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Italie et Sicile

De
119 pages

29 janvier 1905.

MON ami et moi nous partons pour l’Italie le 29 janvier 1905.

Après une nuit passée en rapide, réveil en Ligurie.

Les Apennins sont poudrés de neige ; le soleil du matin éclaire les jolis sites dans la montagne : bastides, villages. clochers, perchés sur la hauteur, se détachent avec un groupe d’oliviers, de pins maritimes ou de cyprès.

Le contraste est joli, entre les tons gris du paysage et le coloris vif des maisons, roses, rouges.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Saint-Sylve

Italie et Sicile

Impressions

A MA MÈRE

ITALIE ET SICILE

IMPRESSIONS

29 janvier 1905.

MON ami et moi nous partons pour l’Italie le 29 janvier 1905.

Après une nuit passée en rapide, réveil en Ligurie.

Les Apennins sont poudrés de neige ; le soleil du matin éclaire les jolis sites dans la montagne : bastides, villages. clochers, perchés sur la hauteur, se détachent avec un groupe d’oliviers, de pins maritimes ou de cyprès.

Le contraste est joli, entre les tons gris du paysage et le coloris vif des maisons, roses, rouges. Elles ont des galeries couvertes, tournées au Levant, des portes cintrées, au-dessus desquelles est peinte la Madone. Les femmes, en costumes aux couleurs vives, apparaissent sur les terrasses ; on a une rapide vision de vie saine et heureuse.

Partout c’est la culture de la vigne et aussi de l’olivier.

Je revois avec plaisir ce bel arbre dont les troncs noueux et tourmentés s’enfoncent dans les chemins creux ; il me rappelle l’Algérie, le tombeau de saint Augustin. qu’il abrite sous les dentelles de son feuillage.

Ces paysages font penser à ceux de Puvis de Chavannes ; ils semblent nous avertir que nous sommes dans la patrie des héros et des dieux. Nous voici à Carrare, dont les carrières fournissent à profusion le marbre pour les immortaliser.

Plus loin, nous apercevons Pise et l’Arno.

Puis, nous traversons l’ancienne Etrurie, ses plaines et ses marais, le Latium, ses forêts d’oliviers, ses pâturages ; là paissent des troupeaux de moutons, de chevaux, de grands bœufs gris-souris, de la couleur des eucalyptus.

Le crépuscule s’étend sur la campagne, et la nuit est tout à fait tombée quand nous arrivons à Rome.

30 janvier 1905.

Notre première visite est pour le Panthéon d’Agrippa ; il est notre voisin, car nous logeons à l’hôtel de la Minerve.

C’est bien l’art antique, père de la Renaissance ; voici les colonnades, les frontons, reproduits dans les palais du XVIe siècle ; et lui-même, le vieux Panthéon, a pour ancêtres les temples grecs que nous verrons à Girgenti.

De là, nous nous rendons au Vatican. Nous voici au pied du grand escalier. Dès le premier pas, l’idée chrétienne vous prend sous sa forme la plus saisissante : la statue de Constantin voyant apparaître le Labarum :

PAR CE SIGNE, TU VAINCRAS.

Nous montons les degrés et arrivons à la chapelle Sixtine, où Michel-Ange a représenté le Jugement dernier et l’Ancien Testament :

La création de l’homme, auquel Dieu donne la vie, comme l’éveillant d’un sommeil : celle de la femme qui apparaît dans un geste d’adoration. Il a mis là les prophètes et les sibylles.

C’est toujours le merveilleux poème qui commence au paradis terrestre, pour nous amener au berceau du Christ ; poème que le génie chrétien ne se lasse pas de reproduire ; nous le relirons dans les loges de Raphaël, dans les mosaïques d’or de Montréal et de la chapelle Palatine.

De là, nous allons voir les chambres de Raphaël.

Celle qui me fait le plus d’impression est l’école d’Athènes.

Comment oublier ses deux figures, Aristote et Platon, représentant les deux philosophies qui se sont toujours partagé le monde ?

Celle de Platon, surtout, auquel la beauté de son génie avait donné de pressentir le Christ, et dont la main levée indique le ciel.

Si après cela, les yeux se portent sur le Parnasse, quelle belle et aimable société, quelle grâce dans les attitudes, quel charmant paysage ; combien on a de la peine à prendre congé.

Nous montons à la Pinacothèque, donner un premier tribut d’admiration à la Vierge de Foligno, à la Communion de saint Jérôme, à la Transfiguration.

Enfin, nous allons à Saint-Pierre-de-Rome.

On voit que le Bramante et Michel-Ange se sont inspirés du Panthéon d’Agrippa ; leur œuvre le rappellerait encore davantage, si, suivant le plan primitif, on eût adopté la croix grecque au lieu de la croix latine ; telle qu’elle est, elle est très belle, et digne de leur génie.

Dans l’après-midi, promenade au mont Janicule.

Nous nous arrêtons devant l’église construite à la place où saint Pierre souffrit le martyre.

Un panorama magnifique nous montre la ville aux sept collines : en face de nous, le mont Palatin, le berceau de Rome.

Dans le lointain, le Tibre, le château Saint-Ange et, dans la gloire du soleil couchant, Saint-Pierre, à la place des jardins de Néron.

Quelles pensées s’élèvent dans l’âme à cette vue !

Oui, c’est bien la ville de saint Pierre qui s’étend devant nous.

Le Christ est vainqueur.

31 janvier 1905.

Nous parcourons l’ancienne Rome, d’où est sortie celle de la Renaissance.

Devant le Capitole, voici la belle statue de Marc-Aurèle, les aigles romaines, la louve reproduite sur tous les monuments.

Et, comme ses premiers rois, n’a-t-il pas sucé le lait d’une louve, ce peuple qui s’éleva aux vertus les plus héroïques, mais qui semble avoir ignoré la Pitié...

Nous arrivons au Forum.

A droite, le Palatin et les ruines du palais des Césars.

Au Forum se passait toute la vie civile des Romains.

Voici la tribune d’où les orateurs haranguaient le peuple ; puis, ce sont les temples, les basiliques ou portiques couverts ; la voie sacrée que suivaient les triomphateurs, passant sous les arcs de Septime-Sévère, de Titus, de Constantin, de Trajan. Enchaînés à leurs chars, étaient les rois barbares, qu’attendaient la hache des licteurs ou les prisons Mamertines.

A droite du Forum, se voient les habitations des vestales, leurs jardins, le temple où elles entretenaient le feu sacré, leurs statues, dont l’une représente leur Maxima.

Sur la gauche, la grande basilique de Constantin, à laquelle Michel-Ange est venu demander le secret des voûtes de Saint-Pierre, et dont les colonnes de marbre se retrouvent dans les églises de Rome.

Au reste, que de merveilles dans ces pierres dont le moindre débris représente des chefs-d’œuvre d’ornementation délicate et élégante. C’est là que Raphaël et les artistes de la Renaissance vinrent s’inspirer.

Nous descendons la voie sacrée jusqu’au Colysée. Nous nous promenons quelques instants sous ces galeries ; notre imagination évoque les scènes dont elles furent les témoins : là s’achevait une civilisation et une autre germait dans le sang des martyrs.

1er février 1905.

Visite aux églises de Rome.

Quelques-unes sont sur le modèle des anciennes basiliques romaines, tribunaux et bourses qui, adaptés au culte chrétien, ont formé les trois nefs de l’édifice.

Deux galeries superposées sont soutenues par des colonnes ; les femmes se plaçaient à l’étage supérieur.

Quelle richesse dans ces colonnes dont quelques-unes sont en albâtre oriental ou en porphyre ; quelle beauté dans les décorations, fresques, mosaïques, peintures, statues.

Plusieurs de ces églises sont élevées au-dessus des catacombes, et on y vénère les reliques des saints.

Telles sont :

Sainte-Agnès-hors-les-Murs.