L'observation d'un bébé de zéro à deux ans dans sa famille

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Cet ouvrage livre le témoignage par l'auteur de l'expérience acquise durant des années dans l'observation du bébé dans sa famille. L'auteur donne les clés qui permettent d'analyser les premiers développement du bébé d'un point de vue psychique, notamment grâce à l'importance du lien avec la mère. Le lecteur pourra, grâce à l'ouvrage, se faire une idée de l'observation psychanalytique de l'enfant.

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Date de parution 01 décembre 2017
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EAN13 9782140052286
Langue Français

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développements du bébé du point de vue de leur signiIcation
Mais tout un chacun peut bénéIcier de cette étude longitudinale
Cléopâtre ATHANASSIOUPOPESCO
L’OBSERVATION D’UN BÉBÉ DE ZÉRO À DEUX ANSDANS SA FAMILLE
Commentaire psychanalytique
Études psychanalytiques
L’OBSERVATION D’UN BÉBÉ DE ZÉRO À DEUX ANS DANS SA FAMILLE Commentaire psychanalytique
Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat La collectionEtudes Psychanalytiquesveut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions Guillemette BALSAN,Temps et mélancolie, Après coup l’adolescence, 2017. Franca MADIONI (dir.),Figures du vide. Psychopathologie et hypermodernité, 2017. Vladimir MARINOV,Le démiurge et le funambule. Brancusi & Giacometti, 2017. Michelle MORIN,De la création en art et littérature, 2017. Christiane CHARVET-BERNARD,Une voix s’est tue. Parlons. Le déclin d’une civilisation n’est pas une fatalité, 2017. Pierre DELMAS,Wilhelm Reich ou le complexe de Prométhée, 2017. Anne Vernet SEVENIER,Etude d’un Syndrome de relance originaire en cours de coma, 2016. Jacques LIS,L’homme à l’envers, 2016. Christophe SOLIOZ,Paul Parin,Voyage au bout de l’utopie,2016. Celso GUTFREIND,être mère, être père et autres essais sur la Narrer, parentalité, 2016. Alessandra GALLI,Comment sortir d’une psychose et terminer sa psychanalyse, 2016.Stoïan STOÏANOFF-NENOFF,Quatuor d’hommes de désir. Ludwig Wittgenstein, Sigmund Freud, Alain Badiou et Alain de Libéra,2016. Raymond ARON,Traces du désir, Proximité de l’abîme, 2016. Elisabeth LECLERC-RAZAVET,L’inconscient sort de la bouche des enfants, 2016. Jean-Marie BOYER,Psychanalyse et architecture. Un regard insolite sur Louis Kahn et Le Corbusier, 2016. Claude BRUERE-DAWSON et Marie-Laure ROMAN,Le psychodrame psychanalytique. Une méthode et une praxis aux confins de l’acte analytique, 2016 Philippe COLLINET,Je est un autre, 2016. Joseph ROUZEL (dir.),Psychanalyse et écriture, Rencontre avec Pascal Quignard, 2015. Élisabeth LECLERC-RAZAVET, Georges HABERBERG, Dominique WINTREBERT,L’enfant et la féminité de sa mère, 2015.
CléopâtreATHANASSIOU-POPESCOL’OBSERVATION D’UN BÉBÉ DE ZÉRO À DEUX ANS DANS SA FAMILLE Commentaire psychanalytique
DU MÊME AUTEUR : Ulysse, une Odyssée psychanalytique, Césura Edition, Lyon, 1986 L’enfant et la crèche, Césura Edition, Lyon, 1987 Aux sources de la vie psychique, Césura Edition, Lyon, 1989 Introduction à l’étude du Surmoi, Césura Edition, Lyon, 1995 Le Surmoi, PUF, Paris, 1995 La Défense maniaque, PUF, Paris, 1996 Penser le Mythe, Delachaux et Niestlé, Lausanne, 1996 Mythes et psychanalyse, Direction du Colloque de Cerisy, juin 1995, (en collaboration avec Anne Clancier), In Press, Paris, 1997 Bion et la naissance de l’espace psychique, Popesco Edition, Paris, 1997 Le concept de lien en psychanalyse, PUF, Paris, 1998 Un étrange itinéraire psychanalytique – Œdipe Roi, Edition du Hublot, Larmor Plage, 1999 La petite sirène : de l’objet combiné à la scène primitive, PUF, Paris, 1999 Le narcissisme : de soi à l’autre, Delachaux et Niestlé, Lausanne, 2002 Représentation et miroir, Popesco Edition, 2006 L’envie : une étude psychanalytique de l’Othellode Shakespeare, Popesco Edition, Paris, 2007 La manie chez l’enfant, Popesco Edition 2013 Quatre œuvres de Shakespeare, une étude psychanalytique, Popesco Edition, 2014 L’acquisition de la troisième dimension psychique, Popesco Edition, 2015 La technique en psychanalyse d’enfant, Edition L’Harmattan, 2017 Traduction: Le langage de Winnicott, par Jan Abram, trad. C. Athanassiou-Popesco Popesco Edition, 2001 © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13444-4 EAN : 9782343134444
 Remerciements  Je remercie Florence Pietri de m’avoir permis de publier ici le matériel clinique recueilli dans l’observation de bébé qu’elle a effectuée avec beaucoup de rigueur et de sensibilité.  C’est à partir d’un tel travail que l’on peut commencer de mettre à profit l’expérience psychanalytique que l’on a acquise et que ce travail permet d’enrichir grandement.
INTRODUCTION Ce livre se présente avant tout comme un travail théorico-clinique qui suit dans son déroulement une observation psychanalytique du nourrisson dans sa famille. Le premier hommage que je rends ici est à l’inventrice de cette 1 méthode d’observation, E.Bick , dont j’ai suivi l’enseignement à Londres, dans les dernières années de sa vie, accompagnée dans cette démarche 2 par G. et M. Haag. M.Haag a reporté, au plus près, dans un livre sur le sujet, l’expérience qui a été la nôtre. L’attitude de l’observatrice (ou de l’observateur – nous conserverons le terme au féminin étant donné que l’observatrice est ici une femme), est faite de neutralité bienveillante. Elle se doit d’observer le comportement du nourrisson puis de l’enfant (de zéro à deux ans), sans jamais placer en avant, ses propres préoccupations ou son propre intérêt. Elle ne doit qu’observer – sans intervenir - les rapports existant entre le nourrisson et sa mère, ou le nourrisson lorsqu’il est laissé à lui-même. C’est par une telle attitude, faisant table rase sur tous les savoirs préalables brouillant la vue de l’observatrice, qu’E.Bick est parvenue à saisir le monde particulier dans lequel commence à se développer l’identité du bébé. Je pense avoir été fidèle à l’enseignement d’E.Bick en donnant à ce livre la forme qui est la sienne : tous les commentaires effectués au cours du report de ces observations ne sont issus que des observations elles-mêmes, et non pas d’éléments tirés d’une autre clinique. C’est pourquoi j’ai pris le parti de développer séance après séance, le calendrier de ces 3 observations durant les deux années où elles se sont déroulées . Il n’aurait pas été possible de reprendre intégralement l’ensemble de ces observations. J’ai choisi d’en reporter au fur et à mesure des éléments 1  Bick, E. (1964) : « Notes sur l’observation du nourrisson dans la formation psychanalytique », in : The International Journal of Psychoanalysis, vol 45, 1964) et : Les écrits de Martha Harris et d’Esther BickTrad. J.etJ. Pourrinet, Ed. du (1987), Hublot, 2007. 2  Haag,M. (1984) :A propos des premières applications françaises de l’observation régulière et prolongée d’un bébé dans sa famille selon la méthode de Mrs Bick. Tirage privé : s’adresser à l’auteur. 3  Je remercie à nouveau Florence Pietri pour le travail précis, honnête et minutieux qu’elle a effectué dans l’observation de Sacha et de sa famille. C’est à partir d’un tel matériel clinique que nous pouvons faire avancer la réflexion sur le développement du nourrisson.
précis, et n’ai fait des commentaires qu’à partir de ces éléments. Ainsi les lecteurs auront toujours le loisir de faire le lien entre la réflexion théorique et son point de départ clinique. J’ai toujours évité de présenter des conclusions sans que le lecteur n’ait la possibilité de réfléchir par lui-même sur leur bien-fondé. Si le travail psychanalytique – et par conséquent l’observation psychanalytique du bébé – prétend trouver sa place dans les sciences humaines, et donc parmi les sciences, il doit se soumettre à cette épreuve de réalité : rien ne peut être avancé qui ne soit étayé par des faits observés. J’espère que cet ouvrage dans sa présentation illustrera bien ce que j’entends ici. Dans cette mesure également, le lecteur se rendra compte du travail effectué au cours d’un séminaire d’observation du bébé dans sa famille. En effet, le séminaire se déroule de la manière suivante : l’observatrice lit le compte rendu de sa séance d’observation et le groupe l’écoute, chacun ayant en main une copie de l’observation en question. Nous reprenons dans un second temps la lecture de l’observation, en donnant libre cours à nos réflexions. Ce travail de groupe est un terreau associatif duquel émerge souvent une clarification du sens du comportement observé chez le bébé. Chacun des membres du groupe puise dans son identification au bébé, de quoi nourrir le sens de ce qui se joue pour celui que l’on observe dans la réalité, à travers le récit qu’en fait l’observatrice. L’émergence des commentaires théoriques – tels que je les trace dans le présent texte – ne peut être que rattachée à la clinique retracée par le récit de l’observatrice. Observer un bébé, c’est se confronter à l’inconnu : l’inconnu de l’expérience émotionnelle que le bébé fait vivre à ceux qui s’approchent de lui, et l’inconnu du sens de son comportement. L’authenticité de ce travail de recherche s’appuie sur la précision des détails et la capacité de prendre son temps pour les examiner. Une observation de bébé nécessite un investissement temporel important : au cours d’une observation, on n’observe qu’un bébé à la fois (tel un parent qui n’investit qu’un bébé à la fois – même s’il a des jumeaux). Le dépouillement d’un matériel d’une seule séance peut prendre deux bonnes heures. L’important est de laisser à la pensée le temps de se développer dans un monde où la vitesse écrase progressivement le temps qu’il faut pour penser, c’est-à-dire pour lier l’expérience émotionnelle au sens qu’elle contient ou qui la contient. Le but du travail de l’observation est de commencer à s’interroger sur le sens de ce que fait le bébé. C’est en ne collant pas un sens déjà connu sur un fait qui ne l’était pas, qu’E.Bick a pu découvrir un type d’identité particulière fondée sur un rapport aux objets dans un monde uni et
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bidimensionnel. On en trouvera les exemples dans ce livre. Cela a permis de transformer les conceptions psychanalytiques sur les processus identificatoires précoces. Ce n’est que lorsqu’on oublie tout ce que l’on sait, que l’on peut découvrir le sens nouveau de ce qui se déroule devant soi. La constitution de ce sens ne s’effectue pas d’emblée, et l’observatrice laisse s’inscrire progressivement en elle la trace, la mémoire et le sens de ce qu’elle rapporte dans son écriture. L’ensemble des observations reportées dans ce livre a fait déjà l’objet d’un séminaire et les commentaires que l’on y lira sont le fruit d’une seconde lecture. Ils constituent une réflexion après-coup. L’analyse qui en avait été faite durant le séminaire a donné lieu, pour la rédaction de ce texte, à une seconde réflexion, plus profonde et bénéficiant du recul par rapport à ce qui n’a pas été appréhendé sur le vif. Cette réflexion a été menée grâce à une reprise des notes écrites fournies par l’observatrice. Nous saisissons ici comment l’analyse d’un matériel infantile issu de l’observation s’effectue en un nombre d’étapes qu’il serait possible de multiplier au fur et à mesure que notre réflexion s’approfondit. Comme je le remarquerai, cela commence par une observation sans pensée, une observation ouverte aux perceptions nouvelles, aux réactions contre-transférentielles multiples. Cela se poursuit par une notation laquelle, comme lors d’une prise de note postérieure à toute séance analytique, fait remonter nombre d’associations qui n’apparaissaient pas à notre conscience au cours de l’expérience vivante de la séance. Cela est encore plus vrai pour l’observation du nourrisson que pour toute séance d’analyse. Pourquoi ? Peut-être parce que dans une séance d’analyse, l’analyste est davantage sollicité par la recherche d’un sens à attribuer aux 4 propos du patient. Bion nous avertit cependant que ce sens n’est pas à rechercher mais surgit peut-être comme un éclairage trouvé sans être cherché. Vaste question que ces conseils donnés par Bion à l’analyste qui doit être sans mémoire, sans désir et sans compréhension lorsqu’il écoute son patient. Tel est l’état d’esprit dans lequel doit également se trouver l’observatrice du bébé. Son travail de compréhension s’effectue également en plusieurs étapes. L’observatrice est cependant, moins que l’analyste, happée par un besoin de comprendre que par celui de ne rien oublier. Le désir de transformer la situation semble pouvoir être absent 4 Bion, W.R. (1962) :Aux sources de l’expérience, Trad. F.Robert, Paris, PUF, 1979.
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