L'intérêt du psychodrame analytique

-

Livres
212 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L'extension des indications de la psychanalyse aux enfants, ainsi qu'aux patients d'organisations non névrotiques, rend nécessaire une distinction plus rigoureuse entre la méthode psychanalytique et les dispositifs au moyen desquels celle-ci est instaurée concrètement. Le psychodrame analytique est l'un de ces dispositifs parmi les plus féconds. Alternant argumentations métapsychologiques et illustrations cliniques, ce livre démontre que l'intérêt du psychodrame analytique réside dans sa capacité à offrir les bénéfices de la méthode analytique à des patients inaptes à l'usage de la seule association libre verbale.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 1
EAN13 9782130791164
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0180 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Jean-Marc Dupeu
L'intérêt du psychodrame analytique
Contribution à une métapsychologie de la technique analytique
CopyRight
© Presses Universitaires de France, Paris, 2005
ISBN papier : 9782130547419 ISBN numérique : 9782130791164
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
PrésEntation
L'extension des indications de la psychanalyse aux enfants, ainsi qu'aux patients d'organisations non névrotiques, rend nécessaire une distinction plus rigoureuse entre la méthode psychanalytique et les dispositifs au moyen desquels celle-ci est instaurée concrètement. Le psychodrame analytique est l'un de ces dispositifs parmi les plus féconds. Alternant argumentations métapsychologiques et illustrations cliniques, ce livre démontre que l'intérêt du psychodrame analytique réside dans sa capacité à offrir les bénéfices de la méthode analytique à des patients inaptes à l'usage de la seule association libre verbale.
Table des matières
Remerciements Ouverture Un exposé des motifs Psychanalyse et psychothérapie analytique Méthode, dispositifs, situation Sur quelques paradoxes de la méthode associative Le jeu comme précurseur de l’activité fantasmatique Le dispositif psychodramatique I. La représentation psychodramatique Efficacité de l’association libre et régression formelle Le psychodrame analytique renonce-t-il à l’association libre ? Ferenczi, précurseur du psychodrame analytique Une pause Grégoire : une figuration transférentielle de l’absence Du « stoppage » à l’interprétation II. La stratégie interprétative dans la cure analytique et psychodramatique Scansion ou interprétation ? Un préambule polémique Quatre thèses sur la stratégie interprétative Les transferts de représentation, précurseurs de l’interprétation Gilbert : un parcours psychodramatique en forme de « feuilleton » Contre le clivage : un travail de métaphorisation III. Faire avec le clivage Quelques réflexions sur le clivage du moi Levée du clivage d’une scène traumatique Le voile noir IV. Les paradoxes de la situation analytique « dépliée » par le psychodrame L’offre analytique : parlez-moi... comme si je n’étais pas là ! Tempérer la dimension traumatique de l’asymétrie analytique Une représentation de transfert : Émile et la baignoire bouchée V. Cure psychanalytique et psychodramatique : indications différentielles Le problème de la technique, entre Freud et Ferenczi La théorie de la séduction généralisée : nouveau repère pour une métapsychologie de la technique Insuffisance des indications symptomatiques
Figures cliniques du défaut d’introjection Retour sur la théorie freudienne de la représentation Modalités représentatives de l’activité pulsionnelle Indications différentielles VI. Le jeu entre répétition et remémoration De la métapsychologie à la technique L’accession au principe de plaisir : ses conditions de possibilité Le psychodrame analytique comme relance du processus onirique Mathieu : du trauma inévocable… … à sa figuration dramatisée VII. Du plaisir de jouer au plaisir de penser Le jeu, « chaînon manquant » de la symbolisation Le plaisir de penser Gaétan, un aventurier de la psyché perdue Le début des séances et l’apparition du « savant fou » Perspective comparatiste VIII. Quand il devient nécessaire de « déplier » le dispositif analysant Les dispositifs modifiés : une analyse appliquée ou compliquée ? Théorie du dépliage du dispositif analysant L’hypercondensation du dispositif analytique originaire Exemplarité du champ de la psychanalyse de l’enfant Une typologie des dispositifs dépliés IX. Processus d’introjection et théorie traductive de la constitution de l’appareil psychique Le processus d’introjection Retour sur le modèle du rêve Contre la théorie « défensive » du travail du rêve Propositions Le secret d’Ali Baba : un nouveau mythe de la caverne ? Références des interventions et des publications
Remerciements
es remerciements vont, au premier chef, à mes collègues thérapeutes-M acteurs de l’unité de psychodrame individuel du service de psychiatrie infantile de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, avec qui nous avons formé, pendant une belle décennie, une équipe à la fois soudée et passionnée, et sans lesquels le recueil qu’on va lire n’aurait, tout simplement, pas pu voir le jour. À ce titre, ils sont, même si leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture, les coauteurs involontaires de ces travaux, comme ils ont été, par leur inventivité clinique, les auxiliaires indispensables dans l’élaboration des scénarios proposés par nos patients : Didier David, Fabienne de Lanlay, Bernard Golse, Maïté Klar, Anne-Marie Mairesse, Françoise Peille.
J’ai cependant une dette particulière envers Bernard Golse qui m’a accueilli si amicalement dans son service et a constamment sollicité et soutenu mes efforts, d’abord balbutiants, pour élaborer notre pratique commune, avec une générosité qui ne s’est jamais démentie.
S’il ne m’est pas possible de nommer tous les jeunes patients qui se sontprêtés au jeudu psychodrame au cours des innombrables séances du mercredi matin, nous savons bien tout ce que nous leur devons. Cinq d’entre eux méritent cependant une mention particulière, puisque leurs aventures psychodramatiques font l’objet d’un compte rendu et d’une réflexion dans les pages qu’on va lire. Qu’on me permette de les citer par les pseudonymes que je leur donne dans ces pages : Grégoire, Gilbert, Émile, Maxime, Gaétan.
Ma reconnaissance va encore à Jean Laplanche qui, depuis quelques années, accompagne avec une bienveillance qui n’exclut pas la mise en question critique mes tentatives de donner un prolongement à sa pensée dans le domaine de la métapsychologie de la technique analytique.
Bien d’autres collègues, aînés et compagnons de route, mériteraient d’être cités, tant il est vrai – comme on s’efforce de le montrer ici – que la pensée n’est jamais une autocréation mais l’infinie remise au travail desmessages et des influences dont nous avons eu le privilège d’être, à tels moments de notre parcours, les destinataires.
Ouverture
Un exposé des motifs
ede ce recueil paraphrase celui d’un article de Freud publié en 1913 :titre L « Intérêt de la psychanalyse », publié en réponse à la sollicitation de la revueScientia[1], occasion qu’il saisit pour clarifier avec sobriété, mais non sans fermeté, les fondements épistémologiques de la discipline psychanalytique, ainsi que ses relations aux autres champs du savoir. La modestie du terme choisi(Das Interesse)ainsi que la définition volontairement restrictive qu’il donne de la psychanalyse dans les premières lignes de sa contribution ne doivent pas nous égarer. On doit bien plutôt y voir un élégant procédé rhétorique, apparenté à la litote, visant au contraire à montrer l’extension considérable prise en quelques années par la nouvelle science à partir de si humbles prémisses : « La psychanalyse, écrit-il, est un procédé (Verfahren) médical qui tend à la guérison de certaines formes de nervosité (névroses) au moyen d’une technique psychologique. » Définition qui ne retient que l’un des trois points de celle qu’il proposera quelques années plus tard dans un autre article[2] didactique, plus connu.
Or ce procédé médical de traitement des névroses trouve, on le sait, son point de départ dans les résistances, voire les impasses rencontrées par une autre technique psychologique, la suggestion sous hypnose. Le génie de Freud aura consisté, à l’occasion de l’invention d’un nouveau procédé mieux approprié à sa visée, de découvrir par généralisation un mécanisme fondamental de la création de la névrose. C’est ainsi que la prise en considération des résistances à la suggestion hypnotique devait ouvrir la voie à la découverte du refoulement, modèle paradigmatique des résistances opposées aux représentations inconscientes, puis à celle du refoulement originaire conçu comme le processus fondateur de l’inconscient. Encore que, sur ce dernier point, Freud restera hésitant, balançant jusqu’au bout entre une conception endogéniste, quasi biologique, de l’inconscient (« Tout ce qui est conscient a d’abord été inconscient ») et celle d’un inconscient sexuel produit par le refoulement lui-même.
Les travaux qui suivent viennent rouvrir ce débat épistémologique crucial à partir d’une question technique qui n’est pas sans analogie avec celle qui s’est trouvée à l’origine de l’invention de la psychanalyse elle-même – à savoir l’inadéquation du procédé thérapeutique antérieur confronté aux résistances insurmontables que lui opposait une certaine catégorie de patients. De même,
en effet, que la méthode psychanalytique venait relayer les impasses du procédé hypnotique, le dispositif psychodramatique est venu tenter de répondre aux limitations du dispositif psychanalytique originaire, lorsqu’on s’éloigne de façon trop significative des organisations psychiques pour lesquelles il a été inventé.
Pour autant – et quelles qu’aient pu être les prétentions de son inventeur en la matière[3] –, le psychodrame ne remet pas en question la pertinence de la théorie freudienne. Tout au plus les questions théorico-pratiques qu’il permet de poser peuvent-elles contribuer à l’extension de la réflexion métapsychologique au-delà des organisations névrotiques et – on le verra tout au long de ces essais – à mettre à l’épreuve de la clinique concrète certaines hypothèses sur la constitution du psychisme. Au-delà donc de son incontestableintérêtthérapeutique, le psychodrame psychanalytique se révèle un outil heuristique irremplaçable pour interroger les limites de la psychanalyse et penser à nouveaux frais sa situation au regard d’autres disciplines connexes. Ce qui était déjà le programme de l’article de Freud qui nous sert de sauf-conduit.
Les contributions qu’on trouvera réunies ici sont nées, pour la plupart, de conférences ou d’interventions lors de colloques, s’étalant sur une dizaine d’années et visant à éclairer l’intérêttant pratique que métapsychologique de ce dispositif psychanalytique particulier qui a, depuis plusieurs décennies, et particulièrement en France, acquis ses lettres de noblesse. Tel est du moins le cas pour les sept premières d’entre elles. Les deux derniers textes ne traitent pas directement du psychodrame psychanalytique mais ont cependant semblé pouvoir trouver leur place dans ce recueil en ce qu’ils visent à élargir le propos à un problème majeur de notre discipline, soit la nécessaire élaboration d’une métapsychologie des variations du cadre analytique, qui permettrait de dépasser l’empirisme de bonne volonté qui préside le plus souvent, en ces matières, aux propositions techniques et à leurs indications. Pour autant, je n’ai pas cru devoir refondre ces interventions en un tout cohérent, qui aurait donné l’illusion que les propositions métapsychologiques guidaient les expérimentations techniques, alors qu’elles en constituent bien plutôt une sorte d’aboutissement et, au moins pour leur auteur, le principal bénéfice.
C’est pourquoi j’ai fait le choix de les présenter dans l’ordre chronologique de leur rédaction en limitant les modifications à quelques corrections ou précisions visant à en faciliter la lecture, ainsi qu’à certaines négligences du langage oral qui, tolérables à l’écoute, finissent par indisposer le lecteur étranger aux circonstances de la rencontre et plus exigeant quant à la concision et la rigueur de l’argumentation. Chaque fois que cela a semblé nécessaire, j’ai tenté de donner satisfaction à cette exigence légitime, d’autant plus volontiers que l’auteur qui relit ses contributions avec le recul des années