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L'enjeu tiers-mondiste

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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296389311
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L'ENJEU TIERSMONDISTE DÉBATS ET COMBATS

Du même auteur Aux ongmes des tiersmondismes, colonialistes en France (1919-1939). 1982. Colonisés et antiParis, L'Harmattan,

CLAUDE LIAUZU

L'ENJEU TIERSMONDISTE
Débats et combats

L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique
75005 Paris

@ L'HARMATIAN, 1987
ISBN: 2-85802-793-5

Avant-propos
«

Revendiquant

à qui mieux mieux le droit

d'utiliser cet infortuné pays au gré de leurs polémiques et ne trouvant d'autres motifs de s'y intéresser que les arguments qu'ils y ramassaient pour s'en bombarder réciproquement..." Jean-Richard BLOCH (à propos de Voltaire et les Jésuites sur la Chine.) Europe, 1923.

.

Les théologiens, mais aussi ceux qui s'intéressent au Tiers Monde, savent que les relations entre religions et civilisations n'ont jamais été simples, d'autant plus qu'elles ont toujours été prétexte à nos querelles domestiques. Ainsi, les jésuites du XVIIIe siècle se colletaient dans une dispute aussi féroce qu'obscure avec leurs frères en Jésus-Christ sur la compatibilité des rites chinois et du catholicisme, bien avant les querelles tiersmondistes actuelles. Nos polémiques à propos des autres rebondissent aujourd'hui à l'intérieur de l'Eglise, sur la théologie de la libération, ou autour du Comité catholique contre la faim et pour le développement, accusé par le Figaro Magazine de soutenir la subversion au Chili de Pinochet et ailleurs. Elles opposent dans l'opinion et la classe politique ceux pour qui l'Europe est une citadelle de la culture et de la liberté assiégée par les barbares, et ceux pour qui le Tiers Monde, comme notre péninsule Europe, est du monde. Sur la rive gauche de la Seine, des intellectuels se déclarant déçus du tiersmondisme, pour raison de Droits de l'homme, pétitionnent auprès de l'Amérique de Reagan en faveur d'une intervention contre le Nicaragua. C'est la philosophie du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés, créé en 5

1978, contre la menace marxiste, c'est aussi celle de l'organisation Liberté sans frontières, fondée en janvier 1985, par Médecins du même nom, qui est partie en campagne contre «les pourfendeurs de la démocratie» et de l'économie de marché, c'est-à-dire les tiersmondistes. sos-France - 505Racisme: notre Tiers Monde intérieur, celui de l'immigration, divise profondément. A Marseille et dans le Sud-Est, la hantise de voir «la Bonne Mère» affublée d'un tchador explique les records électoraux du Front national. A contrario, on peut se féliciter des manifestations humanitaires qui répondent aux épidémies, aux famines, tremblemehts de terre et autres calamités. Car, contrairement aux idées reçues, jamais l'aide aux déshérités n'a suscité autant de générosité. Tant de générosité qu'elle est devenue un marché que se disputent les spécialistes du marketing et un nombre croissant d'associations, quelque 500 chez nous. La faim fait chanter et courir, et Bob Geldof se flatte de la rendre sexy. Il est urgent de démêler les contradictions qui dominent nos représentations du Tiers Monde, ce précipité d'inquiétude devant la masse critique et la violence qui s'y accumulent, de peur d'effet boomerang, une morale du minimum tenant lieu de politique. La confusion des sentiments qui définit nos relations avec les autres n'est certes pas chose nouvelle, mais elle ne saurait durer dans le monde actuel sans risques graves. D'abord parce que ce monde, de plus en plus divisé, où les écarts grandissent, est aussi de plus en plus un. La crise qui est autour de nous est aussi chez nous: les chocs et contre-chocs pétroliers, la dette, la longue dépression économique ne peuvent trouver d'autre solution que mondiale. Une logique inéluctable associe le devenir des millions de chômeurs et nouveaux pauvres en France, les 10 % de sans-emploi américains et la misère du Tiers Monde. La crise est également en nous. Les nuées de Tchernobyl et les catastrophes dites primitives paraissent distinguer un Occident hyper-technique et trois continents proches de l'état de nature. Pourtant, les mythes de la croissance et l'idéologie de la modernité qui ont fondé le «décollage» des sociétés industrielles sont devenus la chose du monde la mieux partagée. C'est en fonction de ce modèle que l'on hiérarchise la
planète: PSD, PED, PMA, NPI (Pays sous-développés, Pays en

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voie de développement, Pays les moins avancés, Nouveaux pays industriels...). C'est en fonction de ce modèle que s'est constitué depuis l'après-guerre un gigantesque ensemble d'organismes internationaux, qu'a été élaboré un corps de doctrine «développementaliste », qu'ont été mises en œuvre les politiques d'industrialisation les plus diverses. Or, si le développement s'éloigne du Tiers Monde comme l'horizon du marcheur à mesure qu'il avance vers lui, si d'année de la faim en décennie du développement l'impasse demeure, il faut bien s'interroger sur le pourquoi et sur la nature de l'échec. C'est une histoire à laquelle l'Occident est intimement mêlé, dont il est le centre, car il est la seule civilisation dont l'expansion a lié son destin à celui des autres continents, a créé un monde à sa mesure. Il faut donc, aussi, s'interroger sur les conséquences d'un tel échec. La remontée de l'islamisme, ce n'est pas l'agitation des fous de Dieu, ni un fanatisme arriéré des guerriers d'Allah. Elle participe d'une recherche désespérée d'alternatives à la modernité subie comme une fatalité et vécue comme une aliénation, elle fait couple avec elle, pour le pire. Car c'est le pire qui menace. Des caravanes de secours aux expéditions punitives, il n'y a qu'un pas. A Paris, en 1848, la bourgeoisie cultivait à la fois la philanthropie et la répression envers les misérables. Aujourd'hui, la politique extérieure américaine applique une «doctrine d'intervention» sur les points chauds et les zones de destabilisation du système. Le terrorisme et les prises d'otages, bombes atomiques du pauvre ou d'Etats masqués derrière lui, qui atteignent, au nom des peuples opprimés, les populations civiles et détruisent par là même toute possibilité de langage commun, peuvent déboucher sur toutes les aventures. L'Europe, humiliée et effrayée, approuve la leçon infligée au mad dog (chien fou) libyen et redécouvre ses démons racistes. Aussi, cet ouvrage n'est-il pas une contribution de plus à la littérature sur le monde dit tiers, il cherche à analyser les effets de miroir que constituent nos représentations. S'il est indispensable d'étudier les autres continents pour ce qu'ils sont, il est non moins nécessaire de décrypter les savoirs et les stéréotypes à travers lesquels ils sont perçus, de comprendre comment ceux-ci s'élaborent et composent une opinion publique. 7

Cet ensemble complexe est appréhendé à trois niveaux: Dans quelles conditions les sciences sociales construisentelles leurs objets d'étude? De quels outils disposons-nous pour interpréter les formations différentes? Où se situent les zones d'ombre? Dans quelle mesure les notions de Tiers Monde et développement sont-elles opératoires? Le premier chapitre s'efforce de présenter un état des questions. Le second concerne les états d'âme de l'intelligentsia parisienne, qui serait passée des enchantements tiersmondistes au désenchantement. Quels sont le contenu et la signification de polémiques aussi bruyantes que confuses, quels en sont les enjeux? Comment expliquer l'intérêt suscité par les débats portant sur le comment peut-on être persan? Ce serait un contresens d'y voir une tempête dans un verre d'eau, car les thèmes des affrontements idéologiques dont le Tiers Monde est l'objet sont fondamentaux, pour la droite et pour la gauche. Quel ordre mondial, quels rapports entre le Nord et le Sud, entre la société du calme que serait l'Occident et les mouvements qui grossissent inéluctablement ailleurs? Parmi les acteurs de ces relations, le troisième chapitre est consacré aux Organisations non gouvernementales. Les ONG se sont imposées dans le dernier quart de ce siècle comme une force de poids, en tissant un réseau serré d'échanges avec les sociétés différentes, et en accumulant un capital de connaissances original, en jouant un rôle positif dans l'évolution de l'opinion. Tout cela, qui est important et fragile, mérite attention et réflexion.

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CHAPITRE

PREMIER

Tiers Monde: l'état des questions
Dans ce chapitre, on s'efforcera de faire un point sur les sciences sociales tiersmondistes, sur les notions qui en sont la clef de voûte. Sont-elles en mesure de rendre compte de réalités changeantes et de procéder à une mise à jour de la réflexion sur le devenir d'un monde déroutant? Questions qui passent par un préalable: comment s'est mis en place ce champ d'étude spécialisé? Comment définir ses fonctions?
1. L'ÉMERGENCE DU CHAMP D'ÉTUDE TIERSMONDISTE

Les curiosités envers les civilisations différentes ne sont pas l'apanage de l'Occident, mais c'est là seulement qu'elles se sont constituées en corps de savoir systématique. Il n'y a pas d'occidentalistes dans le Tiers Monde. Ce besoin et cette capacité de définir, de classer, d'étudier les autres sociétés ont une longue histoire, intimement liée à l'expansion de l'Occident. 1. Des savoirs coloniaux à la décolonisation des sciences sociales La fascination de l'Islam, l'orientalisme, l'ethnographie, la littérature de voyage... une longue liste d'instruments de connaissance compose un système s'intégrant dans l'ensemble de nos rapports avec le reste du monde. A bourgeoisie conquérante, savoirs conquérants, et ceux-ci épousent les rythmes 9

de la pénétration des trois continents. D'où l'interrogation, ou les accusations, sur les finalités de ce savoir, car il est aussi un pouvoir. D'où, aussi, les questions portant sur sa valeur scientifique. Ces critiques se sont tout particulièrement exprimées à la fin de l'époque coloniale, quand s'est imposée la double évidence de l'étroitesse des relations nouées avec l'appareil de domination impérial et des effets sclérosants qui en ont résulté.

Analysant les résultats de
bine », Jacques
«

«

125 ans de sociologie maghréde son franco-centrisme:

Berque s'effarait

provinciale (1).» Bilan accablant! L'ambition de décrypter les mystères de l'Afrique du Nord se retournait en reflet dans un miroir français, ou se réduisait à une image figée de chambre obscure. Le choc de la décolonisation a suscité une crise profonde, tout autant morale qu'intellectuelle, déontologique et épistémologique. Elle est une des composantes de ce qu'on peut appeler la crise de conscience algérienne. Peut-être l'a-t-on oublié, depuis le long pontificat structuraliste qu'il a exercé, mais Claude Lévi-Strauss a été l'un des animateurs de ce combat d'idées. Il en a défini la portée dans Race et Histoire, écrit en 1952 pour l'Unesco: « L'humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires, dont l'un tend à instaurer l'unification, tandis que l'autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification. La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de

Cette terre faisait trop corps avec nous pour ne pas être

nous, devant nous.

»

C'est la différence qui enrichit: « Les formes de vie et de pensée étudiées par l'anthropologie sont une chance permanente pour l'homme, sur quoi l'anthropologie sociale, surtout aux heures les plus sombres, aurait mission de veiller. » La création d'une chaire dans cette discipline au Collège de France en 1960 constitue une sorte de révolution coperni-

cienne. Avec la découverte des

« Brazzavilles

noires », en

1955, G. Balandier contribue à l'entrée du temps, des changements, des contradictions dans la vieille ethnographie. Tel est le moment fondateur d'un champ scientifique tiersmondiste en France, et ses caractères en expliquent les lignes de force. La rupture algérienne a imposé des questions fondamentales. Comment un corps de savoir aussi ancien que la présence française au Maghreb a-t-il pu ignorer les dyna10

miques accumulées dans le pays réel? Quelles sont la place et la fonction des spécialistes des sciences sociales dans la guerre où ils sont entraînés? L'émergence historique de trois continents, la dialectique politique nouvelle que constituent les mouvements de libération, l'effervescence idéologique et culturelle qui les accompagne déterminent les réorientations des chercheurs et les clivages entre droite et gauche. Cette politisation de la recherche a été d'autant plus marquée qu'elle s'est conjuguée avec la progression du marxisme dans l'académie. Non pas que ce dernier ait eu des réponses toutes faites, loin de là, et pour lui aussi, le Tiers Monde a été un cauchemar. Mais les rénovateurs de l'époque ne pouvaient ignorer les révolutions contre le dogme qu'étaient la constitution d'une nation algérienne en dehors du modèle et les avancées de l'histoire là où on ne les attendait pas, dans les colonies et non au centre. L'autre découverte de l'époque, qui compose le second volet du champ d'étude tiersmondiste, est celle du sousdéveloppement. 2. Le sous-développement La notion de sous-développement a pris forme dans les couloirs de la Maison blanche et de l'ONU, autOur de 1948, mais le mot anglais est entré dans le Robert à partir de 1956 seulement. En son temps, il a supplanté, de manière heureuse, sous-évolué, attardé, arriéré... dans la mesure où il en remplaçait les connotations ethnicistes par des critères matériels et quantifiables - les niveaux de production, de vie, ... apparemment objectifs. Le corpus scientifique se met en place dans la deuxième moitié des années cinquante. Dès 1957, l'économie du développement a décollé, et elle a son pilote, Rostow, dont le maître livre, The Stages of Economic Growth, traduit en français en 1960, fournit les fondements des conceptions dominantes. En 1955, l'ONU publie une Bibliographie des ouvrages relatifs aux méthodes et aux problèmes de l'industrialisation dans les pays sous-développés. En France, c'est d'abord par la démographie - et l'Algérie - que la question est abordée. L. Chevalier pose en 1947, à l'Institut national des études 11

démographiques, «le problème démographique nord-africain », celui de la surpopulation, qui devient crucial depuis les années trente. Le Congrès mondial de la population, tenu à Rome en 1956, est consacré aux « as ects démographiques du développement économique et socia ». Mais l'économie devient chez nous aussi la discipline clef dans ce domaine avec les travaux du père Lebret et de P. Bairoch entre 1952 (Le sous-développement et sesproblèmes) et 1962 (Révolution industrielle et sous-développement). Entre-temps est paru, sous la direction de G. Balandier, en 1955, un titre symbolique, puisqu'il diffuse pour la première fois les trois termes de base toujours actuels, Le Tiers Monde, sous-développement et développement. La création de l'Institut d'études du développement économique et social (IEDES) en 1957 et sa revue Tiers Monde en 1960 dotent d'une structure institutionnelle les recherches sur ce qui apparaît dès lors comme une des grandes questions du siècle. On ne saurait cependant oublier que la réflexion et les percées scientifiques de l'époque doivent aussi beaucoup à des francs-tireurs: Josue de Castro (La géopolitique de la faim, 1952), René Dumont (Economie agricole dans le monde, 1954, Terres vivantes, 1961), Tibor Mende (Un monde possible, 1963), Danilo Dolci, etc. La recherche française est donc l'un des pôles constitutifs de la pensée développementaliste, et malgré l'émergence d'écoles scientifiques dans le Tiers Monde, dans ce domaine aussi, l'Occident demeure le centre. Il a forgé les outils et les méthodes, il a organisé le milieu mondial des spécialistes en fonction de ses problématiques. C'est encore lui qui invente le Tiers Monde.

r

J. Du sous-développement

au Tiers Monde

Trouvaille de génie - s'il en est - que ce mot vieux d'un tiers de siècle. Le brevet n'a jamais été déposé, et les prétendants sont nombreux. On l'attribue le plus souvent à Alfred Sauvy dans un article de l'Observateur du 14 août 1952. Mais gardons-nous de toute tentation exclusiviste, le remarquable effort épistémologique des chercheurs américains mérite une attention particulière. Ils ont, en effet, souligné avec rigueur les ambiguïtés de la notion de Tiers Monde, qui sont pour beaucoup dans le succès qu'elle a rencontré. Concept scienti12

fique? Mais il véhicule implicitement cette représentation monolithique des trois continents, qui est si critiquée, et tend à gommer l'extraordinaire diversité des cultures, des géographies, des histoires. Mot politique? A. Sauvy le précise, en rappelant que le tiers état de 1789 n~était rien, comme les peuples dominés de 1952. Mais quelle politique? Celle d'une troisième voie entre l'Est et l'Ouest? C'est bien en effet dans la mouvance neutraliste, et dans la langue du dialogue entre intellectuels et experts du Nord et du Sud, dans un espace de communication internationale que le terme a fait fortune. Et contrairement à ce que l'on croit à Paris, là-bas on sait depuis longtemps, et bien avant les révélations de Liberté sans frontières, que le Tiers Monde n'existe pas. Dans La critique des armes, Régis Debray - qui avait quelque titre à le faire - démystifie « ce vocable européocentriste et aberrant par essence... Le plus drôle est qu'il n'existe pas d'objet réel, géographique ou historique qui lui corresponde.» D'ailleurs, ni dans les Andes, ni dans les bidonvilles de Calcutta ou du Caire « il n'existe rien qui ressemble à un sentiment populaire tri continental », et moins encore à un tiersmondiste ou à un anti-tiersmondiste. Quant à un troisième bloc géopolitique, il suffirait de suivre les débats de la première Conférence de solidarité tricontinentale, tenue à La Havane en janvier 1966, ou les textes chinois qui font un usage instrumental du mot, pour comprendre que cette tentative de fonder une alliance des peuples contre l'impérialisme a été traversée d'oppositions entre idéologies et Etats, de contradictions. Mais qui lit aujourd'hui les revues Partisans ou Tricontinental? Ce que l'on appelle Tiers Monde - que l'on emploie de plus en plus souvent au pluriel - apparaît donc comme un complexe de jugements implicites, de mythes politiques et d'élaborations scientifiques, susceptibles d'interprétations multiples et contradictoires, comme un instrument de classement de réalités non occidentales produit par l'Occident. C'est en rapport avec ce complexe que s'est constitué un champ de savoirs spécifiques. L'IEDEs, qui a publié quelque 1 650 ouvrages et articles dans la revue Tiers Monde et ses diverses collections depuis 1960, fournit un échantillon à la fois riche et représentatif de ce champ français. La répartition géographique des titres se présente ainsi: 13

Afrique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Amérique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Monde arabe et Islam. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Asie . Organisations internationales, problèmes généraux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . (Autres régions). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

20,5 % 18,2 17,9 13,8 2,5 27,1

L'Algérie à elle seule concerne plus de 10 % des titres, avec trois numéros spéciaux, contre deux pour l'Amérique latine, un pour le Mexique, un pour l'Argentine, un pour le Vietnam. La recherche est restée prioritairement inscrite dans l'ancien empire. Le tableau des centres d'intérêt fait aussi ressortir des dominantes très marquées: Théories, croissance, développement, stratégies. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 11 % Planification. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3,7 Facteurs institutionnels, nationaux, internationaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Structures sociales, mouvements sociaux. . . . . 8,6 Education, formation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,4 Information. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,2 Agriculture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9,2 Industrie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4,7 Aménagement de l'espace .................. 7,5 (Villes) . . .. .. . . .. . .. .. .. . 2,4 Sciences, techniques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5,4 Santé, nutrition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3,1 Rapports internationaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Problèmes financiers, monétaires. . . . . . . . . . . 5,3 Aide .'.... 4,5 Les axes majeurs se dessinent clairement, ainsi que la prépondérance de certaines disciplines, de l'économie surtout, en fonction de laquelle se structure l'ensemble des études tiersmondistes. Mais une analyse de la production récente met aussi en lumière des évolutions: moins d'optimisme, plus d'interrogations sur les limites des savoirs et des techniques développementalistes, plus d'attention aux possibilités d'alternatives, aux dimensions culturelles des problèmes, au jeu des forces sociales. Des questions nouvelles, l'Islam, l'Etat, l'écologie, les 14