L'émergence des organisations islamiques au Tchad

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L'auteur s'interroge sur les dynamiques islamiques au Tchad, avec le souci d'en distinguer les logiques, à bonne distance des affrontements polémiques. Ouvrage de référence sur l'islam tchadien contemporain, ses ambitions dépassent le coeur de son sujet et envisagent des domaines aussi variés que les relations diplomatiques, les organisations de la société civile et le réveil religieux chrétien.

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Date de parution 01 janvier 2012
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EAN13 9782296479531
Langue Français

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L’émergence des organisations islamiques au Tchad
GondeuLADIBA
L’émergence des organisations
islamiques au Tchad
Enjeux, acteurs, territoires
Préface de Jean-Louis Triaud
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56579-1 EAN : 9782296565791
A la mémoire de (feu) Me Ahmat Kinder
SIGLES ET ABREVIATIONS
ADJR: Association pour le Dialogue entre les Jeunes de diverses Reli-gions AMA: Agence des Musulmans d’Afrique APAD: Action des Partenaires pour l’Appui au Développement ASFEA: Association Femme et Enfant d’Abord BE: Bureau Exécutif CA: Conseil d’Administration CADEJET: Centre d’Appui au Développement de la Jeunesse Tcha-dienne CE: Collège Evangélique CELIAF: Cellule de Liaison des Associations Féminines CEG: Collège d’Enseignement Général CCE: Centre de Culture Evangélique CICA: Communauté Islamique Centrafricaine CICA-ONG: Comité Interministériel de Coordination des Activités des ONG CIJ: Cour Internationale de Justice CILONG: Centre d’Information et de Liaison des ONG CCL: Collège Charles-Lwanga CNS: Conférence Nationale Souveraine CPN: Connaître et Protéger la Nature CSAI: Conseil Supérieur des Affaires Islamiques DARC: Direction des Affaires Religieuses et Coutumières DJASE: Direction de la Jeunesse et des Activités Socio-Educatives ECA: Ecole Catholique Associée EPT: Education pour Tous FNI: Front National Islamique FOJET: Forum des Organisations de la Jeunesse Tchadienne FONGT: Fédération des ONG du Tchad FROLINAT: Front de Libération Nationale du Tchad GRIC: Groupe de Réflexion Islamo-Chrétien GSPC: Groupe Islamique pour la Prédication et le Combat. C’est un groupe islamiste d’origine algérienne qui sévit actuellement dans le Désert du Sahara. Il s’en prend généralement aux touristes et aux intérêts occidentaux dans cette région.
IARA: Islamic African Relief Agency ISESCO: Islamic Education, Science and Culture Organization JEC: Jeunesse Etudiante Chrétienne LIM: Ligue Islamique Mondiale MCJS: Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports MPDC: Ministère du Plan, du Développement et de la Coopération MPRN: Ministère du Plan et de la Reconstruction Nationale MPS: Mouvement Patriotique du Salut MSF: Médecins Sans Frontières MUSASA: Fondation Makka al Mukarramat al Khayriyya OANET: Organisation des Acteurs Non Etatiques au Tchad OCI: Organisation de la Conférence Islamique ODI: Organisation de la Da’wa Islamique ONG: Organisation Non Gouvernementale ONU: Organisation des Nations-Unies OSC: Organisation de la Société Civile PEV: Programme Elargi de Vaccination PLD: Parti pour les Libertés et le Développement RADHO: Réseau Africain des Associations de Défense des Droits de l’Homme RNT: Radiodiffusion Nationale Tchadienne SONGES: Soutien aux ONG à l’Est et au Sud SPONG: Secrétariat Permanent des ONG UA: Union Africaine UCCMT: Union des Cadres Musulmans Tchadiens UCCT: Union des Cadres Chrétiens du Tchad UJEMUT: Union des Jeunes Musulmans Tchadiens UJC: Union des Jeunes Chrétiens UNESCO: United-Nations for Education, Sciences and Culture Organization WAMY: World Assembly of Muslim Youth
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PREFACE
Cet ouvrage est issu d’un mémoire de qualité soutenu en 2004 à l’Université Catholique de Yaoundé. L’auteur s’y interroge sur les dynamiques islamiques au Tchad, avec le souci d’en reconnaître les logiques, à bonne distance des affrontements polémiques. Selon le recensement de 1993, le Tchad compte 53,9% de musulmans et 34,7% de chrétiens pour une population estimée à 7 millions d’habitants. Le Tchad est, en effet, un pays où se rencontrent deux grandes cultures, l’une arabo-musulmane, dans le Nord et le Centre sahélo-sahariens, et l’autre animiste ou chrétienne, dans le Sud forestier. Cette rencontre de cultures est la source d’un clivage durable qui a nourri, dans les années 1980 et 1990, une longue guerre civile, aggravée par les immixtions étran-gères. Il est bon de rappeler que le FROLINAT, ce « Front de libération nationale », constitué en 1966 au Soudan, et ma-trice des pouvoirs tchadiens contemporains, fut créé par de jeunes musulmans formés dans les universités arabes et qui, sous un discours tiers-mondiste et anti-impérialiste caracté-ristique de l’époque et destiné à l’usage extérieur, a repré-senté la montée en puissance des élites nordistes et musul-manes écartées du pouvoir au moment de l’indépendance. Devenu instrument de défense et de promotion de la langue arabe, le FROLINAT n’était pas, pour autant, un mouve-ment islamique, car des dynamiques proprement nomades le marquaient aussi profondément. L’accession au pouvoir central de ces groupes nomades du Nord, d’ailleurs concurrents, à partir de 1979, s’est tra-duite par un transfert des responsabilités politiques vers les
représentants du Nord et du Centre du pays et par une forte poussée de l’islam dans l’espace public. La question musul-mane au Tchad est donc au cœur des interrogations sur l’avenir de la République. M. Gondeu Ladiba, qui n’est pas musulman, a eu le grand mérite de quitter le terrain des contentieux religieux et politiques pour examiner, de façon concrète, dans un pays où les communautés sont appelées à cohabiter, quel peut être le type d’apport des organisations islamiques, souvent mal connues du public comme des cher-cheurs, dans l’aide aux populations démunies, dans la struc-turation d’une communauté musulmane nationale et dans la diffusion de modèles culturels et sociaux venus des autres pays d’islam. M. Gondeu Ladiba a beaucoup lu. Il connaît la biblio-graphie de la question et il apporte sur le Tchad - un des parents pauvres dans les études sur l’islam subsaharien - des renseignements de première main. Cet ouvrage est, à cet égard, une mine d’informations. Pourtant, la tâche ne lui a pas été facile. Quand un chercheur aborde, au Tchad (mais aussi dans beaucoup de pays africains), la question de l’islam et celle des relations avec le monde arabe, il touche au secret et à la raison d’État. La plupart des associations islamiques se sont elles-mêmes dérobées aux enquêtes, et il lui a fallu contourner les obstacles, scruter les rapports d’activités et éclairer donc un paysage largement opaque. M. Gondeu Ladiba a concentré son attention sur les O.N.G. islamiques, un champ d’études encore peu déve-loppé en Afrique subsaharienne, qui constitue pourtant un excellent observatoire des dynamiques islamiques. Ces O.N.G. œuvrent dans les domaines de l’assistance sociale, de l’éducation islamique et de l’enseignement scolaire, ainsi que dans les secteurs de la santé ou de l’hydraulique rurale. Elles occupent une place qui, pendant longtemps, avait été l’exclusivité d’un certain nombre d’organisations occiden-tales. Elles ont aussi pour objectif d’opposer une alternative
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