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Histoire de la vie et des voyages de l'amiral Christophe Colomb

De
754 pages

Le lieu de naissance de Christophe Colomb a été le sujet de nombreuses controverses entre les écrivains qui se sont occupés de la vie du célèbre navigateur. Les uns le font naître à Hervi, d’autres à Cugureo et quelques autres à Bugiasco, petites localités aux environs de Gênes ; dans le but de l’exalter, ses partisans disent qu’il est né à Savone ou à Plaisance, ville où l’on a trouvé des tombeaux aux armes des Colombo, véritable nom de sa famille, et où existaient alors des membres de cette lignée, personnes très honorables et dans une belle situation.

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A. Fournier
Histoire de la vie et des voyages de l'amiral Christophe Colomb
A mon affectionné neveu
Georges FOURNIER A toi, mon cher neveu, qui t’es signalé par tant d’ importants et utiles travaux, je dédie ce livre, dont tu m’as inspiré l’idée et proc uré les éléments. Acceptes-en la dédicace comme témoignage de ma vive gratitude et comme un affectueux souvenir. A. FOURNIER.
PRÉFACE
L’ancien et le nouveau monde ont fêté, l’année dern ière, l’anniversaire du départ de Christophe Colomb, pour aller à la découverte de te rres inconnues. Nous avons pensé que le temps était favorable pour publier des notes qu’il nous a été donné de consulter concernant la vie et les voyages du célèbre navigateur. Nous n’avons pas la prétention, après les remarquab les travaux historiques de Washington Irwing et de Roselli de Lorgues, d’écrir e une nouvelle histoire de l’illustre amiral, dont l’existence et les vicissitudes qui l’ ont signalée sont devenues légendaires, mais, après avoir lu les documents qu’ une bonne fortune nous a mis entre les mains, nons avons la croyance que beaucou p de détails intimes de cette odyssée merveilleuse, et marquée par tant de douleu rs, ont échappé à l’attention des écrivains qui ont retracé ces événements, et nous a vons la conviction que ces détails présentent assez d’intérêt pour être mis sous les y eux des lecteurs. Un livre publié quelque temps après la mort de l’am iral, sous ce titre : Historia del Amirante de las Indias, don Cristoval Colon, escrita por don Fernando 1 Colon, su higo , Nous a semblé particulièrement intéressant, en ce s ens qu’il s’appuie sur des documents qui paraissent authentiques, car, en plus ieurs endroits, il cite des passages entiers du journal de bord de l’amiral et des lettres intimes écrites au roi et à la reine d’Espagne. Cet ouvrage qui vient d’être réimprimé à Madrid a é té, lorsqu’il a paru, l’objet de nombreuses controverses ; aujourd’hui encore il sou lève des discussions quant à son authenticité, et quelques personnes contestent qu’i l soit l’œuvre du fils de Christophe Colomb. Il paraît très difficile aujourd’hui d’appuyer sur des preuves, une opinion certaine à ce sujet ; on écrit facilement qu’une œuvre est apo cryphe ; mais, à trois ou quatre siècles de distance, il n’est pas aussi facile de f ournir des preuves à l’appui d’une opinion si lestement formulée. Il nous semble qu’on ne peut se former un jugement à cet égard que par les opinions émises à l’époque où l’ouvrage a paru, et nous devons dire que les raisons données alors pour ou contre cette authenticité nou s semblent de nature à faire pencher la balance en faveur de l’affirmative. La principale objection émise contre cette paternit é, c’est qu’on n’a pas retrouvé le manuscrit original ; ce n’est pas là, à notre avis, une raison convaincante ; don Fernando, après la mort de son père, est revenu aux Indes, et, pendant un laps de temps considérable, il a constamment voyagé ; on pe ut bien présumer que ce manuscrit a été perdu dans ces multiples déplacemen ts. Quoi qu’il en soit, l’opinion contraire nous paraît basée sur des présomptions plus vraisemblables : d’abord, l’ouvrage est cité dans l es œuvres publiées par Fernando Colon, et il donne, sur la vie et les événements su rvenus dans le cours des voyages de son père, des détails tellement circonstanciés, qu’il est difficile d’admettre qu’un étranger ait pu en avoir connaissance. Pour beaucou p de ces faits, ils ne peuvent émaner que d’un témoin oculaire ; et il ne faut pas perdre de vue que Fernando a suivi son père, dans ce quatrième voyage qu’il a fait aux Indes, et qu’il a assisté aux douloureuses péripéties de cette périlleuse et péni ble navigation ; or, l’auteur fait le récit de ces vicissitudes avec tant de précision et d’exactitude, qu’il est impossible de ne pas reconnaître qu’il en a été le témoin. Qui po uvait mieux qu’un fils, ayant partagé
ces périls et ces angoisses, en faire une véridique narration ? Quant à nous, notre conviction est faite ; et nous avons consulté avec trop de fruit ce livre, auquel nous avons fait des emprunts, pour ne pas l’attribuer à l’auteur dont il porte le nom. Quant à la véracité des faits qui y sont racontés, elle ne saurait être contestée ; elle est corroborée par la correspondance de l’amiral et , pour l’édification de nos lecteurs, nous avons traduit et publié les plus intéressantes de ces lettres. Nous avons également traduit et publié deux documen ts importants : l’acte de constitution du majorat en faveur de son fils aîné et le testament de Christophe Colomb. Ces deux actes semblent élucider un point c apital : la question si débattue de la ville natale de l’Amiral, qu’il déclare être la ville de Gênes, en faveur de laquelle il fait certaines dispositions. Nous ne voyons pas pou rquoi on a mis en doute cette déclaration ? Les événements survenus pendant les quatre mémorabl es et émouvants voyages du célèbre amiral ont été extraits de pièces authen tiques et de son journal de bord, conservés par son fils. Christophe Colomb était un homme d’une austère prob ité, d’une fidélité rare à ses devoirs, d’une foi sincère et d’une dévotion absolu e à ses principes. Il pratiquait la religion catholique en chrétien imbu des préceptes de mansuétude de l’Évangile, ne recourant à la coërcition et à l’emploi de la force que lorsqu’il y était contraint par une nécessité inévitable. Sa vie est un exemple continu el d’abnégation, de courage et de persévérance. Il n’est donc pas possible de mettre en doute la vé rité et l’exactitude de la relation qu’il a laissée écrite, jour par jour, dans son jou rnal de bord, des faits survenus et des observations faites dans ses voyages. Nous avons, dans la narration de ces événements, co nservé le caractère simple et naturel des documents où nous les avons puisés et, quand nous avons cité et traduit des passages entiers de ces pièces, nous en avons r eproduit, textuellement, autant que nous l’a permis notre langue, sinon les express ions du moins le sens exact. Nous avons eu la bonne fortune de posséder un recue il de lettres de l’amiral adressées à Leurs Majestés catholiques, à des perso nnages influents et à son fils Diego Colon qui était alors à la cour, au service d u roi Ferdinand. Toutes ces lettres confirment et corroborent les fa its que nous avons racontés, et les dernières à son fils, écrites de Séville, où il éta it malade, cloué sur son lit par la goutte, sont remplies de détails intimes, de recommandation s précises, qui font connaître le caractère, les aptitudes et la persistance de cet h omme remarquable à tous égards. Sa préoccupation, pleine de sollicitude, pour la sa nté de la reine Isabelle, sa protectrice, son amour prévoyant et affectueux pour ses enfants, son désir constant et tenace de leur conserver ses honneurs, ses privilèg es et ses biens, son dévouement au service de Leurs Majestés, son attention continu ellement appliquée au bon gouvernement et au bien-être des contrées et des po pulations qu’il a découvertes, et son insistance opiniâtre auprès du roi pour qu’il s e préoccupe de remédier aux abus qui déjà se commettent dans ces régions, toutes ces aspirations éclatent dans cette correspondance dont nous avons cru devoir reproduire la plus importante partie. Nous espérons que nos lecteurs nous tiendront compt e du soin consciencieux que nous avons apporté à reproduire le caractère des ré cits qui nous ont servi de guides et qu’ils éprouveront quelque satisfaction à connaître les idées, les manières de voir, l’état des connaissances et le point où se trouvaie nt les sciences, à l’époque où se passaient les événements que nous allons lui racont er.
Nous avons cru devoir conserver les noms espagnols, donnés par Colomb, aux îles et aux contrées découvertes, de même que les noms p ropres des personnages, des villes et des lieux cités dans le cours de notre ré cit, sont restés dans leur langue originaire. A Ce sujet, nous ferons remarquer, pour la bonne pr ononciation de ces noms, que, dans la langue espagnoleu e prononceou etñ, surmonté d’un tréma, se dit comme gn ; par exemple :Guanahani doit se prononcerGouanahani ; Españolase lire doit Espagnola ; nous thographiene savons pas pourquoi Washington Irwing l’or hispaniola ;ce mot n’est pas espagnol, mais dérivé du latin. Enfinegnol.est toujours fermé ; il n’y a pas d’e muet en espa A. FOURNIER.
1Histoire de l’Amiral des Indes Christophe Colomb,par Don Fernando Colon, écrite son fils.
CHAPITRE PREMIER
LIEU DE NAISSANCE DE CHRISTOPHE COLOMB. — SA FAMILLE. SA JEUNESSE
Le lieu de naissance de Christophe Colomb a été le sujet de nombreuses controverses entre les écrivains qui se sont occupé s de la vie du célèbre navigateur. Les uns le font naître àHervi, d’autres àCugureo et quelques autres àBugiasco, petites localités aux environs de Gênes ; dans le b ut de l’exalter, ses partisans disent qu’il est né à Savone ou à Plaisance, ville où l’on a trouvé des tombeaux aux armes desColombo,véritable nom de sa famille, et où existaient alors des membres de cette lignée, personnes très honorables et dans une belle situation. Enfin les auteurs les plus autorisés et les histori ens modernes disent que, parmi les villes qui se disputent l’honneur d’avoir donné le jour à l’illustre amiral, c’est Gênes qui doit avoir la préférence. Washington Irwing, dans son remarquable ouvrage :Vie et voyages de Christophe Colomb, sans sujet, dit purement etsoulevées à ce se préoccuper des discussions simplement : « Christophe Colomb naquit à Gênes vers 1435 ». Roselli de Lorgues, dans son histoire de l’Amiral, après avoir mentionné les diverses opinions concernant ce point si discuté, et, après avoir donné les raisons évidentes de la prééminence de Gênes sur toutes les autres local ités, écrit en lettres majuscules :
CHRISTOPHE COLOMB EST NÉ A GÊNES.
Cependant une nouvelle version vient d’être émise, c’est que le célèbre marin serait né à Calvi, en Corse. Elle a été émise par un prêtr e qui a écrit, lui aussi, son histoire de l’illustre génois. N’ayant pas eu l’occasion de lire l’œuvre de ce nou veau venu, nous ignorons sur quels fondements il base cette étonnante prétention car, à notre avis, il ne saurait exister aucun doute sur le lieu de naissance de l’a miral, attendu que dans l’acte authentique, revêtu des formalités légales, par leq uel il a constitué le majorat en faveur de son fils aîné, Diego Colomb, acte qui porte la date du 2 février 1498, Colomb déclare formellementqu’il est né, à Gènes ; ce qui, selon nous, coupe court à toute discussion. e Nous lisons en effet, à la 5 page de cet acte, dont nous donnons d’ailleurs l’e xacte traduction à la fin de notre récit :Étant né à Gênes,suis venu en Castille pour leur je service (des rois catholiques), et j’ai découvert p our eux, à l’ouest de la terre ferme, les Indes et les îles mentionnées ci-dessus. » Aux pages XII et XIII, il ajoute : « Item, j’ordonn e au dit Don Diego, mon fils, ou à la personne qui héritera et aura la suite, d’avoir et de maintenir tous,dans la ville de Gênes, une personne de notre lignée qui ait là sa maison et sa femme, et qu’on leur fasse une rente avec laquelle ils puissent vivre ho norablement. » Enfin, à la page XV : « Item, j’ordonne au dit Don Diego, mon fils, ou au possesseur de ce majorat, de s’occuper et de travailler pour l’honneur, la fortu ne et l’élévationde la ville de Gênes, et qu’il emploie toutes ses forces et tous ses bien s à défendre et augmenter les possessions et la gloire de cette République. » Tout cela est absolument concluant et ne souffre au cune contestation : Gênes est la
ville natale, et on doit y maintenir à tout jamais une famille et une maison qui y perpétue la descendance des Colomb, de même qu’on d oit employer toutes ses forces et ses biens mêmes, à la gloire, à la fortune et à la grandeur de cette ville, ainsi qu’à la défense et à l’accroissement de cette République ! Quel témoignage plus éclatant un citoyen peut-il donner de son attachement à sa patrie d’origine ? Nous ajouterons que, lorsqu’il se sauve d’un navire en flammes et qu’il gagne à la nage les côtes du Portugal, son premier soin, dès q u’il arrive à Lisbonne, est de rechercher la colonie génoise, où il retrouve des c onnaissances et des amis. Et il ne les oublie pas dans son testament, à la fin duquel se trouve un codicile, où sont inscrites plusieurs dispositions en faveur de quelq ues Génois ses compatriotes. Après cela nous ne comprenons pas comment il a pu s ubsister quelques doutes à l’égard du lieu de la naissance du célèbre amiral ; il est vrai, qu’il existe des esprits pour lesquels la controverse et la discussion sont un besoin impérieux, et probablement les auteurs qui ont discuté ce point, aujourd’hui élucidé, ne connaissaient pas l’acte constitutif du majorat. Donc, nous dirons avec les auteurs modernes ;Christophe Colomb est né à Gênes. Vers l’année 1435, dit Washington Irwing. Cette dat e nous semble moins certaine et nous hasarderons à cet égard quelques réserves ; ma is aucun document ne nous apportant une lumière certaine, nous ne pouvons éme ttre que des conjectures sans fondement précis. Nous nous bornerons donc à dire, en raisonnant sur cette date de 1435, que son premier voyage ayant eu lieu le 3 août 1492, Colomb aurait eu cinquante-sept ans, au début de sa navigation, ce qui ne nous semble pas a dmissible, à cause des difficultés, des fatigues et des obstacles qu’il devait prévoir dans un voyage inconnu jusque-là, et dont l’issue et les résultats étaient absolument en dehors de toute prévision. Or, les péripéties de ce premier voyage, les peines et les fatigues qui ont signalé cette traversée, les contrariétés que l’incertitude de la route, les vents contraires, les orages et par-dessus tout le mécontentement et l’indiscipl ine de ses équipages, ont accumulées sur la tête de l’amiral, les dangers cou rus, auraient-ils pu être affrontés, supportés et vaincus par un homme de près de soixan te ans, avec l’énergie, le courage, la patience et l’abnégation que Colomb a d éployés dans ce mémorable voyage ? Nous ajouterons, qu’en lisant le récit de son fils Don Fernando, concernant les circonstances qui ont signalé les actes préparatoir es de cette merveilleuse entreprise, il est difficile de croire que ces travaux aient du ré tant de temps, et tout semble indiquer au contraire, malgré la lenteur voulue de ceux qui avaient été commis à l’examen de ses plans, malgré les obstacles apporté s par les opposants et malgré les hésitations du roi, que ces préliminaires de l’entr eprise ont demandé moins de délais ; le bas âge des enfants qu’il a laissés à la cour ; celui de Don Fernando, qui, selon son historien, était né le 15 août 1488, encore adolesc ent quand il suivit son père à son quatrième voyage, tout démontre que cette date de 1 435 doit être le fait d’une erreur. De nouveaux renseignements nous permettent de dire que la date de 1444 est aujourd’hui plus généralement admise par les commen tateurs. Cette date se rapporterait mieux aux phases de la vie de Colomb q ui aurait eu environ 48 ans lors de son premier voyage, ce qui nous semble bien plus raisonnable. Nous n’insisterons pas davantage sur ce sujet ; au cours de notre histoire, les faits nous apporteront peut-être quelque présomption nouv elle, à l’appui de notre manière de voir. Une incertitude assez sérieuse existe, quant à la famille de Christophe Colomb ; et à
cet égard, les controversistes ont eu beau jeu. Le changement de son nom de Colomb en celui de Colo n qu’il effectua, en Espagne, autant pour se conformer à l’orthographe e t à la prononciation de la langue du pays que pour obéir, ont dit quelques auteurs, à un sentiment de fierté qui le portait au désir de créer une lignée qui descendit de lui s eul, ce changement donna lieu à de longues discussions. Certains auteurs, s’autorisant de ce nom de Colon, font remonter sa généalogie à un Colon qui prit le roi Mithridate et l’amena prisonnier à Rome. Ce Colon fut élevé à la dignité de consul et reçut, po ur ce fait, les aigles du tribunat. D’autres prétendent que ses parents étaient de simp les artisans, et Washington Irwing adopte cette filiation : « Il était fils de Dominique Colomb, cardeur, et de Susanne Fontanarossa, et il parait, dit cet auteur, que ses ancêtres avaient exercé la même profession. » Cette opinion est vivement combattue par ses partis ans qui cherchent à démontrer que sa famille n’a jamais exercé de profession manu elle ou mécanique. Voici, en substance, ce que dit, à ce sujet, son fils Don Fernando Colon : « On eût voulu que j’écrivisse une longue relation des faits et gestes de ces deux Colomb, ses parents, qui remportèrent une grande vi ctoire sur les Vénitiens. « Mais je me suis excusé de pareils soucis, parce q ue je crois que l’amiral fut l’élu de Dieu, pour être le véritable apôtre qui, à l’exe mple des disciples du Christ, avait pour mission de propager son nom parmi des peuples qui ne le connaissaient pas ; et, pour cela, il l’avait fait naître au bord de la mer et non dans des palais et dans les grandeurs. Et l’auteur ajoute, selon ses idées de fervent cath olique : Que la majeure partie de ces faits fut opérée par q uelque mystère, surtout en ce qui concerne la signification de son nom : le nom de Co lombo ouColombese rapportant à la grâce du Saint-Esprit qu’il fit connaître au nou veau monde ; et celui de Christophe, venant de Christ, indique qu’il était aussi le fils de Dieu, chargé de répandre sa parole, en marchantsur les flots,vers des lieux où sa parole était inconnue. » Ces appréciations témoignent de l’esprit religieux et mystique qui règnait à cette époque, et Christophe Colomb lui-même était forteme nt pénétré de cette pensée qu’il allait accomplir une mission divine et qu’il était destiné à porter à des peuples idolâtres, et à répandre parmi eux les principes de la vraie foi pour leur salut éternel. Un certain auteur,Agustin Justiniano, avait écrit que Christophe Colomb, dans son jeune âge, s’était occupé de travaux mécaniques ; m ais il ajoutait, qu’ayant acquis les principes des lettres, dans son adolescence, il s’é tait consacré à l’art de la navigation, et qu’il était allé à Lisbonne où il avait appris l a cosmographie que lui avait enseignée un de ses frères qui faisait des cartes marines. Dans une longue dissertation, Don Fernando Colon co mbat vivement l’assertion relative à la profession mécanique de son père et, se fondant sur la seconde déclaration, il s’attache à démontrer qu’elle est e n contradiction flagrante avec la première opinion, attendu que, si son enfance a été occupée de l’étude des lettres, et son adolescence de navigation et de cosmographie, i l n’a pu se livrer à une profession manuelle, et il conclut ainsi : « Mais je considère qu’il est mieux pour nous que n ous tirions toute notre gloire de la personne de l’amiral, que d’aller rechercher si ses parents furent des marchands ou des chasseurs d’oiseaux, étant donné que des person nes de ces professions se trouvent par milliers, dans toutes les localités, d ont le souvenir s’éteint le troisième jour, même parmi les voisins et les parents, sans q u’on puisse vérifier leur existence et, par cette raison, j’estime que la qualité et la noblesse de nos ayeux me donneraient