Influence socioculturelle sur la souffrance psychique

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État d'instabilité, manifestations d'anxiété, décohésions familiales, épuisement professionnels connaissent un fort accroissement aujourd'hui. Leur origine semble liée aux transformations profondes de notre société et la difficulté d'y trouver sa place tant dans la vie personnelle que professionnelle et sociétale. À l'écoute des patients, le psychothérapeute est confronté à la manière dont la société génère ses propres symptômes capables d'influencer les symptômes individuels.

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Date de parution 01 décembre 2017
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EAN13 9782140052514
Langue Français

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Agnès VOLTA& JeanClaude ROLLET
Influence socioculturelle sur la souffrance psychique Une question de place
Influence socioculturelle sur la souffrance psychique
Psycho - logiques Collection fondée par Philippe Brenot et dirigée par Joël Bernat Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho - logiques. Déjà parus Jean-Claude GRULIER,Eugène Minkowski, philosophe de la psychiatrie, 2017. Christian LEJOSNE,Un fil rouge. Ce qui relie l’œuvre d’un auteur à son enfance, selon la théorie d’Alice Miller (Abécédaire), 2017. Marie-Laure BALAS-AUBIGNAT,Identification au trauma-tisme des petits-enfants de survivants, 2017. Cécile CHARRIER,Tous des monstres. Voir sa violence en face, 2017. Myriam NOËL-WINDERLING,Théorie de la solitude,2017. Arlette VILLA-PORTENSEIGNE,L’expertise sous le regard de la psychanalyse. « Faux-Pas » ou la question des mères, 2017. Sébastien PONNOU,Le travail social à l’épreuve de la clinique psychanalytique, 2016. Souad BEN HAMED-VERNOTTE,Approche clinique de quelques mécanismes pervers narcissiques, La face cachée de la relation, 2016. Mourad MERDACI,Adolescence algérienne. Liens et cliniques, 2016. Paul MESSERSCHMITT et Mélanie DUPONT,Voulez-vous marcher sur la tête ? Témoins, experts et citoyens, 2016. Nadine GOBIN,La relation et le couple, vecteurs de changement. Changer pour aimer, aimer pour changer, 2016. Patrick-Ange RAOULT,Clinique du corps et de l’acte, Devenir psychologue, Tribulations professionnelles d’un praticien chercheur ordinaire, 2016. Martin EGGE,La cure de l’enfant autistique, 2015.
Agnès VOLTA& Jean-Claude ROLLETINFLUENCE SOCIOCULTURELLESUR LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE
Une question de place L’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13525-0 EAN : 9782343135250
Présentation Ce texte est né de notre longue pratique de la psychothérapie analytique, auprès des adultes et des enfants, en institutions de soins comme en cabinet libéral. Nos nombreux échanges au fil des dernières décennies, nous ont permis de cerner une évolution de l’expression des difficultés psychiques. Ils furent aussi l’occasion de réfléchir à la place qu’occupe le psychothérapeute auprès de son patient et dans la société. Le thérapeute écoute et recherche du sens à travers l’histoire et le discours de son patient, dont la demande émane souvent d’une difficulté à « trouver sa place », autant dans sa vie personnelle que professionnelle et sociétale. Mais cette place résulte aussi de circonstances moins évidentes. Ce sont celles des affects et des aléas des générations précédentes. Elles induisent souvent des conséquences longtemps masquées. Il n’est pas rare qu’un secret familial ou un événement historique, répercutent son impact quelques générations plus loin. Ainsi, la manifestation d’un symptôme, ou l’expression d’une souffrance, peuvent être la résurgence d’un long cheminement silencieux, dont il faut saisir l’existence et la causalité. Les liens de l’être avec le monde sont l’objet d’incessants changements, et les transformations de la société retentissent sur le vécu psychologique et la manière dont il va s’extérioriser. A travers son écoute dans le lieu clos du cabinet, le psychothérapeute n’est donc pas étranger aux dimensions sociologiques, anthropologiques, historiques, et politiques. Cependant sa fonction le place dans cette singularité de ne les décrypter qu’au travers de l’histoire personnelle du patient.
Ainsi, deux questions se posent : xLa société peut-elle créer ses propres symptômes, capables d’influencer les symptômes individuels ? xQuel retentissement une évolution vers une bonne cohésion sociétale, ou au contraire vers une décohésion emprunte de régression, peut s’observer sur l’état psychologique des êtres ? Parmi les tableaux cliniques dont la fréquence s’est accrue, nous aborderons successivement : xLes états d’instabilité chez les enfants avec le cortège de leurs troubles associés. xLes manifestations d’anxiété. xLes conjugopathies et les séparations. xLe phénomène de « l’enfant roi ». xLes situations de harcèlement. xL’épuisement professionnel ou « burnout ». Enfin, nous aborderons de quelle manière la société et les individus qui la composent, s’influencent mutuellement.
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I :« Notre sujet est vaste… »Notre sujet est vaste, et présente de nombreuses ramifications. Nous avons tenté d’organiser ce travail selon une chronologie, afin d’éviter les redites et les analyses redondantes. Les éléments théoriques abordés au fil du texte nous sont apparus indispensables pour envisager les tableaux cliniques à partir de leur causalité. Cependant, il est nécessaire de considérer chacune des parties dans son autonomie vis-à-vis de l’ensemble. Malgré les liens relatifs à leurs influences sociétales, chacune développe en effet sa propre spécificité. Les tableaux cliniques se manifestent par des symptômes. Un symptôme correspond à la perception d’une manifestation gênante rapportée par un patient. Cette gêne peut revêtir des degrés variés d’intensité, mais c’est cette souffrance qui finit par conduire la personne à consulter. En médecine somatique, un symptôme est le plus souvent révélateur d’un problème organique. Il émet un signal à la place du silence qui traduit le fonctionnement correct d’un organisme. Une douleur par exemple, témoigne d’une anomalie dans la région du corps d’où elle provient. En psychologie, les choses sont un peu différentes, dans la mesure où le symptôme ne se réduit pas seulement à une alerte, mais témoigne d’un conflit à l’intérieur du psychisme. Ceci peut se produire de façon masquée, puisque les raisons de ce conflit peuvent être largement inconscientes. Le symptôme devient alors la manifestation évidente d’un problème enfoui. Il va chercher à atténuer ce conflit, à la façon d’un négociateur qui s’interposerait entre deux belligérants pour tenter un compromis plutôt que de voir se déclencher un combat. En effet, le conflit est en relation avec des exigences contradictoires impossibles à solutionner. Par exemple, entre un désir et l’interdit qui vient