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Historique de la région albigeoise

De
173 pages

La région.Les populations primitives.Les Gaulois.La domination romaine.Le pagus Albigensium et le christianisme.Les barbares.Les Mérovingiens ; saint Salvi.

LA RÉGION. — Le département du Tarn a été formé en 1790 des trois diocèses d’Albi, Castres et Lavaur. Toutefois la concordance n’est pas parfaite : on a attribué au Tarn, alors ou plus tard, des parties des diocèses de Montauban, Toulouse et Saint-Pons tandis que des communautés ont été distraites de ceux de Lavaur et de Castres et rattachées à la Haute-Garonne et à l’Hérault.

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Charles Portal

Historique de la région albigeoise

INTRODUCTION

L’histoire de la région correspondant à peu près aux trois anciens diocèses d’Albi, Castres et Lavaur a fait l’objet de travaux assez nombreux publiés soit isolément, soit dans des recueils périodiques. Ceux qu’il serait suffisant mais nécessaire de parcourir pour connaître sinon tous les détails au moins les traits principaux de nos annales locales sont énumérés dans une bibliographie sommaire à la fin de notre résumé.

L’idée de raconter les événements dont ce pays fut le théâtre devait naturellement provoquer de bonne heure et à mainte reprise l’élaboration d’études relatives au département ou à l’un ou l’autre de ses arrondissements. Le bibliothécaire d’Albi, l’ancien chanoine Massol, inaugure la série en 1818 avec sa Description du département du Tarn suivie de l’histoire de l’ancien pays d’Albigeois et principalement de la ville d’Albi (in-8°), volume qui n’est plus à consulter pour la partie purement historique. Un peu plus tard, en 1822, Marturé donne en 2 vol. in-8° une Histoire du pays castrais, puis Magloire Nayral publie ses Biographie et chroniques castraises (1833, 4 vol. in-8°), enfin P. Roger, chef de cabinet du Préfet du Tarn, édite vers 1841 des Archives historiques de l’Albigeois et du pays castrais (in-8°). On peut encore glaner de bonnes pages dans ces ouvrages plutôt littéraires et celui de Roger, inspiré semble-t-il des notes de Compayré, chef de division à la même préfecture, marque un progrès sensible, on y constate un fréquent recours aux sources d’informations,

Clément Compayré adopte tout-à-fait en 1841 la méthode qui a prévalu à juste titre. Ses Etudes historiques sur l’Albigeois, le Castrais et l’ancien diocèse de Lavaur (in-4°) sont fortement documentées, au point même de n’être parfois qu’un recueil de textes et de textes souvent mal lus faute d’expérience paléographique. Malgré cette imperfection l’œuvre, d’une valeur incontestable, n’a pas cessé d’être appréciée à raison même des documents qu’elle contient. Elle est restée sans rivale durant un quart de siècle, jusqu’au moment où Elie-A, Rossignol a fait imprimer les Monographies communales de l’arrondissement de Gaillac (1864-66, 4 vol. in-8°), Ce ne fut plus ici une édition de textes accompagnés ou non d’un commentaire ou d’un résumé mais bien une série d’histoires communales comprenant à la fois le récit des événements, l’exposé des institutions, la description des édifices et du mobilier offrant un caractère archéologique, chacune de ces parties élaborée après un examen approfondi des sources originales d’information et d’une minutieuse inspection des constructions et objets. De plus, un choix judicieux de pièces justificatives permet de contrôler les assertions de l’auteur sur les points d’un intérêt majeur. L’œuvre est remarquable, on n’en saurait trop proclamer le mérite hors ligne, d’autant plus quelle fut suivie d’une revue synthétique des institutions seigneuriales et communales du même arrondissement et de plusieurs autres études sur l’administration diocésaine.

Ces monographies ne concernent qu’un arrondissement et le projet de les continuer n’a été exécuté que pour les communes du canton de Lautrec. Il restait donc à composer une histoire détaillée et critique du département tout entier. Emile Jolibois entreprit de refaire le travail de Massol en observant rigoureusement les règles de la méthode érudite et s’aidant des résultats acquis par Compayré et Rossignol. Son Histoire du pays d’Albigeois insérée dans plusieurs volumes de la Revue du Tarn, de 1876 à 1891 a, si l’on peut dire, dépassé le but à certains égards. A force d’être complète et savante elle sort de la catégorie des ouvrages que le public peut lire avec facilité et agrément. Elle ne peut être appréciée à sa véritable valeur et goûtée que par un nombre restreint de travailleurs déjà familiarisés avec les questions un peu ardues et parfois complexes que soulève l’histoire du moyen âge. D’autre part, ce travail avait été mis en chantier sur un plan tellement vaste que l’achèvement en paraissait problématique et il n’a pu être poussé au delà du XIIIesiècle.

Nous n’avons plus à signaler que le gros labeur de Maurice Bastié, cette Description complète du département du Tarn parue en 1875, au moment où Jolibois allait commencer la publication dont il vient d’être question. A vrai dire Bastié n’a pas fait là une œuvre bien personnelle, se contentant de prendre dans l’Histoire de Languedoc et ailleurs des notes qu’il a groupées sous les noms des communes ou condensées dans des chapitres liminaires. Il y a plus d’originalité et de travail utile dans les pages qu’il a consacrées à l’hygiène et à l’agriculture.

Ces divers ouvrages ont en évidemment pour but devulgariser la connaissance de l’histoire locale. Il n’est pas de livre qui ne résulte d’une pareille intention, Mais la vulgarisation comporte des degrés. Le premier — ou le dernier, suivant le point de vue, — s’adresse surtout à la foule. S’il tend à compléter des notions déjà acquises par quelques-uns, il vise principalement à enseigner aux autres qui sont la grande majorité quelque chose de nouveau pour eux et cela sous une forme précise et élémentaire. En d’autres termes cette « vulgarisation pour tous » est plutôt pédagogique.

C’est l’idée que s’en faisait Anacharsis Combes quand il publiait, sous les auspices de l’Administration, d’abord en 1836, puis en 1850, ses Connaissances locales à l’usage des écoles du pays castrais. On trouve dans ce petit livre des notions de géographie physique, politique et économique, des tableaux statistiques et un résumé historique se terminant dans la deuxième édition vers 1850. Tout cela est intéressant ; toutefois la dernière partie est chargée de faits et de dates, au détriment de leur interprétation. Il est fort douteux que les écoles dont il s’agit aient pu en tirer parti.

En reprenant à notre tour ces connaissances locales et les étendant à l’ensemble du département, nous avons essayé de les mettre à la portée des élèves des établissements secondaires et nous avons cru que ce travail pourrait aussi fournir quelques indications aux maîtres de l’enseignement primaire, à des conférenciers en quête de sujets capables d’exciter la curiosité de leurs auditeurs tarnais. Enfin nous avons voulu offrir aux simples lecteurs un rapide aperçu de notre histoire régionale.

Notre méthode a sensiblement différé de celle d’An. Combes, Tandis que cet auteur a résumé une quantité d’événements en une série de paragraphes souvent très courts, ce qui donne un peu à cet exposé fragmenté l’apparence d’un recueil d’éphémérides, nous nous sommes au contraire attaché à éliminer du récit beaucoup de détails accessoires, à ne citer des millésimes que quand cela paraissait indispensable. Et tout en ne rappelant que des faits dont notre pays fut le théâtre, nous n’avons pas perdu de vue l’évolution générale de la société, nous efforçant d’assigner aux épisodes locaux leur place dans la transformation des institutions et des mœurs nationales. Pour être plus clair et mieux compris, il nous a paru parfois utile de faire intervenir historiens ou chroniqueurs notables en leur empruntant quelques lignes de réflexions ou de narrations suggestives.

La réalisation d’un programme ainsi conçu présentait de sérieuses difficultés. Aussi notre essai est-il loin d’être parfait. Néanmoins il a reçu l’accueil le plus flatteur des chefs du personnel enseignant et le Conseil général du département, dans sa séance du 16 avril 1912, l’a honoré d’une souscription,

Ces marques précieuses d’approbation ont décidé la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Tarn à publier une deuxième édition pour laquelle l’auteur a tenu compte des critiques très bienveillantes d’ailleurs dont la première avait été l’objet dans diverses revues.

CHAPITRE I

LES TEMPS ANCIENS

La région. — Les populations primitives. — Les Gaulois. — La domination romaine. — Le pagus Albigensium et le christianisme. — Les barbares. — Les Mérovingiens ; saint Salvi.

LA RÉGION. — Le département du Tarn a été formé en 1790 des trois diocèses d’Albi, Castres et Lavaur. Toutefois la concordance n’est pas parfaite : on a attribué au Tarn, alors ou plus tard, des parties des diocèses de Montauban, Toulouse et Saint-Pons tandis que des communautés ont été distraites de ceux de Lavaur et de Castres et rattachées à la Haute-Garonne et à l’Hérault. La plus notable de ces modifications résulta, en 1797, de l’échange avec l’Hérault du canton de Saint-Gervais (diocèse de Castres) contre le canton d’Anglès et la commune de Labastide-Rouairoux (diocèse de Saint-Pons).

Or le diocèse de Castres n’étant qu’un démembrement de celui d’Albi, opéré au XIVe siècle, il s’en suit qu’on doit comprendre sous le terme d’Albigeois l’ensemble de ces deux divisions ecclésiastiques et civiles en même temps. Le diocèse de Lavaur appartient au pays toulousain ; il s’étendait entre la rive gauche de l’Agout et la Montagne Noire jusqu’à Saint-Amans-Soult.

La région tarnaise est donc bornée au Nord par le Viaur et l’Aveyron, à quelques enclaves près, au Sud par une ligne se confondant plus ou moins avec la ligne de faîte de la Montagne Noire, A l’Est et à l’Ouest ses limites sont purement conventionnelles et n’ont d’autre raison d’être que les frontières mômes des trois anciens diocèses, à la réserve des divergences déjà signalées.

 

LES POPULATIONS PRIMITIVES. — A une époque fort reculée, dont nous séparent des centaines et même des milliers de siècles, notre pays a été habité. De ces âges ne subsistent cà et là que des débris dénotant une civilisation dans l’enfance, des haches, des pointes de flèches et autres objets en pierre soit taillée, ce sont les plus anciens, soit polie, parfois quelques ossements décorés de dessins gravés. Des temps néolithiques (pierre polie), il reste aussi des monuments « mégalithiques », c’est-à-dire des dolmens et des menhirs.

Les dolmens, énormes tables de pierre posées sur des supports verticaux, ont été pris jadis pour des autels à sacrifices. Cette opinion a été reconnue fausse et tout le monde admet aujourd’hui qu’ils servaient à protéger des sépultures. La destination des menhirs ou pierres plantées est problématique. Mais quelques-uns, de la fin du néolithique, sont ornés de traits figurant d’une façon sommaire et grossière un personnage dans lequel on a voulu voir une idole.

Nous avons des dolmens à Vaour, à Alban, au bas du Puy-Saint-Georges, au Verdier, à Labastide-Rouairoux et ailleurs. Le menhir de Lacaune est le plus remarquable de ceux, assez rares d’ailleurs, que nous possédions. On a cru y distinguer des traces de gravure représentant le type de l’idole néolithique. Le fait, dans tous les cas, est certain pour toute une série de monolithes découverts vers la fin du siècle dernier dans la partie orientale du département, d’Alban à Anglès.

Dolmens et menhirs ont presque toujours une légende. Ainsi raconte-t-on que la peyre levade de Vieux fut portée par sainte Carissime dans un pan de sa robe. A Labastide-Rouairoux la Vierge laissa également tomber un bloc analogue, tandis qu’elle filait. C’est encore la Vierge qui déposait près du Puy-Saint-Georges trois pierres qu’elle destinait à la construction de la cathédrale d’Albi ; apprenant que l’édifice était terminé, elle les abandonna là après les avoir groupées en forme de table. Ailleurs, à Alban, elle jette au loin un palet, sur un défi du diable, et le Malin voit avec rage le sien emporté dans un tourbillon.

Les deux pierres de Lacabarède, « les deux sœurs », distantes de trois mètres environ l’une de l’autre, se meuvent insensiblement pour faire le tour du monde Quand elles seront revenues au point de départ, ce sera la fin de tout. Selon une variante, il suffirait que l’une d’elles atteignît le sommet de la Montagne Noire.

 

LES GAULOIS. — Après l’époque néolithique, d’autres siècles s’écoulent et, au IVe (avant Jésus-Christ), Celtes ou Gaulois sont établis dans nos contrées. L’industrie du bronze et du fer a remplacé celle de la pierre et nous entrons dans l’ère historique.

Ces Gaulois étaient des hommes de haute stature, au teint blanc, aux cheveux blonds. Ils alliaient les soins du costume aux mœurs les plus rudes et leurs prêtres ne se contentaient pas de cueillir le gui sur le chêne, ils procédaient aussi à des sacrifices humains. Les peuplades celtiques étaient souvent en guerre les unes contre les autres. Deux d’entre elles occupaient notre pays au moment de l’invasion romaine : celle des Rutheni, à laquelle Rodez doit son nom, étendait sa domination sur la contrée qui fut plus tard l’Albigeois, celle des Tolosates était fixée dans une région englobant au moins approximativement le futur diocèse de Lavaur.

 

LA DOMINATION ROMAINE. — La rive gauche du Tarn fut la première incorporée à la province romaine, les Rutheni qui l’habitaient devinrent provinciales tandis que les autres, ceux de la rive droite, restèrent provisoirement libres (liberi). Lorsque César eut conquis toute la Gaule, au milieu du Ier siècle avant J.-C., la Narbonnaise constituée bientôt après comprit tout notre pays. On sait que Rome eut raison d’une série de révoltes et que, une fois soumises définitivement, les populations indigènes adoptèrent assez vite la langue et les mœurs des vainqueurs. Les Etats gaulois ou leurs démembrements devinrent des civitales romaines dont l’agglomération principale fut le siège de l’administration nouvelle.

Aux temps gaulois se rapportent quelques sépultures avec armes et débris de poteries, parfois, mais exceptionnellement, des colliers et bracelets en or (ceux entre autres qui ont été trouvés à Lasgraïsses). Les souvenirs matériels qu’a laissés la civilisation romaine sont beaucoup plus nombreux. C’est à elle que sont dus ces chemins, camis ferrais, qui conduisaient, dit-on, de Toulouse à Albi par les deux rives du Tarn, de Toulouse à Rodez en passant par la partie septentrionale du département actuel, et aussi de Carcassonne, de Narbonne à Albi par le futur emplacement de Castres. On a découvert çà et là des vestiges de ces voies, toutes secondaires dans le réseau-stratégique des Romains. Les deux premières pourraient d’ailleurs avoir une origine gauloise de même que celle qui, suivant une hypothèse, aurait mis en relation le confluent du Tarn et de l’Agout avec le Castrais. Il en est d’autres, dont l’existence paraît plus douteuse ou le tracé moins précis. A l’époque gallo-romaine remontent des pavements en mosaïque trouvés à Granéjouls, près de Cahuzac, lors de la construction du viaduc desservant la ligne de chemin de fer de Toulouse à Capdenac et Paris, au lieu de Salles, dans la vallée que domine Giroussens, et en maint autre endroit. Le village de Montans, à quelques kilomètres de Gaillac, fut alors un centre important de l’industrie céramique. Des fouilles, opérées surtout par M. Rossignol, ont mis au jour une quantité de poteries à vernis rouge, dites « de Samos », presque toujours ornées de dessins et figures en bas-relief. Ces curieux spécimens d’un genre de décoration importée chez nous par les Romains nous font connaître les formes de leur costume, de leurs armes, d’une foule d’instruments ou outils à leur usage et, de plus, la manière dont ils comprenaient et traitaient le dessin ornemental, celui des personnages et des animaux. On a pu recueillir un peu partout de ces débris (près de Castres, de Lombers et ailleurs), sans compter des tuiles à rebord qui couvraient les habitations.

 

LE PAGUS ALBIGENSIUM ET LE CHRISTIANISME. — Aux idoles gauloises avaient succédé les divinités de l’Olympe gréco-romain. Celles-ci, à leur tour, devaient céder la place au Dieu des chrétiens. Suivant une tradition de date peu ancienne, le premier évêque d’Albi aurait été un Africain venu de Rome au milieu du IIIe siècle, saint Clair, supplicié à Lectoure après avoir laissé à son disciple Anthemius le gouvernement de ses fidèles. Diverses raisons permettent tout au plus d’admettre, encore ce point n’est-il pas certain, que saint Clair a prêché la religion nouvelle dans notre pays où, vers la même époque, saint Amarand subit le martyre.

Dans tous les cas, ce n’est qu’au début du Ve siècle, en 406, que le nom d’un évêque d’Albi, Diogénien, figure dans l’histoire avec toutes les garanties voulues de véracité. A ces temps lointains remontent nos premières légendes hagiographiques, celles dé sainte Martianne, de saint Eugène, de sainte Carissime. Martianne était née, dit-on, à Albi et sa vie fut un modèle de toutes les vertus ; quand elle mourut, son âme revêtit la forme d’une colombe pour gagner le ciel. Eugène, évêque de Carthage qui était alors sous la, domination des Vandales, appartenant à la secte arienne, fut victime de toutes sortes de vexations de la part de ces hérétiques et finalement exilé à Albi en 497. Il ne tarda pas à se fixer à Vieux, près du tombeau de saint Amarand. Carissime, Albigeoise comme Martianne, vint l’y rejoindre après avoir erré longtemps dans les bois pour éviter une union que ses parents voulaient lui imposer. Elle vécut plusieurs années dans cette retraite. Eugène y mourut en 505. Ce lieu fut le théâtre de miracles. Il suffira de citer le suivant : un pèlerin arrivant de fort loin avait épuisé tous les moyens alors en usage pour allumer un cierge sur le tombeau d’Amarand, une flamme descendit dans les airs et le tira de peine. Au Xe siècle on fonda un monastère à Vieux d’où plus tard, à la fin du XVe, les reliques de ces divers personnages furent transportées à Albi.

Revenons au début du Ve. C’est alors que la Notice des cités de l’Empire mentionne pour la première fois la civitas Albigensium comprenant un seul pagus1. On peut donc admettre qu’il existait dans cette contrée, depuis quelque temps, une centaine d’années peut-être, sinon plus, une agglomération d’habitants relativement importante. Ces demeures étaient groupées sur un monticule formant un promontoire triangulaire aux flancs escarpés sur deux côtés que baignent à leur base le Tarn et un petit ruisseau. Tel fut le berceau d’Albi, qui correspond aujourd’hui au quartier du Castelviel.