laines, de leurs blés, et de se procurer des étoffes. Ils se soumettront et seront forcés d’avoir des rapports commerciaux avec la colonie.
Première partie
* * *
ITINÉRAIRE DE PARIS A ALGER
« La gloire civilisatrice, la gloire de la France nouvelle qui ira sur ces rivages créer un pays nouveau, un pays africain et français ;voilàque nous ce chercherons, avec la paix quand la guerre ne sera plus nécessaire, et avec la guerre et la paix quand il faudra successivement user de l’une et de l’autre. » M. THIERS, Séance du 10 juin 1836.
Le temps est déjà loin où l’on considérait un voyag e aux états barbaresques comme l’on envisage encore un voyage à Madagascar du à Ca lcutta. La distance des côtes de France à celles d’Afrique ; La facilité de traverser la Méditerranée ; La beauté du climat de la régence d’Alger ; La richesse du sol de ce pays ; Les usages des indigènes ; Sont à présent connus de tout le monde. On sait aujourd’hui que ces féroces Bédouins ne son t ni si nombreux, ni si redoutables que les Français ne puissent incessamme nt, avec sécurité, rétablir dans l’ancienne Mauritanie cette belle colonie que les R omains surent fonder et conserver pendant quatre cents ans. On sait enfin que maintenant Alger est une ville to ute francisée, dont chacun désire la prospérité. Et un voyage dans cette capitale de nos possessions n’est plus, pour beaucoup de personnes, qu’un voyage d’agrément. Bientôt, assurément, nos dames élégantes iront à Al ger par partie de plaisir, comme elles vont à Dieppe pour prendre les bains de mer. Én effet : Pour se rendre de Paris à Alger, dix jours suffisen t ; Six jours pour aller en diligence de Paris à Marsei lle ou Toulon, un jour de repos au port d’embarquement, et trois jours pour faire la traversée. En prenant la malle-poste de Paris à Marseille, on gagne encore vingt-quatre heures. Les dépenses du voyagene peuventexcéder trois cents francs, dont voici le détail :
Malle-poste.— De Paris à Lyon.
De Lyon à Marseille.
Repas et séjours dans les hôtels.
Traversée et nourriture à bord..
Faux frais pour bagages, etc...
Total
92 »
67 15
50 »
60 »
20 »
299 15
Et il est facile de se convaincre que sans trop d’é conomie, on peut faire ce voyage pour 200 fr., si, modestement, on traverse la Franc e en diligence. Deux routes conduisent de Paris à Lyon, l’une par l e Bourbonnais, l’autre par la