Kevin

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42 pages

Description

Kévin, issu d'une famille aisée, est un jeune garçon d’une rare beauté. Tout semble lui sourire dans la vie, mais un terrible secret donne à son existence un autre tournant...

Raymond Procès, dans cette nouvelle, se met dans la tête d’un adolescent perturbé. Il en vient alors à nous livrer une vraie introspection de l’esprit. Le raisonnement est poussé à des limites ultimes, jusqu’à basculer dans la folie. Mais quelle est cette folie ? N’est-ce pas, une fois de plus, une lutte contre l’emprise du mal ? Raymond Procès nous fait nous poser la question finale : quelle est notre liberté intime ?


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Ajouté le 13 juillet 2015
Nombre de lectures 5
EAN13 9782332963734
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-96371-0

 

© Edilivre, 2015

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Avant-propos

L’homme est une réserve d’émotion toujours en conflit. La résurgence de ces manifestations internes de sensibilité se fait tour à tour selon les circonstances et la nature psychologique de chaque individu.

Il existe des hommes de science qui ont essayé et qui tentent sans relâche de donner une explication au comportement humain. Cependant, malgré toute leur érudition, il persiste des faits de la nature auxquels ils ne peuvent supputer qu’un raisonnement acceptable par la majorité.

Il est donc louable de penser que l’action humaine résulte de sa capacité à régir son cerveau. Car il est vrai que seul le cerveau guide la conduite de l’individu. Devenir maître de ses pensées, c’est peut-être acquérir le vrai pouvoir de l’omniscience. Avant que n’arrive ce jour, il existera des gens comme KEVIN le héros de cette nouvelle, qui devront lutter contre leur ego pour se libérer d’un asservissement prémédité. Pourtant, il est des luttes, même pour la bonne cause, qui n’aboutissent pas à une victoire effective.

Vous allez attaquer la lecture d’une bien étrange histoire. Les faits pourraient se passer dans n’importe quelle ville du monde de notre ère moderne. Vous serez mis en confrontation avec une certaine forme de philosophie de la conscience humaine.

 

 

Bien sûr, il ne cherchait pas à nier son comportement. Combien de fois avait-il voulu extraire ce sentiment qui l’angoissait ? Il aurait aimé crier son mal-être et décliner sa véritable personnalité à tout son entourage. Mais ce secret était si terrible que personne ne comprendrait qu’il en soit porteur.

Demain viendra comme chaque jour donner son lot de souffrances morales. Il ne savait pas pourquoi il aspirait encore à supporter cette vie qui ne lui apportait aucune joie. Dans sa chambre, il n’y avait aucune décoration murale. Il n’avait jamais été comme tous les enfants qui aimaient afficher ou collectionner des photos de grands sportifs, de personnages de bandes dessinées ou autres. Sa chambre d’une simplicité extrême marquait tout le vide que reflétait l’état de sa conscience. Il ne semblait pas vivre au sens que chacun donne à l’existence.

Il était là debout face à une fenêtre. Il regardait au-dehors comme si ses yeux cherchaient un ailleurs qui comblerait son désarroi. Il semblait effacé, même sur son visage, on ne pouvait pas deviner la moindre émotion. Il était impossible de dire si le mal qui le rongeait lui apportait une souffrance physique. Il était aussi opaque que l’eau trouble des marais. Il demeurait impassible, battant à peine des cils. Il scrutait le vide comme s’il comprenait ce qui pouvait exister dans le néant. Pourtant à sa naissance, il avait été un beau bébé qui faisait la fierté de son père. Un garçon dans la famille, c’était un miracle que n’espérait plus son entourage. En effet, il était le petit dernier qui venait clore une série de cinq filles. Sur lui, tous les espoirs reposaient. Son père était fier de celui qui allait perpétuer son nom. Kévin était le prénom qu’on lui avait attribué. Jamais plus d’attention ne fut donnée à un enfant. Sa petite enfance n’avait été qu’un réjouissant hymne à la tendresse. Il n’eut pas à se plaindre du moindre souci. Ses sœurs étaient aux petits soins pour lui. C’est dans ce doux climat familial qu’il atteignit l’âge de dix-sept ans.

Il s’en était passé des jours de félicité et d’insouciance. Pouvait-il imaginer que lui, l’élu des dieux, puisse être la cible d’un tel acte d’injustice ? Le doute avait pris possession de sa vie, comme la gangrène pourrit la chair. Les questions, les plus étranges, venaient corrompre son esprit. Cet esprit si brillant qui sous le joug du malheur avait mûri à une vitesse incroyable. Il n’avait que dix-sept ans, pourtant sa faculté de réflexion était telle que l’on pouvait la comparer à un maître de la dialectique. Il était devenu un être pensant exclusif.

Il se trouvait à côté de la fenêtre de sa chambre. Il était posté face à la vitre impersonnelle. Il dévisageait l’espace comme si celui-ci avait un visage. Il lui composait un contour et lui traduisait un attrait humanoïde. Savait-il pourquoi la nature l’avait conçu ainsi ? Quel crime indéfinissable avait commis ses parents pour que le sort lui fût si peu favorable ? Il mesurait un mètre quatre-vingts. Il possédait une carrure d’athlète. Son père avait tenu à ce qu’il joue au football. Il était l’un des meilleurs avant centres de son département. Il faisait le bonheur de son équipe et la joie de son entraîneur. Il affichait une démarche si pourvue de prestance qui seule suffisait à attirer le regard enamouré des jeunes filles. Bien entendu tout lui était concédé. Et cependant, il restait là planté devant le monde et ses contradictions. Que pouvait-il faire ? Comment défaire ce que lui-même ne parvenait pas à cerner ?

Il se rappela que, jamais, il n’avait pleuré. Il était tellement l’objet d’attention particulière de la part de son entourage qu’il n’avait pas eu l’occasion de souffrir d’un manque de quoi que ce soit. Il était l’élu des dieux et sa destinée paraissait toute tracée. Son père était un grand industriel qui possédait plusieurs entreprises qui lui rapportaient de grands bénéfices. Sa mère était une psychanalyste réputée qui possédait un cabinet dans le centre-ville et la clientèle était abondante. Toutes ses sœurs poursuivaient leurs études en facultés. Elles étaient toutes vouées à un avenir auréolé. Lui, le petit dernier était doté d’une facilité d’apprendre et conservait toutes ses chances pour décrocher le baccalauréat à l’âge de dix-sept ans. Pourtant, au fond de lui il sentait que...