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Histoire du traitement des psychoses par la psychanalyse Tome 1 et 2

De

Présentation de l'ouvrage : Pourquoi dit-on qu’il y a du transfert dans la psychose ? Cette question est essentielle pour la psychanalyse des psychoses, quand bien même sa réponse est tenue pour évidente. On peut pourtant avoir l’impression que la problématique n’est souvent qu’effleurée. Il nous a semblé nécessaire de revenir sur l’histoire de ce concept majeur. Une logique se dégage de l’existence même des diverses conceptions qui jalonnent un siècle de traitement des psychoses par la psychanalyse. Les différents courants analytiques amènent des élaborations particulières, des théorisations renouvelées, qui contribuent toutes à appréhender les enjeux. Leurs apports respectifs, au-delà d’un simple intérêt critique, sont tous utiles pour saisir l’ampleur du problème. Ils sont susceptibles d’être repris pour mieux être dépassés. Il est significatif que notre époque soit celle d’une forme de dissolution du concept de transfert lorsqu’il s’applique à la psychose. Cela court le risque de perdre à la fois la spécificité de la psychose et celle de la psychanalyse. Nous montrerons que la conception du transfert est indissociable de son maniement comme la conception de la psychose est directement liée à celle de son traitement. Nous entérinerons l’intérêt de distinguer la relation psychotique du transfert névrotique. Nous verrons comment certaines conceptions ont été amenées à remanier la définition du transfert, parfois à l’affadir et perdre sa valeur et sa teneur. Cela a pu avoir pour conséquence logique de rabattre la psychose sur la névrose et la psychanalyse sur la psychothérapie. Ainsi la question du transfert dans la psychose a une fonction de nouage dans l’histoire de la psychanalyse de sorte qu’elle se pose comme une digue sur quoi ne pas céder.

Cet ouvrage retrace un siècle de traitement des psychoses par la psychanalyse. Il se réfère à mille trois cent textes en partie inédits en français et traduits par l’auteur.

Présentation de l'auteur : David Monnier est Docteur en Psychologie. Ont été publiés de lui quelques articles et livres. Il est membre associé auprès du laboratoire multi-sites « Recherches en psychopathologie, nouveaux symptômes et lien social » (EA 4050). Merci de lui adresser toutes réflexions, contributions et autres propositions d’enseignement, d’emploi, d’intervention, de collaboration via david.monnier@hotmail.com ou @DavidMonnier.


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Laboratoire multi-sites « Recherches en psychopathologie, nouveaux symptômes et lien social », EA 4050.
Illustrations de couverture © Agathe Magot et David Monnier
Aide à l'édition numérique Université Rennes 2
Du même auteur
Le réel de l’amour, Rennes, PUR, 2011
L’amour du père, Rennes, PUR, 2013.
Remerciements
Je remercie l’équipe éditoriale et technique des éd itions Champ Social, les Professeurs Michel Grollier et Laurent Ottavi ainsi que le laboratoire multi-sites « Recherches en psychopathologie, nouveaux symptômes et lien social » (EA 4050).
Ceci est la version simplifiée et remaniée d’un ens emble de douze tomes écrits il y a un quart de siècle. Il n’est évidemme nt pas parfait et je suis désolé pour ceux à qui il déplaît mais merci à ceux qui pa rviennent toutefois à y trouver un intérêt et n’hésitez pas à me faire parvenir informations, documents, réflexions afin de l’améliorer ainsi que toute proposition d’i ntervention ou d’emploi à mon adressedavid.monnier@hotmail.comou @DavidMonnier.
Présentation de l’ouvrage : Pourquoi dit-on qu’il y a du transfert dans la psychose ? Cette question est essentielle pour la p sychanalyse des psychoses, quand bien même sa réponse est tenue pour évidente. On peut pourtant avoir l’impression que la problématique n’est souvent qu’ effleurée. Il nous a semblé nécessaire de revenir sur l’histoire de ce concept majeur. Une logique se dégage de l’existence même des diverses conceptions qui ja lonnent un siècle de traitement des psychoses par la psychanalyse. Les d ifférents courants analytiques amènent des élaborations particulières, des théorisations renouvelées, qui contribuent toutes à appréhender l es enjeux. Leurs apports respectifs, au-delà d’un simple intérêt critique, s ont tous utiles pour saisir l’ampleur du problème. Ils sont susceptibles d’être repris pour mieux être dépassés. Il est significatif que notre époque soit celle d’une forme de dissolution du concept de transfert lorsqu’il s’applique à la p sychose. Cela court le risque de perdre à la fois la spécificité de la psychose et c elle de la psychanalyse. Nous montrerons que la conception du transfert est indis sociable de son maniement comme la conception de la psychose est directement liée à celle de son traitement. Nous entérinerons l’intérêt de distingu er la relation psychotique du transfert névrotique. Nous verrons comment certaine s conceptions ont été amenées à remanier la définition du transfert, parf ois à l’affadir et perdre sa valeur et sa teneur. Cela a pu avoir pour conséquen ce logique de rabattre la psychose sur la névrose et la psychanalyse sur la p sychothérapie. Ainsi la question du transfert dans la psychose a une fonction de nouage dans l’histoire de la psychanalyse de sorte qu’elle se pose comme u ne digue sur quoi ne pas céder.
Cet ouvrage retrace un siècle de traitement des psy choses par la psychanalyse. Il se réfère à mille trois cent texte s en partie inédits en français et traduits par l’auteur.
David Monnier est Docteur en Psychologie.
Ont été publiés de lui quelques articles et livres.
Il est membre associé auprès du laboratoire multi-s ites « Recherches en psychopathologie, nouveaux symptômes et lien social » (EA 4050).
Merci de lui adresser toutes réflexions, contributions et autres propositions d’enseignement, d’emploi, d’intervention, de collab oration via david.monnier@hotmail.comou @DavidMonnier.
Introduction générale
Sommaire
Première partie : l’absence de transfert
Freud. L’absence de transfert
Jung. Le transfert hors-sens
Deuxième partie : le transfert, formation de l’inconscient
Abraham. Le transfert, formation de l’inconscient
Klein. Le transfert de la relation d’objet
Fromm-Reichmann. Le transfert alternatif
Bion. Le transfert clivé
Kernberg. Le transfert média
Troisième partie : le transfert, fonction du moi
Ferenczi. Le transfert, fonction du moi
Anna Freud. Le déficit de transfert
Sechehaye. Le trouble du transfert
Kohut. La représentation de transfert
Quatrième partie : le transfert, fondation du sujet
Lacan. Le transfert, fondation du sujet
Conclusion générale
Références bibliographiques
Introduction générale
Pourquoi dit-on qu’il y a du transfert dans la psyc hose ? Cette question est essentielle pour la psychanalyse des psychoses, qua nd bien même sa réponse est tenue pour évidente. On peut pourtant avoir l’impression que la problématique n’est souvent qu’effleurée.
Il nous a semblé nécessaire de revenir sur l’histoire de ce concept majeur. Une logique se dégage de l’existence même des diver ses conceptions qui jalonnent un siècle de traitement des psychoses par la psychanalyse. Les différents courants analytiques amènent des élabora tions particulières, des théorisations renouvelées, qui contribuent toutes à appréhender les enjeux. Leurs apports respectifs, au-delà d’un simple intérêt critique, sont tous utiles pour saisir l’ampleur du problème. Ils sont susceptibles d’être repris pour mieux être dépassés.
Il est significatif que notre époque soit celle d’u ne forme de dissolution du concept de transfert lorsqu’il s’applique à la psyc hose. Cela court le risque de perdre à la fois la spécificité de la psychose et c elle de la psychanalyse.
Nous montrerons que la conception du transfert est indissociable de son maniement comme la conception de la psychose est directement liée à celle de son traitement. Nous entérinerons l’intérêt de distinguer la relation psychotique du transfert névrotique. Nous verrons comment certaine s conceptions ont été amenées à remanier la définition du transfert, parf ois à l’affadir et perdre sa valeur et sa teneur. Cela a pu avoir pour conséquen ce logique de rabattre la psychose sur la névrose et la psychanalyse sur la p sychothérapie.
Dès lors la question du transfert dans la psychose a une fonction de nouage dans l’histoire de la psychanalyse de sorte qu’elle se pose comme une digue sur quoi ne pas céder.
Le point d’ancrage de la reprise de cette question est le relatif oubli de Freud, exception à dire que non. Il est très heuris tique de revenir sur les affirmations freudiennes qu’il n’y a pas de transfe rt dans la psychose. Alors que nombre d’autres courants se sont engouffrés dans la brèche en se précipitant à le contester. Il y a intérêt à ne pas trop vite comprendre ni à passer outre Freud.
Ainsi allons-nous reprendre les diverses théories à l’aune du transfert psychotique, de façon à ce que le mode d’exposition intègre le point de vue, induise la problématique et indique les enjeux. La visée n’est pas de critiquer les théories au sens de les réduire ou de les détruire mais de s’en servir. Il s’agit de
dégager leurs avancées pour mieux se dégager de leu rs impasses. A partir de leur soubassement, on peut réaménager la problémati que générale. Il y a une logique à l’oeuvre dans la distinction même des cou rants analytiques, dans la répartition des conceptions, dans la prédominance q ue les uns ou les autres accordent à tel ou tel aspect du problème. L’histoire de la psychanalyse peut être ordonnée autour des débats relatifs à la question d u transfert. Il y a des conséquences distinctes à chaque élaboration théorique et pratique. L’ensemble des positions permet de visualiser et d’articuler l es modalités du traitement du transfert psychotique. Toutes les théories ont leur s raisons dans leur système. Elles ne se passent pourtant pas totalement les une s des autres dans la mesure où elles répondent les unes aux autres. Il n’y a jamais eu une et une seule théorie psychanalytique, a fortiori pour tous. Il faut en tenir compte et le faire valoir.
Les courants analytiques sont présentés ici en fonc tion de la question de la psychose. Ils peuvent être ramenés à un point de vu e sur le transfert. Les auteurs nommés en tête de chapitre sont les représe ntants de travaux partagés et déployés par d’autres. Ils renvoient à des positions logiques, à des modes de réflexion. On montrera que ces positions ne pouvaie nt pas ne pas venir dans le débat comme elles découlent les unes des autres au sein de la dialectique du transfert. A cet égard, cela relève de la formalisa tion historique d’une théorie des seconds. L’important est que ces auteurs s’adressen t à d’autres et qu’ils aient été repris par d’autres. Ce n’est pas l’histoire de que lques génies méconnus, incompris, maudits, de comètes fulgurantes, lénifia ntes ou sidérantes qui répandraient la bonne nouvelle. C’est plutôt une hi stoire de la façon dont les discussions se font et se défont, deviennent limpid es ou se cristallisent autour de quelques propos, textes et auteurs. Ce sont ceux qu i partagent les conceptions qui leur donnent consistance à partir de quoi on pe ut réifier des usages et des discours plus ou moins temporaires. Ni les uns ni les autres ne peuvent présumer ce qui va être fait, retenu ou ce qui va échapper de leur propos.
Pour en donner un aperçu, on fera jouer une répartition de la psychanalyse en deux tendances fondamentales.
Après l’instant de voir freudien, vont se dissocier ces deux grandes tendances.
L’une insiste sur le versant de la jouissance de fa çon générale. Elle privilégie le ça, fait du transfert une formation de l’inconscient et voit en la relation psychotique un produit du conflit analogue au fanta sme. A la suite d’Abraham, ces auteurs se centrent sur l’objet, sur la libido. Dans le traitement, ils servent le
transfert afin de laisser s’exprimer le patient. L’enjeu est celui de la séparation de la jouissance. Globalement, cela renvoie à la position hystérique, au cadre de mauvaises pensées, à un traitement plutôt en cabine t, à la paranoïa comme pathologie de référence.
L’autre met l’accent sur le registre de la représen tation au sens large. Elle valorise le moi, considère le transfert comme une fonction du moi et envisage la relation psychotique comme le symptôme d’un déficit. A la suite de Ferenczi, ces auteurs se centrent sur le développement d’une instance de réalité. Ils se servent du transfert afin de diriger le patient. L’enjeu es t celui de l’aliénation à la représentation. Cela renvoie à la position du maîtr e, aux bons sentiments, à un traitement à l’hôpital, à la schizophrénie.
De plus, on peut distinguer trois périodes. La première du début des travaux freudiens jusqu’à la guerre de 1939, la seconde jus qu’à 1964 et la troisième jusqu’à la fin du premier siècle de traitement des psychoses par la psychanalyse. Nous limiterons notre étude à cela. Il nous semble prématuré d’aller au-delà puisque nous n’avons pas le recul nécessaire pour r evenir sur les tout récents développements. On peut toutefois espérer qu’ils so ient déjà esquissés par cette étude et qu’elle permette de mieux appréhender les orientations actuelles.
Dans la première période, l’absence de relation est avérée. Le problème est d’obtenir la relation. Le psychotique est alors vu caricaturalement comme un primitif ou un extra-terrestre. Dans la seconde pér iode, il y a bien relation. Le problème devient celui de son maniement. Le psychot ique est largement vu comme un enfant. L’analyste est partagé entre singe r la mère ou faire le père pour donner consistance à la relation. Le problème n’est plus celui de la relation. Il est déporté sur chacun des pôles de la relation. Prend le dessus soit la question de la fonction de l’analyste, soit celle de l’ident ité du patient. Dans la dernière période, le problème est celui de la fin de la relation, dans les deux sens, à la fois l’arrêt de la relation et son but. Vient au premier plan le reste de la relation, ce à quoi elle résiste, ce qu’elle rejette. Le psychotiq ue est souvent vu comme un pervers par l’analyste encombré de sa névrose. La s olution de l’analyste est de se mettre à l’écart de la relation et l’accent sur l’irréalité du patient domine.
De cette opposition de tendances entre frères ennem is se dégage une troisième voie, médiane, équilibrée, celle de Lacan . Elle dépasse ces deux façons de comprendre dans la mesure où elle en conc lut qu’il est préférable d’articuler ces deux registres, sinon la démarche e st boiteuse. Lacan met en valeur la création du symptôme à partir du fantasme . Il positive ce que Freud
négative. A travers le champ freudien repris dans le mouvement lacanien, il y a intérêt à déployer le maniement du transfert. Il se réfracte ni comme représentation ni comme absence d’objet mais comme représentation de l’absence d’objet. Lacan a une théorie du transfert en réserve. Au-delà du transfert, il y a une place éthique pour l’analyste permettant de contraindre la jouissance par la représentation.
L’orientation est de contrer à la fois la désexuali sation éducative et la médicalisation normative de la problématique. Il s’ agit d’œuvrer contre la dissolution du registre du transfert qui va de pair avec la disparition de la psychanalyse et la perte de la psychose. Il y a mat ière et manière à maintenir ouverte la question du transfert dans la psychose.
Ainsi, il y a une douzaine de courants qui se répar tissent selon quatre façons d’appréhender le transfert.
La première modalité consiste à ne pas parler de tr ansfert dans la psychose. C’est la position freudienne à mettre en porte-à-faux avec Jung.
La deuxième modalité consiste à faire du transfert une formation de l’inconscient. C’est la position originelle d’Abrah am puis Klein et Fromm-Reichmann et enfin Bion et Kernberg.
La troisième modalité consiste à faire du transfert une fonction du moi. C’est la position initiale de Ferenczi puis Anna Freud et Secheyahe et enfin Kohut.
La quatrième modalité consiste à faire du transfert la fondation du sujet. C’est la position lacanienne.
On peut décliner cette classification en faisant re ssortir davantage sa temporalité :
1894 -1939. Les précurseurs. Freud, Jung, Abraham, Ferenczi.
1939 -1964. Sechehaye.
Les
disciples.
Klein,
Fromm-Reichmann,
Anna
1964 à nos jours. Les modernes. Bion, Kernberg, Kohut, Lacan.
Freud,
Espace/temps
De nos jours