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L'Égypte et l'industrie rubanière

De
82 pages

SON ORIGINE ET SON NÉGOCE

L’homme, ce dernier terme de la création, se trouva jeté, dans l’origine, sur une terre confuse et sauvage, mais les impressions qu’il reçut de chaque objet éveillèrent peu à peu ses facultés, et l’industrie, cette fille des besoins, lui suggéra l’idée de se faire des vêtements.

La nature, il est vrai, fut généreuse à son égard, en lui offrant tantôt les longues fibres d’une tige, le lin, le chanvre ; tantôt la fourrure d’un animal, le mouton, la chèvre.

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A

 

 

 

SON ALTESSE ROYALE

 

 

 

ISMAÏL-PACHA

 

 

 

VICE-ROI D’ÉGYPTE

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Léon Le Metayer-Masselin

L'Égypte et l'industrie rubanière

L’ÉGYPTE ET L’INDUSTRIE RUBANIÈRE

L’Égypte, ce pays si remarquable par la haute antiquité de sa civilisation, attire aujourd’hui les regards du monde entier ; mais l’Égypte, dont le vice-roi Ismaïl-Pacha devient chaque jour le régénérateur ; l’Egypte, où croissent éparses et presque sans soins les productions de tous les climats ; l’Égypte, enfin, qu’il faut avoir vue pour la comprendre, possède encore dans ses flancs un produit qu’elle laisse se répandre sur tous les continents.

Ce produit, c’est le coton, véritable fleuve d’or qu’il serait bien facile de faire remonter, en partie, vers sa source, en créant sur place, au sein de la matière première, l’industrie rubanière, ce qui ne serait, au surplus, comme nous le prouverons, que la rendre à sa mère patrie.

Telle est la question sur laquelle nous allons jeter un rapide coup d’œil, question d’une importance capitale, cependant, car le coton occupe le premier rang dans l’histoire industrielle des nations modernes.

*
**

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CHAPITRE PREMIER

LE COTON

SON ORIGINE ET SON NÉGOCE

 

 

 

L’homme, ce dernier terme de la création, se trouva jeté, dans l’origine, sur une terre confuse et sauvage, mais les impressions qu’il reçut de chaque objet éveillèrent peu à peu ses facultés, et l’industrie, cette fille des besoins, lui suggéra l’idée de se faire des vêtements.

La nature, il est vrai, fut généreuse à son égard, en lui offrant tantôt les longues fibres d’une tige, le lin, le chanvre ; tantôt la fourrure d’un animal, le mouton, la chèvre... etc., ou en cachant quelquefois son présent dans une coquille végétale, comme celle du cotonnier.

Pendant un nombre inconnu de siècles on ne remarqua dans cette plante que la beauté de son feuillage et le charme de ses fleurs ; quant à son duvet, il se dissipait dans l’atmosphère et retournait au sol sous forme de détritus. Aussi, bien des générations durent se succéder sans se douter de la destinée de cette dépouille végétale, foulée aux pieds avec indifférence, et qui n’était autre que le coton.

L’origine de toutes les connaissances humaines se perd dans la nuit des temps, car les arts prirent naissance bien avant le jour où les moyens d’en perpétuer l’apparition furent connus ; il est donc impossible d’indiquer d’une manière certaine le peuple qui, le premier, se livra à la culture du cotonnier.

Les Indes Orientales paraissent l’avoir cultivé dès la plus haute antiquité, et quelques écrivains y placent son berceau.

Le premier renseignement positif nous est fourni par Hérodote, ce père de l’histoire, qui écrivait 445 ans avant Jésus-Christ : « Les Indiens, dit-il, possèdent une plante qui, pour fruit, porte une espèce de laine plus belle et meilleure que celle des moutons. Ils en font leurs vêtements1. » Cette plante était, évidemment, ce que nous appelons aujourd’hui le coton ; mais, à cette époque, il n’était pas encore question de sa culture au-delà de l’Indus.

 

 

 

L’Égypte a été, après l’Inde, le pays du cotonnier, en laissant de côté l’Amérique, où cette plante était cultivée aussi dans l’antiquité, ainsi que l’attestent les étoffes trouvées dans des tombeaux mexicains et péruviens.

Un livre unique, sacré, la Bible, nous apprend, si nous acceptons les opinions des commentateurs, qui traduisent le mot hébreu schech par busso dans la version des Septante, et par byssus dans la Vulgate, que les Israélites connurent les étoffes de coton plus de 500 ans avant l’ère chrétienne.

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Nous expliquerons ci-après ce que l’on doit entendre exactement par le mot Byssus, mais nous pouvons déduire de l’emploi de ce mot que les Égyptiens connurent le coton dès la plus haute antiquité, puisque c’est en Égypte que les Israélites puisèrent toutes leurs connaissances dans les sciences et dans les arts.

Hérodote est très explicite sur l’usage du coton chez les Égyptiens qui, « lors des funérailles, dit-il, lavaient le corps et l’enveloppaient entièrement de bandes de toile de coton, etc.2 ; il nous apprend aussi que deux corse lets que fit faire le roi Amasis étaient de lin, mais ornés d’un grand nombre de figures d’animaux tissues en or et en coton3. » L’étoffe dont Pharaon fit revêtir Joseph était de coton4, et le fameux manteau dont ce dernier vollat les charmes de la belle Putiphar était, sans doute, de la même étoffe.

L’usage du coton prit très vite une grande extension, car la fameuse inscription de Rosette nous prouve que Ptolémée Épiphane (110 ans avant Jésus-Christ) levait un impôt sur cette matière textile5, impôt qui, au surplus, semble tout naturel, puisque, d’après saint Jérôme6 et autres7, l’Égypte aurait été la patrie du Byssus ; et, s’il faut en croire Clément d’Alexandrie, « il y prit naissance du temps de Sémiramis8. »

Il servait alors à faire « des couvertures et des tapis9, » usages auxquels le chanvre et le lin ne paraissent jamais avoir servi, leur odeur et leur manque de souplesse les rendant peu propres à cet emploi.