J'accuse la dérive de la psychanalyse

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Description

Affirmant sa discipline en rupture avec l’hypnose, puis renonçant à la théorie de la séduction, Freud a entraîné la psychanalyse dans une dérive dès l’origine. Depuis, drapée dans sa suffisance pour assurer son pouvoir, cette discipline néglige trop souvent la dimension profondément relationnelle et donc sociale de la “ma-ladie mentale” (dont l’hypnose fait le plus grand cas). Ce faisant, la psychanalyse est mal armée pour libérer le patient du désordre qui invalide sa santé. Pire, elle risque de le désespérer davantage.
Dans cet ouvrage, nous examinerons la pensée d’un sociologue contemporain prisonnière de l’individualisme dont nous souffrons tous. Nous verrons aussi comment, de tout temps, le chamanisme opère pour libérer l’individu des forces qui l’assujettissent et le possèdent, le rendant malade. Nous reviendrons enfin sur le combat de Léon Chertok pour réhabiliter l’hypnose, afin que la psychanalyse reprenne son évolution.
Tous ces thèmes sont liés par un fil rouge. Le sens de la vie pour l’homme tient à sa capacité de s’élever hors du rapport dominant-dominé dans lequel agonise toujours sa liberté. Ce n’est que fort d’une lucidité face au mal que chacun peut déjouer sa propre omnipotence infantile toujours prête à aliéner la différence d’autrui. Pour ne pas être un collaborateur au service des forces d’oppression, l’individu doit savoir reconnaître l’ “ennemi” contre lequel orienter sa résistance...
Sylvie Lanzenberg est psychanalyste de formation. Ce livre est son sixième ouvrage publié. Son souci est de tâcher de faire passer les connaissances psychoaffectives auprès du plus grand nombre pour que, forts d’une conscience réfléchie, nous sachions davantage accepter notre condition.

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Date de parution 01 janvier 2005
Nombre de visites sur la page 13
EAN13 9782849240106
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0109 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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J’accuse la dérive de la psychanalyse
chamanisme, hypnose, lucidité© Éditions du Cygne, 2005
France : 6, rue Duméril
75013 Paris
Belgique : 100, rue Berkendael
1050 Bruxelles
www.editionsducygne.com
ISBN : 2-84924-010-9Sylvie Lanzenberg
J’accuse la dérive de la psychanalyse
chamanisme, hypnose, lucidité
éditions du Cygnedu même auteur :
aux éditions l’Harmattan :
- Le pouvoir infantile en chacun
- L’abus de pouvoir rend malade
- Création ou destruction autodestruction
- Le mal et le bien, renoncer au clivage
- L’amour et hommage à Albert Camusen hommage à Léon Chertok
et à tous les meurtris de l’attachement.Je remercie Marie-Françoise Ezvan, Gertrude Guigues
Dominique Planchon et Harold Portnoy pour leur lecture attentive,
critique et bienveillante.
L’écriture accompagne mon cheminement de vie depuis dix-huit
ans. Ma pensée progresse en s’appuyant sur des rencontres de livres,
de films, de pièces de théâtre, d’articles, etc. D’où cet assemblage de
thèmes pouvant sembler hétéroclite, leur réunion créant pourtant
une unité dynamique. C’est ainsi que je me sens participer de notre
époque, apportant ma petite touche d’originalité.INTRODUCTION
Cet ouvrage n’est pas une entreprise de démolition de la
psychanalyse. Très largement, je veux dénoncer l’aveuglement qui nous
fait collaborer à toutes sortes d’aliénations. Comme Léon Chertok,
je pense qu’il vaut mieux être lucide qu’aveugle pour mieux voir la
suggestion, surtout lorsqu’elle se met au service de
l’assujettissement et de la possession.
Pour trouver sa dignité et respecter la vie, l’homme se doit d’être
un résistant contre le rapport maître-esclave, contre le pouvoir
abusif, c’est-à-dire contre tout ce qui soumet la créativité en prenant
différentes formes selon les époques.
Ce que je dis ici est motivé par le souci de servir la vie et
l’avenir, y compris celui de la psychanalyse.
9PROLOGUE
L’individu d’aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, a perdu
les appuis identitaires que lui donnaient jadis ses groupes
communautaires : famille, religion, village, patrie, classe sociale, syndicat,
etc. De plus, la société patriarcale qui canalisait ses actes, les
soumettant à une autorité incontestée, en disparaissant, le laisse aussi
encombré d’une trop grande liberté ; seul, il craint de ne savoir la
contenir en ses excès. Alors, cette liberté se retournant en son
contraire, l’individu se retrouve paralysé par ses démons, lesquels
ne sont que les représentants imaginaires de ses propres peurs de
débordements destructeurs. Parallèlement, il en vient à redouter les
abus potentiellement violents dont il sent capables ses congénères.
En cette insécurité identitaire et sociale, il s’accroche de façon
narcissique à son moi et érige des défenses afin de se croire
autosuffisant, voire tout-puissant. Aujourd’hui, les risques de régression et
de déculturation viennent de cet égocentrisme défensif, de tous ces
petits « moi » qui se dopent à l’image, se remplissent d’émotions et
de passions afin de ressentir une omnipotence illusoire cachant leur
misère morale. Fuir le vide (le manque) de lien, en vivant l’instant à
plein ne construit pas un avenir. La solitude qui nous affecte en ce
début de siècle engendre une folle avidité de désespéré, laquelle ne
sait pas s’arrêter au respect de la vie. C’est ainsi que, loin des
évolutions promises par des progrès pourtant évidents dans bien des
champs, nous restons une population d’enfants incapables
d’intégrer la limite et incapables de nous élever pour devenir
suffisamment responsables ; en d’autres termes, par « moïsme » défensif,
nous devenons inaptes à suffisamment grandir jusqu’au « stade du
souci » de l’autre et de la vie.
Un nouveau défi est donc maintenant lancé à la communauté
des hommes s’ils veulent assurer leur survie : comment éduquer
l’individu pour qu’il sache être le parent responsable de l’enfant qui
toujours continue d’exister en lui ? Comment apprendre à gérer
notre dualité pour que le primaire et le secondaire en nous, ne se
clivent pas mais se fécondent ? Comment éveiller l’esprit de
« chaque un » pour qu’il ne cesse d’avancer vers sa liberté, dans une
11J’accuse la dérive de la psychanalyse
volonté de sauvegarder sa société et de la faire progresser en justice ?
Et encore, comment enrichir sa conscience personnelle pour que
l’homme soit à la fois un sujet égotiste et social, sachant résoudre
de manière évoluée les problèmes nouveaux qui menacent la
continuité et l’évolution démocratique de nos organisations sociales ?
Si l’homme occidental réalise maintenant qu’il lui faut rectifier la
trajectoire dont il a trop dévié par individualisme forcené, son
avenir sera à nouveau prometteur de progrès et d’évolution. La
première urgence, me semble-t-il, est qu’il reconnaisse la dépendance
originelle qui le tient à son semblable ; ainsi, il pourra peut-être
retrouver le cap de la fraternité, trop mise à mal par les pouvoirs
régnant sous l’égide de la compétition marchande et de l’avidité
infantile qu’elle active sans cesse.
D’abord, vouloir savoir ou ne pas savoir l’immense influence
que les êtres exercent les uns sur les autres me semble déterminant
pour assurer la suite de l’histoire.
Si nous voulons cette suite, reconnaissons maintenant et
acceptons la dépendance originelle qui, derrière notre liberté et notre
condition séparée, continue d’exister en filigrane la vie durant.
Dépendances et influences, connues et reconnues comme étant
au c œur de notre nature, permettront peut-être que s’affirme, dans
un avenir pas si lointain, un individualisme respectueux de la
fragilité humaine et de la vie. Notre fierté narcissique et nos défenses
omnipotentes oublieuses de cette dépendance ontologique sont à la
source de nos errements actuels et de notre destructivité.
Voilà ce que je vais tâcher de dire en cet écrit.VARIATION I
SAVOIR
Au tout début de notre existence, une dépendance originaire
nous tient à notre mère, dans son ventre d’abord, puis en sa
protection, quand nous naissons encore indifférencié d’elle. Il importe
de savoir qu’il reste quelque chose de ce substrat relationnel
mèrenourrisson dans les rapports entre adultes où se jouent de la
suggestion, du pouvoir, du désir, de l’attachement, c’est-à-dire presque
tout le temps.
Ne pas faire le plus grand cas de cette réalité a pour conséquence
de nous faire mépriser ou ignorer l’archaïque en nous, l’irrationnel,
l’inintelligible, le non-maîtrisable, l’insaisissable, mais aussi l’amour
donneur de confiance, l’amour transcendant lui aussi issu de cette
zone primaire. Car c’est cet amour, éprouvé dans la dépendance
heureuse à notre mère, qui plus tard nous permet de dépasser la
peur inspirée par l’inconnu, en retrouvant l’être ensemble qui a
précédé l’ego. C’est ainsi que nos intérêts privés peuvent s’effacer, s’il
le faut, pour sauvegarder l’intérêt commun.
Au lieu de choisir l’erreur où nous entraîne l’oubli de considérer
ces temps les plus reculés de notre développement, osons avancer
à tâtons dans cette obscurité de notre conscience première, où
s’originent aussi nos élans les plus évolués. Par peur ou par mépris,
renoncer à cette lucidité, c’est compromettre nos capacités de
devenir suffisamment matures et donc suffisamment responsables dans
le présent et pour l’avenir.
Savoir notre immense dépendance, c’est reconnaître que le
pouvoir d’influence est omniprésent en toute relation. En notre
existence séparée et en notre identité d’individu différencié, cela nous
inquiète au plus haut point ; donc, très vite, nous ne voulons pas le
savoir. Pourtant, si nous acceptons cette réalité et si nous
connaissons comment elle pèse sur notre liberté et comment elle la menace,
nous pourrons mieux apprendre à nous garder de subir ou
d’exercer de ces pouvoirs abusifs existant potentiellement dans tout
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