Hommes en noir, femmes en blanc ?
329 pages
Français

Hommes en noir, femmes en blanc ?

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Description

Costume ou vêtement ? Écrire une histoire portant sur les dessus et dessous vestimentaires en Martinique répond à cette problématique. Si le terme costume semble approprié à bien des égards, le choix du terme de vêtement est plus adéquat dès lors qu'il englobe aussi bien ce qui est dessus que ce qui est dessous. Le système esclavagiste a-t-il empêché ou favorisé la culture des apparences au profit du groupe dominant ? Les groupes sociaux infériorisés, libre de couleur et esclave, ont-ils réussi à contourner ou à détourner les règlements à leur encontre afin de se valoriser socialement ou concurrencer économiquement par le paraître l'autre, le blanc ? S'appuyant sur nombre de sources primaires essentielles, l'ouvrage contribue à la connaissance de l'histoire culturelle de la Martinique.

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Date de parution 16 juillet 2020
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EAN13 9782140154157
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

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ou favorisé la culture des apparences au proIt du groupe dominant ?
aIn de se valoriser socialement et/ou concurrencer économiquement
en Martinique de la In du Directoire à la Monarchie de Juillet (1799-1848). Essai
Abel Alexis L
Hommes en noir, femmes en blanc ? La culture des apparences à l’épreuve du système esclavagiste en Martinique (17651848)
Chemins de la Mémoire Série : Histoire des Antilles
Chemins de la Mémoire Fondée par Alain Forest, cette collection est consacrée à la publication de travaux de recherche, essentiellement universitaires, dans le domaine de l’histoire en général. Relancée en 2011, elle se décline désormais par séries (chronologiques, thématiques en fonction d’approches disciplinaires spécifiques). Depuis 2013, cette collection centrée sur l’espace européen s’ouvre à d’autres aires géographiques. Derniers titres parusPlanchette (Yoanna),La chapelle médiévale du monastѐre de Bačkovo (Bulgarie), 2020. Murphy (Gwénael),« Mauvais ménages », Histoire des désordres conjugaux e e en France, XVII – XVIII siècles,2019. Markovic (Momcilo),!, L’incendie des barrières de l’octroi enParis brûle juillet 1789,2019.Sarindar-Fontaine (François),Charles V le sage, dauphin, duc et régent (1338-1358),2019. Foutakis (Patrice),DeLa Dame a la licorneet de « son » désir,2019. e Leroux (Charles-Édouard),La question mémorielle au XXI siècle, Jouer éternellement le passé, 2019. Maury (Serge),Une secte janséniste convulsionnaire sous la Révolution française, Les Fareinistes (1783- 1805),2019.e Laporte (Samy),siècleLa vie quotidienne des Juifs de Pologne au XIX (1795-1914),2018. Giacchetti (Claudine Anne),Les déplacés. La diaspora juive est-européenne dans la France occupée. Témoignages et combats, 2018. Lafage (Franck), Louis III, dernier roi de Bavière, (1913-1918),Un souverain dans la tourmentede la Première Guerre mondiale,2018.Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent.La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.editions-harmattan.fr
Abel Alexis LOUISHOMMES EN NOIR, FEMMES EN BLANC ? La culture des apparences à l’épreuve du système esclavagiste en Martinique (1765-1848)
Du même auteur chez le même éditeurLes libres de couleur en Martinique. Tome 1 : Des origines à la veille de la Révolution française (1635-1788),2012. Les libres de couleur en Martinique. Tome 2 : Quand Révolution et retour à l’Ancien Régime riment avec ségrégation (1789-1802),2012. Les libres de couleur en Martinique. Tome 3 : De septembre 1802 aux débuts de la Restauration (1802-1822),2012. Janvier Littée. Martiniquais premier député de couleur membre d’une assemblée parlementaire française (1752-1820). L’homme, son milieu social, son action politique,2013. Marchands et négociants de couleur à Saint-Pierre (1777-1830). Milieux socioprofessionnels, fortune et mode de vie,2015, 2 tomes. Jean-Pierre Eugène Clavier : premier homme de couleur membre du Conseil colonial et de la Cour d’appel de la Martinique (1810-1863). L’homme, l’avocat, le propriétaire d’esclaves et d’habitations sucreries à l’épreuve de la zone grise,2016. Les bourgeoisies en Martinique (1802-1852). Une approche comparative,2017. Le monde du négoce à Saint-Pierre sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Essai d’histoire sociale et matérielle,2017. Le livre et ses lecteurs en Martinique de la fin du Directoire à la Monarchie de Juillet (1799-1848). Essai d’histoire sociale et matérielle,2018. © L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-20767-4 EAN : 9782343207674
REMERCIEMENTS Nous tenons ici à rendre hommage à tous les historiens et archivistes qui nous ont précédé et dont certains ont marqué notre cheminement scientifique : Lucien René Abenon, Jacques Adélaïde-Merlande, Danielle Bégot, Léo Elisabeth, Gilbert Pago, Liliane Chauleau, Dominique Taffin et Erick Noël. À tous ces précurseurs merci. Nous remercions particulièrement madame Cécile Mondésir pour ses relectures assidues et le personnel des Archives de Martinique. Et enfin, une pensée pour ma mère et ma famille, pour leur compréhension, leur soutien sans faille, leur générosité, leur amour et leur tendresse.
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AVERTISSEMENT
e Les unités de mesure que nous avons eu à utiliser sont au XIX siècle en Martinique le mètre et l’hectare (ha).Cependant, l’anciennede mesure superficie, le carré, équivaut à 1,29 ha à peu près. Les prix sont indiqués en francs en général ou éventuellement en livres coloniales sauf indication contraire. Une livre coloniale équivaut à peu près à 0,55 franc. Les autres pièces de monnaie utilisées ou mentionnées sont parfois la gourde (à peu près 5 francs ou 9 livres coloniales) et la moëde (portugaise) valant plus de 36 francs.
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 Introduction générale Écrire une histoire du vêtement en Martinique entre le dernier tiers du e XVIII siècle (à partir de 1765) et la fin de la Monarchie de Juillet (le 24 février 1848) n’est pas chose aisée.Peu de travaux de recherches universitaires ont été à ce jour publiés sur cette thématique, ce cadre géographique et cettepériode d’observation. Nous y reviendrons plus loin. Les travaux de vulgarisation sont eux plus nombreux. Notonsd’entréeceux effectués par la conservatrice en chef du Musée Régionald’Histoire et d’Ethnographie de la Martinique, Lyne-Rose Beuze, à quelques années d’intervalle,Costumes de femmes. Traditions vestimentaires en Martinique 1 de 1870 à 1940, en 1989 , etCostumes créoles. Mode et vêtements 2 traditionnels des Antilles françaises de 1635 à 1948en 1999 . La première étude était en fait un petit catalogue accompagnant une exposition sur les costumes de femmes en 1990. Les bornes chronologiques ne prenaient pas en compte l’ensemble de la période évoquée car le ou les auteurs partaient 3 du début de la colonisation . Il notait la place importante du « costume » dans les îles conquises par la France (Martinique, Guadeloupe, partie française de Saint-Domingue). Il rappelait en outre les échanges fréquents e entre les différentes coloniesjusqu’au milieu du XIXce qui permit siècle, 4 d’y «trouver, à peu de différence, les mêmes habits » . Les costumes féminins portés en Martiniqueentre 1870 et 1940 s’inspirèrent notablement des périodes précédentes (le costume jupe-chemise, la « golle », la robe ti-5 collet, la douillette) . La seconde étude, plus approfondie, réalisait tout d’abordun intéressant travail de synthèse sur les « costumes » (masculins et féminins) et délaissait le terme « vêtement »Antilles françaises aux (Martinique, Guadeloupe) avant l’abolition de l’esclavage en 1848 en e évoquant à la fois ceux de la société coloniale du XVII siècle et ceux de la e e fin du XVII au milieu du XIX siècle au niveau des différents groupes
1 Costumes de femmes. Traditions vestimentaires en Martinique de 1870 à 1940,Catalogue d’exposition rédigé parLyne-Rose Beuze,avec l’aide de Roland Suvélor et Maïotte Dauphite,Fort-de-France, Bureau du Patrimoine du Conseil Régional de la Martinique, décembre 1989, 47 pages. 2  Lyne-Rose BEUZE, Loïs HAYOT,Costumes créoles. Mode et vêtements traditionnels des Antilles françaises de 1635 à 1948,Fort-de-France, Éditions Fabre Domergue, 1999, 126 p. 3 Costumes de femmes. Traditions vestimentaires en Martinique de 1870 à 1940… op. cit.,page 3. 4 Costumes de femmes. Traditions vestimentaires en Martinique de 1870 à 1940… op. cit.,page 3. 5 Costumes de femmes. Traditions vestimentaires en Martinique de 1870 à 1940… op. cit.,page 16.
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sociaux (blancs, libres de couleur, esclaves). Le développement du costume créole était aussi évoqué entre 1850 et 1950 mettant en lumière au niveau du vêtement féminin le métissage des cultures à partir de l’héritage africain, par l’intérêt « pour les couleurs chatoyantes, la superposition des tissus et parfois la surcharge décorative » et à partir de l’héritage européen, par l’« engouement pour les beaux tissus, les dentelles, les rubans et le luxe ostentatoire venus de France dont les cours royales étaient les parfaites 6 illustrations » . Le costume masculin s’inspirait notablement des modes françaises et l’adapta au climat tropical (vêtements en coton). Mêlant démarche scientifique et vulgarisation, ce travail de recherches constituait pour nous un bon point de départ à cette nouvelle analyse historique. Loin de nous la prétention de présenter ici une histoire exhaustive du vêtement – et non du costume, nous y reviendrons – en Martinique car les sources primaires ne le permettent pas dans un premier temps, ceci d’autant que certaines d’entre elles ne prennent pas en compte l’ensemble de la population (le notariat via les contrats de mariage et/ou les inventaires après décès), mais s’intéressent seulement aux individus appartenant aux deux groupes sociaux principaux au niveau hiérarchique : blanc et libre de couleur (jusqu’en 1833). Notre vision d’ensemble ne sera pas pour autant prismatique bien qu’elle s’effectuera principalement à travers l’abord d’une source jusqu’alors non exploitée par les historiens locaux : l’inventaire après décès. Lyne-Rose Beuze s’appuya sur la réglementation en matière d’habillement, des documents iconographiques et des témoignages écrits e e d’auteurs, de chroniqueurs et de voyageurs du XVII au XIX siècle principalement, les « costumes originaux faisant défaut, sauf pour la période 7 quasi contemporaine » . Quant à nous, nous nous imprégnerons aussi de cette documentation (iconographie, témoignages écrits, réglementation, presse commerciale) mais en abordant en priorité sur une source d’archive unique en son genre déjà précitée, fortement mise en exergue par les historiens français et anglo-saxons et dont l’intérêt a été démontré par ces derniers. C’est ici, la principale différence entre ce nouveau travail de recherches et ceux écrits par d’autres auteurs, passionnés par les costumes traditionnels créoles et mis en exergue à partir de l’abolition de l’esclavage en 1848. En situant notre période d’analyse entre 1765 et 1848, nous faisons œuvre de défricheur et d’éveilleur sur une période pourtant connue mais pas encore suffisamment explorée et exploitée au niveau de la thématique du vêtement dans les colonies françaises. D’autres articles et travaux de non-historiens tels que ceux d’Anca Bertrand, Maïotte Dauphite, Marie Thérèse Lung Fu, Jack Corzani ou Renée Glaude, publiés entre 1969 et 1990, firent référence essentiellement aux
6  Lyne-Rose BEUZE, Loïs HAYOT,Costumes créoles. Mode et vêtements traditionnels des Antilles françaises de 1635 à 1948… op. cit.,p. 58. 7 Lyne-Rose BEUZE, Loïs HAYOT,Op. cit.,p. 5.
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