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Héritages

180 pages
Quelles traces laisserons-nous de nos vies à nos descendants, qu'en feront-ils? Est-ce un cadeau ou un fardeau?Qu'hérite-t-on de ses parents? Leurs corps, leur caractère, leurs valeurs morales, leur situation sociale? Que signifie recevoir l'héritage de l'autre, peut-on lui échapper? Les limites du don et de l'acceptation sont des questions inhérentes aux enjeux psychiques de la transmission générationnelle.
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HÉRITAGES
«Les enjeux psychiques de la transmission}}

Collection Psychanalyse et Civilisations dirigée par Jean Nadal
L'histoire de la découverte de la psychanalyse témoigne que démarche clinique et théorie issues de champs voisins ont concouru, par étayage réciproque à élaborer le concept d'inconscient, à éclairer les rapports entre pathologie et société et à reconsidérer les liens entre le malaise du sujet singulier et celui de la civilisation. Dans cette perspective, la collection "Psychanalyse et Civilisations" tend à promouvoir cette ouverture nécessaire pour maintenir en éveil la créativité que Freud y a trouvée pour étayer, repenser et élargir la théorie. Ouverture indispensable aussi pour éviter l'enfermement dans une attitude solipsiste, qui en voulant protéger un territoire et préserver une identité, coupe en réalité la recherche psychanalytique de ses racines les plus profondes.

Dernières parutions
ALGRANTI-FILDIER Autisme, Naissance, Séparations. Avec Thibaut B., sur le chemin. Chronique d'un parcours psychanalytique avec une enfant de quatre ans, 2000. OULD BOULEIBA Mohammed, Critique littéraire occidentale, critique littérairearabe, « textes croisés », 2000. BÉNARDJean-Pierre,Tentationparanoïaque et démocratie, 2000. SALA Florian, Bilan personnel et insertion professionnelle, 2000. MAIDA VSKY David, Lignages abouliques, processus toxiques et traumatiques dans des structures intersubjectives, 2000. PORRET Jean-Michel, Temps psychiques et transferts, 2000. MOREAUDU BELLAING Louis, La fonction du libre-arbitre. Légitimation II, 2000. GUYONRobert, Fragments d'une passion, 2001. DANJOU Marie-Noëlle, Raison et folie, 2001. OLINDO-WEBER Silvana, Suicides au singulier, 2001. BRODEUR Claude, Le père: cet étranger, 2001. GAZENGEL Joseph, Vivre en réanimation, 2001. LEFEVRE Alain, Qui a tué le docteur Lacan ?, 2001. ZAGDOUN Roger, Hitler et Freud: un transfert paranoïaque, 2002. CHARLES Monique, f.L. Borges ou ['étrangeté apprivoisée, 2002. HURNI Maurice, STOLL Giovanna, Saccages psychiques au quotidien, 2002. ROTH Bertha, L'Exil- des exils, 2002.

Actes des Ivème Journées d'études de l'Association des Psychologues de Franche-Comté

Colloque international

HÉRITAGES
((Les enjeux psychiques de la transmission»
A. Guillotte - M. Heireman - R. J aitin - J. Manzano L. Parizot - C. Philippe - Y. Rey

J.L. Bresson - P. Cuynet - S. Delmas - A. Gotman

BESANCON
-18 et 19 Novembre 1999-

Colloque

proposé par l'A.P.F.C.

:

Association

des Psychologues B.P.1475

de Franche

Comté

25008 Besançon Cedex 03

Coordinateur

scientifique,

Patrice CUYNET
Textes coordonnés et présentés en collaboration avec

Rose-Angélique BELOT et Chantal STERCKEMAN

@ L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-3911-3

INTERVENANTS

.
.

Jean-Luc BRESSON Généticien, Directeur du CECOS de Besançon Franche-Comté, Université FRANCE

de Franche-Comté,

Patrice CUYNET Maître de conférences en Psychologie, Université de Besançon, Université FRANCE

de Franche-Comté,

.

Sylvain DELMAS Chargé d'étude au Centre National des Caisses d'Epargne, Paris, FRAN CE

.
.

Anne GOTMAN Sociologue, CNRS,« IPRAUS », Paris, FRANCE

Alain GUILLOTTE Maître de conférences en Psychologie, Université de FrancheComté, France

.

Magda HEIREMAN Psychologue, Hôpital Universitaire de Louvain, BELGIQUE

v

. RosaJAITIN
P~chanalYste, ARGENTINE Professeur à l'Université de Buenos Aires,

. Juan MANZANO, Professeur de Psychiatrie, Directeur du service Médico-Pédagogique de Genève, SUISSE

.

Lionel PARIZOT Docteur en Droit, Paris, FRANCE

.

Catherine PHILIPPE Maître de conférences en Droit, Université de FrancheComté, FRANCE

. Yvelyne REY PSJchologue, Maître de conférences en Psychologie, Université de Savoie, FRANCE

VI

COMITE

SCIENTIFIQUE

DE PARAINAGE

. Janine ABECASSIS Professeur de Psychologie, Université de Franche-Comté . . . Gaston BORDET Professeur d'Histoire, Université de Franche-Comté Charles BRIED Professeur émérite, Université de Franche-Comté Serban IONESCU Professeur de Psychologie Clin!que et Pathologigue, Directeur de l'institut de Psycfiologie,Université Paris V
Dominique JACQUES-JOUVENOT Professeur de Sociologie, Université de Franche-Comté

.

.

Edith LECOURT Professeur de Psychologie Clinique et Pathologique, Université Paris V

. Jean-MicheIOUGHOURLIAN Professeur de Psychologie Clinique et Pathologique, Universite de Franche-Comté

VII

SOMMAIRE
INTRODUCTION
P. 1

PARTIE
DROIT
«CODE

I

ET SOCIOLOGIE

CIVIL ET HERITAGE» Catherine PHILIPPE

P.

5

« LES PRATIQUES SUCCESSORALES DES FRANCAIS» Sylvain DELMAS

P.

9

«HERITAGE ET GENEALOGIE» Lionel PARIZOT

P. 23

«HERITAGE, DILAPIDATION ET CONSTRUCTION IDENTITAIRE Anne GOTMAN

» P. 33

IX

PARTIE II
CLINIQUE DE LA TRANSMISSION
« TRANSMETTRE, QUOI, COMMENT, POURQUOI? » Alain GUILLOTTE P. 47

« LE LIVRE DES COMPTES Magda HEIREMAN
))

FAMILIAUX» P. 77

« LE BLASON Yvelyne

FAMILIAL REY

P. 91

« TRANSMISSION ET CREATION: LES FRERES LUMIERE )) Rosa JAITIN

P. 105

x

PARTIE III REFLEXIONS THEORIQUES

«TRANSMISSION ET PROCREATION AVEC ASSISTANCE MEDICALE» Jean-Luc BRESSON

P. 121

«HERITAGE ET NAISSANCE» Patrice CUYNET

P. 127

« LES SCENARIOS NARCISSIQUES DE LA PARENT ALITE» Juan MANZANO, F.PALACIO ESPASA, N. ZILKHA P. 137

CONCLUSION
P. 153

BIBLIOGRAPHIE

GENERALE P. 157

XI

INTRODUCTION

Est-ce l'héritier qui rentre en possession des biens du défunt en affirmant son lien filiatif ou est-ce le Mort qui saisi le vif selon la célèbre formule notariale pour s'incarner ou s'introjecter dans son successeur afin que ce dernier fasse cause commune avec lui? Serait-ce une façon de ne pas mourir? Rappelons ce que Freud évoquait dans son étude du « Deuil et de la Mélancolie»: «L'ombre de l'objet (perdu) tombe ainsi sur le mol. ». Les enjeux psychiques de l'héritage révèlent la problématique irrésolue de l'idée de vie et de mort: l'une ne peut se comprendre sans l'autre. Ce que nous avons approché dans la compréhension des processus qui émanent de l'héritage, est la question de la construc-

tion du sujet identitaire avec son désir de vivre. Désir paradoxalement constitué avec ceux des personnes disparues mais continuellement présentes chez le vivant par l'entretien et l'adhésion aux objets signifiants hérités.

PARTIE I
DROIT
ET SOCIOLOGIE

CODE CIVIL ET HERITAGE Catherine PHILIPPE
Besançon, France
Au jour du décès de chaque individu va se poser le problème de l'attribution de son héritage, c'est -à-dire de la dévolution de son patrimoine sous ses aspects tant actifs que passifs. Le législateur n'a jamais traité cette question avec indifférence; bien au contraire, dès le code civil de 1804, il a légiféré en la matière, considérant qu'il ne s'agissait pas seulement d'un aspect de la vie privée des individus mais d'un domaine qui touchait à l'équilibre social et économique. Depuis Napoléon, les critères qui président à la dévolution successorale ont évolué ou plus précisément s'interprètent et se combinent de manière différente au sein des deux modalités possibles de transmission de l' héritage: la succession « ab intestat» c'est-à-dire du seul fait de la loi et la succession testamentaire, plus volontariste.

I La succession légale ou ab intestat La nature des personnes que le législateur estime mériter le bénéfice d'un héritage a évolué. Au XIXe, siècle la nécessité de maintenir les biens dans une même famille est très fortement ressentie. Viennent donc à la succession du défunt ses descendants légitimes, à défaut ses ascendants et à défaut encore ses collatéraux jusqu'au 12e degré. En revanche sont dépourvus de droits le conjoint survivant, « pièce rapportée », et les enfants non issus du mariage. Cette conception du patrimoine familial s'est estompée même si elle n'a pas totalement disparu. Le législateur estime de nos jours qu'il faut privilégier les personnes qui ont été les plus proches au sein de la famille. Dans la mesure où le défunt n'a manifesté au-

cune volonté, la loi prévoit une liste de bénéficiaires pour lesquels tout individu est présumé avoir de l'affection. Actuellement héritent en premier lieu les enfants, à défaut de ceux ci les parents et frères et sœurs du défunt voire les neveux et subsidiairement les collatéraux jusqu'au 6e degré. Le conjoint, devenu héritier à part entière depuis 1958 se superpose aux deux premières catégories d'héritiers dans la mesure où il va venir en concours pour l'attribution de la succession de son mari ou de son épouse soit avec les enfants soit avec les parents, frères et sœurs ou neveux. Il est en revanche seul héritier dans les autres cas. Il n'en demeure pas moins que, lorsque le conjoint survivant est amené à partager l'héritage avec d'autres membres de la famille du défunt, la part qu'il recueille est jugée de nos jours totalement insuffisante eu égard à la place qu'occupe le couple dans le groupe familial, exemple: en concours avec un enfant commun ou non, il a droit à 1/4 en usufruit. Il est donc proposé, dans le cadre d'une future réforme, d'augmenter sa part ab intestat et surtout de lui garantir le maintien du logement qu'il occupe ainsi qu'un minimum de ressources. Il est également fortement suggéré de mettre fin au statut successoral défavorable de l'enfant adultérin qui ne dispose dans la succession de son auteur que de la moitié des biens qu'il aurait eus s'il avait été légitime. Un recours a d'ailleurs été déposé en ce sens devant la Cour européenne des Droits de l'Homme. Et qu'en est-il au regard de l'héritage des unions non fondées sur le mariage? En l'état actuel du droit, les partenaires restent l'un à l'égard de l'autre des étrangers c'est à dire qu'ils ne bénéficient d'aucune vocation successorale automatique. Mais, par le biais d'avantages fiscaux, le législateur, dans le cadre du PACS, va rendre plus aisée la transmission des biens à l'autre au moyen d'une libéralité.

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