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L'économie solidaire dans les pays en développement

180 pages
L'économie sociale et solidaire (ESS) désigne des activités économiques qui n'ont pas pour motif principal le profit. Associations, mutuelles, coopératives... l'ESS recouvre des structures hétérogènes aux activités diverses (soutien scolaire, insertion sociale, service à la personne, finance de proximité, troisième âge, parent d'élèves, développement communautaire). Elles s'est constituée pour répondre à des besoins mal pris en compte par l'Etat et le marché. Voici une analyse documentée se focalisant particulièrement sur les pays en développement.
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L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE
DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT

Sous la direction de

Roger A. Tsafack Nanfosso

L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE
DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo. fr

ISBN: 978-2-296-04405-0 EAN : 9782296044050

Collection Mouvements Economiques et Sociaux
Dirigée par Claude ALBAGLI
La collection « les Mouvements Economiques et Sociaux» présentée par L'HARMATTAN et l'INSTITUT CEDIMES se propose de contribuer à l'analyse des nouveaux aspects de la mondialisation en embrassant les phénomènes économiques, sociaux et culturels. Elle vise à faire émerger des recherches et des contributions originales sur les mutations du développement et de la mondialisation. ALBAGLI Claude, « Le surplus agricole, De la puissance jouissance », L'Harmattan, ColI. M.E.S., 2001 DELIV ANIS-NEGREPONTI Maria, «La conspiratrice », L'Harmattan, ColI. M.E.S., 2002 à la

mondialisation

RUBY Marcel (sous la direction) « Une mondialisation humaniste », Préface du Ministre Délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André WILTZER L'Harmattan, Coll. M.E.S., 2003 RAJEMISON Sahondravololona et ALBAGLI Claude, (sous la direction) «Mutations contemporaines et développement », Préface du Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, JeanThéodore RANJIV ASON, L'Harmattan, ColI. MES, 2003 MAYOUKOU Célestin, ALBAGLI Claude, TORQUEBIAU Emmanuel et THUILLIER Jean-Pierre (Coordonnateurs), «Gouvernance du Développement local », ClRAD, L'Harmattan, Coll. M.E.S. 2003 ALBAGLI Claude, (Coordonnateur) développements altérés, Hommage L'Harmattan, ColI. M.E.S. 2003 «Alter-Développements, et à Jacques AUSTRUY »,

KIM Yersu & ALBAGLI Claude (Coordonnateurs), «Corée du Sud, le modèle et la crise », Commission Nationale Coréenne pour l'UNESCO, Coll. MES, L'Harmattan, 2004 TREMBLAY Rodrigue L'Harmattan,2004 «L'Amérique impériale» Coll. MES

HUCHET Jean-François & RICHET Xavier (Coordonnateurs), «Gouvernance, coopération et stratégie des firmes chinoises» Coll. MES, L'Harmattan, 2005 DUPRIEZ Pierre (Sous la direction), «Entreprises transition, Etudes de cultures organisationnelles L'Harmattan, 2005 roumaines en », Coll. MES,

COURTHEOUX Jean-Paul, « La socio-euphémie, Expression, modalités, incidences» , AELF, ColI. MES, L'Harmattan, 2005 GUERRAOUI Driss & RICHET Xavier (sous la direction) «Intelligence économique et veille stratégique, Défis et stratégies pour les économies émergentes », Co-édition ARCI, Coll. MES L'Harmattan,2006 SCHMITT Christophe (sous Entrepreneuriat, des relations L'Harmattan,2005 la direction), « Université et en quête de sens» ColI. MES, Coll. MES

AUSTRUY Jacques « Islam face au développement» L'Harmattan,2007

GERN Jean-Pierre (sous la direction), «Les sciences sociales confrontées au défi du développement» ColI. MES, L'Harmattan, 2006 PATUREL Robert (sous la direction), «Dynamique entrepreneuriale et développement économique» Coll. MES L'Harmattan, 2007 TRAIMOND Pierre, «Jean-Charles L'Harmattan,2007 En préparation TSAFACK-NANFOSSO Roger A. (sous la direction) «L'économie solidaire dans les pays en développement» ColI. MES L'Harmattan, 2008 ALBAGLI Claude et BOUMENDJEL Saïd (sous la direction) «Mondialisation et développement, Mondes d'hier et mondes de demain» ColI. MES, L'Harmattan, 2008 BORDA, 1733-1799» ColI. MES

6

INSTITUT CEDIMES
Réseau International Francophone d'Economistes et Gestionnaires
Membre du Researchers Alliance for Development (RAD) de la Banque Mondiale Partenaire de l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF)

Président d'Honneur Fondateur:

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Président: Claude ALBAGLI Vice-Président: Recteur Maria NEGROPONTI-DELIVANIS Vice-Président: Recteur Ion CUCUl

CEDIMES
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MALI: MAROC:

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CEDIMES-TÂRGOVISTE

RUSSIE Occ.: CEDIMES-SAINT-PETERSBOURG RUSSIE Ori.: CEDIMES-BARNAOUL SUISSE: SYRIE: TUNISIE: TURQUIE: UKRAINE: VIETNAM: CEDIMES-NEUCHATEL CEDIMES-ALEP CEDIMES-TUNIS CEDIMES-IZMIR CEDIMES-KIEV CEDIMES-HANOÏ

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Vitali MITCHENKO Jean-Pierre GERN

Hassan HAZZOURI ZOUARI

Directeur Abderrazak Professeur

Neçati TASKlRAN Petro SAPOUN Vu Luan PHAM

Professeur Recteur

8

Sommaire

Remerciements.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . . . . .11

Roger A. TSAFACK NANFOSSO

Introduction
Roger A. TSAFACK NANFOSSO

.13

L'émergence de l'économie dite solidaire et son application
au Sud. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27

Jean-ftfichelSERVET
La culture africaine et l'économie Roger A. TSAFACK NANFOSSO sociale solidaire. . . . . . . . ..37

L'entrepreneuriat social et solidaire: équitable entre le Nord et le Sud
Gérard TCHOUASSI

cas du commerce 61

L'économie solidaire: nouvel acteur de la protection sociale dans les pays du Sud 85
Odile CASTEL

Le partenariat public-privé dans les transports en Afrique: quelles modalités d'action au Cameroun? 109 Roger A. TSAFACK NANFOSSO Intermédiation financière solidaire: un état des lieux préliminaire des contributions francophones ...127
Célestin ftfA YOUKOU

La « tontine
TOURNEMINE
Conclusion.

d'entreprise»

en Afrique.

.. . .. .. . . . .. .. .. . ... . . . 147

Raphaël NKAKLEU, Francis KERN et Régis LARUE de

.................................................

. . 167

Roger A. TSAFACK NANFOSSO

10

Remerciements

Je souhaite exprimer ma gratitude au Président de l'Institut CEDIMES, le Professeur Claude ALBAGLI,en témoignage de ma reconnaissance pour l'inlassable construction sur le chantier de laquelle il œuvre depuis de longues années à la tête de notre Institut. Le présent ouvrage participe d'une dynamique de rayonnement institutionnel qu'il a approuvé sans aucune hésitation. Ma gratitude s'adresse également à tout le bureau de l'Institut, en particulier à Jean-Charles SIDA qui a accompagné le projet éditorial d'un bout à l'autre. Ce travail a bénéficié de la contribution séminale et décisive de Jean-Pierre GERN,Professeur Emérite de l'Université de Neuchâtel en Suisse, qui a bien voulu en évoquer l'idée en me suggérant de prendre une part active de conduite de ce projet. Il a mis à ma disposition de nombreux travaux parmi lesquels ceux sélectionnés et ici présentés. Je remercie enfin les auteurs pour avoir accepté les modifications, souvent contraignantes, auxquelles j'ai soumis les textes que j'avais retenus.

Introduction

Roger

A. TSAFACK NANFOSSO

REMA, Université de Yaoundé II, Cameroun

La mondialisation des économies entraîne d'importants bouleversements dans les politiques économiques des pays, notamment dans les pays en développement. Parfois perçue comme une menace, souvent considérée comme une opportunité, la mondialisation implique le décloisonnement des économies, la déréglementation et la désintermédiation financières, et la dérégulation des marchés. Soutenue par l'extraordinaire développement des moyens de communications résultant de prodigieux progrès technologiques, elle se caractérise par trois types de logiques privées (commerciales, productives, financières), mais également par un éveil des politiques accompagnatrices publiques caractérisant un des aspects fondamentaux de ce l'on nomme aujourd'hui « intelligence économique» . Les difficultés qu'éprouvent alors certains peuples (du Nord) et certains pays (du Sud) à suivre la dynamique vertigineuse imposée par l'irrésistible accroissement des échanges humains, l'augmentation exponentielle des échanges des biens et services, le boom des investissements directs étrangers, l'explosion des échanges financiers et la fissuration de la souveraineté des Etats amènent à redécouvrir ou, croit-on, à découvrir ce qui semble être une

solution idoine ou un refuge idéal: l'économie sociale et/ou solidaire. Dans le cas de l'Europe par exemple, Kusnet et Taylor (1998, p. 240) affirment derechef que «however social parternship is not a soft option but a hard-headed and pragmatic response to globalisation, technological change and mass unemployment» 1. C'est pourquoi il me paraît utile de proposer d'abord un bref historique de cette notion. J'en donnerai ensuite une définition avant de présenter sommairement le contenu de cet ouvrage du CEDIMES.

1.

Petite histoire de l'économie solidaire

sociale et/ou

On pense généralement que l'économie sociale et/ou solidaire (ESS) est un corpus cohérent de développements théoriques plus ou moins récents, organisant le comportement volontaire des agents économiques isolés ou en groupes pour faire face à l'adversité, à la pauvreté et à la détresse; notamment dans un système pas, peu ou mal pris en charge par les institutions conventionnelles. L'idée me semble juste, mais la datation l'est moins. Car en réalité, il faut au moins (!) remonter la généalogie des économistes jusqu'à Sismonde de Sismondi qui publie en 1819 des Nouveaux principes d'économie politique ou de la richesse dans ses rapports avec la population, et Thomas Robert Malthus qui propose en 1820 des Principes d'économie politique, pour avoir les premières aperceptions d'une ESS2. Viendront ensuite les contributions
1

«Le partenariat social n'est pas une option molle mais une réponse

pragmatique et puissante à la mondialisation, au changement technologique et au chômage de masse ». 2 Je n'évoque pas ici les développements des Sociologues de la fin du XIXème et du début XXème siècle, de même que les contributions antérieures comme celle de Thomas More (1516) mettant explicitement 14

de Dunoyer avec son Traité de l'économie sociale publié en 1830, de List avec son Système national d'économie politique publié en 1841, et de Walras avec ses Etudes de l'économie sociale publiées en 1896. Les trois tomes du Capital de Marx, publiés respectivement en 1867, 1885 et 1894, affirmeront avec des mots violents la vocation à l'échec du paradigme dominant, bien que la voie de rechange proposée ne fût pas celle de l'ESS. Plus généralement, les formes sociales ont depuis longtemps préoccupé les chercheurs, qu'elles soient considérées dès 1840, comme synonyme de l'Etat (List, Schmoller), émanation du droit (Wagner), croisement pouvoir contre pouvoir (Von Wieser), ou habitudes de pensées établies (Veblen). Cette percée du « social» apparaît ainsi depuis les auteurs historiques allemands jusqu'aux régulationnistes français (Aglietta, Mistral, Boyer) et aux néo-institutionnalistes contemporains (Galbraith, Williamson). L'école historique allemande (notamment avec Schmoller) sera quasiment la première à mettre de l'emphase sur une approche de l'économie tenant compte de l'histoire, des institutions et des normes sociales pour proposer une vision analytique différente de celle des économistes classiques. Même si les idées développées par l'ensemble de ces auteurs et de ces courants ne se confondent pas exactement avec celles qui sont insérées de nos jours dans l'ESS (économie du social, essai antagoniste pour se démarquer du courant dominant, confusion avec le socialisme, etc.) l'essentiel est que dès le début du XIXème siècle, un malaise s'est emparé de la réflexion sur les buts et finalités de l'économie, tels qu'ils étaient affichés par les écrits contemporains ou complémentaires de l'Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).
en évidence une autre manière de faire, différente des «dogmes» Smithiens. 15

Entre 1900 et 1945, l'ESS se nourrit à l'Est du « succès» de la révolution bolchevique de 1917, et à l'Ouest des effets conjugués de la guerre et de la crise de 1929, mais aussi du retentissement de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936) de Keynes qui rappelle avec intelligence le rôle de l'Etat dans la redistribution et l'équité. Elle puise par ailleurs certaines de ses racines dans la mise en place de l'ONU qui remplace la SDN pour se préoccuper d'une certaine forme de solidarité internationale. Entre 1945 et 1975, l'ESS est malade des «trente glorieuses» (Fourastié), car la production occidentale de masse a engendré la distribution et la satisfaction de masse, rendant totalement inaudibles les cris continus des désespoirs persistants. Malgré la social-démocratie à l'œuvre, l'ESS ne reçoit une esquisse de médication qu'avec la prise de conscience de l'existence et des revendications des pays du Sud, englués dans des problèmes de plus en plus exigeants (guerres, sous-développement, indépendance, décolonisation, etc.) ; mais aussi avec l'émergence au Nord comme au Sud d'une économie de plus en plus souterraine qui cache mal des stratégies désespérées de survie des acteurs concernés. La fin des trente glorieuses coïncide à partir de 1975 avec la montée du dollar, les chocs pétroliers et le démantèlement des termes l'échange qui induisent d'autres crises se conjuguant avec la montée de l'informalisation, de la pauvreté et de l'exclusion. La chute du mur de Berlin, la crise économique sévère des pays africains, l' autonomisation irrésistible des marchés financiers, la naissance de l'OMC sur les décombres du GATT, les préoccupations environnementales et la mondialisation ont pour conséquence de déplacer le centre du monde vers la virtualité, d'accroître l'indigence et de réveiller une forme de dissidence portée avec force par des associations indignées et révoltées par la marche forcenée de la planète vers 16

« l'homme unique» (Fukuyama). L'ESS retrouve alors ses lettres de noblesse.

2.

Recherche d'une définition

Dans ce contexte, de nombreuses définitions ont été proposées pour rendre compte de la réalité de l'ESSe Le recensement de Lévesque et Mendell (1999) permet d'en dégager au moins cinq qui s'accommodent aussi bien d'une interprétation nationale qu'internationale: La première définit l'ESS à partir de ses composantes dites certaines que seraient les coopératives, les mutuelles et les associations, et de ses composantes dites incertaines que seraient l'entreprise à participation ouvrière, l'entreprise mixte en partenariat avec une municipalité, l'entreprise publique ayant une certaine autonomie de gestion, et l'entreprise privée en partenariat avec un syndicat (Desroche). Mais cette définition délaisse la pratique de l'ESS pour ne s'en tenir qu'au statut juridique. La deuxième définition affirme que l'ESS est la combinaison d'un regroupement de personnes et d'une entreprise produisant des biens et services, avec des règles relatives au groupement des personnes (égalité), aux rapports membres-entreprise (activité de l'entreprise), aux rapports entreprise-membres (distribution des résultats) et à l'entreprise comme organisation (propriété durablement collective) (Vienney). Mais cette définition pose deux problèmes: d'abord, l'entreprise coopérative est présentée comme l'archétype de l'ESS au détriment des associations, ensuite l'ESS est réduite à l'économie marchande au détriment de la réciprocité. La troisième définition met en évidence les services de proximité, d'où d'ailleurs le S pour Solidaire. Deux idées sont ici élaborées: la première pose que l'ESS est la construction conjointe de l'offre et de la demande par les 17

professionnels et les usagers, à partir d'une impulsion réciprocitaire; et la deuxième soutient que parce que le bénévolat ne saurait suffire sur le long terme, l'ESS tend à réaliser une hybridation ou un mixage de l'économie marchande, de l'économie non marchande (appui sur le rôle de l'Etat) et de l'économie non monétaire (réciprocité et don) (Laville). Cette définition reconnaît l'importance indéniable des associations dans l'ESS, mais elle a tendance à réduire l'ESS aux services de proximité, tout comme la question de I'hybridation voile la place du bénévolat dans la nouvelle dynamique. La quatrième définition exalte la place et le rôle des logiques mises en œuvre dans les associations, définies comme un dispositif de compromis destiné à gérer les tensions entre plusieurs formes de coordination et impliquant les formes de coordination marchande, domestique, solidaire, administrative et démocratique. Les compromis en œuvre permettent alors d'identifier cinq types d'associations: l'association intégrée à l'appareil public, l'association chargée d'une mission de service public, l'association menant une activité d'intérêt général, l'association caritative et l'association de service de proximité (Enjolras). La cinquième définition propose un compromis entre la notion d'économie et les notions de principes et de valeurs. Ici, l'activité économique ne relèvera de l'ESS que si cinq principes sont respectés: la finalité de service aux membres ou à la collectivité, l'autonomie de gestion, le processus de décision démocratique, la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des surplus et des revenus, et enfin, la participation, prise en charge et responsabilité individuelle et collective (Defoumy). Cette définition est large puisqu'elle permet d'inclure les coopératives, les mutuelles, les associations, et

18