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L'Empereur Napoléon III et l'Angleterre

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46 pages

Nous croyons qu’il y a un devoir à remplir envers l’opinion : c’est de faire entendre une parole impartiale et calme en présence des passions qui ont été si injustement soulevées en Angleterre. Nous avons la confiance d’être compris de l’autre côté du détroit. Nous serons sobres d’observations ; avant tout, nous rappellerons les faits.

Quand Louis-Napoléon fut élu président de la République, il ne trouva autour de lui, dans l’assemblée qui devait partager et souvent entraver son pouvoir, que des partis hostiles ou peu sympathiques à l’Angleterre : les légitimistes gardaient religieusement à nos ennemis séculaires le ressentiment historique de nos vieilles luttes nationales ; les républicains se rappelaient Pitt ligué avec Cobourg contre la Révolution pour l’anéantir ; les orléanistes regrettaient autant la protection qui les avait humiliés que l’abandon dont ils avaient souffert avant de tomber ; enfin, les partisans de l’Empire avaient encore l’âme ulcérée des souvenirs les plus douloureux de l’histoire contemporaine.

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Arthur de La Guéronnière
L'Empereur Napoléon III et l'Angleterre
I
Nous croyons qu’il y a un devoir à remplir envers l’opinion : c’est de faire entendre une parole impartiale et calme en présence des passions qui ont été si injustement soulevées en Angleterre. Nous avons la confiance d’être compr is de l’autre côté du détroit. Nous serons sobres d’observations ; avant tout, nous rappellerons les faits. Quand Louis-Napoléon fut élu président de la République, il ne trouva autour de lui, dans l’assemblée qui devait partager et souvent ent raver son pouvoir, que des partis hostiles ou peu sympathiques à l’Angleterre : les légitimistes gardaient religieusement à nos ennemis séculaires le ressentiment historique d e nos vieilles luttes nationales ; les républicains se rappelaient Pitt ligué avec Cobourg contre la Révolution pour l’anéantir ; les orléanistes regrettaient autant la protection qui les avait humiliés que l’abandon dont ils avaient souffert avant de tomber ; enfin, les partisans de l’Empire avaient encore l’âme ulcérée des souvenirs les plus douloureux de l’histoire contemporaine. er Qu’allait faire l’héritier de l’empereur Napoléon I , devenu le chef de la France ? Céderait-il aux rancunes et aux préventions des par tis ? encouragerait-il, par son exemple, les haines internationales encore frémissantes au souvenir de Waterloo et de Sainte-Hélène ? vengerait-il, au moins par sa froideur, son nom et son caractère injuriés par la presse anglaise au moment de son élection ? Non. L’exil est une école de sagesse et de maturité pour ceux que Dieu destine à régner. A cette école, Louis-Napoléon avait beaucoup appris et beaucoup oublie. Il ne se souvint que de l’hospitalité qui avait adouci les épreuves de ses mauvais jours ; il ne considéra que les grands intérêts qui rapprochaient la France et l’Angleterre pour le bien de la civilisation.
II
En 1849, la Porte est menacée par l’Autriche, à cau se de l’asile qu’elle accorde aux réfugiés hongrois. Le président de la République pe nse que la France ne peut pas se désintéresser dans ce débat qui semble de nature à affecter de graves questions européennes. Il ordonne à la flotte française de se diriger vers les Dardanelles en même temps que la flotte anglaise, et il saisit ainsi la première occasion d’une entente active entre les deux gouvernements. Mais il y avait encor e à cette époque de telles susceptibilités contre l’Angleterre que le ministère français, dont M. Odilon Barrot faisait partie, mit une condition à l’envoi de notre flotte, c’est qu’elle ne naviguerait pas avec la flotte anglaise, et que son action serait distincte , quoique le but fût commun. Il y avait sans doute, dans cette réserve, un excès de défianc e, mais ce n’était que la conséquence d’un excès de ressentiment entretenu par la double influence de la tribune et de la presse.