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L'IMPOPULAIRE TELEVISION POPULAIRE

304 pages
Les débats populaires envahissent les écrans et reçoivent un large audimat. Pourtant bien que réunissant les témoignages de français apparemment moyens, la télévision implicitement et insidieusement est le reflet d'une France qui compte, d'une image imposée par les diverses émissions qui trient sur le volet leurs invités, ce qui contribue à rendre les palabres télévisuelles de plus en plus pacifiées, informées et même rationalisées.
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L'IMPOPULAIRE TÉLÉVISION POPULAIRE

Logiques sociales, professionnelles et normatives des palabres télévisées (1958-2000)

Collection Audiovisuel et Communication

Champs Visuels et le CIRCA V (Université de LiIJe 3) s'associent pour présenter la collection Audiovisuel et Communication (AVEC). Cette dernière, placée sous la responsabilité de Bernard Leconte, offre un espace d'écriture à de jeunes chercheurs ou à des chercheurs confirmés s'interrogeant sur le contenu du syntagme figé de « communication audiovisuelJe », concept ambigu s'il en est, car si l'audiovisuel est, on le sait, monodirectionnel (contrairement à ce que tente de nous faire croire ce qu'on peut nommer « l'idéologie interactive »), la communication implique obligatoirement un aspect multipolaire.

Déjà parus
UNGARO Jean, André Bazin :généalogies d'une théorie, 2000. JURA Isabelle, Des images et des enfants, 2000. MINOT Françoise, Quand l'image se fait publicitaire, 2001. GAUTHIER Guy, Chris Marker, écrivain multimédia, 2001. BÂCHLER-BRENET Odile, L'espace filmique - Sur la piste diligences,2001.

des

Sébastien ROUQUETTE

L'IMPOPULAIRE TÉLÉVISION POPULAIRE

Logiques sociales, professionnelles et normatives des palabres télévisées (1958-2000)

L'Harmattan 5- 7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

-

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest - HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino -!TALlE

(Ç) L'Harmattan,

2001

ISBN:

2-7475-1259-2

TABLES
Introduction L'espace social télévisé Pour une vision comparatiste CO/pus Ouvrages cités

DES MATIERES
11 12 18 25 29

I. L'ORDINAIRE

ET SON DOUBLE PROFESSIONNEL

31 39 40 43 54 55 59 62 69 73 73 74 80 88 88 90

Chapitre 1. La professionnalisation multiforme A - Une sélection massive, via les qualifications professionnelles B - L'insigne professionnel: inné ou acquis? C - Débat polémique et situation de défense Le professionnel invité: un accusé potentiel idéal Une professionnalisation claire et obscure D - Les professions comme partenaires incontournables E - La quintessence de la professionnalisation Chapitre 2. Le commun mis à distance professionnelle A - L'inégale professionnalisation Sens et contresens Extrêmes banalités et goûts de l'extrême B - La gestion professionnelle du social Le contrôle professionnel de soi L'intérêt professionnel 5

Table des matières

La rationalisation banalisée Annexes Ouvrages cités

95 ]0] 105

II. LE

CITOYEN SOCIAL IDEAL Chapitre 1. L'impopulaire citoyen populaire A - Des enjeux sociaux en trompe l'œil L'inépuisable et inévitable jeu des inégalités sociales Une démarcation sociale évidente et trompeuse L'invisible censure: les exclus de l'écran B - La place du pauvre Un décalage invisible La fTagilité des débats et des valeurs populaires Une logique sociale plus influente que la stricte logique commerciale Chapitre 2. Les ingénieurs du social A - Le monde de la compétence sociale Le "Français moyen" : un mirage efficace Les ingénieurs du social: une catégorie sociale ad hoc B - Des critères de recrutement justificateurs implicites d'un monopole La cause des journalistes Les biais du spectacle Associations et dynamiques de groupe Les atouts professionnels Annexes Ouvrages cités

107 111 111 113 117 119 126 127 136

148 157 159 159 163 ]76 177 182 190 197 2]7 219

III. L'EMPRISE

DU REEL

221 223 223 223

Chapitre 1. Vers une normalisation passive A - L'avantageuse "désocialisation" des enjeux Du règne de l'opinion à celui de l'information 6

Table des matières

Des figures du pouvoir et des enjeux collectifs en arrière-plan 225 Les partis pris des animateurs en voie de dissimulation 230 B - La suprême politesse normative: imposer une inégale tolérance des représentations sociales et des nonnes légitimes 246 Le sens de l'échange et de la tolérance 247 Résidus d'un spectre: la morale publique 252 Des valeurs et des normes également relatives 259 Chapitre 2. Le monde de la compétence sociale A - les paradoxes d'une argumentation de plus en plus explicite B - Un univers de comportements rationnels La valeur ajoutée de l'expérience Des comportements incontestables La rationalisation de l'espace social idéal Annexes Ouvrages cités Conclusion Un monopole social multiforme et invisible Une prédominance sociale accentuée 261 265 269 271 278 282 291 293 295 296 300

7

REMERCIEMENTS

La possibilité d'avoir pu découvrir un travail stimulant et enrichissant - la recherche en sciences sociales - est à l'origine de ce livre. Je ne puis donc commencer autrement que par remercier un "binôme complémentaire" sans lequel, et ce n'est pas qu'une formule, un tel travail n'aurait pas été possible: mes parents. À mon père donc, dont la blessure toujours ouverte par le refus d'un instituteur de la vieille école de lui faire passer le certificat d'études s'est muée en un désir féroce de réussite scolaire pour ses enfants. Ses encouragements à étudier m'ont stimulé. Mais cette poursuite d'études aurait eu - entre autres statistiquement - peu de chance d'aboutir sans l'aide de ma mère, institutrice, et sa connaissance "des classes IUFM", sa transmission de tout un ensemble de "petits riens" scolaires et culturels sans lesquels les études deviennent beaucoup plus compliquées. J'ai également la chance de recevoir le soutien constant d'une autre personne, Babeth, que je remercie pour tout un ensemble de choses, y compris pour son exigence intellectuelle. Ma gratitude va également à mon directeur de recherche, François Jost, pour avoir bien voulu diriger ce qui fut initialement une thèse et dont la suggestion de remonter dans les programmes des années 60 à 80 à l'Inathèque de France s'est révélée fructueuse et, à l'usage, indispensable. Elle va enfin à toutes les personnes qui, en plus de celles déjà citées, ont consacré du temps à lire et corriger une partie ou la totalité de ce texte.

9

INTRODUCTION
Dans l'absolu, c'est un phénomène étrange: des millions de personnes regardent chaque semaine moins d'une vingtaine d'entre eUes débattre de questions quotidiennes. Étrange parce que cette manière de poser les problèmes sociaux ne surprend plus personne, alors même que la possibilité de voir un débat à distance, via la médiation technique de la télévision, est récente (moins d'un demisiècle) et que les rencontres organisées font partie des choses a priori hautement improbables dans la vie courante I. Quel téléspectateur moyen peut considérer comme un acte banal de pouvoir discuter avec des responsables politiques, des chefs d'entreprise, des porte-parole d'associations, des militants syndicaux ou des spécialistes des problèmes de dépénalisation de la drogue, de maladies du cerveau ou de la vie de couple? Or, de tout l'espace public, terme polysémique 2 défini ici comme la sphère publique de discussion de la société sur elle-

J Sous la direction de CHARAUDEAU (Patrick) et GHIGUONE (Rodolphe), Le Talk show: un mythe de la démocratie ?, Université Paris IIX, Mai 1993, Introduction. 2 11n'existe pas de définition unique de l'espace public, plusieurs auteurs insistant sur des points différents. Ainsi, Habennas a décrit le processus d'émergence d'une opinion publique au siècle des Lumières: les sujets du roi invoquent le principe de pubIicisation des opinions pour mettre fin au secret des décisions prises par la monarchie absolue, puis pour obtenir un droit de critique rationnelle des affaires publiques (HABERMAS [Jürgen J, L'Espace public, Paris, Payot, 1986, 324 p). Arendt, s'appuyant sur les écrits d'Aristote, insiste quant à elle sur l'opposition I1

Introduction

même, la partie constituée par l'ensemble des débats télévisés de société est l'ûne des plus visibles, une de celles dont les diverses manifestations appellent le plus de commentaires et de comptes rendus dans la presse magazine comme dans les foyers (sur le mode "Hier soir, t'as vu... "). Beaucoup de problèmes dits de société sont au moins aussi souvent discutés sur les plateaux de télévision que dans les rangs des assemblées parlementaires (problèmes sociaux, familiaux, professionnels, médicaux, politiques, économiques traités sous l'angle de leurs significations, de leurs solutions, de leurs répercussions sociales et pas seulement médicales, politiques, économiques ou professionnelles). Leur poids dans l'organisation des discussions de la société sur ellemême n'est plus négligeable. 1 - L'espace social télévisé

Ce poids d'ensemble n'est réellement mesurable qu'à condition de s'attacher aux éléments communs à chacun des débats de société, c'est-à-dire des discussions de plateau - visant à coconstruire un échange 3 - dominées par les membres de la société civile sur des sujets de société. Parler d'espace social télévisé marque bien cette ambition de dépasser l'étude d'un genre, celui des débats, pour s'intéresser aux soubassements fondamentaux de la construction télévisée d'un espace de discussion sur la société française différent d'autres espaces collectifs (l'espace public des cafés, l'espace public politique, l'espace des salons littéraires, etc). La diversité des thèmes traités, certains proches du champ politique, d'autres issus de la sphère privée, sort ces débats de l'espace public politique classique. N'étant plus privés, puisqu'ils sont rentrés dans les sujets méritant une interrogation collective, ni publics, au sens politique strict, ils fonnent un espace intermédiaire: l'espace social. Cet éclectisme touche parfois au
entre le politique et l'économique, entre le public et le privé (ARENDT[Hannah], Condition de l'homme moderne, Paris, Calmann-Lévy, 1983, pp. 59-122). 3 Précision empruntée à CHARAUDEAU (Patrick) et GHIGLIONE (Rodolphe), La Parole confisquée. Un genre télévisuel: le talk show, Paris, Dunod, coll. "Société", 1997, p.30. 12

Introduction

sérieux, au grave et, aux yeux de beaucoup de commentateurs des grands journaux parisiens, souvent au futile. Plutôt que d'établir une liste longue et fastidieuse des éditoriaux critiques, ironiques et tournant en dérision certaines de ces émissions comparées à des débats brassant du vide ou à des riens télévisuels, il suffit de relever que, lorsque l'un d'entre eux apprécie un débat sur "les corps de rêve", c'est presque en s'excusant: "... pour être honnête, il faut bien admettre qu'on était plus intéressé qu'on a bien voulu oratoires rappellent l'admettre" 4. De telles précautions quotidiennement la hiérarchie implicite faite entre les sujets politiques, par définition sérieux, et les autres, ceux de la maison, du domaine familial, qui ne méritent pas l'accès à cet espace prestigieux qu'est l'espace public. Comme si, quarante ans après les débuts de l'espace social télévisé, les réticences à parler de l'homosexualité, de la mort, du sens à donner à la vie, de la définition du modèle familial légitime, du choix du français ou du "céfran", mais aussi de la météo, des relations sexuelles (la drague comme le préservatif), perduraient. Comme si ces questions ne méritaient décidément pas, tout au moins aux yeux de l'élite journalistique d'information politique et générale, cet intérêt collectif. Ces réticences rappellent que cet espace s'est ouvert sous la pression du public. Si Les Dossiers de l'écran, l'un des débats de société les plus importants, originellement très classique (1967), a progressivement changé de stratégie dans les années soixante-dix, c'est à l'encontre de la volonté initiale des journalistes (voir cidessous).

4 Aveu d'Agathe Logeart expliquant qu'on "jetterait un coup d'œiJ, pas plus" sur ce sujet de Ça se discute consacré aux "corps de rêve en été". LOGEART (Agathe), "Corps de rêves", in Le Monde, 3l!05/I995. 13

Introduction

5 Interview d'Armand Jammot dans DID! (Franklin), "Armand Jammot ouvre le dossier des Dossiers", in Télé 7jours, 20/12/1 980, pp. 136-137. 6 Ibid.

14

Introduction

Ce serait pourtant une erreur de sous-estimer l'importance des sujets quotidiens comme le font tous ceux qui ne parlent pas d'extension de cet espace, mais de "glissement". Ne serait-ce qu'en raison du fait que, d'une certaine façon, rien n'est plus politique qu'une prise de position sur des dossiers comme l'homosexualité ou l'euthanasie. Car l'adhésion à une idéologie se traduit autant par le soutien apporté à une politique sanitaire, militaire ou juridique que par l'adoption de valeurs ou d'un mode de vie. Même si tout n'est pas politique, la grande décision politique doit quand même beaucoup à de micro-décisions quotidiennes répétées à l'infini. Apparemment de portée étroite, tous ces problèmes ont une forte importance à long terme dans l'évolution idéologique d'une société. Mais, en dehors même de l'aspect indirectement politique de ces problèmes sociaux, cette extension correspond en fait à un élargissement des enjeux, des significations et donc des conséquences traversant les débats. Aux enjeux concernant la façon dont sont choisies, ou simplement favorisées, une ou plusieurs manières d'interroger la réalité ("Comment parler 7") se greffent ceux concernant le choix des acteurs ayant accès à cet espace ("Qui parle 7"). Acteurs catégoriels d'abord: y a-t-il un droit d'entrée implicite, fluctuant selon les types de débat, les périodes ou les types d'invités (responsables de tous bords/citoyens standards), droit d'entrée qui porte d'abord sur des catégories de la population (militants, associations, témoins, experts, etc) ? Catégories sociales ensuite: y a+il des citoyens sociaux plus légitimes que d'autres? À l'instar des questions professionnelIes, politiques ou scolaires, il n'y a pas de raison pour que les problèmes de vie familiale, de santé, de mode de vie échappent aux rapports ,sociaux et aux différences entre catégories sociales. Pourquoi cet espace au retentissement important se déroberait-il aux tentatives des diverses catégories sociales d'imposer, ou au moins de légitimer médiatiquement, une version de la réalité, une façon de se comporter, de s'habiller, de voir les rapports hommes/femmes, de concevoir les grandes 15

Introduction

vacances, de valoriser les qualités que l'on possède le plus (gratifier le travail, la solidarité collective, le savoir scolaire, la famille, etc), autant de types de discours différents, socialement typés, qui doivent beaucoup à des intérêts ou à une situation propre? Supposer l'inverse reviendrait à rejeter l'idée, souvent étayée, selon laquelle il n'y a pas encore, pour reprendre les mots de Catherine Bidou, "d'exemple d'individus partageant des conditions d'existence qui ne produisent pas en même temps une certaine vision du monde, des représentations communes" 7. Encore ne faut-il pas réduire la construction de cet espace à ce seul aspect, ni postuler que ces résultats sont la conséquence mécanique d'une stratégie voulue. Il suffit de l'interpréter au minimum comme une contribution de la majorité de ces programmes à une évolution générale ou à un phénomène plus large. S'il est vrai que l'espace social télévisé est, d'une certaine façon, la construction de l'image de la société parJant d'elle-même, le décorticage de la composition sociale des plateaux fournit aussi un échantillonnage précis de la face retenue et valorisée, bref de la partie de la société française "qui compte", au moins symboliquement. La mise au jour de cette facette dans cette parcelle de l'espace public comme dans les autres est d'autant moins négligeable qu'elle touche directement à la signification des idées ou des conceptions du monde les plus régulièrement défendues. Bien sûr, qui dit idée légitime ne dit pas nécessairement idée acceptée par les téléspectateurs. Après beaucoup d'enquêtes de réception, on sait pertinemment que ces conceptions du monde sont perçues de manière différente selon l'attente du téléspectateur, ses ressources culturelles et ses compétences 8, son degré d'attention, l'usage intensif du zapping, l'heure d'écoute, le programme précédent, le sujet qui en concerne plus directement certains, etc, l'incitant à adopter une écoute plus ou moins détachée ou plus ou
7

Bmou (Catherine), Les Aventuriers du quotidien: essai sur les nouvelles classes
de l'auditeur de Ménie

moyennes, Paris, PUF, 1984, p. 100. 8 CARDON (Dominique), "Émotions et engagements Grégoire". in Réseaux, n070, 1995, pp. 41-78.

16

Introduction moins impliquée voir. des 10 , . choses 9 (tout au moins dans une certaine limite: on peut différentes mais pas au point d'inventer son

emISSion. ) Malgré tout, est donnée une définition collective des comportements servant de modèle ou, à tout le moins, d'exemple positif par rapport à ceux qui sont dévalorisés, rattachés à des valeurs connotées négativement (se voir catégorisé parmi les has been ou les "traditionalistes" n'est jamais bon signe) ou complètement occultés. Acceptés ou rejetés, les normes et les comportements mis en avant servent de point de repère à partir duquel chacun va juger son propre comportement] J. Or, il faut bien qu'un individu ou un groupe social ait la possibilité d'exprimer régulièrement ses idées ou ses valeurs pour avoir au moins une chance de participer à la construction des idées, des valeurs dominantes ou des comportements qui serviront de modèle ou de référence, ceux qui sont au fond présentés comme suffisamment légitimes pour accéder aux micros. Pour comprendre l'image construite de la société essayant de résoudre ses problèmes sociaux, il faut mobiliser des explications extérieures lourdes (d'abord sociologiques mais aussi culturelles, psychosociologiques, historiques le cas échéant) et des outils d'analyses précis (tirés de la sociologie de la communication, de la famille, des professions, de la sémiologie de l'audiovisuel, de l'analyse du langage essentiellement). Comment sinon saisir les moyens par lesquels l'image donnée de la société, des problèmes qui la traversent et des acteurs aptes à les résoudre, se construit et se transforme dans le temps? Mais il y aurait quelque chose de trompeur à tenir compte de l'environnement extérieur de ces débats (environnements social, culturel, médiatique et économique le cas échéant) sans prendre encore une autre précaution essentielle: tenir
9 Une synthèse récente des études de réception est faite par MACE (Éric), Sociologie de la télévision, sociologie de l'expérience: individus et télévision de masse, thèse soutenue à l'EHESS. Paris, 1994, p. 126 et sqq. 10ESQUENAZI (Jean-Pierre), Télévision et démocratie: le politique à la télévision Fançaise (1958-1990), Paris, PUF, colI. "La politique éclatée", 1999, p. 20. Il MATHlOT(Jean), Norme, normalité, normativité, Aix-en-Provence, Université Aix-Marseille 1 (cours de philosophie générale), 1994-1995, pp. 4-5. 17

Introduction

compte des effets propres du caractère télévisé des débats. Dans la compréhension d'un média, les explications externes ont aussi leurs limites. On ne peut, à la suite d'Antoine Hennion, totalement dénier une originalité ou une particularité à l'objet servant de médiation 12, en l'occurrence le média télévision. Ce qui ne signifie pas simplement que l'image renvoyée l'est par un miroir déformant et par des individus (les animateurs) dont la vision singulière des problèmes discutés influe indirectement sur les programmes, mais, plus profondément, que cette construction est médiatisée par une certaine façon de structurer le monde, de le mettre en mots et en images, et que ces particularités inhérentes aux débats télévisés modifient dès l'origine les résultats. Comment évaluer la place laissée à la polémique ou au consensus, comment expliquer les comportements des participants, leur respect des consignes données, tous les éléments récurrents constatés ou non (et les limites à ces éléments), sans comprendre concrètement ce que le fait de se savoir en train de parler devant des millions de personnes change au déroulement de ces débats? Ces objectifs contradictoires - comprendre l'unité d'ensemble et éventuellement l'évolution de cette unité sans oblitérer toutes les différences entre les types de discussion - imposent un corpus tout aussi massif et diversifié à la fois. 2 - Pour une vision comparatiste Les constats établis dépendent trop du choix initial d'un corpus pour que celui-ci soit anodin. Trop restreint, il limite fortement la p0l1ée des résultats qui ne peuvent alors plus englober, non les débats de société, mais l'espace social télévisé dans son ensemble. Le fait que les logiques traversant cet espace s'installent sur une masse de débats, que l'imposition de règles de conduite, de stéréotypes ou de modes de sélections passant pour "naturelles" s'ancre sur un temps long, chaque semaine, de façon répétitive et que la relation du téléspectateur à sa télévision se construise dans
12 HENNION (Antoine), "De l'étude des médias esquisse d'une problématique", in Médiaspouvoirs, à l'analyse de la médiation: n020, 1990, pp. 695-696.

18

Introduction

la quotidienneté, imposent un corpus de masse. Non pour ne pas choisir mais précisément pour choisir l'ordinaire. Des situations inlassablement répétées sont beaucoup plus instructives 13 sur la construction des problèmes sociaux que les extraits quasi uniques et parfois anachroniques infatigablement montrés dans les émissions de zapping. C'est une des conditions minimales de tout travail synthétique. Mais cet "effet de masse" du corpus n'est réellement profitable que dans la mesure où il permet de s'appuyer non seulement sur les débats les plus représentatifs, ceux qui impriment le plus leur marque dans cet espace et, probablement, dans les esprits des téléspectateurs, mais aussi et surtout sur ceux qui n'ont pas fonctionné. La comparaison peut se conjuguer au passé, à l'international mais aussi entre les collections qui marchent et celles qui sont vite arrêtées (collection: ensemble des émissions d'un titre, par exemple de La Marche du siècle). Règle invariable: pour comprendre sa société, il faut la regarder de l'extérieur. Variante télévisée: penchez-vous sur ce qui n'a pas fonctionné. Cela permet d'engager une sorte de voyage à l'intérieur des programmes pour regarder ce qui constitue l'ordinaire de la télévision d'un point de vue décalé. Rien de mieux que ce détour par des programmes que l'on sait non représentatifs et que l'on observe en connaissance de cause pour voir que ce qui passe pour naturel dans la quasi-totalité des collections est en fait un choix comme un autre. En enlevant toute l'apparence naturelle des sélections majoritaires, ce regard décalé oblige à comprendre comment se construit cette naturalité si efficace, sur quels implicites ces choix récurrents reposent. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner de trouver dans le COlpUScertains titres qui ne sont pas à strictement parler des débats de société (c'est-à-dire soit organisés sur des sujets de société, soit avec la société civile) mais dont la vel1u est de permettre une comparaison. N'ayant pas la possibilité de modifier des variables pour constater ce que la sUlTeprésentation d'hommes politiques,
13 SIRINELLI (Jean-François), Intellectuels et passions françaises. pétitions au XX. siècle, Paris, Folio, colI. "Histoire", 1996, 596 p. Manifestes et

19

Introduction

d'experts, de militants associatifs, de témoignages ou au contraire de propos abstraits, change à l'ensemble, pourquoi ne pas s'appuyer sur la diversité offerte par la production des débats diffusés? Chaque fois que les professionnels testent une nouvelle formule. (avec ou sans experts, militants, responsables politiques, en changeant de ton, de décor, etc), ils effectuent en quelque sorte ces essais. II ne reste plus qu'à les utiliser. L'éclectisme final repose sur un équilibre facile à établir. Tous les débats ayant marqué leur époque par la longévité de leur diffusion sont prioritairement intégrés (c'est le cas des Dossiers de l'écran, Aujourd'hui madame et Aujourd'hui la vie, La Marche du siècle, C'est pas juste, Français si vous parliez, Ça se discute et, dans une moindre mesure, Droit de réponse, Ciel mon mardi et beaucoup de discussions comptant plus de trente numéros: toutes ces collections sont présentées dans l'encadré placé en fin d'introduction). S'ajoutent à cela des débats au contenu décalé, intégrés à l'ensemble parce que comptant peu de numéros et donc ne modifiant pas la représentativité d'ensemble. C'est le cas de toutes les discussions du milieu des années soixante-dix entre auteurs (De vive voix), universitaires (Interrogations) ou représentants de la société civile et responsables politiques (L'Huile sur le feu) qui pennettent de mesurer en quoi ces recrutements monolithiques changent quelque chose au traitement de sujets de société. L'intégration de deux débats ayant, chacun dans leur genre, promptement été supprimés doit permettre de mieux cerner quelles caractéristiques particulières sont constitutives du genre de la discussion, quels ajouts supplémentaires sont à éviter, quelles limites il ne faut pas dépasser, quels horaires sont à proscrire (c'est le cas de Vivre en famille, débat d'après-midi, et de Ça va tanguer, du genre polémique). D'une manière générale, le fait que toutes les collections rapidement disparues puissent se caractériser par des traits particuliers pem1et de tirer autant d'enseignements de cel1esci que des autres (Évelyne, Chela ouate, Mea culpa, Durand la nuit). La présen.ce de débats donnant plus d'importance aux hommes politiques pour les uns, aux experts pour les autres, aux invités dits ordinaires pour les troisièmes, pelmet enfin de conserver toute la complexité de construction de l'ensemble. 20

Introduction

C'est le premier mode de comparaison, il y en a un second. Une perspective historique à moyen terme a le double avantage de déterminer les évolutions de plusieurs logiques organisant l'ensemble et de permettre une comparaison entre débats, temporelle celle-là. Le risque d'une analyse centrée sur les fondements d'une partie de l'espace public est de donner le sentiment de figer des rapports structurels alors qu'ils peuvent évoluer. Pour parler de changement, il faut avoir un point de référence, quelque chose qui n'évolue pas 14. Ces résistances au changement doivent être expliquées au même titre que ce qui change. Cette démarche permet également de faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans les nombreux commentaires actuels sur les supposées révolutions en cours, les nouvelles façons de faire de la télévision, les "nouveaux débats" censés caractériser la "néo-télévision". Il faut parfois se méfier de la rhétorique du nouveau. Travailler sur la moyenne durée pennet par exemple d'éviter de donner trop d'importance à des évolutions temporaires concemant la place des experts ou la plac~ de l'intime considérées comme des révolutions définitives. L'explication de la durée de vie des décisions et des perceptions des demandes du public données par les programmateurs ne peut pas, par définition, être la même que l'explication des évolutions de longue durée des chercheurs. Les premiers, responsables de programmes devant impérativement renouveler la curiosité des téléspectateurs, peuvent subitement décider d'arrêter une formule employée de manière intensive pendant cinq ans. Dans les débats comme ailleurs, seule une mise en perspective sur une plus grande période permet de séparer l'évolution de passage de la révolution plus significative et souvent moins visible. Voulant étudier conjointement les implicites sociaux et culturels des débats et le.s conséquences de ces implicites, la recherche de données éparses et très différentes est indispensable. Elle permet d'augmenter les critères à la base des constats établis
14 LARA (Philippe de), "Un mirage sociologique. La construction réalité", in Le Débat, Novembre/décembre 1997, p. 122. sociale de la

21

Introduction

et, par conséquent, de limiter les effets d'exagération ou de myopie de chaque type de donnée procurée par des recherches parallèles et complémentaires. L'accumulation de résultats limite les effets de construction des codes employés. Le fait de ne pas être aussi précis que possible sur chacune des variables étudiées est largement compensé par la possibilité de croiser les évolutions majoritaires de ces divers phénomènes (le système de recrutement, puis l'importance des professions, puis les enjeux sociaux des débats, puis l'évolution des modes d'engagement, etc). Il faut se détacher d'une description parcellaire pour, s'inspirant en cela d'un modèle structuraliste, s'attacher à découvrir quelles relations et quels systèmes de relations organisent cet espace. Il faut vérifier si ces faits appartiennent aux mêmes Jogiques ou non. La multiplication de résultats congruents, la mise au jour de corrélations entre phénomènes a priori épars sont la meilleure façon de démontrer la fécondité de ces hypothèses initiales 15.D'éventuelles concordances entre le fond et la forme, entre types d'invités et, par exemple, types de conclusions favorisées, sont alors d'autant plus significatives que leurs évolutions parallèles signifient très probablement que leurs effets respectifs se complètent les uns les autres jusqu'à, éventuellement, rendre méconnaissables les causes objectives de ces effets. Et au final, la recherche d'explications fondamentales est facilitée par la découverte d'une forte densité de relations entre certains de ces phénomènes. Reste que, en dehors de leur fort degré de corrélation, la seule façon de garantir la pertinence des résultats dévoilés par cette analyse comparatiste vient de l'assurance de preuves empiriques scrupuleusement établies 16. Même si, comme l'ajoutent aussitôt Michel Forsé et Simon Langlois, il n'est, de toute façon, pas possible d'écm1er complètement le risque d'oublier une variable importante 17. Parce que l'extraction de faits précis souvent imperceptibles dans une écoute distraite ou distractive de ces
BOURDlEU(Pierre) et CHAMBOREDON(Jean-Claude), Le Métier de sociologue, Paris, Mouton-Bordas, J 968, pp. 59-85. 16 FORSE (Michel) et LANGLOIS (Simon), Tendances comparées des sociétés industrielles, Paris, PUF, colI. "Sociologie d'aujourd'hui", 1991 pp. 219.220.
17

15 PASSERON (Jean-Claude),

Ibid.

22

Introduction

débats dépend de critères précis d'analyse, il faut expliciter au moins les principes des méthodes employées. Les données des chercheurs en sciences sociales ne sont en effet jamais tout à fait des "données" 18, sans quoi elles ne rompraient pas aussi régulièrement avec la perception que les acteurs sociaux ont des phénomènes étudiés et, par exemple, des logiques sous-jacentes à la fabrication des programmes télévisés. Toutes les tendances étudiées ont été passées au travers d'analyses complémentaires. La première, irremplaçable, s'attache à observer directement et le plus complètement possible au moins un exemplaire de chacune des vingt-huit collections pour chaque point étudié. Mais, parce que ce type d'écoute ne peut suffire à répondre à beaucoup de ces hypothèses et parce qu'une description de visu, aussi minutieuse et déterminante soit-elle, se fait toujours avec quelques majorations et défonnations 19, ces premières observations sont complétées, chaque fois que c'est utile, possible et pertinent, par des données statistiques. C'est une façon de se méfier de son propre regard, de sa propre impression en exigeant d'autres preuves que celles apportées par sa propre écoute. S'obliger à chiffrer à grande échelle l'évolution de certaines des tendances analysées systématise les résultats. Tout n'est pas quantifiable, tout ne peut et ne doit être réduit à des chiffres: comment analyser de manière statistique l'importance de l'idéologie individualiste dans l'évolution de la représentation du citoyen social ordinaire? Mais à cette restriction près, ce serait une erreur d'opposer qualitatif et quantitatif. Tout raisonnement statistique, qu'il porte sur l'évolution de la place de l'expert télévisé, de la proportion d'employés ou de l'argument de justification explicite, n'est très souvent qu'une façon de continuer, en lui donnant plus de rigueur, le chemin tracé par les observations directes. Il n'empêche pas "l'imagination sociologique" indispensable à la construction des grilles des tableaux utilisées et
18 MERLLlÉ (Dominique), in CHAI\1PAGNE (Patrick), LENOIR (Rémi), MERLLIÉ (Dominique) et PINTO (Louis), Initiation à la pratique sociologique, Paris, Dunod, 2éme édition, 1996, p. 102. 19 PASSERON (Jean-Claude), "Homo socioJogicus", in Le Débat, n079, 1994, pp. 114-133.

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plus encore à l'interprétation des résultats établis, résultats qui ne sont valables que dans un contexte détenniné 20, Il y a continuité précisément parce que la construction d'un raisonnement statistique .

part de descriptions concrètes à affiner.

Reste que l'enjeu est d'importance. Dans cette partie très particulière de l'espace public, il s'agit de savoir quelles qualités doivent ou non, majoritairement, avoir les citoyens sociaux dits ordinaires. Et plus précisément quelles qualités de témoin, de spécialiste ou d'opposant, mais aussi quelles qualités professionnelles et sociales, ces deux dernières qualifications donnant des indices sur la traduction des rapports sociaux dans les débats (les plateaux de télévision font-ils partie des lieux où s'expriment ces nouvelles hiérarchies sociales ou bien cet enjeu reste-t-il caché 7). L'ensemble des variables extérieures 1Üoutées à celles propres à la médiation télévisée doit permettre d'expliquer les conséquences des caractéristiques fondamentales mises au jour. Mais cette perspective peut aussi être retournée. Dans un premier sens, il s'agit de fournir un éclairage sur l'évolution majoritaire des débats. Dans le cas inverse, il vaut mieux cerner l'influence réelle de "la télévision" dans cette construction collective de l'image de la société française se penchant sur elle-même. Adopter ce fil conducteur pennet, en plus du reste, de faire une analyse des relations entre espace social et espace social télévisé. Il faut alors détern1iner ce que cette médiation télévisée, médiation technique mais aussi et surtout humaine (celle des animateurs), l'obligation de plus en plus pressante de résultats imposée aux professionnels de la télévision, la transformation d'une chaîne en entreprise entièrement commerciale, etc, ont changé à l'image dominante donnée des règlements des problèmes sociaux. Et, à l'inverse, quel est l'impact inaltérable de l'environnement social extérieur sur la construction de ces débats. Mesurer cette autonomie pennet au fond de déterminer la caractéristique fondamentale de cette partie télévisée de l'espace public par rapport au reste de l'espace public.
20 PROST (Antoine), "Le modèle sociologique", Chapitre IX, Paris, Seuil, 1996, pp. 205-206. in Douze leçons sur l 'histoire,

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CORPUS
Seul un échantiHon quantitatif représentatif de l'ensemble de l'espace social télévisé donne les moyens de mesurer très précisément la portée de telle ou telle évolution. Le corpus choisi se base donc sur vingt-huit collections représentatives, depuis 1958, de tous les types de débats. On y trouve des conversations ordinaires du type d'Azijourd'hui madame ou Français si vous parliez. Ces débats d'après-midi n'ont pour objectif affiché que de permettre à leurs fidèles téléspectateurs de venir sur le plateau discuter de manière concrète, souvent engagée, d'un sujet qui leur tient à cœur avec des "personnalités" ou des "professionnels". On y trouve aussi des débats institutionnels et pédagogiques, débats entre professionnels ou spécialistes, le but étant de comprendre le sujet et de l'expliquer "sérieusement" (La ~Marche du siècle, Les Dossiers de l'écran). On y retrouve encore de multiples formes de palabres télévisées dans lesquelles l'échange d'informations l'emporte sur la confrontation d'opinions (Ça se discute, Du fer dans les épinards). Des discussions polémiques - Stars à la barre, Ciel mon mardi et, à un degré moindre, Droit de réponse - sont également inclues. Apparaissent enfin des débats de société quasipolitiques, organisés autour d'élus avec un fonctionnement et des objectifs proches des débats politiques: engager une discussion pour résoudre le dossier d'actualité, faire des propositions et tenir compte de la représentativité politique dans le droit de parole accordé à chacun (Faire face, L'Hebdo, Médiations, D'un monde à l'autre).

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Dans cette perspective, le choix du corpus statistique s'est surtout attaché à respecter la hiérarchie existant entre les collections représentatives d'une époque et celles qui n'ont fait qu'un bref séjour sur le PAF. Dans ces conditions, l'établissement de comparaisons statistiques sur des faits qui se répètent régulièrement, inlassablement, entre collections ou entre périodes, est relative111entaisé. Le repérage de covariations n'est pas plus difficile. II Dans chaque collection, seuls les numéros répondant entièrement aux critères donnés de débat de société ont été intégrés (ainsi, toutes les émissions politiques avec un ou plusieurs leaders politiques en campagne électorale dans La Marche du siècle ont été éliminées). 21 Pour que le poids de chaque collection corresponde à son importance quantitative réelle, 10 % des débats de société de chaque collection ont été conservés (soit 12 débats de Confidentiel femmes qui en compte 118), avec au minimum 2 exemplaires par collection. Même si, évidemment, l'horaire, l'audience et le jour comptent autant que le nombre de numéros, le fait que la relation d'un téléspectateur avec l'espace social télévisé se construise sur le long terme, jour après jour, incite à privilégier - pour ces donnéeslà - ce critère statistique. Et, au total, le corpus quantitatif est d'autant plus représentatif qu'il intègre quasiment 10 % de l'ensemble des débats de société diffusés jusqu'à aujourd'hui.
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OUVRAGES

CITES

Dominique Cardon, "Émotions et engagements de l'auditeur de Ménie Grégoire", in Réseaux, n070, 1995, pp. 41-78. Patrick Charaudeau et Rodolphe Ghiglione, dir., Le Talk show: un mythe de la démocratie ?, Université Paris 8, Mai 1993, 182 p. Patrick Charaudeau et Rodolphe Ghiglione, La Parole corifisquée. Un genre télévisuel: le talk show, Paris, Dunod, coil. "Société", 1997, 176 p. Patrick Champagne, Rémi Lenoir, Dominique Merllié et Louis Pinto, Initiation à la pratique sociologique, Paris, Dunod, 2éme édition, 1996,233 p. Jean-Pierre Esquenazi, Télévision et démocratie: le politique à la télévisionjrançaise (1958-1990), coIl. "La politique éclatée", Paris, PUF, 1999,387 p. Michel Forsé et Simon Langlois, Tendances comparées des sociétés industrielles, Paris, PUF, colI. "Sociologie d'aujourd'hui", 1991,270 p. Antoine Hennion, "De l'étude des médias à l'analyse de la médiation: esquisse d'une problématique", in Médiaspolrvoirs, n020, 1990, pp. 687-697. Philippe de Lara, "Un mirage sociologique. La construction sociale de la réalité", in Le Débat, Novembre-décembre 1997, pp. 114129. Guy Lochard et Henri Boyer, Notre écran quotidien, Paris, Dunod, coll. "Société", 1995,203 p.

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Jean Mathiot, Norme, normalité, normativité, Aix-en-Provence, Université Aix-Marseille I (cours de philosophie générale), 19941995, 74 p. Noël Nel, Le Débat télévisé, Paris, Armand Colin, 1990, 272 p. Jean-Claude Passeron, "Homo sociologicus", in Le Débat, n079, 1994, pp. 114-133. Antoine Prost, "Le modèle sociologique", chapitre IX, in Douze leçons sur l 'histoire, Paris, Seuil, 1996, pp. 189-211.

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