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La Bataille d’Angleterre

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Description

Le 22 juin 1940, la France admet sa défaite et, de la main du maréchal Pétain, signe l’humiliant armistice de Rethondes. Etrillée, balayée par la Blitzkrieg en seulement un mois et demi, l’armée française dépose les armes. Seuls quelques soldats et pilotes, embarqués à la hâte lors de l’évacuation de Dunkerque, ont franchi la Manche pour poursuivre la lutte dans les rangs britanniques.

L’armée de l’air du III. Reich, la Luftwaffe, victorieuse en Europe continentale, compte dans ses rangs l’un des avions de chasse les plus performants de sa génération : le Messerschmitt Bf 109. Face à ce formidable prédateur, la RAF déploie son dernier-né, le Supermarine Spitfire, en cours de dotation dans les unités du Fighter Command. Leur affrontement dans le ciel anglais va se révéler déterminant pour la suite de la guerre.
La Bataille d’Angleterre : Spitfire contre Bf 109 porte un regard sur l’affrontement entre la RAF et la Luftwaffe pendant l’été 1940 à travers le prisme de ce duel de chasseurs hors norme. Le récit est agrémenté d’illustrations historiques commentées, de cartes originales et de profils 3D inédits pour une meilleure compréhension des enjeux stratégiques et technologiques de cet épisode essentiel de la Seconde Guerre mondiale.


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Ajouté le 16 décembre 2016
Nombre de lectures 2
EAN13 9782371160729
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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ISBN : 978-2-37116-072-9
storia-ebooks.fr

Textes : Gautier Lamy
Illustration de couverture et profils : Stefan Draminski

Oeuvre protégée par le droit d’auteur. Toute reproduction ou diffusion au profit d’un tiers de tout ou partie de cette oeuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par l’article L335-2 et suivant du code de la propriété intellectuelle.

La situation stratégique

Le 22 juin 1940, la France admet sa défaite et, de la main du maréchal Pétain, signe l’humilant armistice de Rethondes. Etrillée, balayée par la blitzkrieg en seulement un mois et demi, l’armée française dépose les armes. Seuls quelques soldats, embarqués à la hâte lors de l’évacuation de Dunkerque, ainsi qu’un certain nombre de pilotes, franchissent la Manche pour poursuivre la lutte dans les rangs anglais.

L’armée allemande, victorieuse en Europe continentale, tire ses succès de sa doctrine opérationnelle mais également de sa supériorité technique. Vecteur essentiel des succès de l’année 1939, l’armée de l’air du III. Reich, la Luftwaffe, peut compter sur l’un des avions de chasse les plus performants de sa génération : le Messerschmitt Bf 109.

1939-1940 : Le Bf 109 dicte sa loi en Europe

Pendant la campagne de Pologne, les Bf 109 ont été sous-utilisés, étant affectés à la défense des villes allemandes de l’Ouest contre d’éventuels raids franco-anglais. Ces raids n’auront jamais lieu, le premier bombardement français sur Berlin, mené par un Farman F.223.4, n’intervenant que le 7 juin 1940, alors que la défaite française est consommée.

Plus à l’ouest, pendant l’épisode que l’on nomme la « drôle de guerre », les pilotes de la Luftwaffe voient leur activité opérationnelle réduite au minimum, chaque armée campant sur ses positions ; ce sont la plupart du temps des missions de reconnaissance au-delà de la ligne Maginot. Dans le nord-est de la France, l’activité des chasseurs allemands se résume à l’interception d’appareils de reconnaissance alliés, essentiellement anglais, en route vers la Rühr.

Pendant cette « drôle de guerre », les pilotes de Bf 109 engrangent néanmoins leurs premières victoires. Ils se mesurent enfin aux chasseurs français (Maurane Saulnier MS.406, Curtiss Hawk 75, Dewoitine D502) ainsi qu’aux Hurricanes anglais, mais croisent également la route de bombardiers Bristol Blenheim et Vickers Wellington. Les quelques Supermarine Spitfires engagés à ce stade des opérations sont des exemplaires de reconnaissance. Jusqu’au 10 mai 1940, date de lancement des opérations terrestres en France, les Jagdgruppen (groupes de chasse) totalisent déjà 160 victoires.

Le 10 mai 1940, après avoir maintenu ses lignes frontalières, aidée en cela par l’inertie d’un commandement allié, incapable de prendre l’initiative, la Wehrmacht, concentrée à l’ouest après sa victoire sur la Pologne, lance toutes ses forces contre la France.

Messerschmitt Bf 109B, surnommé «Bertha», est le premier modèle de série incorporé dans les unités de la Luftwaffe. Produit à 341 exemplaires, l’appareil participe à partir de 1936 aux opérations de la guerre d’Espagne. Cette première version de série du Bf 109 possède un armement sous-dimensionné, avec seulement deux mitrailleuses MG-17 de 7,92 mm.
(San Diego Air and Space Museum)

L’offensive allemande se déroule en deux phases. La première, nommé Fall Gelb (« Plan jaune »), a pour objectif l’invasion des Pays-Bas et de la Belgique. Cette initiative doit avoir pour conséquence de contraindre les armées françaises et le corps expéditionnaire anglais à obliquer en force vers le nord pour porter assistance à ses alliés frontaliers. Quittant leurs positions défensives sur la ligne Maginot, les Français sont désormais vulnérables à une attaque sur leurs arrières; celle-ci est menées par des unités de panzers, qui coupent de leurs voies de ravitaillement et bloquent les renforts français. La deuxième phase, Fall Rot (« Plan rouge »), consiste en une poussée de l’ensemble des troupes allemandes vers Paris.

Pour les besoins de l’opération, la Luftwaffe réunit 1 016 Bf 109E et plus de 1 000 pilotes. Ils sont répartis en 27 Jagdgruppen divisés en deux Luftflotten (flottes aériennes). Les JG 2, JG 26, JG 27 et JG 51 de la Luftflotte 2 sont placés en avant-garde de l’offensive « Jaune ».

Le 12 mai, l’attaque sur les arrières alliés fait intervenir une troisième composante aérienne, la Luftflotte 3. La poche de Sedan, résultant de l’encerclement des éléments d’avant-garde français et du corps expéditionnaire britannique, devient le théâtre de combats aériens acharnés. Le 14 mai, lors d’une série de raids menés par les alliés sur les ponts entourant Sedan, les Bf 109 abattent 89 appareils et anéantissent les derniers espoirs de résistance. Au cours du seul mois de mai, 147 d’entre eux ont cependant été détruits; 88 le seront en juin.

L’opération Dynamo : le dilemme anglais

L’épisode décisif de la bataille de France se concentre autour de la poche de Dunkerque, où les derniers éléments français et britanniques, acculés sur la côte de la mer du Nord, tentent de se rembarquer à la hâte. A cette occasion, les premiers Spitfires de chasse font leur apparition. Le Fighter Command, organe de la commandement de la chasse au sein de la RAF, désirant économiser ses chasseurs dernier cri en prévision de la défense de son territoire national, a refusé jusqu’alors de les faire stationner en France. En juin, la zone d’opérations s’étant dangereusement rapprochée des côtes de la mer du Nord, l’intervention des unités de chasse basées sur la côte sud de l’Angleterre est autorisée.

Grâce à l’entrée en lice de son appareil de nouvelle génération, le Fighter Command parvient à empêcher l’aviation allemande de détruire les embarcations de soldats en route vers l’Angleterre. Parallèlement, les unités de chasse de la Luftwaffe éprouvent leurs premières difficultés logistiques. Pénalisées par une pénurie de carburant, elles peinent à assurer correctement la protection des bombardiers.

Les pilotes de chasse du No. 87 Squadron du Royal Flying Corps, appartenant au corps expéditionnaire britannique en France, courent vers leurs Hurricanes mark I pour intercepter un raid allemand. Le Hawker Hurricane, mis en service en 1937, est le cheval de bataille de l’armée de l’air britannique. Il équipe l’intégralité des unités de chasse opérant depuis le sol français et jouera un rôle essentiel pendant la bataille d’Angleterre. (AWM)

Le 3 juin, l’évacuation de Dunkerque s’achève. L’opération « Rot » peut débuter. Toutes les forces allemandes prennent la direction de Paris et percent la ligne de défense du général Weygand sur la Somme et l’Aisne. Les combats durent jusqu’à la signature de l’armistice à Rethondes le 22 juin.

L’armée de l’air française, bien que battue, a su opposer une résistance honorable à la redoutable Luftwaffe. Sous-équipés, les pilotes français doivent combattre avec des appareils anciens, tels le chasseur Morane-Saulnier MS.406, le plus répandu dans les escadrilles françaises. Ce dernier, mis en service en 1938, souffre de la comparaison avec le Bf 109 : lent (486 km/h contre 560 km/h pour son adversaire), il rencontre d’importants problèmes de surchauffe de son moteur à vitesse maximale; de plus, son plafond (9 850 m d’altitude) le rend incapable d’intercepter la plupart des bombardiers allemands, volant au-dessus des 10 000 m… Quant au Dewoitine D520, présent en seulement 36 exemplaires au sein d’une unique unité en mai 1940, il présente des performances intéressantes mais souffre de problèmes techniques récurrents sur les avions français : moteurs peu fiables, givre affectant les armes et la structure à haute altitude…

Si l’issue de la bataille de France est nettement à l’avantage des Allemands, il n’en est pas de même pour le bilan aérien. En mai-juin 1940, la Luftwaffe déplore la perte de 853 appareils. Les Bf 109 ont payé un lourd tribut, avec des pertes de l’ordre de 20% du contingent engagé en avril.

Les pilotes britanniques revendiquent la destructions de 525 avions ennemis pendant la période correspondant à la drôle de guerre et à la bataille de France. La Royal Air Force (RAF) a en revanche perdu plus de 1 000 appareils dans la...