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L'enfant en situation de handicap

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Description

Accueillir un jeune en situation de handicap invite chacun à témoigner : parents, assistantes familiales, jeunes, membres des équipes techniques, formateurs... Ils parlent avec simplicité et authenticité des difficultés et des petits bonheurs qu'apportent ces rencontres au long cours. Entre humour, analyse et réflexion, chacun nous livre sa vision de l'accompagnement, évoque ses difficultés et les trouvailles pour les contourner. Ces témoignages émouvants et originaux viennent poser un regard critique et constructif sur les apports de cette communauté de travail.

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Publié par
Ajouté le 01 septembre 2017
Nombre de lectures 15
EAN13 9782140044489
Langue Français
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Ouvrage coordonné par
L’ENFANT EN SITUATION DE HANDICAP Claire Weil
Trajectoires des familles Les acteurs du placement familial témoignent
et Regards croisés des professionnels
Accueillir un jeune en situation de handicap, garçon
ou fi lle, invite chacun à témoigner depuis sa place :
une mère, des assistantes familiales, des jeunes, des L’ENFANT EN SITUATION
membres des équipes techniques, des formateurs, parlent
avec simplicité et authenticité des diffi cultés et des petits DE HANDICAPbonheurs qu’apportent ces rencontres au long cours. Entre
humour, analyse et réfl exion, chacun nous livre sa vision de
Les acteurs du placement familial témoignentl’accompagnement, évoque ses diffi cultés, nous fait partager
ses trouvailles pour les contourner. Ces témoignages sensibles, Trajectoires des familles
originaux, émouvants, viennent poser un regard critique et
et Regards croisés des professionnelsconstructif sur les apports de cette communauté de travail.
Illustration de couverture : photo de Valérie Pierron et montage de Nadine Baumgartner
Les auteurs : Marina Bazart, Christine Bernard, Caroline
Bonnet, Catherine Coiffi er, Chantal Ferrari-Lourme, Francine
Houillon, Jean, Bévinda Laheurte, Valérie Pierron, Christine
Plivard-Baudier, Cornelia Remmers, Frédéric Roque, Sylvie
Salla, Maud Stiernet, Claire Weil, Elisabeth Zucman.
Préface d’Elisabeth Zucman
ISBN : 978-2-343-12758-3
19,50 €
Ouvrage coordonné par
L’ENFANT EN SITUATION DE HANDICAP
Claire Weil
Les acteurs du placement familial témoignent



L'enfant
en situation de handicap

Les acteurs du placement familial
témoignent


TessitureS
propose deux collections qui abordent les questions du social par
des formes et des sensibilités différentes. Notre démarche s’appuie
sur le principe d’une autorisation de parole qui ne serait pas
confisquée par un statut.

Collection recherches études réseau TessitureS
Cette collection met l’accent sur des pratiques d’accompagnement de
recherche action et leur valorisation par la publication.

Que produit une sociologie impliquée et agissante ?
Comment les acteurs s’approprient-ils les méthodes, les outils pour
réinterroger les politiques, les dispositifs, les pratiques et leurs effets sur
les questions sociales et environnementales ? Regards croisés, paroles
diversifiées qui densifient la compréhension et donnent à entendre la
multiplicité des points de vue et des pratiques. L’écriture collective est
prise ici comme moyen de mettre en mouvement, de partager, de
coproduire, de prendre de la distance.

Déjà parus :
Anne Olivier (dir.), Sexe, genre et travail social, 2010
Anne Olivier (dir.), L’expérience d’un observatoire de la jeunesse, 2010
Pierre Bertaut & Michel Cotto (coord.), La solidarité des générations
c’est l’avenir !, 2014
Marie Mormesse, L’évaluation du travail social : une nécessité
impossible ?, 2015
Christiane Jean-Bart, Autisme : le sacrifice invisible, 2015
Xavier Dessane, Le téléphone portable : un outil éducatif ?, 2016
Samuel Schiro, Il était une fois un centre social, 2017


Collection TessitureS Littératures
Cette collection propose des éclairages différents
sur les mondes sociaux.

Déjà parus :
Claude Rouyer, Tu viens avec moi, 2010
Patrick Cauche, Souvenirs et itinéraire d’un enfant de la DASS, être et
avoir été, 2013
Enrique Garcia, Jusqu’à la moelle, 2014
Ouvrage coordonné par
Claire Weil



L'enfant
en situation de handicap

Les acteurs du placement familial
témoignent




Préface d’Elisabeth Zucman



















































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-12758-3
EAN : 9782343127583









Remerciements

Aux auteur-e-s, pour leur contribution
dans cette aventure collective.

À Patrick Breton - coordinateur Ile-de-France ANPF,
Francine Houillon - ex-chef de service au PFS de l'OHS,
Mireille Niclause-Weibel - assistante familiale Ressources,
Christine Plivard - directrice de CESAP Formation,
Vincent Ramon - président d'APFEL,
qui m'ont ouvert leur carnet d'adresses et facilité les contacts.

À Florence Crussaire - directrice du PFS de l'OHS,
Anne Grandin - chef de service, son équipe et
Caroline Masson - éducatrice,
Cornélia Remmers - directrice du CAFS Le Carrousel et son
équipe, qui m'ont toutes chaleureusement accueillie
dans leurs locaux pour des entretiens.

À Nadine Baumgartner pour ses éclairages rédactionnels.

À Anne Olivier pour son engagement militant et grâce à qui cet
ouvrage est publié dans la collection qu'elle dirige.

Et un remerciement spécial et amical à Claude Rouyer
dont le regard affûté et la main experte
ont permis à cet ouvrage de prendre corps.
7




Sommaire



Présentation des auteurs p. 11

Préface par Elisabeth Zucman p. 13

Introduction par Claire Weil p. 19

Avant-propos par Marina Bazart p. 23

L’accueil familial au quotidien p. 37
- Mamanchat par Valérie Pierron p. 39
- Allan : une aventure professionnelle et
personnelle par Bévinda Laheurte p. 47
- Christopher, un oléronais pour de vrai…
par Christine Bernard p. 63
- Accueillir une adolescente… par Chantal
Ferrari-Lourme p. 69
- Pas simple d’être un enfant placé…
mais pas si mal que ça !!! par Jean p. 77

L’accueil familial, un travail d’équipe p. 83
- Placement, famille, handicap… un travail
bien particulier par Caroline Bonnet p. 85
- Pédiatre c’est bien. Mais plus encore,
c’est mieux ! par Catherine Coiffier p. 99
- Travailler avec des assistants familiaux, c’est
travailler en équipe par Cornelia Remmers p. 107
- Favoriser la relation entre assistants
familiaux et parents par Frédéric Roque p. 117
- Rodrigue par Francine Houillon p. 137

9L’accueil familial vu d’ailleurs p. 147
- L’approche du handicap : un révélateur
de compétences ? par Sylvie Salla p. 149
- Quelle formation pour accueillir l’enfant
polyhandicapé ? par Christine Plivard p. 163
- Le « vice-versa » de l’accueil familial et
du handicap par Maud Stiernet p. 169

Quelques liens utiles p. 179



10

Présentation des auteurs




Christine Plivard : Directrice de CESAP
FormationDocumentation-Ressources, Paris.

Marina Bazart : Mère d’un enfant accueilli…

Christine Bernard : assistante familiale dans un service
de placement familial spécialisé.

Caroline Bonnet : docteur en psychologie, psychologue
clinicienne exerçant dans un service de placement familial
spécialisé. Formatrice occasionnelle auprès d’assistants
familiaux.

Catherine Coiffier : pédiatre exerçant dans un service de
placement familial spécialisé.

Chantal Ferrari-Lourme : assistante familiale dans un
service de placement familial spécialisé.

Francine Houillon : chef de service (récemment à la
retraite).

Bévinda Laheurte : assistante familiale, fondatrice de
l’association AssFamA’Venir et secrétaire bénévole de la
Fédération nationale des assistants familiaux (FNAF).

Valérie Pierron : assistante familiale dans un service de
placement familial spécialisé.
11
Cornelia Remmers : directrice adjointe de pôle au
CESAP, dans le 94, attachée au Carrousel qui réunit deux
services : un SESAD et un PFS.

Frédéric Roque : chef de service dans un service de
placement familial spécialisé.

Sylvie Salla : enseignante et directrice d'écoles
spécialisées - handicap mental et maladies invalidantes.
Membre de structures institutionnelles d'information aux
parents et d'orientation scolaire. Formatrice.

Maud Stiernet : ex-présidente de l’Association des
familles d’accueil en Belgique, elle a coordonné la
campagne ‘Opening Doors’ de ‘Eurochild’ et vit
actuellement à Vienne en Autriche.

Jean “Valjean” : ancien enfant placé.

Claire Weil : psychologue clinicienne dans divers PFS
durant 30 ans, formatrice à Espace-Enfance, puis
responsable pédagogique pendant 10 ans de la formation
des assistants familiaux à l'ETSUP. Auteure de différents
articles et ouvrages sur le placement familial
(weil.claire@orange.fr).

Elisabeth Zucman : médecin spécialiste de réadaptation
fonctionnelle. Cofondatrice du CESAP en 1965 et sa
directrice médicale de 1965 à 1975. Conseillère technique
et chercheuse du CTNERHI de 1975 à 1985. Présidente
d'honneur du Groupe Polyhandicap France depuis 2005.
Auteure de nombreuses publications sur la pratique
médico-sociale, aux éditions ERES

12




Préface



Elisabeth Zucman




Le placement familial spécialisé du CESAP : la longue
histoire du plus “inclusif” des Établissements
médicosociaux (EMS)


Introduction : Une aventure sous la pression des besoins

En 1967, l'accueil des jeunes enfants polyhandicapés se
résumait dans notre pays à quelques grandes fondations
religieuses ou publiques dont le coût de fonctionnement
était pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE).
C'était le cas par exemple de l'hôpital de La Roche Guyon,
relevant de l'AP-HP, qui a accueilli, en 1967 et pendant
1une dizaine d'années, le premier PFS du CESAP .
En effet, les parents des enfants suivis dans les
consultations pluridisciplinaires, créées par le CESAP
dans les hôpitaux pédiatriques de l'AP-HP dès 1965, se

1 CESAP : Comité d'Études, d'Éducation et de Soins Auprès des
Personnes Polyhandicapées

13sont pour beaucoup révélés être dans un état d'épuisement
alarmant ; ils étaient acculés à demander un “placement”
rapide, alors qu'ils ne souhaitaient pas une telle séparation
de survie pour l'ensemble de leur famille.
Nous avons été guidés alors par le docteur Myriam
David vers ce qui était, pour le CESAP naissant, l'unique
possibilité d'accueil médico-social dans le maximum de
qualité humaine et technique ; Myriam David elle même,
pédopsychiatre expérimentée, avait mis en œuvre en tant
que responsable de la santé mentale du treizième
arrondissement de Paris, le Placement familial spécialisé
pour des enfants psychiquement fragilisés par une
pathologie mentale familiale. Le docteur Myriam David
nous a généreusement initiés et formés à la complexité des
ressources à mettre en œuvre pour transformer un simple
accueil familial en un outil thérapeutique efficient pour
l'enfant et sa famille, tout en respectant pleinement
l'équilibre interne de la famille d'accueil par des soutiens
et une formation continue.

Les fondements du PFS du CESAP
Parce que le PFS est une « Institution » hors sol et
dépourvue de murs, il a besoin de s'enraciner dans des
repères précis et solides.
C'est d'abord une équipe pluridisciplinaire : elle
avait été choisie en partie parmi les soignants,
rééducateurs et éducateurs de nos consultations
hospitalières et « placée sous la houlette » d'une
assistante de service social à plein temps et elle même
implantée dans la région même du PFS pour favoriser le
2
recrutement toujours complexe des assistantes familiales .
Son rôle dans la cohésion du travail d'équipe, le suivi
des enfants, l'engagement de chacun à leur égard, le

2 Note de la coordinatrice : dans les années 70 on ne parlait pas
d'assistante familiale mais d'assistante maternelle.
14respect des équilibres propres à la famille d'accueil et de
ses bonnes relations avec la parenté de l'enfant... Ces
tâches multiples doivent être comprises et harmonisées par
cet unique référent.
En général, dans notre expérience, la lourde
responsabilité de l'assistante sociale, directrice du PFS, a
été étayée par le médecin psychiatre, en l’occurrence le
docteur Stanislas Tomkiewicz, responsable de l'équipe
pluridisciplinaire.
Ensemble, ils ont veillé pendant des années au partage
continu avec les assistantes familiales de trois repères
fondamentaux :
- Une relation souple et bienveillante de tous avec
chaque enfant accueilli, sans empiétement sur la
fonction parentale qui doit être aidée et relayée, et
non pas inconsciemment substituée ou remplacée ;
- Auprès d'enfants polyhandicapés, toujours plus ou
moins dépendants de l'adulte dans les gestes de la
vie quotidienne, les assistants familiaux et les
membres de l'équipe pluridisciplinaire ont à
assumer une double tâche : les soins quotidiens et
l'accompagnement éducatif, liés dans un juste
équilibre ;
- Tous - familles d'accueil et parents et équipe - ont
besoin de recevoir, en continu, une bonne
information sur les besoins, les troubles et les
attentes des enfants et sur les tâches entreprises
pour leur bien être. Ils ont tous eu aussi le droit et
la possibilité de s'exprimer sur ce qu'ils vivent au
PFS, qu'il s'agisse de leurs satisfactions ou de leurs
réserves.




15Les apports et les limites du PFS
Le PFS a donc été le premier outil de soin et
d'éducation créé au CESAP en raison de notre volonté de
soulager des familles épuisées.
Il s'est révélé très vite, qu'à condition que les familles
d'accueil et les enfants polyhandicapés fassent l'objet
d'une attention vigilante et d'un soutien continu, le
PFS était véritablement thérapeutique dans plusieurs
domaines.
- Les enfants - en général âgés de 3 à 10 / 12 ans -
en ont été les premiers bénéficiaires. Ils devenaient
en peu de temps, plus calmes, attentifs à
l'entourage, détendus, désireux de se faire
comprendre avec leur regard et par leur quête
soutenue d'entrer en contacts corporels et
communicationnels. Très entourés par toute la
famille d'accueil, ils n'ont pas montré de signes de
détresse de séparation ; et c'est grâce au PFS que
nous avons découvert leur surprenante capacité
d'attention et d'attachement aux proches qui
prennent soin d'eux dans la quotidienneté. Ils se
sont tous facilement adaptés aux regroupements
avec leurs pairs en petits groupes. Nous les avions
mis en place très tôt pour offrir à la famille
d'accueil un repos régulier, mais aussi pour évaluer
l'évolution de ces jeunes enfants et les préparer à
des contacts élargis entre pairs ;
- Les familles d'accueil : dans la quarantaine
d'assistantes maternelles recrutées certaines étaient
de très jeunes mères, quelques unes avaient l'âge
d'être grand mères et la plupart n'avait pas eu
d'activité professionnelle. A l'exception d'une ou
deux qui ont dû quitter le PFS, toutes se sont
véritablement engagées dans ce « métier » où elles
se sentaient utiles et appréciées et elles y ont
16entraîné leur famille proche. Elles ont tiré une
légitime fierté des progrès qu'elles ont fait faire à
l'enfant qui leur était confié. Elles ont apprécié,
elles qui n'avaient pas pu faire d'études
secondaires, les connaissances nouvelles que
l'équipe pluridisciplinaire partageait avec elles
dans des rencontres régulières. Enfin, comme il
leur était naturel que l'enfant polyhandicapé
partage toutes leurs activités (les courses, les fêtes
de village...) elles leurs ont ainsi offert une vie
socialement intégrée, plusieurs années avant
qu'une politique d' “inclusion” ne soit édictée. Et
c'est ainsi que quelques uns des “Cesapons” se sont
retrouvés inclus dans la maternelle du village.

Cependant, les limites que nous avions nous mêmes
imposées au PFS dès sa création, se sont révélées
indispensables, à l'expérience. Nous avions limité l'accueil
à un seul enfant par famille - exceptionnellement à deux
en séjour temporaire - car nous savions qu'ils ont besoin
d'une parfaite disponibilité.
Le PFS nous semblait mal adapté aux enfants
polyhandicapés atteints de troubles somatiques très
sévères ou de troubles graves du comportement. La durée
de l'accueil pour un même enfant était bornée à deux ou
trois ans au maximum pour limiter l'impact anxiogène,
parfois culpabilisé sur l'assistante maternelle et la protéger
de l'épuisement. Par contre nous n'avions bien sûr aucun
moyen de rétribuer les familles d'accueil à la hauteur de
leur engagement et de leur grande valeur humaine.

Pour les familles
Nous n'avons jamais tenté d'obtenir l'accord des
familles qui, bien qu'épuisées, n'acceptaient pas de confier
leur enfant à une autre famille que la leur. Mais tout en
17