L’abbé de Saint-Pierre

L’abbé de Saint-Pierre

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368 pages

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Souvent réduit à son Projet de Paix perpétuelle (1713) et à son exclusion de l’Académie (1718), moqué pour sa candeur, l’abbé de Saint-Pierre (1658-1743) tient en réalité une place unique dans la pensée politique et morale des années 1710-1740: il est le passeur, le maillon indispensable entre les critiques de la fin du règne de Louis XIV, dont il est l’héritier (Vauban, Fénelon, le duc de Bourgogne), et les philosophes des Lumières qu’il a connus avant leurs premiers grands écrits (Montesquieu, Voltaire, Rousseau). Entre Classicisme et Lumières, il marque son temps par la publication de très nombreux Projets réformateurs solidement unis par la pensée de la bienfaisance, mot dont on lui attribue l'invention, celles de l’utilité publique et du bonheur du plus grand nombre.

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Date de parution 18 mai 2017
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EAN13 9791026705123
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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dirigée par

joël cornette

L’abbé de Saint-Pierre

 

Connaissez-vous l’abbé de Saint-Pierre ?

En son temps, Charles-Irénée Castel (1658-1743) eut la réputation d’un utopiste, d’un doux rêveur. Pourtant, son œuvre majeure, sonProjet de paix perpétuelledont les deux premiers tomes parurent en 1713, le dernier en 1717, fonde l’idée européenne et préfigure l’Europe que nous connaissons aujourd’hui. Elle fut sauvée de l’oubli par Rousseau et par Kant.

Au-delà de ce traité fondateur, c’est l’ensemble de son œuvre, immenseet méconnue, que ce livre réhabilite. Contemporain de Vauban, de Beauvillier, de Boisguilbert et de Fénelon, tous disparus à la fin du règne de Louis XIV, l’abbé de Saint-Pierre devint leur successeur naturel. Au cœur de la « crise de conscience européenne » qui marque les années 1680-1720, il incarne la transition intellectuelle entre le Grand Siècle et le siècle des Lumières : celle qui transforme les traités des réformateurs en ouvrages de philosophie politique et morale annonciatrice d’une idée révolutionnaire.

L’abbé de Saint-Pierre veut tout perfectionner. Bien avant l’Encyclopédie, l’œuvre phare du siècle des philosophes, il en aborde tous les thèmes : celui de la réforme de l’État et du gouvernement, celui de la réforme fiscale et sociale, celui du progrès économique et de l’unification juridique, celui de l’enseignement et de la morale, tous réunis par la volonté aussi féconde qu’obstinée d’assurer le bonheur du plus grand nombre. Avec un demi-siècle d’avance, les mots de patrie, de citoyen, de nation acquièrent leur force persuasive et démonstrative pour se placer au centre d’un effervescent débat qui sera le cœur de la pensée politique des années 1780, entre naissance, talent et richesse.

 

Jean-Pierre Bois, professeur émérite de l’Université de Nantes, spécialiste d’histoire des relations internationales, a publié récemmentLa Fayette(Perrin, 2015).

 

Illustration de couverture :

J. A. Watteau, Pèlerinage à l’île de Cythère (détail).

Musée du Louvre.

 

© 2017, champ vallon, 01350 Ceyzérieu

www.champ-vallon.com

isbn 979-10-267-0511-6

issn 0298-4792

 

Jean-Pierre Bois



l’abbé de saint-pierre

entre classicisme et lumières

 

 





Champ Vallon

du même auteur

 

 

Les Vieux, de Montaigne aux premières retraites, Paris, Fayard, 1989.

La Revolucion Francesa, Madrid, Historia 16, 1989.

Les anciens soldats dans la société française auxviiiesiècle, Paris, Economica, 1990.

Histoire des 14 juillet, Rennes, Ouest-Editions, 1991.

Maurice de Saxe, Paris, Fayard, 1992.

Les guerres en Europe, 1494-1792, Paris, Belin, 1993.

Histoire de la vieillesse, coll. Que-sais-je ?, Paris, PUF, 1994.

Fontenoy, 1745. Louis XV, arbitre de l’Europe. Paris, Economica, 1996.

Bugeaud, Paris, Fayard, 1997.

L’Europe à l’époque moderne. Origines, utopies et réalités de l’idée d’Europe,xvie-xviiiesiècle, Paris, A. Colin, 1999.

Le mythe de Mathusalem, Paris, Fayard, 2001.

Maurice de Saxe. Mes Rêveries. Suivies d’un choix de correspondance politique et militaire, Paris, Economica, 2002.

Nouvelle histoire des relations internationales, vol. 3 : De la paix des rois à l’ordre des empereurs, 1714-1815, Paris, Seuil, 2003.

Comte de Guibert. Essai général de tactique,Paris, Economica, 2004.

Comte de Guibert. De la force publique, Paris, Economica, 2005.

Dumouriez. Héros et proscrit,Paris, Perrin, 2005.

Don Juan d’Autriche (1547-1581),Paris, Tallandier, 2008.

La Paix. Histoire politique et militaire, 1435-1878, Paris, Perrin, 2012.

La campagne de Louis-Philippe au Maroc. 1844,Paris, Economica, 2013.

La Fayette. La Liberté, entre révolutions et modération, Paris, Perrin, 2015.

 

àmes maîtres, pierre leveel et andré corvisier

À Sandrine, Hélène, Caroline

Olivier, Frédéric,Gérald

et avec eux, à tous mes étudiants

 

Introduction

 

 


POrtrait.tif

L’abbé de Saint-Pierre.

(In Pons-Augustin Alletz, Les Rêves d’un homme de Bien, Paris, Veuve Duchesne, 1775.)



 

Il est bien difficile d’approcher la vie et l’œuvre d’un homme dont tout semble dit dans l’expression employée par l’abbé Dubois, pas encore cardinal, lorsqu’en 1717 il prend connaissance du Projet de paix perpétuelle de l’abbé de Saint-Pierre, qu’il renvoie aux « rêves d’un homme de bien ».

Cette expression bienveillante vaut condamnation péremptoire, et fixe l’image de l’abbé de Saint-Pierre pour la postérité. En 1775, rassemblant sous ce titre,Les rêves d’un homme de bien, plusieurs extraits des Projets de l’abbé de Saint-Pierre, Pons-Augustin Alletz regrette que « cette manière de qualifier les Ouvrages de l’Abbé de Saint-Pierre leur a fait une espèce de tort : un bon mot, sorti de la bouche d’un homme d’esprit, jette souvent un ridicule sur un Auteur, et n’encourage pas à la lecture des livres qu’il a laissés »1.. On pourrait ajouter, ce qu’Alletz ne dit pas, que le style écrit de l’abbé de Saint-Pierre augmente la difficulté de la lecture d’une œuvre effectivement entièrement consacrée au bien public. C’est aussi en 1775 que d’Alembert prononce devant ses confrères de l’Académie l’Éloge de l’abbé de Saint-Pierre, dans lequel il réhabilite l’homme, et lui donne beaucoup de vie par une série de petites anecdotes simples, sans en faire un philosophe des Lumières2.. Il en est resté une réputation, celle que Jean-François Michaud au milieu duxixesiècle, dans saBiographie universelle, synthétise en une belle formule, moins critique sans doute, mais nullement contradictoire : l’abbé de Saint-Pierre a été « l’un des plus ardents apôtres de l’humanité »3..

Et cela est vrai. Il n’est inspiré en toutes ses actions et tous ses écrits que par le souci d’être utile aux autres et à la société, sous la forme du bien public, par la pratique de la bienfaisance, associée systématiquement à la promesse du Paradis. Il n’a aucune ambition personnelle, il ne cherche ni fortune, ni carrière, ni pouvoir, ni honneurs. Il se cantonne toute sa vie dans une position de faiseur de projets, on dirait aujourd’hui d’agitateur d’idées. Il est si sincère qu’il ne croit jamais impossible de convaincre, même s’il doit se répéter dix fois, vingt fois, interminablement. Il passe sa vie à démontrer qu’il a raison, et à espérer qu’il sera suivi ; il est si modeste qu’il accepte avec humilité de n’être pas tout de suite compris, ne s’en décourage pas, affirme que les projets de réforme qu’il propose dans tous les domaines triompheront sinon aujourd’hui peut-être demain, et sinon demain, dans un siècle, deux siècles, ou plus encore. Qu’il porte son regard sur les grands domaines de la politique ou le mécanisme des plus petites institutions, il ne cherche jamais à renverser ou à détruire, mais toujours à améliorer, lui-même dit à perfectionner. Bref, un homme de bien…

« Homme de bien » : il n’est pas de qualité aussi peu politique. L’abbé Dubois, qui a prononcé la sentence, sait de quoi il parle : intelligent, habile, diplomate, mais ambitieux, vénal, libertin, hypocrite, intrigant, lui est un politique. Comprenant les intérêts du royaume autant que les siens, réussissant en servant le Régent, et en le servant bien, à obtenir le ministère des Affaires étrangères, le prestigieux archevêché de Cambrai, le chapeau de cardinal, le titre enfin de premier ministre, même un fauteuil à l’Académie française, il connaît le sens des mots qu’il emploie. Renvoyé dans la classe des naïfs, ce qu’il était, comme une sorte de candide obstiné, l’abbé de Saint-Pierre est devenu un symbole de l’utopie. La perpétuité dans laquelle il inscrit son rêve de paix européenne y aide, et laisse effectivement sceptique, tout en ayant la vertu d’être une utopie inoffensive. Comme il ajoute à cette disposition d’esprit une fécondité de plume exceptionnelle, il est aussi un touche-à-tout, un polygraphe : un auteur dont on ne lit pas les œuvres d’abord parce qu’il y en a trop, et que leur auteur est réduit à sa réputation. L’utopiste duxviiiesiècle, aimé mais critiqué par Rousseau, moqué par Voltaire, malheureusement encensé en 1774 dans son Tableau de l’esprit de nos écrivains par l’abbé Sabatier de Castres qui n’est qu’un médiocre ennemi de Voltaire4., devient sous la plume de Pierre Larousse au xixe siècle un « publiciste et philanthrope français » 5., ce qui est aussi réducteur que le propos de l’abbé Dubois. Sans doute porté au xxe siècle par sa foi en la paix et en l’Europe, il a commencé à changer de dimension devant l’histoire.

Il a surtout été enfin lu. Plus qu’au xviiie siècle, sans aucun doute, et mieux qu’au xixe siècle, c’est une certitude. Les milieux de lettres, de sciences et de cour qu’il fréquentait, l’Académie française qui le chasse en 1718, puis le club de l’Entresol que Fleury fait fermer en 1731, enfin les salons féminins de son temps dont il a été un hôte assidu, de celui de Madame de Lambert à celui de Madame Dupin, l’ont beaucoup plus entendu que lu. D’Argenson a été pour lui un interlocuteur, et parfois un élève, mais non un lecteur. Rousseau, qui l’a connu sur la fin de sa vie, désigné par les exécuteurs de l’abbé de Saint-Pierre pour en être véritablement le premier lecteur, a renoncé à la tâche, et s’en est tenu à un approfondissement critique de sa pensée sur deux de ses trois œuvres centrales, la Paix perpétuelle et la Polysynodie, et ne reprenant pas le Projet de taille tarifée. Dans le bouillonnement du mouvement pacifiste au milieu du xixe siècle, plusieurs auteurs commencent à le lire réellement mais abordent son œuvre d’une manière souvent peu contextualisée, et sans doute trop engagée. Paul Albert, dans le chapitre qu’il lui consacre dans un simple manuel de Littérature du xviiie siècle en 1874, après les travaux fondateurs de Gustave de Molinari et d’Édouard Goumy, voit en lui « l’introducteur d’un siècle qui dans toutes les directions a ouvert des voies nouvelles, et, en définitive, nous a fait la patrie que nous avons ». Un précurseur, dont la plupart des idées, à l’exception notoire de la Paix perpétuelle, auraient été mises en œuvre au xixe siècle6.. C’est aller déjà un peu loin, mais moins que S. Siegler-Pascal en 1899, dans sa thèse intitulée Un contemporain égaré auxviiiesiècle. Les projets de l’abbé de Saint-Pierre7.: dans une époque si féconde en découvertes scientifiques et inventions pratiques dans tous les domaines, qui se superposent alors à la croyance en une paix européenne effectivement possible et un optimisme fécond, Siegler-Pascal fait le portrait d’un pionnier de tous les progrès presque sans aucune exception…

Les historiens des dernières années du xxe siècle et des premières années du xxie siècle, qui ont repris tous les chantiers que les ouvrages de l’abbé de Saint-Pierre permettent d’ouvrir, ont la même difficulté que leurs prédécesseurs pour replacer son œuvre dans sa vie, mal connue, pour ne pas dire assez vide. La Normandie natale lui est toujours restée chère, et il peut y retrouver son frère aîné au château de Saint-Pierre-Église, mais il n’y a pas laissé de trace majeure. À Paris ou à la cour, aucun grand scandale n’est attaché à son nom, sauf l’expulsion de l’Académie – mais qui n’est un véritable événement que pour l’Académie elle-même, et sans que l’abbé la poursuive d’une haine ou de polémiques particulières. Figure du Palais-Royal où il habite longtemps avant de s’installer dans ses dernières années dans une modeste maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré, il n’occupe pas le pavé parisien, il ne tient ni gazette ni table ouverte, ne se fait remarquer dans aucune affaire politique ou financière, dans aucune des dérives de mœurs très à la mode de la Régence, par aucun brûlot philosophique digne de l’envoyer à la Bastille. S’il a des amis – Varignon, Vertot, Fontenelle, Louis de Sacy, le marquis d’Argenson, Madame Dupin – et occasionnellement quelques ennemis – Polignac –, il ne laisse pas de volumineuse correspondance qui permettrait d’approcher son intimité. Pour connaître et comprendre l’abbé de Saint-Pierre, il faut donc passer par son œuvre, mais en la replaçant dans les mouvements de pensée de son temps, et, en même temps, dans le cadre des événements dans lesquels s’inscrit sa longue vie, car beaucoup de ses ouvrages sont écrits. C’est ce que se propose cette approche biographique de l’abbé de Saint-Pierre, homme de cœur et d’âme, de pensée et de plume, mais aussi un homme qui a une place dans le mouvement des idées du xviiie siècle, et pas uniquement comme pourvoyeur d’utopies ou promoteur de bienfaisance. Héritier du siècle classique, dont il est contemporain, il est en même temps témoin, sinon acteur, de la naissance des Lumières, dont il a si souvent le vocabulaire. Entre la génération des « honnêtes hommes » et celle des « philosophes », il n’est sans doute ni l’un ni l’autre, mais il tient des premiers et précède les seconds. Il y a avant lui Descartes, Pascal, Nicole, Malebranche, puis Fénelon. Il y a après lui Montesquieu, Voltaire, d’Alembert, Diderot, puis Rousseau. Entre ces deux générations, séparées par un vide apparent, il est un passeur, une sorte de maillon manquant entre le Siècle classique et le Siècle de l’Encyclopédie. Marqué par la raison cartésienne, par une méthode pratique de raisonnement aux étapes divisées à l’extrême produisant malgré sa lourdeur pédagogique un tout extrêmement construit – sur un ton pragmatique à l’opposé de l’utopie –, il est un homme du xviie siècle. Mais vers 1710, en commençant à écrire – ou plus exactement, à publier –, en gros au moment où disparaît la génération des premiers réformateurs politiques, cet abbé qui n’a jamais été un théologien se jette sur les problèmes de l’État et du gouvernement, de la société et de la morale, qui vont être le champ de la réflexion des Lumières. Et avant que la grande génération du milieu du xviiie siècle élève sa pensée par une capacité d’abstraction et de synthèse qui est le contraire d’une pensée concrète qu’on pourrait dire de terrain, il propose, il invente, il raisonne, il veut rendre le monde meilleur pour le profit de chacun, il veut aider au bien auquel il assimile le bonheur, et qu’il rapporte toujours à celui qui en profitera, plus qu’au progrès général d’une société qui oublie souvent la condition réelle de chacun de ceux qui en sont les membres.

Prétendre faire un ouvrage exhaustif serait une gageure. Mais l’essentiel paraît très vite. L’abbé de Saint-Pierre a donné son sens le plus fort à la très belle expression de sciences « politiques et morales », les deux mots associés à l’édition générale de ses œuvres qui occupe la fin de sa vie, en abordant toujours sur le même ton, avec la même méthode, et la même intention, ce qui leur donne une unité, des domaines qui paraissent extrêmement divers. La paix (et donc la guerre), mais à l’échelle perpétuelle – là est une première utopie ; une ébauche de fédération européenne avec au moins une institution commune – mais en croyant que les souverains privilégieront le bien commun à l’intérêt de leurs couronnes, là est une seconde utopie ; une réforme fiscale dans le sens d’une plus grande justice dans la répartition de l’impôt – sans doute le seul domaine où sa pensée ait véritablement été mise en application – ; l’éducation, avec la rigueur technique des jésuites mais un goût pour les sciences utiles au détriment des autres, et une entrée très concrète dans la vie des collèges et des collégiens ; des projets juridiques, dans le sens de la simplification, l’uniformisation, ce qui sera l’œuvre de la Constituante ; l’économie, dans le sens libéral, sans les horizons physiocratiques de la seconde moitié du xviiie siècle, mais en réclamant la liberté du commerce et la réfection des chemins ; des pensées morales et philosophiques aux horizons très variés – le bonheur, la douceur, la patience, la connaissance et l’ignorance, le plaisir et la béatitude, la justice, mais ce n’est qu’un petit échantillon – ; on peut y ajouter l’histoire, champ immense de réflexion morale plus que politique, qui a été aussi un objet de pensée pour Montesquieu ou pour Voltaire, mais ancrée chez Saint-Pierre dans une lecture de Plutarque qui devient de la réécriture.

Tout cela forme un tout, unifié par sa foi dans le progrès des sociétés humaines, avec pour seul horizon « le plus grand bonheur du plus grand nombre »8..

 

1 Le titre donné par Pons-Augustin Alletz aux textes qu’il a réunis est beaucoup plus long : Les Rêves d’un homme de bien, qui peuvent être réalisés ; ou les vues utiles et pratiquables de M. l’abbé de Saint-Pierre choisies dans ce grand nombre de projets singuliers dont le bien public était le principe, Paris, Veuve Duchesne, 1775.

2 D’Alembert, Éloge de l’abbé de Saint-Pierre, in Éloges lus dans les séances publiques de l’Académie française, Paris, Panckoucke et Moutard, 1779. (L’Éloge est lu à l’Académie en 1775, à la réception de Malesherbes).

3 Article « Saint-Pierre, Irénée Castel, abbé de », in J.-F. Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, notice signée Weiss, Paris, Delagrave, s.d., vol. 37, p. 386.

4 Antoine Sabatier de Castres, Lestroissiècles de la littérature française, ou Tableau de l’Esprit de nos écrivains depuis François Ierjusqu’en 1773, Amsterdam, de Housy, 1774, vol. 3, p. 299-301.

5 Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel duxixesiècle, Paris, Administration du Grand Dictionnaire universel, 1875, tome Quatorze p. 80, article « Saint-Pierre ».

6 Paul Albert, La Littérature française auxviiiesiècle, Paris, Hachette, 1874, p. 21-43.

7 S. Siegler-Pascal, Un contemporain égaré auxviiiesiècle. Les projets de l’abbé de Saint-Pierre, Paris, A. Rousseau, 1899.

8 La formule de l’abbé de Saint-Pierre donne son titre au Colloque de Cerisy-la-Salle, Les Projets de l’abbé Castel de Saint-Pierre (1658-1743). Pour le plus grand bonheur du plus grand nombre, sous la direction de Carole Dornier et Claudine Poulouin, Caen, Université de Caen Basse-Normandie, 2011.

 

 

 

 

 

Table des Matières

 

 

 

 

introduction

 

Chapitre 1 : Enfance et Alliances

Les Castel et les Bellefonds

Ascendance : une petite noblesse normande

Les Castel de Saint-Pierre

Les Gigault de Bellefonds

La fratrie

Enfance et adolescence entre Saint-Pierre et Caen

Un enfant de Saint-Pierre-Église, élection de Valognes

« Le bourg de Saint-Pierre-Église, lieu de ma naissance »

Entre Saint-Pierre-Église et Rouen

À Caen, entre 1675 et 1680. Pierre-Daniel Huet

et Jean Regnault de Segrais

 

Chapitre 2 : Abbé de Lettres, entre les sciences et la cour,

1680-1712

Les horizons parisiens de l’abbé de Saint-Pierre entre 1681 et 1695

La cabane du Faubourg Saint-Jacques, « berceau du xviiie siècle »

Des sciences à la pensée politique et morale

L’appel des Lettres et l’entrée à l’Académie

L’Académicien de Cour, entre Paris et Versailles

Le fauteuil VIII de l’Académie française, jeudi 3 mars 1695

Académicien, aumônier de Madame, et abbé de Tiron

Deux autoportraits, en 1697 et 1698

Le grand air des réformes, à la fin du siècle classique

Le roi et le royaume au tournant des deux siècles,

vus par l’abbé de Saint-Pierre

Le discours des réformateurs avant 1713, entre Vauban et Fénelon

Premiers écrits : l’éloquence, les apparitions, les chemins

L’abbé de Saint-Pierre à l’Académie

Une plume pour le travail ordinaire

Le Discours sur les travaux de l’Académie française en 1712

 

 

Chapitre 3 : Abbé de paix au temps d’Utrecht, de 1712 à 1717

Aux origines de la Paix perpétuelle

Le constat : le principe d’équilibre source « d’inéquilibre »

Généalogie de la paix perpétuelle du xive au xvie siècle

Henri IV et/ou Sully : le modèle de la République très chrétienne

Entre utopies et droit des gens au xviie siècle

Anatomie. Le Projet de paix perpétuelle

« Le titre prévient contre l’Ouvrage, je l’avoue »

L’Europe de l’abbé de Saint-Pierre : principes

L’Europe de l’abbé de Saint-Pierre : pratique et territoire

Objections

Le débat immédiat

Irénistes et anti-irénistes, des Mémoires de Trévoux

au Journal des Savants

Leibniz : « Une fiction qui nous ramènerait le siècle d’or… »

Intermède. Le chien parlant du duc de Zeitz

 

 

Chapitre 4 : Abbé réformateur, entre Louis XIV et Régence,

1714-1718

1714-1717. Les travaux et les Jours à l’Académie

La querelle d’Homère

1714. Le Second discours sur les travaux de l’Académie

1717. Malaise : le Projet de taille tarifée

1718. La Polysynodie

Le discours sur la Polysynodie dans son contexte

Du danger des vizirs, et des avantages de « l’aristomonarchie »

La page en trop : un crime de « lèse-majesté solaire »

L’exclusion de l’Académie

« Une chose fort plate fit alors un furieux bruit… »

L’attaque et l’exclusion : Polignac et Fleury, 28 avril-5 mai 1718

« Je m’en vais à la campagne »

Un autre portrait de Louis XIV, et son envers,

par l’abbé de Saint-Pierre

 

 

Chapitre 5 : Le temps de l’Entresol

Le Club de l’Entresol

Le cercle et la conversation des Salons à la fin de la Régence

Les affaires de l’abbé de Tiron

Le Club de l’Entresol, « un café d’honnêtes gens »

Une production considérable

Œuvres choisies de l’abbé de Saint-Pierre au temps de l’Entresol

Saint-Pierre et le père Castel : une querelle physico-politique,

et ses limites

1724-1726 : Société et Institutions. Un discours réformateur

en avance sur son temps.

1730. « Perfectioner l’Ortografe des langues d’Europe »

La fin de l’Entresol

« M. le Garde des Sceaux nous trama le coup de Jarnac »

En aval de l’Entresol, le marquis d’Argenson et l’abbé de Saint-Pierre

 

 

Chapitre 6 : Les grands projets de l’abbé de Saint-Pierre

entre classicisme et lumières

Le grand œuvre : la Paix perpétuelle revisitée entre 1717 et 1739

L’Abrégé dans son contexte, jusqu’au tournant des années 1730

Les réajustements de la Paix perpétuelle, de 1732 à 1739

Le Gouvernement des États

Le patronage du « Dauphin Bourgogne »

Académie et scrutin proportionné, « anthropomètre »

et « bazilimètre »

Les quatre ministères d’un État

La taille tarifée, une réforme expérimentée

Du Mémoire sur le Ministère des finances de 1733

au Projet de taille tarifée de 1739 ou 1739

« Le moyen d’arrêter le cours d’un désordre également contraire

au bien de l’État et à celui des particuliers »

Les intendants : « Ce n’est pas pour flatter

le père de la taille tarifée… »

Perfectionner l’éducation : un projet « praticable », entre solécismes et vertu 

Aux sources de l’éducation au début du xviiie siècle

Le but de la bonne éducation est de rendre le bonheur

encore plus grand

Les filles ne sont pas destinées comme les garçons

aux emplois publics…

 

 

Chapitre 7 : Autres « Rêves d’un homme de bien »

La bienfaisance

Le mot « bienfaizance, que je crois nouveau ou renouvelé »

Paradis aux bienfaisants

Église et religion : le refus du dogmatisme et la tolérance

La foi et les débats dogmatiques

Réguliers et séculiers

Contre le « mahométisme »

L’abbé de Saint-Pierre, Plutarque et les Hommes illustres

« Celui que j’estime davantage, c’est le Recueil

des Vies de Plutarque… »

Plutarque « perfectionné » : Thésée et Romulus,

Épaminondas et Scipion

Plutarque actualisé par Saint-Pierre : Charles XII

et Pierre le Grand

Les Oisivetés de l’abbé de Saint-Pierre

L’honneur en question. « Projet pour perfectionner

nos loix sur le duel »

Le « ramas » de « différents mémoires sur différents sujets ».

Lectures choisies

 

 

Chapitre 8 : « Comme un voyage à la campagne »

Un dernier regard sur son temps

« Ce que nous entendons présentement par le mot France »

Le grand tournant des Lumières manqué par Saint-Pierre ?

Les délices de Chenonceaux

Le salon de Madame Dupin

Les lettres de l’abbé de Saint-Pierre à Madame Dupin

Plotine et Agaton. Retour sur la justice, la bienfaisance

et le bonheur

Les derniers horizons de l’abbé de Saint-Pierre

Réflexions politiques des années 1738-1740

1741-1742. Le vieux Saint-Pierre et le jeune Rousseau

Le dernier « voyage à la campagne »

 

Chapitre 9 : L’abbé de Saint-Pierre du xviiie au xxe siècle

Entrer dans l’histoire

Avant les philosophes, les dictionnaires

D’Alembert, 1775 : Un Éloge posthume en forme de réhabilitation

Entrer dans la pensée politique de son siècle

Rousseau le philosophe et l’œuvre de l’abbé de Saint-Pierre

Le développement d’un débat, de « l’impraticable paix

de l’abbé de Saint-Pierre » à la paix de la Constituante

Kant. La construction juridique de la paix, devoir universel

L’abbé de Saint-Pierre auxixesiècle

Les Projets de paix perpétuelle, et le conte de Maki et Barko

L’abbé de Saint-Pierre, référence morale des Sociétés de Paix ?

Les premiers grands travaux sur l’abbé de Saint-Pierre

L’abbé de Saint-Pierre auxxesiècle. De Genève à Saint-Pierre-Église

Une référence pour les fondateurs de la SDN

Un monument en son petit pays

 

 

conclusion

sources et bilbliographie

index