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L'autorégulation. Pour un dialogue efficace

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154 pages

Description

Dans tout dialogue, chacun a des attentes, des intentions, des visées plus ou moins clairement déclarées. Quoi qu’il en soit, il y a souvent convergence et les interlocuteurs s’engagent alors spontanément dans la poursuite d’un but commun. Pourtant, il arrive que, au contraire, ils se heurtent à des écueils. L’harmonie est rompue, et l’on campe sur ses positions. De déconvenues en incompréhensions, de contrariétés en provocations, les conséquences d’un dialogue mal amorcé peuvent même dégénérer jusqu’à une déclaration d’hostilités. De possibles alliés deviendraient-ils des belligérants ?
Grâce à l’autorégulation, Yves St-Arnaud offre à chacun des stratégies d’ajustement qui consistent à évaluer consciemment, dans le feu de l’action, l’efficacité de ses réparties et à rectifier rapidement ses erreurs, le cas échéant. On parviendra ainsi, par essais et erreurs, à mener des dialogues lucides, satisfaisants et fructueux.
L’autorégulation aide ses adeptes à repousser les limites de la communication et leur permet d’établir et d’entretenir des relations de coopération avec leurs divers partenaires.
Yves St-Arnaud a travaillé comme psychologue-consultant en relations humaines dans plusieurs organismes professionnels avant de créer, avec une équipe de praticiens-chercheurs, des programmes de formation professionnel au Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke. Il a publié plusieurs ouvrages dont L’interaction professionnelle. Efficacité et coopération, aux PUM.

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Ajouté le 26 mai 2011
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EAN13 9782760625570
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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lautorégul ation
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Yves St-Arnaud
lautorégul ation Pour un dialogue efficace
Les Presses de l’Université de Montréal
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Saint-Arnaud, Yves, -L’autorégulation : pour un dialogue efficace (Paramètres) Comprend des réf. bibliogr. ISBN ---- e ISBN ---- . Communication interpersonnelle. . Communication - Aspect psychologique. . Commu-nication dans les organisations. . Gestion de soi. I. Titre. II. Collection: Paramètres. .  . --
e Dépôt légal :  trimestre  Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
imprimé au canada en juillet 2009
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Avant-propos
Au cours de l’année universitaire -, Chris Argyris m’a offert un séjour d’un an à l’université Harvard, à titre de professeur invité, pour me familiariser avec l’action science, un courant de recherche qu’il avait créé, avec Donald Schön, dans le prolongement des travaux de Kurt Lewin (, ). Pendant ce séjour, j’ai aussi eu le privilège de travailler avec le profes-seur Schön, qui enseignait à l’université voisine, le Massachusetts Institute of Technology (MIT). À mon retour au Québec, on m’a demandé de pré-senter l’action scienceau public francophone (St-Arnaud, ). Je l’ai fait en traduisant cette expression par « science-action », sans trop y réfléchir. Peu après, j’ai dû remplacer Donald Schön pour une conférence de clôture d’un congrès international en éducation où il devait présenter son approche. Dans les discussions qui ont suivi, j’ai constaté que ma traduction littérale rebutait autant le chercheur désireux de protéger la démarche scientifique traditionnelle que le praticien convaincu d’aller bien au-delà de la science au cours d’une intervention professionnelle. Lorsque ma conférence a été publiée (St-Arnaud, ), j’ai proposé de remplacer « science-action » par « praxéologie », une notion introduite au dix-neuvième siècle par Alfred Espinas () pour désigner une branche du savoir consacrée à l’analyse de l’action humaine. Aujourd’hui, le terme « praxéologie » est devenu une source de confusion. Sa définition est tellement large qu’elle a connu des développements en économie, en sociologie, en philosophie, en éducation, en psychosociologie et en théologie pastorale. Il n’aide plus à cerner l’originalité de l’action science. Dans ce livre, je veux faire amende honorable en retournant aux sources de ce courant de recherche pour mettre en évidence ce qu’il a produit
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de plus original : la compréhension du processus d’autorégulation qui permet de construire un dialogue efficace. Je reprends quelques éléments du livre que j’ai produit en  et qui a fait l’objet d’une nouvelle édition en  sous le titreL’interaction professionnelle : efficacité et coopération. J’ai voulu cependant simplifier la présentation pour donner à un public plus large la possibilité de connaître et de s’approprier les moyens que nous avons aujourd’hui de rendre un dialogue efficace même dans les situations les plus difficiles. Quant aux termes « praxéologie » et « science-action », je les ai tout simplement bannis de mon vocabulaire. Le débat n’est que reporté car de plus en plus de chercheurs sont en quête d’une identité et d’une reconnais-sance qui demandent une désignation originale de leurs travaux, mais comme ce livre s’adresse essentiellement à des praticiens et à des personnes soucieuses d’efficacité dans leurs dialogues, la notion d’autorégulation suffit à la tâche. Yves St-Arnaud  avril 
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Introduction
Le cerveau humain est d’une complexité et d’une richesse telles qu’on n’en finit plus de découvrir et d’étudier avec précision les processus qui permet-tent à une personne de se développer et de gérer sa vie quotidienne. Les travaux de Chris Argyris et de Donald Schön ont conduit à une analyse détaillée de ce qui se passe chez une personne engagée dans un dialogue. On est en mesure aujourd’hui de faire la différence entre une régulation spon-tanée, celle que l’on fait plus ou moins automatiquement lorsqu’on interagit avec une autre personne, et une régulation que nous nommons « autorégu-lation ». Celle-ci consiste à évaluer consciemment, dans le feu de l’action, l’efficacité de ses réparties et à corriger rapidement ses erreurs, le cas échéant. Cette activité permet à une personne d’ajuster ses propres besoins à ceux de l’interlocuteur, de se donner des visées réalistes et de trouver par essais et erreurs les moyens de construire un dialogue satisfaisant. Un postulat est à la base de cette approche : « Toute action est intention-nelle. » C’est en examinant les liens entre ses propres intentions, son com-portement et l’effet de celui-ci qu’une personne peut comprendre et maîtriser le processus d’autorégulation. On a beau avoir intégré toutes sortes de prin-cipes et de modèles pour faire face aux différentes situations personnelles ou professionnelles que l’on rencontre dans la vie, chaque événement est unique et demande une adaptation rapide. Même le dialogue le mieux pré-paré demeure une improvisation. On ne peut prédire exactement les répli-ques de son interlocuteur, ni même ce qu’on dira ou fera soi-même dans le feu de l’action. Dans les situations normales, une régulation spontanée suffit à nous rendre efficaces ; dans les situations difficiles, lorsque l’interlocuteur ne répond pas rapidement à nos attentes, l’efficacité est souvent compromise.
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L’autorégulation, si nous la maîtrisons, permet d’augmenter notre efficacité. Le processus d’autorégulation fait l’objet de recherches depuis plus de trente ans grâce au courant amorcé par Chris Argyris et Donald Schön (, ). Il a été analysé sous tous ses angles : la théorie de l’action que révèle le comportement de l’acteur, l’écart qui existe entre le discours et l’agir lorsqu’on est dans une situation difficile, les mécanismes de protection qui rendent l’action inefficace, et ainsi de suite. On connaît aussi les ratés de la régulation spontanée (Argyris, , ) et les moyens de corriger pendant le dialogue les erreurs que l’on y commet inévitablement (Argyris, Putnam et McLain Smith, ). L’originalité des travaux d’Argyris, de Schön et de leurs collaborateurs est moins le diagnostic déjà documenté de ce qui cause l’inefficacité d’un dialogue que la description précise d’une méthode grâce à laquelle un acteur augmente l’efficacité de ses dialogues en devenant conscient de sa façon de fonctionner dans l’action. Cette méthode est souvent associée à la « réflexion-dans-l’action », une notion créée et analysée en détail par Schön (, , ) ; une notion souvent confondue avec la réflexion-sur-l’action, l’analyse de son action à partir de modèles culturels ou disciplinaires. Par exemple, pour un traduc-teur de Schön (),reflection-in-actiondevenu « réflexion est en cours d’action etsurLa confusion a été(italique dans l’original, p. ). l’action » analysée ailleurs (St-Arnaud a) et notée par Ferry et Ross-Gordon () qui ont contribué à départager ce qui appartient à la réflexion-dans-l’action et à la réf lexion-sur-l’action. Mon espoir en reformulant sous le titre « autorégulation » les idées originales d’Argyris et Schön est d’améliorer les débats qu’elles suscitent ou d’en faciliter l’utilisation à ceux qui s’en inspirent. Pour construire un dialogue efficace dans des situations difficiles, il faut pouvoir improviser en ayant accès à son cadre de référence personnel : ses émotions, son discours intérieur, ses intentions ; il faut aussi établir la dif-férence entre ce qu’on a appris à faire, ce qu’on pense faire et ce qu’on fait concrètement. L’autorégulation donne à l’acteur un accès en temps réel à son propre cadre de référence, l’intégration personnelle de ce qu’on lui a enseigné. Elle lui permet de construire un dialogue efficace dans les situa-tions les plus difficiles. Ce livre s’adresse à toute personne intéressée à réfléchir sur l’efficacité de ses dialogues, principalement au praticien dont une bonne partie du travail consiste à construire des dialogues avec ses clients, ses collègues, ses patrons
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ou ses subalternes ; mais aussi aux formateurs qui veulent assister ceux et celles qui souhaitent s’entraîner à l’autorégulation. Le terme « dialogue » est utilisé dans son sens premier : entretien entre deux personnes ». Il est plus facile d’examiner le processus d’autorégulation lorsque seulement deux personnes sont en cause, mais l’autorégulation fonc-tionne de la même façon lorsqu’une personne interagit avec un groupe. Pour en faciliter la présentation, tout dialogue entre deux personnes sera analysé à partir du cadre de référence de l’une d’entre elles, désignée comme l’acteur. C’est la personne qui souhaite réfléchir sur son efficacité person-nelle. L’autre personne – ou ensemble de personnes – sera désignée comme l’interlocuteur ; elle pourra devenir l’acteur à son tour si elle souhaite réflé-chir sur son action. Enfin, toujours pour des raisons de clarté, le terme « répartie » désignera les paroles de l’acteur et le terme « réplique », celles de l’interlocuteur. Le livre comprend cinq chapitres qui traitent successivement de la régu-lation spontanée et de l’autorégulation en temps réel (chapitre ), des critères que l’on se donne pour évaluer l’efficacité d’un dialogue (chapitre ), d’un test personnel d’efficacité (chapitre ), des obstacles à l’autorégulation (cha-pitre ) et de l’apprentissage de l’autorégulation (chapitre ). Enfin, un glossaire réunit les définitions des principaux termes techniques utilisés au cours de ces chapitres.
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