L'Envol du Pardon

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101 pages
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Description

S’éveiller au Pardon


Entre une interrogation de naissance et un parcours atypique, Jean-Frédéric Boullier, tantôt résigné tantôt révolté, cherche à vivre à travers un destin non maîtrisé. S’efforçant de découvrir la vérité dans la plus stricte neutralité, il chemine pas à pas devant un père absent qui choisit de disparaître légalement et une mère possessive, pour enfin découvrir que celui qu’il a engendré n'est en fait que...



Témoin oculaire puis spectateur, l’auteur devient acteur et libre de comprendre, en reliant les événements les uns aux autres. Frôlant l’autodestruction et la marginalité, il trouvera son salut, en devenant maître de lui-même par la foi et le pardon.



Synthèse d’une sacrée tranche de vie, cette expérience forte ne laissera aucune chance au lecteur d’en sortir indifférent, passant de l’étonnement à la stupéfaction, de l’incompréhension à la rédemption... le naturel côtoyant le surnaturel avec une facilité parfois déconcertante, fait de cet ouvrage, un livre déroutant, dérangeant, mais en aucun cas réducteur ;



un authentique plaidoyer pour l’amour transcendé.


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Nombre de lectures 5
EAN13 9782368323601
Langue Français

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L’envol du pardon
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Jean-Frédéric BOULLIER
L’envol du pardon
PREAMBULE
Été 2006. Comme une brusque envie de retour aux sou rces. Dans l’urgence, comme un appel. Prévenue, mon ex-femme accepte de m’accom pagner sur cette terre qui m’a donné e la vie et qui, sans être totalement racine, me donne la douceur d’un refuge. Alors, inévitablement, chaque fois que je me rends à Lyon, je ne peux m’empêcher de faire un crochet par ce faubourg dauphinois baptisé « la cité des couleurs » dans lequel une maison particulière reste une véritable énigme.
Dans cette demeure sans âge, que vais-je de nouveau découvrir, de nouveau retrouver ? Délabrée, délaissée va-t-elle définitiv ement mourir, avouer un secret ou ressusciter ?
Ce début juillet n’échappe pas à la règle : emboute illages, chaleur, moiteur, chassée croisée de voitures où s’intercale la noria de cami ons qui trace sur le grand ruban... Comme gagné par l’impatience, je ne peux m’empêcher de doubler, au grand dam de Marie Françoise, qui me rappelle les plus élémentai res règles de sécurité. Je suis pressé alors que personne ne m’attend ; et cette frénésie ne s’apaisera qu’au portail du péage de Vienne qui, deux heures et demi plus tard, me délivre...
Longeant alors le Rhône, je biaise quelques minutes plus tard à droite pour rejoindre l’Isle d’Abeau et Bourgoin ; si cette départemental e n’est pas le meilleur chemin, elle m’invite à reprendre mes repaires de jadis. Forêts, étangs, champs de maïs et de colza me sollicitent à chaque regard.
Même si ces tableaux me sont familiers, il me sembl e toujours que j’ai oublié de noter quelques détails qui m’avaient échappés la fo is précédente… Ma moyenne s’est considérablement effondrée et je croise le regard i nterrogateur de mon accompagnatrice… Crémieu finit par montrer le bout de son nez. Longue ligne droite et approche de la ville par son ancienne gare qui, en une fraction de seconde, me replonge quarante ans en arrière quand cette ligne privée était en activité. Déclassée après la guerre, elle ne servait plus que pour de l ongues rames de wagons de ciment que des diesels atypiques tiraient vers Lyon Pardie u, à raison d’une circulation quotidienne à heure fixe. Et à cinq ans, de la vitr e de la Dauphine de ma mère, au retour dominical, je scrute ces machines qui tressa utent sur les passages à niveau, dans un bruit d’apocalypse. J’en conserve aujourd’h ui de vibrants souvenirs qui parfois me poussent à les revivre sous forme d’une reproduc tion maquette.
Je scrute, malgré moi, quelques traces de vie sur l e bitume, au croisement de la gare, mais je ne peux que constater les affres du t emps. La végétation a envahi la plateforme de la voie et c’est à peine si l’on dist ingue encore le tracé. Seule la gare, immobile, se dresse, comme échouée sur un rocher da ns une attente fantomatique...
Passé ce petit bourg, nous nous enfonçons dans les gorges de la Fusa avant de rejoindre St Hilaire de Brens et St Chef… Mon cœur commence à battre plus fort… Voilà Arcisse célèbre pour être le village natal d’ un certain Louis Seigner grand acteur au demeurant, et quelques virages plus tard l’étang de Charray. Mon esprit s’évade une seconde fois en pensant aux gardons péchés au crépu scule que je mettais délicatement dans l’arrosoir en fer blanc. Et révei l dans cette longue ligne droite, comme une piste d’atterrissage, qui met un terme au voyage et vient mourir aux pieds de ce village dauphinois.
Pèlerinage ou nécessité ? Avant toute chose, arrêt au cimetière. Comme pour valider mon sauf-conduit. Après une traversée silencieuse, comme un alpiniste au bout de l’effort, je contemple de la butte toute la plaine de Brailles, écrasée sous le soleil, avec son ancien moulin et, perdu au milieu des champs co lorés, l’ancienne maison de Jérémy Brossay avec en toile defond sous une brume de chaleur le hameau de Vasselin. Derrière moi, la colline du Suppet, et su r ma droite l’église de Vézeronce ancien lieu de rassemblement d’une vie agricole auj ourd’hui disparue… J’entends encore les flonflons des comices, l’envolée des clo ches qui annonçaient la messe dominicale, la trompe du car des VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) qui déposaient ces voyageurs pressés de se désaltérer, et les clarines des vaches qui remontaient le soir à l’étable.
Pendant que Marie Françoise fume une cigarette, je pousse cette vieille grille rouillée qui fait ressembler cet endroit inondé de soleil à une halte mexicaine perdue au milieu d’un désert dépeint dans les westerns. Et contraste de cette image fugace de l’enterrement de mon père un après- midi de début j anvier 1999 à chaque crissement de pas sur ses cailloux blancs… Je reconnais enfin le caveau de la famille Brossay à peine entretenu ; certains noms sont illisibles pre sque effacés sur la pierre grise parsemée de lichen jauni. Je sens alors perler les gouttes de sueur sur mon front que je tente de contenir pendant que je récite un « je vou s salue Marie » et un « Notre Père ». Je ne peux m’empêcher de me poser ces questions : « A quand remonte la dernière visite d’un membre de la famille, ici ? », « Pourqu oi personne ne vient ? ». Même si les tombes sont vides des esprits de leurs occupants, e lles restent la preuve indestructible de leur passage terrestre…
Retour à la voiture, coup d’œil à ma copilote qui c onfirme la beauté du point de vue.
« Vraiment superbe … »
Mais elle me rappelle l’essentiel en consultant sa montre. Midi n’a pas encore sonné, mais il ne faut pas traîner. À peine deux minutes, et me voici devant ces majestueuses grilles noires que j’escaladais à cinq ans et qui m e servaient de tour de contrôle pour scruter Michel, copain d’enfance, et voisin d’en fa ce qui ne se faisait pas prier pour une partie de vélo ou une pêche aux vairons. Amis fidèl es, nous nous retrouvons régulièrement le temps d’un week-end chaque année p our parler des mois écoulés et de notre jeunesse enfouie ici, du temps où on s’amu sait avec presque rien… Je sais que son père Alphonse est toujours là, comme un gar dien de phare, plongé dans une solitude qu’il disperse à chaque visite de ses enfa nts, d’un ami ou d’un voisin. Dernier témoin d’un passé révolu, ce gaillard de quatre-vin gt printemps à l’accent isérois sans pareil m’a toujours étonné par un bon sens dont il savait faire preuve à chaque question. Conteur extraordinaire, il a toujours été le lien entre ma famille et moi, me racontant les allées et venues des uns et des autre s dans des envolées verbales dont il
avait seul le secret.
Diable ! Que sa vie n’a pas été facile ! Pourtant, quelle satisfaction de savoir que ses efforts, qu’il partageait avec sa femme, n’ont pas été vains entre l’absence d’eau courante et de commodités. Raymond, électricien pui s technicien EDF, Maryse, directrice d’école, Michèle, gérante de magasin, Mi chel, expert-comptable sans oublier Yvonne, épouse d’artisan et Agnès, employée à la su perette de Morestel. Mais visiblement Alphonse, que je sais fatigué, ne se ti ent pas derrière sa fenêtre. Un voisin que je ne connaissais pas, surgissant un peu de nul le part, semble me reconnaître :
« Bonjour Monsieur Brossay. Que venez-vous faire ic i ? » Je lui réponds alors maladroitement :
« Même si je sais que cette maison appartient à la mairie, il me serait agréable de rentrer une dernière fois dans cette propriété, qui non seulement a bercé mon enfance, et que je considère comme une racine inamovible, ma is aussi qui continue à me bouleverser et me passionner par son passé un peu i rréel. »
Avec plaisir, je cours chercher les clés. Avec diff iculté, le portail s’entrouvre enfin en couinant, pour nous laisser passer à la queue leu l eu. Délivrance ! Je peux enfin fouler à grandes enjambées l’herbe de la cour que je conna is dans ses moindres recoins… Le hangar où mon père entreposait vélo et tondeuse, la fontaine à bras, la porte verte qui ouvre sur le parc. Il est là, encore bien vivant ma lgré l’abattage de certains arbres et la pile de bois mort qui jouxte la façade. Toutes les ouvertures sont fermées, et le lierre commence à lécher les volets de bois vert délavé.
« Oui, les travaux ont commencé, mais le conseil a tout mis en stand-by depuis le gel des crédits. Je ne sais pas si finalement, elle verra le jour… »
Je m’interroge alors du bien-fondé du droit de prée mption qu’avait alors exercé le maire de l’époque, trop heureux de pouvoir redorer le blason vezeroncois.
Quelle était si belle, avec ses dix-huit pièces, so n parquet qui craquait au moindre pas, sa montée d’escaliers avec sa boule de verre v iolette, cette grande cuisine aux dalles de pierre si caractéristiques, cette salle à manger aux poutres apparentes et ces deux salons en enfilade dont l’un servait de biblio thèque et de bureau. Il y avait enfin la double cave à l’odeur si particulière, si froide en hi ver et dont l’unique ampoule lui donnait des airs fantomatiques et inquiétants… Nous pénétrons à l’intérieur par le perron et le constat d’un abandon prononcé me saute à la figure : pans entiers de tapisseries arrachés, portes béantes de placards dé sormais inutiles, chapelets entiers de moisissures courant le long des murs et des plin thes. En pénétrant dans le vestibule d’entrée, un froid presque glacial me tombe sur les épaules. Je presse le pas pour faire le tour de chaque pièce, comme pour ne rien oublier . D’abord le rez-de-chaussée, les cuisines, la salle de bain WC, les couloirs mitoyen s. Je précède tout le monde et monte quatre à quatre au premier… Rapide examen des chamb res : la mienne toujours aussi petite, celle de mon père, de ma grand-mère, la cha mbre bleue et celles dites du Nord qui achèvent de me persuader qu’il y a bien ici des secrets à découvrir. Alors finalement est- elle hantée ? Le brusque silence qu i y règne me force à réfléchir et à sentir la vibration si particulière du surnaturel. J’ai le souvenir des araignées qui déambulaient la nuit le long des murs et qui disparaissaient entre les meubles dans une ombre menaçante. Il y avait aussi ce bruit de pas i rrégulier qui me réveillait la nuit dans
le couloir, et qui n’en finissait pas de s’estomper dans de petits frottements irréguliers. Brusquement je sens comme un appel ; d’être son tém oin, son porte-parole… Je suis sûr que je ne suis pas au bout de mes découvertes e t de comprendre comment mon grand-père paternel a pu choyer cette maison et la cajoler comme une maîtresse. Je pourrais aussi caresser l’espoir fou d’en devenir à mon tour propriétaire. Non, c’est impossible… Je cours partout à la recherche d’un ob jet, même le plus misérable, oublié par les déménageurs. C’est au grenier que je trouve mon bonheur : de vieilles assiettes ébréchées couvertes de poussière que je protège aus sitôt d’un sac plastique. En redescendant lentement, malgré le vide apparent, je retrouve intuitivement chaque meuble, chaque objet ; je perçois la marque et la t race de ses occupants ; j’entends les rires, mais aussi les paroles blessantes, les cris, les pleurs, les intrigues de pouvoirs, la position un peu ambiguë pendant l’occupation, les t romperies... Perdu dans mes pensées, je sens le souffle complice de ces personn ages qui me frôlent dans des courants d’air surgis de nulle part…
Je me rappelle aussi des rêves irréalisés, des plus sages aux plus fous : le réseau de train miniature dans le grenier que mon père ava it promis d’installer, le chauffage central plus que nécessaire. Je souris à cette prop hétie que mon grand-père m’avait faite un soir d’été assis sur le banc colonial en regardant sa pelouse :
« Ici, tu vois, un jour, tu viendras et tu te poseras avec ton hélicoptère… »
Derniers regards circulaires et me voici dehors. Ma rie Françoise commence à s’impatienter en entendant les douze coups de midi. Je ne peux terminer mon inspection sans aller jusqu’au bassin, lieu de conv ergence de toutes les allées. Cette belle pièce d’eau que Tante Charlotte avait fait pr otéger jadis par une margelle hexagonale à cause de l’hypothétique présence de se rpents – sans doute des couleuvres – venant y boire, est aujourd’hui envahi e par une végétation vagabonde. Quand je pense à tout ce que j’ai pu y mettre comme poissons : de la truite en passant par perches, gardons et rotengles. Encore une petit e foulée jusqu’à la serre aux semis. Il ne reste que le cadre…
Je rejoins mes deux protagonistes quand un barrisse ment d’âne retentit.
« Pour donner un peu de vie, je m’occupe de trois â nes que nous avons parqué au fond… »
« C’est vrai ? Où sont-ils ? »
« À quelques mètres, juste derrière ce sapin. »
Je cours dans l’herbe folle pour aller caresser mon animal préféré, celui que le Christ a choisi de béatifier en rentrant à Jérusalem juste avant la scène biblique du Mont des Oliviers. À petit trot, en voici un, puis deux, pui s trois… Caresses sur le museau et l’encolure.
« C’est rare… d’habitude ils grognent… »
Je renchéris en lui expliquant que comme pour les h umains, il existe un sixième sens entre deux êtres vivants, qu’il soit homme ou animal. Une spontanéité vibratoire sur le thème de l’amour donné sans attente… Pour co nforter mon huissier, je lui avoue que je suis membre actif de l’ADADA – association d e défense des amis des ânes – et que je ne rate pas une occasion de « converser » av ec mon ami à quatre pattes.
Cette fois nous prenons congé en remerciant mon hôte de sa gentillesse.
« Vous savez, vous pouvez revenir quand vous voulez … »
Avant de remonter en voiture et de manger un morcea u à Morestel, je scrute dans la fenêtre d’en face le regard bienveillant d’Alphonse . Je sais qu’il est là... et que nous nous sommes compris…
« Quelle fin pour cette maison. Mais est-ce bien fi ni ? »
« Ah zut, j’aurais dû prendre des photos, on ne sai t jamais… »
CHAPITRE I
Ma naissance
Pour essayer de comprendre et trouver le fil conduc teur, je n’ai à ma disposition que quelques vieux albums, aux photos noires et blanche s, quelques anecdotes et les récits glanés au fil du temps, que j’ai pris soin d e consigner dans un carnet. Une naissance, donc, un certain dix-huit septembre dix- neuf-cent cinquante-trois entre neuf heures et dix heures du matin à la clinique Violet, une des premières à l’époque à Lyon, et qui existe toujours, cours Albert Thomas dans le septième arrondissement.
« Un accouchement difficile, aux forceps », me conf iera un jour ma mère, comme pour me signifier déjà un acte dont je pouvais être redevable.
Pourtant en contemplant les premiers clichés, j’ai tout de suite la confirmation que ma belle enfance a été les dix meilleures années de ma vie et même à ce jour pourrais-je dire… encore. Dix ans, donc, partagés entre les premiers apprentissages dans le cocon que m’ont tissé mes grands-parents maternels. Mais est-ce déjà un signe ? Dans ce bel appartement du cours Gambetta au retour de l a maternité, je passe de bras en bras, seule ma grand-mère semble aux anges… Mon pèr e les mains posées sur un fauteuil, droit comme un i, fixe sévèrement l’objec tif derrière ses lunettes de myope, et semble étranger à cet événement.
Assise dans ce même fauteuil, ma mère, épuisée, est éteinte, lasse, et elle me fixe d’un regard interloqué. Alors, suis-je le fruit du hasard ? Après la guerre, et sauvée miraculeusement d’une maladie pulmonaire, ma mère e st en faculté de droit et nourrit un seul but : réussir socialement. Ses parents, l’u n petit employé des « Deux Passages » puis de « chez Seguin », l’autre couturière à dom icile n’ont pu que lui offrir une vie simple. Belle femme blonde d’un mètre soixante-dix, elle fait tourner les têtes et n’a que l’embarras du choix. Elle s’éprend alors d’un certa in Paul Cissé, cannois d’origine, qui prépare sa médecine afin de reprendre la clinique d e son père.
Alors un beau jour que se passe-t-il ? Rencontre-t- il quelqu’un d’autre ? Lui a-t-on signifié que ma mère n’est pas la bonne personne ? Un moment d’hésitation ? Toujours est-il qu’il annule « sine die » ses fiançailles. F olle de rage, impulsive, ma mère, ne voulant accepter sa décision, lui démontre qu’elle peut se passer de lui et que finalement, il n’est pas l’homme de sa vie… Mais ce tte ruse se transforme déjà en blessure dont elle gardera, cinquante ans plus tard , une cruelle cicatrice. Elle se ment… Elle jette alors son dévolu sur un certain Gi lbert Brossay, copain de fac qui, comme elle, prépare sa capacité en droit. Il a l’ai r simple, gentil et de bonne famille.