L'orthophonie en France

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Description

La profession d’orthophoniste est encore largement méconnue. Existant officiellement depuis 1964, l’orthophonie est née de la nécessité de prendre en charge les enfants opérés de « becs-de-lièvre ». Très vite, l’intérêt pour les troubles de l’articulation et de la parole s’est élargi à ceux de la voix, du langage oral et écrit, puis de la communication.
Après avoir décrit la profession dans ses aspects historique et réglementaire et expliqué les grandes lignes du contenu de la formation initiale, cet ouvrage fait l’inventaire des pratiques thérapeutiques de l’orthophonie.


20150212

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Date de parution 10 octobre 2012
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EAN13 9782130624158
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Langue Français

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QUE SAIS-JE ?

 

 

 

 

 

L’orthophonie en France

 

 

 

 

 

JEAN-MARC KREMER

Orthophoniste, chargé d’enseignement à l’École d’orthophonie,

Faculté de médecine, Université Lorraine-Nancy

EMMANUELLE LEDERLÉ

Orthophoniste, chargée d’enseignement à l’École d’orthophonie,

Faculté de médecine & faculté des lettres, Université Lorraine-Nancy

Docteur en sciences du langage

 

Septième édition mise à jour

22e mille

 

 

 

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Des mêmes auteurs

La rééducation tubaire, Isbergues, Ortho-Édition, 1990, 2e éd.

 

DE JEAN-MARC KREMER

 

500 conseils de l’orthophoniste(1994), Paris, Éd. Josette Lyon, 2005, 3e éd.

« Rééducation des troubles vélo-tubo-tympaniques », inLes approches thérapeutiques en orthophonie, t. III, chap. VII, Isbergues, Ortho-Édition, 2008, 2e éd., p. 167-173.

« Éducation à l’acquisition et à l’utilisation de la voix oro-œsophagienne et/ou trachéo-œsophagienne et à l’utilisation de toute prothèse phonatoire », inLes approches thérapeutiques en orthophonie, t. III, chap. VIII, Isbergues, Ortho-Éditions, 2008, 2e éd., p. 175-211.

Avec N. Denni-Krichel, Prévenir les troubles du langage des enfants, Paris, Éd. Josette Lyon, 2010.

 

D’EMMANUELLE LEDERLÉ

 

Avec F. Brin, C. Courrier, V. Masy, Dictionnaire d’orthophonie, Isbergues, Ortho-Édition, 2005, 2e éd., 298 p.

« La “tactique” ignorée de la petite Céline. Vers une prise en compte des savoirs des enfants ayant des troubles dyslexiques », in M.-C. Penloup (dir.), Les connaissances ignorées. Approche pluridisciplinaire de ce que savent les élèves, Lyon, INRP, p. 105-128.

« Des modes d’intervention et des pratiques rééducatives en matière de troubles développementaux spécifiques du langage écrit ou dyslexies », inLes approches thérapeutiques en orthophonie, t. II, chap. I, Isbergues, Ortho-Édition, 2004, p. 9-66.

Entretiens-échanges langagiers en situation de rééducation orthophonique. Le cas des confusions visuo-orthographiques, (juin 2009), thèse de doctorat en sciences du langage, sous la direction de R. Delamotte, Université de Rouen, Villeneuve-d’Ascq, Atelier national de reproduction des thèses (ANRT), 2010.

 

 

 

978-2-13-062415-8

Dépôt légal – 1re édition : 1991

7e édition mise à jour : 2012, octobre

© Presses Universitaires de France, 1991
6, avenue Reille, 75014 Paris

Sommaire

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Introduction
Chapitre I – L’orthophonie en France
I. – Les origines de l’orthophonie
II. – La formation des orthophonistes
III. – La compétence des orthophonistes
IV. – Les modalités d’exercice

Les troubles du langage chez l’enfant
Les troubles chez l’adulte

Le bilan orthophonique
Chapitre III – La prévention des troubles du langage
I. – Pourquoi la prévention ?
II. – Le rôle des orthophonistes dans la prévention
III. – Les techniques de prévention
Chapitre IV – En pratique
I. – Qui consulte l’orthophoniste ?
II. – Les modes de prise en charge
III. – L’orthophoniste et le médecin
IV. – Le rôle de l’entourage familial : quelques conseils
Chapitre V – L’orthophonie en Europe
Annexes
Références bibliographiques

Introduction

L’orthophonie française a presque un siècle. Née du triple choc, à la fin des années 1920, d’une personnalité, Mme Suzanne Borel-Maisonny, grammairienne de formation et passionnée de la langue française, de sa rencontre avec un grand chirurgien, le docteur Veau, qui opérait les enfants atteints de « becs-de-lièvre » à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, et d’un besoin médical naissant, l’orthophonie allait éclore très vite en tant que discipline nouvelle.

Pas à pas, à force de passion, d’opiniâtreté, de curiosité sans limites, de recherches, d’expériences et de contacts pluridisciplinaires, Mme Borel-Maisonny concevait, inventait, créait et construisait l’orthophonie peu ou prou telle que nous la connaissons aujourd’hui, dans un contexte scientifique où les technologies balbutiaient.

Son travail allait vite dépasser nos frontières. Après avoir organisé une formation initiale officieuse, transmettant ce nouveau métier et sa passion à de nombreux disciples, elle réussissait à faire de l’orthophonie une nouvelle discipline médicale et universitaire à part entière ; avec la conscience qu’un jour cette discipline allait devenir essentielle et incontournable pour aider les enfants et les adultes en souffrance dans leur communication.

Aujourd’hui, plus de quarante ans après la création officielle de l’enseignement de l’orthophonie en faculté de médecine, plus de 20 000 orthophonistes sont diplômés. Le cursus initial, renforcé successivement en 1972, en 1986 et en 1997 par des contenus actualisés en rapport avec les développements des sciences et des techniques de la communication, qu’elles soient médicales ou non médicales, permet à plusieurs centaines de jeunes praticiens d’être formés chaque année (environ 800 actuellement). L’intégration du cursus à l’architecture licence-master-doctorat (système européen) est en cours et doit être finalisée à la rentrée universitaire 2013. Partenaires à part entière des professions de santé, les orthophonistes évaluent et rééduquent, par leurs techniques spécifiques et leurs aptitudes et approches relationnelles, dans un style d’intervention spécifique, tous les troubles et toutes les pathologies du langage oral et écrit et de la communication, du zozotement au cours du développement infantile à la perte totale du langage, expression et compréhension, à la suite d’un traumatisme neurologique, par exemple. Bien plus, en 1992, ils ont été reconnus officiellement quant à leur rôle dans la prévention et le dépistage de ces mêmes troubles, mission qu’ils assumaient de fait depuis le début des années 1980. Enfin, la réalité de l’Union européenne par l’Acte unique a fait prendre conscience à la profession de la maturité de son développement et de son existence dans tous les pays du Vieux Continent. L’orthophonie, qu’elle soit appelée speech and language therapy ou logopédie, existe dans tous les pays qui connaissent un certain développement économique, tandis qu’elle demeure un besoin et une demande ailleurs… Depuis les années 2000, une école existe à Lomé au Togo, avec l’aide d’Orthophonistes du Monde.

Par ailleurs, dans le contexte de modernisation de notre système de santé (imposée par la maîtrise économique des dépenses, entre autres), les orthophonistes, qui revendiquaient depuis longtemps une modification de leur statut d’auxiliaire médical, ont obtenu, en 2002, davantage de responsabilité thérapeutique, éthique et économique ; cette responsabilité leur permet de mieux prendre toute la place qui leur revient dans la politique de santé, dans un système fondé sur la transversalité des compétences (travail en réseaux) ; cette avancée modifie réglementairement le lien qui les soumet à la prescription du médecin et à son pouvoir (contestation de la conception obsolète du « tout médecin ») : dorénavant, le médecin prescrit seulement le bilan orthophonique qui doit inaugurer une rééducation (prise en charge orthophonique) ; la mention qu’il porte sur sa prescription est la suivante : « Bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire. »

Cet ouvrage prétend rendre accessible au grand public la réalité actuelle de l’orthophonie dont la profession est réglementée dans notre pays par le Code de la santé publique. Après la description de la profession dans ses aspects historique et réglementaire, après avoir présenté les grandes lignes et la « philosophie » du contenu de la formation initiale, ce « Que sais-je ? » fait l’éventail des principales pratiques thérapeutiques de l’orthophonie. Les orthophonistes souhaitent, grâce à cet ouvrage, ne plus être confondus avec des enseignants spécialisés, avec les orthopédistes ou encore avec d’autres thérapeutes…

Chapitre I

L’orthophonie en France

I. – Les origines de l’orthophonie

Le terme d’« orthophonie » vient du grec ortho qui signifie « droit », « régulier », et de phonos qui signifie « son », « voix ».

Ce mot composé apparaît pour la première fois en France en 1829, lorsqu’un médecin, le docteur Colombat, ouvre à Paris un établissement, l’Institut orthophonique de Paris, destiné au traitement du bégaiement. À cette époque, donc, il s’agit essentiellement de l’étude de ce trouble et des « vices de la parole » : on pourra apprécier l’écart qui sépare cette définition très réductrice en rapport avec la conception et la définition actuelles de l’orthophonie.

Tout le monde connaît par ailleurs les méthodes d’éducation de l’enfant sourd mises au point par l’abbé de l’Épée (1712-1789), et les tentatives difficiles du docteur Itard pour donner un langage à Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron, histoire merveilleusement racontée dans le film de François Truffaut.

Au début du XXe siècle sont décrites pour la première fois par des neurologues (discipline médicale en pleine expansion) des observations de difficultés d’apprentissage de la lecture et des pertes de l’usage du langage et de la parole à la suite de traumatismes crâniens et d’attaques cérébrales.

C’est pourquoi, à la fin du XIXe siècle et jusqu’en 1914, vont se créer dans notre pays, sur initiatives privées, à l’étranger grâce au soutien des pouvoirs publics, de nombreux centres de traitement du langage.

Ces centres vont connaître un essor important après la première guerre mondiale, et très vite des écoles et instituts de formation pour ces nouveaux thérapeutes du langage – non médecins – voient le jour.

En 1924 se crée l’Association internationale de logopédie et de phoniatrie : en effet, dans beaucoup de pays, anglo-saxons et même francophones, c’est le terme de « logopédie » qui a été préféré, la logopédie ne prenant pas en compte la phoniatrie qui concerne les maladies de la voix ; la phoniatrie, quant à elle, est née d’un besoin particulier, celui des chanteurs lyriques qui présentaient des pathologies particulières et qui concernaient en premier lieu les laryngologues.

Dans notre pays, on doit retenir, dès le début du XXe siècle, les ouvrages de Mme Cléricy Du Collet (La Voix retrouvée, La Voix rééduquée) puis, plus tard, les efforts du docteur de Parrel qui ouvre en 1935 le Centre social de rééducation pour les déficients de l’ouïe, de la parole, de la respiration et pour les retardés scolaires ; ce médecin publie en collaboration avec sa femme un Traité de rééducation en 1939.

Mais l’essentiel du développement de l’orthophonie en France est lié à la personne de Suzanne Borel-Maisonny (1900-1995).

Phonéticienne et grammairienne de formation, élève de l’abbé Rousselot, célèbre linguiste, elle est appelée dans les années 1925 par le docteur Veau qui opère les enfants atteints de divisions palatines et de becs-de-lièvre à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Celui-ci lui demande d’observer les enfants opérés, dans le but de savoir s’il n’est pas possible de les aider à recouvrer une voix et une articulation meilleures. Elle commence donc ses premières rééducations auprès d’enfants opérés de divisions palatines, d’une manière tout à fait expérimentale. Puis, avec quelques collaboratrices, elle en vient vite à élargir son champ d’intervention à l’articulation et au bégaiement (avec le docteur Pichon) auprès d’enfants non handicapés. Petit à petit, donc, parce que sa démarche était cohérente, elle en vient à s’occuper aussi de la parole, puis du langage et de la pensée-langage ; c’est ainsi que l’orthophonie française a fini par embrasser la communication, le langage tout entier, qu’il soit oral ou écrit, et quelle que soit son origine, fonctionnelle, organique, traumatique, ou due à des handicaps divers.

Dans le même temps, sa collaboratrice Claire Dinville (1899-2001) étudie avec le docteur Tarnaud les troubles pathologiques de la voix et met au point des rééducations. Et, dès 1930, un cours de laryngologie et de phoniatrie est créé, puis en 1933 une section d’études expérimentales des formes pathologiques du langage.

Dès l’origine, donc, il est clair que l’orthophonie française est fixée dans le champ de la médecine, et que les orthophonistes, pour la plupart, seront des professionnels de santé.

En 1947, la toute jeune Sécurité sociale accepte sa participation aux traitements du langage. Mais il faudra attendre encore quelques années, en 1955, pour voir se créer les premiers enseignements de l’orthophonie : d’abord Lyon et Paris, puis Bordeaux et Marseille ; et la formation est sanctionnée par une attestation d’études d’orthophonie. En 1963, 151 personnes étaient titulaires de cette attestation ; c’est dire si la profession est de création récente dans l’histoire des sciences médicales.

C’est en 1964, par la loi du 10 juillet, que la profession d’orthophoniste reçoit un statut légal en même temps qu’est créé le premier diplôme national : le certificat de capacité d’orthophoniste (CCO).

Parallèlement, dès 1952, Claude Chassagny (1927-1986) – à l’origine instituteur devenu plus tard psychanalyste et inspirateur d’une certaine philosophie de la rééducation à travers la « Pédagogie relationnelle du langage » (PRL) – étudie l’apprentissage de la lecture chez l’enfant, notamment chez les enfants inadaptés scolaires et sociaux.

En 1955, le professeur Heuyer, titulaire de la chaire de neuropsychiatrie infantile à la faculté de médecine de Paris, crée un enseignement officiel délivrant une « attestation d’études d’orthophonie ».

En 1958 est fondée l’École de formation des rééducateurs de la dyslexie à l’initiative de M. Chassagny (ADOPSED de Strasbourg). Ce ne sera cependant qu’en 1965 que se mettra en place une commission de qualification chargée de délivrer des autorisations d’exercer l’orthophonie aux rééducateurs en dyslexie… Et il faudra attendre la loi de juin 1971 pour qu’ils soient tous intégrés à la profession d’orthophoniste, avec une limitation au langage écrit.

Avant 1964, date de la promulgation de la loi portant création d’un diplôme d’État, le certificat de capacité d’orthophoniste, six facultés de médecine avaient créé en France un enseignement qui conduisait à l’attestation d’études d’orthophonie : Paris (Pr Heuyer), puis Lyon (Pr Lafon remplacé par le professeur Morgon) depuis 1955, Bordeaux (Pr Portman) en 1956, Aix-Marseille (Pr Appaix) en 1959, Toulouse en 1963 et Nancy (Pr Grimaud) en 1964.

À la suite de la loi du 10 juillet 1964, sept autres centres de formation allaient être ouverts : Nantes en 1966, Montpellier en 1967, Tours en 1968, Lille en 1969, Besançon (Pr Lafon) en 1971, Nice en 1972 et enfin Strasbourg en 1973.

On passait donc, en quelques années, de 200 à 600 orthophonistes formés par an au début des années 1970.

L’arrêté du 16 mai 1986, modifié par celui du 25 avril 1997, vient renforcer considérablement la qualité de la formation initiale des orthophonistes, qui se déroule depuis 1987 en pratique sur quatre années dans 13 centres de formation, répartis inégalement sur le territoire national. La formation, délibérément professionnelle, est dispensée dans les UER médicales (plus exceptionnellement en UER de techniques de réadaptation) et nécessite le niveau minimal du baccalauréat (toutes sections). Elle s’étend actuellement sur mille six cent quarante heures d’enseignement théorique au minimum et mille deux cents heures au minimum de stages pratiques et professionnels (300 demi-journées) réparties sur quatre années universitaires débouchant sur le certificat de capacité d’orthophoniste (CCO). La dernière année est, de plus consacrée à un mémoire de recherche soutenu publiquement (préparation estimée à trois cents heures de travail). La transposition de ces contenus en crédits d’études dans le système européen LMD devrait porter le diplôme d’orthophonie au niveau master.

II. – La formation des orthophonistes

Sous réserve des résultats de la réforme des études paramédicales encore en cours en 2012 (harmonisation dans le système européen LMD), la formation dépend du texte suivant :

Arrêté du 25 avril 1997 modifiant l’arrêté du 16 mai 1986 relatif aux études en vue du certificat de capacité d’orthophoniste

Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministre du Travail, des Affaires sociales et de la Santé.

Art. 1er. – Le certificat de capacité d’orthophoniste est délivré par les universités habilitées à cet effet par arrêté du ministre chargé des Universités et du ministre de la Santé, pris après avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cet arrêté mentionne la composante au sens de l’article 25 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, responsable de la préparation. Il est pris au vu d’un dossier précisant les modalités d’organisation. L’habilitation peut être retirée selon la même procédure.

Art. 4. – La formation comprend des enseignements théoriques, des enseignements dirigés, des stages et un mémoire de recherche. La durée des enseignements théoriques et des enseignements dirigés est au minimum de mille six cent quarante heures. Celle des stages est au minimum de mille deux cents heures.

Le mémoire est, de préférence, élaboré sur deux années d’études. Il est soutenu publiquement devant un jury d’au moins trois membres, désignés par le président de l’université, sur proposition du directeur de l’Enseignement d’orthophonie.

[…]

Évaluation quantitative et qualitative des aptitudes sensorielles, motrices et psychiques des candidats aux études en vue du diplôme d’études d’orthophonie.

Afin d’établir la liste des étudiants autorisés à s’inscrire pour suivre les enseignements délivrés en vue de l’obtention du certificat de capacité d’orthophoniste, la composante de l’université chargée de la mise en place de cet enseignement a la responsabilité de l’organisation des épreuves visant à évaluer de façon qualitative (a) puis quantifiée (b, c) les aptitudes requises visées à l’article 3 du présent arrêté. Les éléments de jugement (b, c) doivent être simples et assez nombreux pour permettre une notation précise et un classement sans ex aequo de l’ensemble des candidats.

 

Annexe I

 

a) Aptitudes sensorielles, motrices et psychiques.

Par des examens médicaux, psychiatriques et orthophoniques, complétés par des tests audiométriques, optiques (avant et après correction éventuelle), psychotechniques et psychomoteurs sont évaluées les aptitudes sensorielles, motrices et psychiques, dont la bonne disposition chez les postulants est favorable à l’acquisition des connaissances et aptitudes conduisant aux compétences professionnelles des orthophonistes. Il convient de s’assurer que les candidats ont une personnalité sencadre et structurée, de bons contacts humains, une bonne adaptation sociale…

b) Évaluation des structures de la communication écrite.

Elles visent à vérifier la maîtrise de l’orthographe, de la syntaxe, de la sémantique, les facultés de synthèse, d’abstraction, la capacité à concentrer l’information.

Les épreuves pourront porter sur des textes théoriques ou pratiques de portée générale et/ou très précis à corriger (fautes d’orthographe, de syntaxe ou d’impropriétés sémantiques), à contracter ou à résumer, à titrer, et dont il faudra extraire les mots clés. Elles pourront reposer aussi sur des épreuves de traduction d’une structure syntaxique en schéma et réciproquement.

c) Évaluation des structures de la communication orale.

Elles font appel à des méthodes, en situation d’oral, faisant réaliser la transposition justifiée de phrases complexes en phrases simples et réciproquement, permettant de tester la mémoire de séquences, de juger de l’aptitude à adapter son langage à la personne à qui l’on s’adresse, d’évaluer les capacités d’association (repérage de l’enchaînement lexical).

Elles comportent également des entretiens individuels et en groupes pour évaluer les aptitudes phonoarticulatoires, gestuelles, psychologiques impliquées dans la communication, ainsi que les qualités du dessin, de la reproduction du rythme, de l’expression corporelle…

Le jury est composé d’enseignants titulaires et non titulaires, notamment orthophonistes, participant à l’enseignement.

 

Annexe II

 

1. Le contenu de la formation

L’orthophonie consiste :

 

– à prévenir, à évaluer et à traiter les déficiences et troubles de la voix, de l’articulation, de la parole, ainsi que ceux associés à la compréhension du langage oral et écrit, à sa réalisation et à son expression ;

– à dispenser l’apprentissage d’autres formes de communication non verbale permettant de compléter ou de suppléer ces fonctions.

 

Dans l’exercice de son activité, l’orthophoniste prend en compte les dimensions psychologique, sociale, économique et culturelle de chaque patient à tout âge de la vie.

Cette mission et ce rôle conditionnent le contenu et la forme de l’enseignement initial des orthophonistes : enseignement théorique, enseignement dirigé, stages pratiques.

Quatre volets composent la formation :

 

A) l’acquisition de connaissances fondamentales se divisant en :

  1. sciences fondamentales,
  2. pathologies médicales indispensables,
  3. l’orthophonie dans le système de santé ;

B) l’enseignement des matières spécifiques :

  1. la description précise des troubles à traiter par les orthophonistes et les techniques de rééducation,
  2. les enseignements dirigés, assurés par les praticiens particulièrement compétents dans le traitement de chaque trouble,
  3. les cours exposant la pathologie spécifique ;

C) le mémoire de recherche ;

D) les stages pratiques.

 

2. Le volume horaire

A) Acquisition des connaissances fondamentales

L’enseignement fondamental, dispensé essentiellement en première année, porte obligatoirement sur les ensembles disciplinaires suivants, en ciblant plus spécifiquement les domaines relevant des compétences orthophoniques.

Le volume horaire de chaque module est donné à titre indicatif. Cependant, le volume horaire total ne peut être inférieur à cinq cents heures cours, ni supérieur à cinq cent quatre-vingts heures cours.

 

a) Enseignement de sciences fondamentales :

a. 1. sciences du langage : 90 h :

  1. linguistique et phonétique,
  2. travail de laboratoire ;

a. 2. données fondamentales concernant le système nerveux : 20 h ;

a. 3. neuropsychologie de l’adulte et neuropsychologie développementale : 40 h ;

a. 4. psychologie : 60 h.

Cet enseignement se propose d’apporter des connaissances de base concernant le fonctionnement mental auxquelles s’articulera l’étude des sciences du langage. Il donne une place privilégiée aux aspects fonctionnels, développementaux et différentiels des processus de pensée ;

 

a. 5. l’audition : 80 h :

  1. anatomo-physiologie des organes de l’audition : voies auditives, relais,
  2. éléments de génétique,
  3. exploration fonctionnelle de l’audition,
  4. aspect audiologique (perception des sons mesure musicologie),
  5. reconnaissance des formes perçues par les voies auditives,
  6. travail en laboratoire,
  7. physique acoustique.

Physique du signal.

Données d’acoustique (vibration sous impulsions).

Techniques de production : amplification, enregistrement, analyse, synthèse.

Électronique appliquée. Prothèse auditive ;

 

a. 6. la phonation : 20 h :

  1. anatomo-physiologie des organes de la phonation et de la production de la parole,
  2. exploration de la fonction phonatoire ;

a. 7. pédagogie et organisation du système scolaire : 20 h :

  1. l’école et l’enseignement préscolaire et scolaire en France et à l’étranger,
  2. Problèmes...