Identités nationales, postcoloniales ou contemporaines en Afrique

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Comment penser les identités en Afrique dès lors qu'elles se situent entre un atavisme qui "cherche ses racines" et un grégarisme, par ailleurs mal assumé ? Sauf à les lire dans des parades identitaires comme réponses aux différents pouvoirs coloniaux et néo-coloniaux qui ont volé aux différents actants leurs identités ? Les contributions suivent une logique résolument multidisciplinaire, embrassant à la fois la philosophie, la sociologie et la science politique, l'histoire et la littérature, revisitant l'idée d'identités nationales, postcoloniales ou contemporaines de l'Afrique.

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Date de parution 01 octobre 2013
Nombre de visites sur la page 47
EAN13 9782336327143
Langue Français

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Roger Mondoué et YvesAbel Nganguem Feze (eds)
Identités nationales, postcoloniales ou contemporaines en Afrique
Réflexion en hommage aux 50 ans de l’Union africaine
Préface de Gilbert Doho
Identités nationales, postcoloniales
ou contemporaines en Afrique
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen Dernières parutions Patrice LIBONG BADJAN,Réformes institutionnelles de la CEMAC. Jeu des acteurs, intérêt des États, 2013. Albert SANON,Yele pe être homme, Initiations traditionnelles et éducation corporelle au Burkina Faso, 2013. Claudine-Augee ANGOUE,La dialectique du politique et du religieux, Pour une anthropologie du pouvoir au Gabon, 2013. Godwin TETE,Autopsie du développement pernicieux. Le cas du Togo,2013. Etanislas NGODI,Le mouvement Nsilulu dans le pool ou les combattants de Saint Michel, Congo-Brazzaville,2013. Etanislas NGODI,Oppositions démocratiques du Congo-Brazzaville,2013. Paul MALUMBA (dir.),Gestion durable des agro-systèmes en milieu tropical humide, 2013. Anne-Marie KOFFI KOUADIO BLA,La Côte d’Ivoire en crise face au droit international, 2013. Mwamba TSHIBANGU, Alexis KABAMBI,Étienne Tshisekedi, la trajectoire vers la présidence, 2013. Barthélémy NTOMA MENGOME,La Bataille de Libreville. De Gaulle contre Pétain : 50 morts, 2013.Alfa Oumar DIALLO,Bien enseigner en Afrique, oui, mais avec qui et comment ?, 2013. Régine NGONO BOUNOUNGOU,La réforme du système pénitentiaire camerounais. Entre héritage colonial et traditions coloniales, 2013. Augustin TCHAMENI,Évolutions contemporaines du régionalisme africain, 2013. Antoine NGAKOSSO,Réformes fiscales en Afrique. Le management du changement, 2013. Jean-Baptiste NKULIYINGOMA,Rwanda : le pouvoir à tout prix, 2013. Alain Laurent ABOA, Hilaire DE PRINCE POKAM et Aboubakr TANDIA, Démocratie et développement en Afrique : perspectives des jeunes chercheurs africains, 2 volumes, 2013.Fidèle BEKALE B’EYEGHE,Souveraineté alimentaire en Afrique subsaharienne. Le cas du Gabon,2013. Patrice MOUNDOUNGA MOUITY,Le NEPAD. Histoire, défis et bilan 10 ans après,2013. Prudent Victor TOPANOU,Introduction à la sociologie politique du Bénin, 2013. Fidèle ALLOGHO-NKOGHE,Quartiers informels et politiques de la ville, 2013.
Roger Mondoué et Yves-Abel Nganguem Feze (eds) Identités nationales, postcoloniales ou contemporaines en Afrique
Réflexion en hommage aux 50 ans de l’Union africaine
Préface de Gilbert Doho
Cet ouvrage a bénéficié d’un appui financier de l’Université de Dschang Nos sincères remerciements au professeur Anaclet FOMETHE, recteur de cette Université© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01885-0 EAN : 9782343018850
Sommaire
PRÉFACE ............................................................................................................ 7 INTRODUCTION ............................................................................................. 11 Première partie Philosophie ............................................................................. 17
L’identité métisse dans le postcolonialisme: critique et prospective Charles Romain MBELE ............................................................................... 19 Transculturation philosophique & religieuse africaine post-coloniale Christian PAINTOUX ................................................................................... 31 Marcien Towa et la problématique postcolonialistesur l’état de la: réflexion philosophie africaine contemporaine Léon-Marie Nkolo Ndjodo ............................................................................ 51 Postmodernisme, économie culturelle globalisée et anthropologie de l’exilSerge Bernard Emmanuel ALIANA .............................................................. 81 Identité et différence: décryptage phénoménologique des prérequis d’une véritable politique panafricaine Joseph TEGUEZEM, Lyonel Faustin NGOUNOU ....................................... 97 Gaston Kelman, un Bantou très problématique. Décryptage logique de la déconstruction identitaire dansJe suis noir et je n’aime pas le manioc. Roger Mondoué ........................................................................................... 109 Deuxième partie Histoire et sciences politiques ............................................ 119 « Nous » pour dire quoi? La territorialité et l’identité nationales à l’épreuve de la diversité ethno-régionale au Cameroun Joseph KEUTCHEU .................................................................................... 121 À propos de «l’identité Cameroun» Jean-Bédel Norodom Kiari .......................................................................... 147 Terres, identités et violences sociopolitiques au Darfour Boris Bertolt................................................................................................. 163 Troisième partie Littératures ........................................................................... 179 Les identités banlieusardes entre droit d’exister et singularités quelconques. À partir deBanlieue noirede Thomté Ryam Hervé Tchumkam......................................................................................... 181 Entre ici et là-bas :Le Baobab foude Ken Bugul etLa Transe des insoumis de Malika Mokeddem J. Ariane Ngabeu.......................................................................................... 193
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Migritude et quête des origines dans le roman policier postcolonial : pour une autoscopie identitaire GUILIOH Merlain VOKENG NGNINTEDEM, David MBOUOPDA ...... 207 Culture populaire et identité jeune : enjeux poétiques et stylistiques des arts populaires au Cameroun J.-J. Rousseau TANDIA MOUAFOU ......................................................... 221 Déni d’humanité et identités dissidentes chez Mongo Beti et Ousmane Sembene Lise Mba Ekani ............................................................................................ 235 Une communauté imaginée: Rêve d’identité nationale à travers les romans camerounais Yves-Abel Feze............................................................................................ 247 CONCLUSION................................................................................................ 255
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PRÉFACE
Identités nationales, postcoloniales ou contemporaines en Afrique. Réflexion en hommage aux 50 ans de l’Union africainede Feze et Mondoué participe de l’art de se dire du sud au nord, sans complexe, sans complaisance. Car lorsqu’un littéraire et un philosophe réunissent une brochette d’universitaires du sud et du nord pour interroger les identités, toutes les identités collées à l’Afrique sans l’Afrique, ils commandent, à mon avis la voie du dialogue, du croisement des connaissances, du ferrement des esprits. Bien mieux, qu’ils prennent soin de voir qu’autour de la table il y a non seulement les disciplines classiques telles que l’Anthropologie, la Sociologie, la Philosophie, l’Histoire, la Littérature, la Science politique, et les nouveaux courants de pensée tels que le Modernisme, la Déconstruction, le Postmodernisme, le Postcolonialisme, participe d’un refus d’hégémonie. Si les intellectuels du Nord, les piliers des conquêtes, nous ont imposé des narrations non voulues, ceux qui ont l’Afrique pour objet doivent se livrer à une véritable confrontation, à un exercice d’analyse et d’auto-analyse.
Donc, au-delà des étiquettes et formules, simples reprises d’Edouard Kipling, Joseph Conrad, Emmanuel Kant, Hegel, et autres minables ‘modernistes’ qui nous ‘orientalisèrent’ dans le but de se magnifier, les jeunes ‘Turcs’ qui questionnent ici nosne veulent pas non plus accepter identités béatement celles que nous proposent aujourd’hui les adeptes du ‘Post’. Cet ouvrage, il me semble, participe d’un exercice de la capture de la parole, du refus de se laisser narrer par les autres. Tant qu’à y faire, le penseur du sud prend les mêmes armes que son collègue du nord, il les prend pour être sujet d’un discours sans complexe. Je ne parle pas de ces métadiscours, vulgaires redondances qui accompagnent et suivent immédiatement les colonisations. Discours‘entre’, il se refuse d’être ce qui a été sans lui. Feze, Mondoué et als nous proposent un discours autre que celui qui a cours depuis la ruée vers les nations. Qui suis-je et où vais-je être demain? Qu’est-ce donc ces entités Cameroun, Sénégal, Nigeria, Soudan, Rwanda, etc. ? Et pourquoi accepter naïvement Cameroun/Cameroon au lieu de Kamerun? Qu’est-ce qu’être Gabonais, Ivoirien, Burkinabé, Congolais ? Pourquoi dois-je accepter l’étiquette Camerounais au lieu de Kamerunais, Congolais plutôt que Zaïrois, Burkinabé plutôt que Ouagalais? Comment dialoguer avec le pays mende et dire ‘Malien’.
Sans rejeter les nouvelles disciplines,Identités nationales, postcoloniales ou contemporaines en Afrique. Réflexion en hommage aux 50 ansde l’Union africaine,les prend à bras-le-corps.
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Ainsi, le postcolonialisme (Bill Ashcroft, Gareth Griffiths, and Ellen Tiffin, The Empire Writes Back; Edward Saïd.: Routledge, 1989 . London Orientalism. London: Routledge, 1988) n’est ni véritablement une vision nouvelle, ni unepropriété de l’Occident. Ce courant tarde à s’implanter en France en particulier, dans les pays francophones d’Afrique en général (Dominic Thomas,Black France. Bloomington: Indiana University Press, 2007; Achille Mbembe,On The Postcolony.California: California University Press, 2001;Moura, Jean-Marc Littératures francophones et théorie postcoloniale. Paris: PUF, 1999). Et pourtant, le postcolonialisme en tant que posture de remise en question, de contre-acte, de déconstruction de l’impérialisme est non seulement consubstantiel au colonialisme, mais également présent dans maints discours, maintes pratiques d’hier et d’aujourd’hui. Il perdure avec la reconversion néocoloniale dont parle Kwame Nkrumah dansLe Néo-colonialisme: Dernier stade de l’impérialisme. Paris : Présence Africaine, Collection « Panafricanisme», 2009, bien avant l’avalanche des indépendances. Le discours postcolonial est inscrit aussi bien dans le combat qu’engage Victor Fotso (en collaboration avec Jean-Pierre Guyomard :Le Chemin de Hiala. Paris : Editions Septembre, 1994) contre les commerçants français et grec que soutient le pouvoir colonial, que dans l’acte politique majeur de Ruben Um Nyobé devant l’ONU (Le Problème national Kamerunais. Paris: L’Harmattan, 2004). Discours et pratiques, écrit et non-écrit, l’acte postcolonial porte aussi bien sur notre hier colonial que sur notre aujourd’hui néocolonial. L’exemplarité postcoloniale est logée aussi bien dans le peuple d’en bas que dans l’élite indocile d’en haut.
Identités nationales, postcoloniales ou contemporaines en Afrique. Réflexion en hommage aux 50 ans de l’Union africainese situe dans le prolongement de la réflexion sur le postcolonialisme. Il constitue un donner à voir à la présente génération et à la future. Il estl’acte motivateur du présent collectif. Il ne rejette pas notre passé pour prêcher le cloisonnement car cela est un acte suicidaire. Il occulte ce qui se fait maintenant. Il embrasse la synergie dans la confrontation pour le jaillissement de l’illumination. On s’engage dans l’arène, sur la place publique pour être vu, pour être admiré ou critiqué. Une main ne peut jamais ficeler un paquet. L’ouvrage participe du refus de l’enfermement. On est soi quand on se mesure à l’autre.nationales, Identités postcoloniales ou contemporaines en Afrique.Réflexion en hommage aux 50 ans de l’Union africaineest donc jonction entre ce qui se fait sur le continent et ce qui se fait ailleurs ; entre les intellectuels du continent et de la diaspora. Je veux insister que le genre de dialogue, de plateforme de débat comme il se fait dans le cadre de « Palabres » co-organisé par Harmattan-Cameroun et ses partenaires, commande un élargissement. A cet important ouvrage doivent suivre d’autres. Une pensée qui jaillit doit avoir des prolongements. Parce que cette pensée est en même temps produit de l’entre-deux, cette initiative, le lieu de dia-logue entre l’ici et l’ailleurs, entre l’Afrique du continent et l’Afrique de
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la diaspora, est condamné à s’affirmer. Les uns et les autres,avons nous l’impérieux devoir et le droit de savoir et de participer à ce qui se passe dans nos espaces quotidiens. Nous devons nous aiguiser les esprits en nous laissant lire, critiquer, contredire, dédire sans amoindrissement. Penser, c’est se lire en se laissant lire par les autres, éprouver nos produits d’esprit car c’est de l’épreuve que naissent les grands esprits et les chefs-d’œuvre.Gilbert Doho Associate Professor, Case Western Reserve University, Cleveland, Ohio.
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