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La citoyenneté locale en Suède

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236 pages

Fondé sur des études et documents inédits en France, cet ouvrage pose les enjeux, voire les dilemmes, de la transformation de la citoyenneté dans un pays qui, d'une part, donne de nombreux droits aux résidents indépendamment de leur nationalité et qui est, d'autre part, l’un des plus généreux en matière d’accueil des populations étrangères. En débat dans la plupart des pays européens, la citoyenneté au niveau local a acquis en Suède une forte légitimité. Déclinée par des collectivités territoriales qui mettent en application l’État-providence grâce à des institutions efficaces, elle se caractérise par des services qui restent de qualité en dépit des restrictions budgétaires et de la privatisation de services publics. Sa recomposition actuelle ébranle cependant le mythe égalitaire qui a été la base de la vie politique et sociale suédoise et la citoyenneté locale actuelle doit répondre aux défis des nouvelles conditions économiques et environnementales, de l’apparition de l’extrême-droite, de la montée des inégalités, notamment socio-ethniques et des nouvelles formes du vivre-ensemble créées par l’immigration et le multiculturalisme.


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La citoyenneté locale en Suède
Marie-Pierre Richard
DOI : 10.4000/books.septentrion.11708 Éditeur : Presses universitaires du Septentrion Lieu d'édition : Villeneuve d'Ascq Année d'édition : 2016 Date de mise en ligne : 29 juin 2017 Collection : Espaces Politiques ISBN électronique : 9782757417874
http://books.openedition.org
Édition imprimée ISBN : 9782757412787 Nombre de pages : 236
Référence électronique RICHARD, Marie-Pierre.La citoyenneté locale en Suède.Nouvelle édition [en ligne]. Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2016 (généré le 11 juillet 2017). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782757417874. DOI : 10.4000/books.septentrion.11708.
Ce document a été généré automatiquement le 11 juillet 2017.
© Presses universitaires du Septentrion, 2016 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Fondé sur des études et documents inédits en France, cet ouvrage pose les enjeux, voire les dilemmes, de la transformation de la citoyenneté dans un pays qui, d'une part, donne de nombreux droits aux résidents indépendamment de leur nationalité et qui est, d'autre part, l’un des plus généreux en matière d’accueil des populations étrangères. En débat dans la plupart des pays européens, la citoyenneté au niveau local a acquis en Suède une forte légitimité. Déclinée par des collectivités territoriales qui mettent en application l’État-providence grâce à des institutions efficaces, elle se caractérise par des services qui restent de qualité en dépit des restrictions budgétaires et de la privatisation de services publics. Sa recomposition actuelle ébranle cependant le mythe égalitaire qui a été la base de la vie politique et sociale suédoise et la citoyenneté locale actuelle doit répondre aux défis des nouvelles conditions économiques et environnementales, de l’apparition de l’extrême-droite, de la montée des inégalités, notamment socio-ethniques et des nouvelles formes du vivre-ensemble créées par l’immigration et le multiculturalisme.
SOMMAIRE
Préface Michel Hastings
Introduction générale
Première partie. Les trois piliers de la citoyenneté locale en Suède
Introduction
Chapitre 1. La décentralisation à la suédoise Forces et limites de l’autonomie communale La citoyenneté locale bénéficiaire de la libre-administration des communes Citoyen national et/ou citoyen local
Chapitre 2. L’État-providence au cœur de la citoyenneté locale Une citoyenneté sociale égalitaire Un État-providence à fort ancrage local Une intense pratique de la citoyenneté sociale locale
Chapitre 3. La puissance des contre-pouvoirs Des contre-pouvoirs locaux implicites La transparence, un contre-pouvoir à assise locale Les corollaires de la transparence Des institutions en appui des contre-pouvoirs locaux
Conclusion de la première partie
Bibliographie de la première partie
Deuxième partie. La citoyenneté locale suédoise en mutation
Introduction
Chapitre 4. Transformations de l’encadrement de la citoyenneté locale Remise en cause de l’État-providence local Remise en cause de bases de la démocratie locale Baisse de confiance à l’échelon local Nouvelles attentes des citoyens au niveau local Des stratégies de remédiation Les initiatives de citoyens
Chapitre 5. La restructuration institutionnelle locale
Les citoyens dans le processus de régionalisation La citoyenneté locale et l’Union européenne La recomposition de la citoyenneté locale face à la privatisation
Chapitre 6. L’évolution des politiques sectorielles au niveau local La planification urbaine et la citoyenneté locale Les politiques sociales et la citoyenneté locale La citoyenneté locale dans les politiques éducatives
Conclusion de la deuxième partie
Bibliographie de la deuxième partie
Troisième partie. Les défis actuels de la citoyenneté locale en Suède
Introduction
Chapitre 7. La citoyenneté locale face à l’immigration Quelques données du phénomène migratoire Intolérance ou intégration au niveau local La montée de l’extrême droite La citoyenneté locale à l’épreuve de la xénophobie
Chapitre 8. La citoyenneté locale au risque des inégalités Le défi des inégalités territoriales Le défi des inégalités socio-ethniques Le défi de l’inégalité des genres
Chapitre 9. La citoyenneté locale face à l’évolution du lien social De la citoyenneté égalitaire aux ruptures du lien social Vers un nouveau type de lien social Les nouvelles visées sociales de la citoyenneté locale
Conclusion de la troisième partie
Conclusion générale
Bibliographie de la troisième partie
Annexe :Länet régions en Suède
Remerciements
Préface
Michel Hastings
Marie-Pierre Richard nous donne ici un remarquable ouvrage qui devrait intéresser bien au-delà du seul banc des spécialistes de la Suède ou d u pouvoir local. Ce travail présente de solides qualités scientifiques : une connaissance aiguë du terrain, une maîtrise des cadres théoriques, et une intelligence, devenue rare, à fo rmuler sans prétention les bons questionnements. Sous une interrogation de départ f aussement naïve, « Qu’est-ce qu’être citoyen au niveau local en Suède ? », Marie-Pierre Richard développe une réflexion d’une grande richesse qui revient à penser de manière pol yphonique les articulations entre un territoire, un statut et des pratiques inclusives destinées à consolider « par le bas » l’éthique démocratique d’une société. Le premier mérite, et pas le moindre, de ce livre e st de nous entraîner en Suède, et de manière plus générale dans cette Europe du Nord sur laquelle un voile d’ignorance semble avoir été longtemps jeté. Et pourtant, régulièrement, des ministres se rendent en pèlerinage dans l’Europe des bons élèves, celle de l’innovatio n pédagogique, de la transparence administrative et de la parité féminine. En 1984, la grande revue américaineDaedalus titrait déjà sur « l’énigme nordique », s’interrogeant sur la saturation mythologique de ces contrées, promptes à susciter les stéréotypes les plus divers, tout en se laissant happer par l’absence de curiosité des travaux académiques. Dep uis trente ans, les sciences sociales anglo-saxonnes ont rattrapé le temps perdu, multipl iant les enquêtes comparatives et ouvrant de nouvelles pistes d’investigation. En Fra nce, à l’exception de quelques œuvres pionnières, l’état de jachère est de mise. Il falla it donc un certain courage à Marie-Pierre Richard pour s’en aller en ces terres septentrional es planter le bâton de sa recherche doctorale. On ne trouvera dans ce livre aucune allusion à une pseudo-exceptionnalité nordique, aucun de ces poncifs culturalistes qui encombrent encore les imaginaires académiques, mais au contraire une démonstration toujours rigoureuse, adossée à une grande diversité de sources empiriques, à un souci constant de ne jamais verser dans l’essentialisation d’une improbable « démocratie boréale ». Marie-Pierre Richard montre comment en Suède, le local, loin d’être un échelon figé, déjà là, est une catégorie forgée par des acteurs divers, le lieu dans lequel s’inscrit une panoplie de pratiques et de représentations politiques. La citoyenneté locale s’y présente comme une citoyenneté localisée, investie par de puissants effets d’histoire et de mémoire. À ces appropriations civiques du local, il faut ajouter bien entendu le rôle de l’État. La démonstration s’avère ici particulièrement pertinente pour comprendre les articulations entre le national et le local, et leurs effets sur les expériences de citoyenneté. L’État social suédois s’y déploie dans une sorte de capillarité d e services dont les performances, contrairement à certaines idées reçues, rencontrent désormais des limites. L’échelon local permet également de comprendre la puissance sociali satrice du mythe duFolkhem, de la « maison commune », et sa capacité à instituer des pratiques sociales de citoyenneté. De
belles pages sont consacrées à l’importance de la c onfiance comme capital social, qui a permis à la société politique suédoise de se construire dans la négociation et le compromis, sans jamais perdre pour autant de la nécessaire con flictualité qui irrigue le pluralisme démocratique. Certes, la thèse répond à une logique monographique. Toutefois, l’auteure n’hésite jamais à bâtir des points de comparaison, soit avec la France, soit avec un autre pays scandinave. Cet élargissement de la focale n’est ja mais gratuit, il ouvre systématiquement sur une réflexion théorique sur la densité sociale de la citoyenneté et ses diverses expressions pratiques. Il convient également de lire cet ouvrage comme une réflexion très riche sur la nature du lien démocratique dans les sociétés contemporaines. En effet, en étudiant les pratiques de citoyenneté locale en Suède, Marie-Pierre Richard ouvre le compas de ses questions sur le diagnostic si souvent évoqué du « désenchantement d émocratique ». La société suédoise n’échappe pas aux processus de reconfigurations par tisanes, de montée des expressions populistes, de tensions politisées autour des phénomènes migratoires, de restrictions dans la générosité redistributive du système de protection sociale, etc. Le projet égalitaire et universaliste qui avait été porté par les gouvernem ents sociaux-démocrates pendant près d’un demi-siècle, et prolongé quelques années par les alternances conservatrices, affronte aujourd’hui les vents et les courants contraires de s politiques libérales qui touchent en priorité les mondes du travail, de la santé et de l’éducation. Le local fait ici particulièrement sens pour comprendre les effets de ces contradictio ns au plus près des activités quotidiennes. La citoyenneté n’est pas un attribut de l’individu moderne sur coussin d’air, elle s’éprouve au contraire dans les catégories les plus ordinaires de la vie sociale, au contact journalier des interactions que nous nouons dans la cité. L’ouvrage de Marie-Pierre Richard interprète avec beaucoup de finesse le « citoyen en acte », et son incorporation dans un puzzle de mises en situation (électeur, titulaire de droits, bénéficiaire de politiques sociales), soumettant en permanence la citoyenneté à l’épreuve des tensions qui résultent des jeux d’échelle entre l’État et les collectivités locales. Si la citoyenneté moderne est intrinsèquement repré sentative, l’exemple suédois prouve qu’il est possible de faire vivre une citoyenneté plus riche, moins liée au seul suffrage, à la fois plus sociale et plus participative. Il y a mat ière à découvrir des pépites de bonne gouvernance dans les nombreux aspects de la vie civ ique locale analysés par Marie-Pierre Richard. Sans naïveté sur le potentiel modélisateur du cas suédois, le lecteur apprendra beaucoup sur les enjeux (et disons-le, sur les vertus) d’une routinisation de la « démocratie interactive », pour reprendre la formule de Pierre Rosanvallon. Le local y devient une unité d’analyse du changement politique, non plus un objet passif mais une sorte de sujet d’ordre territorial, véritable coauteur, avec le citoyen, de la participation politique au bien commun. L’excellence de ce travail n’aurait pas été atteint e sans une richesse de matériaux à exploiter. L’analyse est fondée sur des sources administratives, sur une littérature grise, sur des données empiriques produites par les collectivi tés locales, et que la culture de la transparence en Suède érige non seulement en produi ts d’information pour les citoyens, mais aussi en sources originales pour le chercheur. L’abondance de ces données rend bien entendu leur exploitation complexe, et pose toute une série de questions sur leur réception et leur appropriation par les citoyens. Marie-Pierr e Richard n’a jamais esquivé les débats autour de ces sources, et nous propose des pistes stimulantes sur l’exploitation scientifique et la critique épistémologique de ces publications, qui, dans le cas des pays nordiques, représente de formidables outils de compréhension de l’action publique, et de manière plus
large de renforcement du lien politique entre le ci toyen et son gouvernement local ou national. Ces sources s’accordent parfaitement à l’approche de type néo-institutionnaliste que Marie-Pierre Richard emprunte notamment aux travaux trop peu connus en France du sociologue Bo Rothstein, et qu’elle s’emploie ici à présenter et discuter avec beaucoup de conviction. Par la force des interprétations qu’il offre et l’ouverture des questionnements qu’il propose, ce livre s’inscrit, avec son originalité propre, dans le sillage des grands travaux sociologiques et théoriques consacrés au « métier de citoyen ». La Suède n’y est pas un détour, mais une destination indispensable à l’intelligence d’une « citoyenneté éduquée » comme ressource d’un vivre ensemble démocratique, aujourd’hui de plus en plus fragilisé.
Introduction générale
Dans les années 1990 et 2000, les études en science politique et sciences économiques publiées en France sur la Suède traitaient pour une écrasante majorité du niveau national. Ainsi, en 2013, Nathalie Morel (Morel 2013) dans « L’État-providence suédois comme modèle social productif » propose une rétrospective de la politique sociale en Suède et tente d’en dégager les caractéristiques fondamentales mais ne fait aucune référence au niveau local alors que ce sont les collectivités locales suédois es qui assurent la quasi totalité des prestations des services sociaux depuis les années 1960. En revanche, nombre d’études et de travaux anglo-saxons et suédois des années 1990 (Alb æcket al. 1996 ; Jönsson, Nilssonet al. 1997) et des années 2000 (Andersen, Hoff 2001) sur le gouvernement local en Suède témoignaient de l’importance des collectivités loca les dans le système politique suédois (Gustafsson G. 1993) et laissaient fortement présag er que ces aspects avaient été négligés dans les écrits de langue française.
Le premier objectif de cet ouvrage est donc de déterminer quelle est exactement la place du local dans un pays unitaire et décentralisé avec un régime majoritairement social-démocrate dans les dernières décennies qui a mis en œuvre des politiques publiques impliquant des niveaux de dépenses élevés. Il ne s’agit évidemment pas de nier la puissance de l’État mais plutôt d’analyser les spécificités de la configurat ion, ou du « design institutionnel » selon l’expression de Bo Rothstein (2005) et de mettre en exergue le statut des échelons décentralisés dans le schéma institutionnel global. En ce qui concerne la citoyenneté en Suède, les études françaises sont quasiment inexist antes, à part certains travaux qui compilent des données sur les pays de l’Union1; mais comme l’échelon local a été ignoré dans l’écrasante majorité des cas, il n’y a aucune trace d’étude sur la citoyenneté au niveau local pour ce pays. Le deuxième objectif se situe donc autour du foncti onnement de la démocratie et de son articulation avec la citoyenneté au niveau local. Il s’agit de montrer qu’en Suède le local fait sens pour décrire et expliquer la citoyenneté, mont rer que si la citoyenneté suédoise présente évidemment une composante étatique, elle possède une composante infra-étatique plus significative encore. Une autre ambition est de prouver que le type de ci toyenneté locale, pour ne pas dire le modèle, qui s’est constitué en Suède, n’est pas ass imilable à un ensemble de faits conjoncturels mais que sa nature même résulte d’institutions spécifiques qui conditionnent, pour le présent et l’avenir, son fonctionnement et ses potentialités d’évolution. Enracinée dans les institutions, la citoyenneté locale suédoise conserve des traits permanents mais se trouve aussi mise à l’épreuve par le nouveau contexte national et international ; au-delà des discours alarmistes ou iréniques, il faut donc analyser l’évolution de son idiosyncrasie.