L’Empire ottoman à l’âge des réformes

L’Empire ottoman à l’âge des réformes

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Livres
402 pages

Description

Le champ politique ottoman présente de nombreuses discontinuités (les révolutions de 1908 et des années 1920). Par contre, l’étude des réformes nous amène à conclure à une évidente continuité à travers « le long XIXe », y compris au début du XX siècle. L’étude de cas de l’armée ottomane et des réformes militaires des Tanzîmât au XIXe siècle jusqu’à la Révolution kémaliste, au début des années 1920, montre différentes étapes d’un processus de changement. De ce point de vue, cette approche nous permet de reconsidérer les périodisations reçues et offre de nouvelles perspectives heuristiques. C’est pourquoi cette étude intéressera non seulement les historiens, mais en particulier les historiens militaires et les sociologues, les politologues couvrant le champ de la Turquie, de l’Empire ottoman et de la Méditerranée au sens large.


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Date de parution 24 février 2016
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EAN13 9782362450525
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’Empire ottoman à l’âge des réformes Les hommes et les idées du « Nouvel Ordre » militaire, 1826-1914
Odile Moreau
Éditeur : Institut français d’études anatoliennes Année d'édition : 2007 Date de mise en ligne : 24 février 2016 Collection : Passé ottoman, présent turc ISBN électronique : 9782362450525
http://books.openedition.org
Édition imprimée ISBN : 9782706819537 Nombre de pages : 402
Référence électronique MOREAU, Odile.L’Empire ottoman à l’âge des réformes : Les hommes et les idées du « Nouvel Ordre » militaire, 1826-1914.Nouvelle édition [en ligne]. İstanbul : Institut français d’études anatoliennes, 2007 (généré le 01 mars 2016). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782362450525.
Ce document a été généré automatiquement le 1 mars 2016. Il est issu d'une numérisation par reconnaissance optique de caractères.
© Institut français d’études anatoliennes, 2007 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Le champ politique ottoman présente de nombreuses discontinuités (les révolutions de 1908 et des années 1920). Par contre, l’étude des réformes nous amène à conclure à une évidente continuité à e travers « le long XIX », y compris au début du XX siècle. L’étude de cas de l’armée ottomane et e des réformes militaires des Tanzîmât au XIX siècle jusqu’à la Révolution kémaliste, au début des années 1920, montre différentes étapes d’un processus de changement. De ce point de vue, cette approche nous permet de reconsidérer les périodisations reçues et offre de nouvelles perspectives heuristiques. C’est pourquoi cette étude intéressera non seulement les historiens, mais en particulier les historiens militaires et les sociologues, les politologues couvrant le champ de la Turquie, de l’Empire ottoman et de la Méditerranée au sens large.
ODILE MOREAU L’auteur a soutenu une thèse d’histoire à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV), préparée à l’Institut français d’études anatoliennes d’Istanbul et est diplômée de l’INALCO en langue et civilisation turques. Chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain de 1999 à 2003, elle y a dirigé un programme de recherche sur la réforme de l’État au Maghreb et dans le monde musulman méditerranéen. e e Coéditrice deRéforme par le haut, réforme par le bas, la modernisation des armées aux XIX siècles- XX paru en 2004 chez Oriente Moderno (Rome), elle est actuellement maître de conférences à l’université de Montpellier III et membre du Laboratoire de recherche ESID – UMR 5609 (États, sociétés, idéologies et défense), ainsi que chercheur associé au CHSIM-EHESS(Centre d’histoire sociale de l’islam méditerranéen) à Paris.
SOMMAIRE
Préface
Introduction
Prologue
Première partie. Les hommes de l'armée ottomane réformée
Avant-propos
Chapitre 1 : Être militaire dans l’Empire ottoman 1- La conscription 2 – Les exemptions
Chapitre 2 : La culture, les diplômes 1 – Les ressources scientifiques de l’Occident au service de la modernisation de l’armée ottomane 2 – Les diplômes du centre 3 – Les diplômes des provinces 4 -Les diplômes, facteur d’intégration et d’ascension sociale
Chapitre 3 : Les espaces du militaire : vers l’incorporation de la périphérie 1- L’institutionnalisation de régiments de cavalerie bosniaque en 1874 2- L’organisation d’une cavalerie irrégulière : les régimentshamîdiye(1891-1908) 3- Vers la fin des exemptions : Tripoli de Barbarie (1902)
Deuxième partie. Officiers, soldats et contestation dans l' armée
Avant-propos
Chapitre 4 :Gâzîversus individu : Trois généraux ottomans face au pouvoir hamidien : Ahmed Muhtar, Süleyman et Osman 1– Gâzî Ahmed Muhtâr Paşa ou la gloire sans le pouvoir (1839-1919) 3 – Gâzî Osman Paşa ou la gloire et le pouvoir (1833-1900)
Chapitre 5 : La contestation dans l’armée ottomane à la fin de l’Empire ottoman Les causes du mécontentement dans l’armée Les facteurs d’ordre économique et financier Les facteurs de tensions morales et psychologiques Les facteurs de tensions hiérarchiques : la dichotomie entre officiers diplômés [mektepli] et sortis du rang [alaylı] L’engagement des officiers Le rôle de l’armée envisagé par un penseur jeune-turc Les réfractaires Les révoltes de soldats
Troisième partie. Armée et politique au début du 20e siècle
Avant-propos
Chapitre 6 : L’aile civile du Comité Union et progrès au pouvoir (1908-1913) 1 – Les réformes militaires jeunes-turques de 1908 2 – Coups d’État et affrontements militaires 3 – D’une guerre à l’autre
Chapitre 7 : L’aile militaire jeune-turque au pouvoir (1913-1914) 1 – L’armée prend le pouvoir 2 – Les chemins de la guerre
Conclusion
Bibliographie
Note sur la transcription suivie
Abréviations
Glossaire
Index
Préface
1Cet ouvrage voit le jour grâce à l’Institut Français d’Études Anatoliennes-Georges Dumézil (IFEA) qui m’a accueillie pendant plusieurs années lors de sa préparation en Turquie et j’en remercie chaleureusement ses directeurs Jacques Thobie et Stéphane Yerasimos (). Je remercie aussi l’UMR 5609 État, Société, Idéologie et Défense (ESID) de l’université Paul Valéry-Montpellier III et l’IFEA qui ont soutenu sa publication, ainsi que Pierre Chuvin qui accueille ce volume dans la collection de l’IFEA « passé ottoman, présent turc ». 2Je veux exprimer ma gratitude envers tous ceux et celles qui ont accompagné la réalisation de cet ouvrage. Il est en partie tiré d’une thèse de doctorat en histoire présentée à la Sorbonne (université de Paris IV). La périodisation retenue part de l’abolition du corps des Janissaires (1826) jusqu’à l’entrée dans la Première Guerre mondiale (1914), élargissant ainsi le spectre initial de cette étude et privilégiant des thématiques d’histoire sociale. 3Je souhaite remercier tous les personnels des archives et des bibliothèques que j’ai consultées, en France, en Turquie et en Allemagne, pour leur aide précieuse et leur disponibilité. 4En France, au Service Historique de l’Armée de Terre (SHAT) à Vincennes, au Ministère des Affaires Étrangères (MAE) à Paris, aux archives consulaires à Nantes, dans les bibliothèques des langues Orientales, de la Sorbonne, de la Société Asiatique, la Bibliothèque Nationale... En Turquie, aux archives de la Présidence du Conseil (Başbakanlık Arşivi), aux archives militaires à Ankara (ATASE), aux archives de la marine à Istanbul, dans les bibliothèques de l’IFEA, de l’Orient Institut, du Musée Militaire, de l’Académie militaire, de la bibliothèque municipale Atatürk, de l’İSAM... à Istanbul et celles d’ATASE, de la Bibliothèque nationale et de la Société Turque d’Histoire (TTK) à Ankara... En Allemagne, aux archives militaires de Freiburg i. B., aux archives diplomatiques à Bonn, puis à Berlin, dans les bibliothèques de l’université de Freiburg, du séminaire oriental de l’université de Freiburg i. B., de la Staatsbibliothek (Stabi) et du Zentrum Moderner Orient (ZMO) à Berlin. 5Je remercie mon directeur de thèse, Jacques Frémeaux ainsi que les membres de mon jury, Jean-Paul Charnay, François Georgeon et Jacques Thobie pour leur lecture attentive, les corrections et les remarques prodiguées. Ma gratitude s’adresse aussi à Orhan Koloğlu qui a relu le manuscrit à plusieurs reprises. 6Ma réflexion s’est enrichie d’échanges lors de séminaires, workshops, table-rondes et colloques. Que tous ceux et celles qui y ont contribué soient remerciés. 7Les documents iconographiques illustrant cet ouvrage appartiennent aux collections de l’IRCICA et à la collection privée d’Orhan Koloğlu à Istanbul, ainsi qu’aux archives diplomatiques allemandes. Je remercie Ekmeleddin İhsanoğlu, Orhan Koloğlu et Peter Grupp d’avoir autorisé leur reproduction. 8Enfin, je remercie ma famille et mes amis qui m’ont accompagnée au cours de ces années de recherche et je dédie cet ouvrage à ma mère en hommage à ses encouragements constants.
Introduction
1L’abolition du corps des janissaires en 1826 marqua l’engagement de l’armée ottomane dans un processus de changement permanent, reflétant à la fois les politiques des élites dirigeantes et les tensions d’une société en crise. Le champ politique ottoman présente nombre de discontinuités — le coup d’État de 1876, les révolutions de 1908 et celles des années 1920. Par contre, l’étude des e réformes nous révèle une évidente continuité à travers le « long 19 siècle », y compris le début e e du 20 siècle. Les réformes militaires du 19 siècle jusqu’à la révolution kémaliste au début des années 1920 n’y dérogent pas et montrent différentes étapes d’un processus de changement. Cette approche nous permettra de reconsidérer les périodisations reçues et offrira de nouvelles perspectives heuristiques. 2Qui étaient les hommes du « Nouvel Ordre » militaire - cette nouvelle armée de conscription - et quelles étaient leurs idées ? Il s’agit de rendre compte de la diversité de l’armée ottomane et des disparités existant entre corps d’armée, entre garnisons, mais aussi entre officiers et soldats. Comment le recrutement des officiers et des soldats bouleversa-t-il les mentalités et la vie quotidienne ? Dans quelle mesure l’armée ottomane fut-elle le creuset de la construction nationale, aboutissant au recrutement des non-musulmans après la révolution jeune-turque de 1908 ? À cet égard, les nouvelles écoles militaires ouvertes dans l’Empire ottoman eurent un rôle précurseur en dispensant des savoirs scientifiques dits modernes, dont elles eurent l’exclusivité pendant quelques décennies et contribuèrent à modifier les représentations des nouvelles générations d’officiers instruits. 3Nous procéderons à une variation d’échelles, combinant une approche micro-sociale des acteurs croisée avec une approche plus globale des réformes militaires dans leur dimension impériale. Les réformes militaires ottomanes étaient impulsées du centre de l’Empire et nous essaierons d’en dresser un état des lieux. Mais nous mesurerons leur prégnance en scrutant également les marges de l’Empire : en Europe, avec la Bosnie, en Anatolie orientale avec leshamidiyeet en Afrique avec levilâyetde Tripoli de Barbarie. Elles nous permettront d’analyser les rapports de force entre les forces locales et les autorités centrales. L’Empire ottoman était un Empire à continuité territoriale, mais il recouvrait des réalités différentes, tant du point de vue géographique, social, politique que culturel. Certaines provinces éloignées ne purent être soumises au service militaire ou très partiellement et lorsqu’elles se montrèrent très réfractaires, elles en furent exemptées. Nous analyserons aussi le processus de levée des exemptions et de négociation entre les autorités étatiques et les autorités locales. 4Pour retracer des parcours de vie d’officiers, nous avons brossé quelques portraits de militaires de haut rang, par une approche de l’armée « à hauteur d’hommes ». Ces portraits choisis parmi les héros de la guerre russo-turque de 1877-1878 nous révèlent des trajectoires très contrastées et nous conduisent, de par leur engagement, à questionner les formes de contestation de l’armée. Officiers et soldats expriment des contestations plurielles et nous les analyserons pour comprendre comment elles ont pu se conjuguer et aboutir à la « révolution jeune-turque » de 1908, puis, à la chute du régime hamidien et à la prise du pouvoir par les militaires. Ces nouveaux rapports de force nous mènent à interroger la polarisation des forces dans la société et notamment la place dévolue à l’armée. L’évolution de l’armée contemporaine turque ainsi que son e rôle social et politique se jouent au début du 20 siècle, dans une période très mouventée, ponctuée par les coups de forces et l’enchaînement des guerres.
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L’ouvrage est articulé autour de quatre parties. La première est consacrée aux soldats du « Nouvel Ordre » militaire : la conscription et ses exemptions. Quel était le rôle de la culture et dans quelle mesure les diplômes fonctionnaient-ils comme un facteur d’intégration et d’ascension sociale ? La deuxième partie s’intéresse aux espaces du militaire et à l’incorporation de la périphérie. D’une part, à la construction progressive de l’espace du centre par la formation de corps d’armée et d’autre part, à l’évolution des espaces périphériques avec trois études de cas : l’institutionnalisation de régiments de cavalerie bosniaques (1874), la formation deshamidiye (1891) et la levée de certaines exemptions territoriales : Tripoli de Barbarie (1902). Le sujet de la troisième partie est les officiers et les soldats au tournant du siècle : le microcosme des officiers à travers trois portraits et la contestation dans l’armée à la fin de l’Empire ottoman. La dernière, la quatrième partie, examine comment l’armée a investi la sphère civile au début du siècle — l’intervention des militaires dans l’arène politique par des coups d’État militaires — et comment elle conduisit à une militarisation de la société et à l’engagement dans la Première Guerre mondiale.
Carte 1 : Les provinces ottomanes en 1900
Carte 2 : L’empire Ottoman en 1914
Cartes adaptées de Halil İnalcik et Donald Quataert, édsAn economic and social history of the Ottoman Empire, 1300-1914, Cambridge, 1994, p. 775 ( Carte 1 ), p. XXIX ( Carte 2 ).