J’aime Pas Les riches !
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Description

Depuis au moins trois décennies, depuis que les financiers ont remplacé les investisseurs, depuis que le business a remplacé la politique, avec la fin des Trente Glorieuses, et les grands tournants libéraux qui ont rendu de plus en plus difficiles la vie des classes laborieuses, une seule catégorie s'en est plutôt bien sortie : celle des riches. Tous les nantis, les possédants, les rentiers continuent de voir leurs capitaux et leurs patrimoines augmenter, et pourtant ils ne cessent de se plaindre; dès qu'il est question de toucher à une once de leurs intérêts ils montent au créneau avec l'aide de tous ces réseaux institutionnels, économiques et médiatiques qui leur sont inféodés. Les jérémiades de tous ces gens fortunés, dont la plupart n'ont pris que la peine de naître, ont donc fini par très sérieusement m'échauffer les oreilles. Car au-delà même du fait qu'elles sont indécentes, elles procèdent aussi d'une insidieuse volonté de présenter la catégorie des gens riches comme une classe supérieure qu'on ne doit pas empêcher de prospérer. Et le pire c'est que ça marche ! Beaucoup de pauvres trouvent tout à fait normal qu'il y ait des gens qui s'enrichissent sur leur dos. Et se trompent d'adversaire social. Voilà pourquoi j'aime pas les riches ! Non seulement parce que les riches ne méritent pas d'être aimés tant leurs comportements égoïstes et méprisants font fi de la société toute entière, mais aussi parce qu'eux-mêmes n'ont aucune légitimité à provoquer une quelconque fascination ou un quelconque sentiment positif. Et ce livre le prouve.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782359301373
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,06€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Collection
• MISE AU POINT
Droits réservés J’aime pas les riches !
ISBN : 978 - 2 - 35930 - 137- 3 ©Les points sur les i 16 Boulevard Saint-Germain 75005 Paris
www.i-editions.com
CHRISTIAN GRÉGOIRE
J’AIME PAS LES RICHES!
L’argent ne se souvient de rien, il faut le prendre quand on peut et le jeter par les fenêtres. Ce qui est salissant, c’est de le garder dans ses p oches, il finit toujours par sentir mauvais.
Marcel Aymé Le Vaurien
AVANT-PROPOS
Il y a des moments comme cela, des instants soudain où l’on a envie de sauter sur sa plume et de consigner sans tarder ce que l’on peut ressentir de dégoût, de colère et parfois même, disons-le, d’incompréhension par rapport à certaines situations ou certains comportements. Et ce fut le cas lorsqu’il se fût agi de traduire cette pointe d’agacement que l’on peut ressentir vis-à-vis de tous ceux qui forment la caste la plus nantie de no tre société et qui ne cessent pourtant de nous envahir -pour tenter de nous culpabiliser- de leurs plaintes récurrentes. L’information parue en septembre 2012 selon laquelle le sieur Arnault, patron d’entreprises de luxe réunies sous la holding LVMH, souhaitait demander la nationalité belge, et surtout les commentaires qui ont suivi, ont eu pour effet de remettre sur le devant de la scène toutes les grosses fortunes que l’on n’avait pas écouté pleurnicher durant le quinquennat de Sarkozy, puisque ce dernier avait été très gentil avec eux e n leur octroyant des avantages fiscaux mirobolants. Tous les nantis, les possédants, les rentiers, les financiers, sont sortis de leur ouate pour venir défendre l’un d’eux. Tous disaient comprendre ce brave homme. Après tout, ce peut être le rêve de tout un chacun de devenir Belge ! Et ce furent encore les sempiternels propos sur le fait que les riches sont trop persécutés, qu’on ne les laisse pas tranquilles, et pire même, qu’il arrive que des quidams les critiquent et les montrent du doigt ! Mais cette fo is, le cynisme coutumier de ces gens a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dans l’absolu, cette déclaration du patron de LVMH n’a aucun véritable intérêt, comme les patrons en général eux-mêmes n’en ont guère, elles ne seraient même presque qu’un épiphénomène, s’il n’y avait eu toutes les réactions qu’elle a provoquées, réactions qui, pour le coup, elles, sont pour le moins intéressantes et révélatrices d’un certain État d’esprit. Non pas sur le fait qu’un individu veuille changer de nationalité. Cela est tout à fait son droit et le concerne personnellement. Même si certains n’ ont pas manqué de signaler que la nationalité belge permettait de facto une passerell e avec Monaco ; mais évidemment ce ne furent que des hypothèses et des ragots. C’est bien connu, les pauvres sont de mauvaises langues. C’est parce qu’ils sont jaloux, dit-on che z les riches. Pourtant, au-delà d’un cas personnel, cette déclaration avec en filigrane la question des impôts et des exilés fiscaux, a permis à tous les possédants d’abonder dans le sens du « grand patron » et de monter au créneau médiatique. Pour se plaindre encore une fois. Se plaindre de quoi ? D’être taxés. Ceux-là même qu i, en permanence, donnent en exemple les « belles » démocraties libérales, et notamment les États-Unis, font semblant d’ignorer que le fisc américain, justement, poursuit ses contribuables où qu’ils soient, et parfois très loin de ses frontières. Mais au-delà même de leur mauvaise foi et de leur indécence à vouloir protéger des fortunes colossales en passant à travers les mailles du filet de la fiscalité, ce sont leurs attitudes qui sont insupportables. Alors que tous les salariés et employés aux salaires modestes, qui n’ont ni les moyens de frauder le fisc ou de s’engouffrer dans ces niches fabriquées spécialement par le ministère des finances pour venir en aide à ses amis les riches - ni les moyens de s’exiler, n’ont d’autres solutions que vivre leur vie de contribuable ici, en travaillant, et en payant. Les jérémiades de tous ces gens fortunés, tous ces possédants dont la plupart n’ont pris que la peine de naître, ont donc fini par très sérieusement m’échauffer les oreilles. C’est ce qui m’a conduit à réagir comme je pensais devoir le faire. Trop c’est trop. Car ce cynisme justement dépasse la simple préciosité, il témoigne de leur mépris pour ceux qui ne sont pas des leurs et qui voudraient avoir l’outrecuidance de les stopper dans leur ascension, et pire, de les juger. Le Président Hollande alors candidat l’avait dit sans ambages « Je n’aime pas les riches ». Maintenant qu’il est à l’Elysée, que tous les lobbies et tous les groupes de pression financiers se sont mis à l’oeuvre pour saper les moindres velléités de justice fiscale qui pourraient mettre à mal les grosses fortunes, il se fait un peu plus di scret sur le sujet. Pourtant c’est maintenant qu’il faudrait agir. « J’aime pas les riches » moi non plus. Et ce livre le prouve. Non seulement parce que les