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La Crise financière internationale de 2008 et ses conséquences en RDCongo

De
138 pages
Ce livre présente les différentes séquences de la crise financière internationale de 2008. Foncièrement américaine et propre aux économies avancées, cette crise ne pouvait pour autant épargner l'Afrique aux économies fragiles. Selon l'auteur, les ramifications de cette crise sur la RDCongo ne sont qu'une amplification des problèmes (décroissance économique, chômage, sous-exportations minières, manque de crédit, etc.). Seule la "bonne gouvernance" reste la voie de sortie pour la RDC.
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La Crise financière internationale de 2008 et ses conséquences en RDCongo

« Dossiers,

études et documents»

(D.E.D.)

Collection fondée et dirigée par Jean MPISI Sous ce titre de mllection, nous proposons une manière plus ou moins oqjective, pédagogique et concise, de connaître ou faire connaître certains faits ou certains thèmes. Concrètement, la collection entend poursuivre un quadruple oqjectif. 1°. Produire des monographies sur un sl!jet précis d'histoire, de science, de philosophie, de religion... 2°. Publier des documents (des témoignages, d'institutions plus ou moins officielles.. .). des textes inédits provenant

3°. S'atteler à éditer les travaux d'enquête des étudiants, ainsi que les travaux des chercheurs universitaires ou indépendants. 4°. Tenter d'expliquer l'actualité, chaque fois que celle-ci sera focalisée sur un pqys ou sur un thème. . .

Dernières

publications

(2008 et 2009)

- E. l<.c'\MBALE BAHEKWA, Du Shaba au Katanga. A propos du (( massacre» de l'Université de Lubumbashi et de la Période préinsurrectionnelle (1990-1993), juin 2008. - J. MPISI, Traite et esclavage des Noirs au nom du christianisme, juin 2008.
- J. MPISI, Les papes et l'esclavage des Noirs. Le pardon de Jean-Paul II,

juin 2008. - J. MPlSl, Les évêques qfricains et la traite négrière: (( Pardon de l'Afrique à l'Afrique », juin 2008. - J. MPISI, Les prêtres qfricains en Occident, juin 2008. - J. FUMUNZANZA MUKETA, Kim'hasa, d'un quartier à l'autre, janvier 2009. - 1. UNYON V AKPA lu TUMBA ORUMA, Le co1iflit armé en Ituri. La problématique de sa prévention et de sagestion, janvier 2009. - NKERE NTANDA NKINGI, Education des Electeurs au CongoKinshasa: Un défi de la République, mars 2009.

Dr Nkere

Ntanda,

PhD

La Crise financière internationale de 2008 et ses conséquences en RDCongo

D.E.D. L'Harmattan

Ce travail était initialement présenté à la Conférence sur la crise financière internationale, respectivement le 16 octobre 2008 à la Salle des Promotions de l'Université de Kinshasa (UNIKIN) et le 22 Novembre 2008 à la Salle des Conférences de l'Université Protestante du Congo (UPC).

@ L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com di ffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-10177-7 EAN:978229610I777

A mes chers Basile,
Iragi, Kabila, Amani,

enfants

Hodari, Malaïka et Kim.

Ma sincère
au Chef des Travaux et à Anuarite Nkere, Kalé Kalemba Kazekele

gratitude
Mbele

Kabuya, Makengele Nsimba

Hervé-Laurent

pour leur proof-reading de fond et de forme.

INTRODUCTION Comme système économique dominant le monde actuel depuis la chute du communisme en 1989 et s'étant, jusqu'il y a quelques mois encore, longtemps caractérisé par « l'ultralibéralisme », c'està-dire un libéralisme concurrentiel à outrance, le capitalisme est en train de subir des revers qui, aux yeux du commun des mortels ou d'un observateur non averti, remettent en question les principes fondamentaux du libéralisme tels qu'ils ont été proposés par Adam Smith, David Ricardo, John Stuart Mill, ou par John Locke, les vrais pionniers de la pensée libérale. Cette remise en question s'observe notamment sur l'opérationnalisation actuelle du principe économique du « laisser-faire» qui fonde la liberté du marché en valorisant seulement et uniquement les forces de l'offre et de la demande comme incarnation du principe de la « main invisible» guidant tout marché libre. Qui l'aurait cru? Ce fut la question qui se posa en 1989 quand le système communiste/socialiste fondé pour l'essentiel sur le centralisme étatique s'écroulait suite à son incapacité d'adaptation aux impératifs de la mondialisation alors en train d'envahir le monde. Ce fut le début d'une nouvelle ère économique essentiellement marquée par le monopole du capitalisme ou libéralisme concurrentiel comme paradigme économique le pus fiable (Fukuyama, 19891; Nkere, 20032; Kelly, 20061).
1

Francis Ntanda

FUKUYAMA, NKERE,

« The End of History
1989, pp. 3-18.

», The Nationallnterest,
Literary Press, 2003.

2

Vol.

16, New York,

Summer

Feudalism in the Bushi and the Modem State in
Maryland, USA: American 7

Congo, Baltimore,

Vingt ans plus tard, pendant que les économies du monde confrontent à partir de septembre 2008 un cataclysme financier qui met à l'épreuve le capitalisme comme modèle économique libéral, c'est pratiquement la même question qui se pose, mais cette fois vis-à-vis du même système capitaliste qui hier seulement semblait totalement l'avoir emporté sur le centralisme étatique. Qui donc l'aurait cru? Le capitalisme est-il mort ou tout simplement en perte de vitesse? Va-t-il disparaître pour autant? Marxisme et/ou centralisme étatique sont-ils de retour à travers l'interventionnisme? La politique de nationalisation est-elle de nouveau la nouvelle donne ou le nouveau paradigme économique? Les accords de Bretton Woods sont-ils à revisiter? L'échec des négociations de Doha en 2008 sur le commerce international aurait-il contribué à ce désordre financier international? A la lumière de ce désordre, serait-il nécessaire d'établir des nouvelles règles de jeu pour réguler les marchés financiers? Aussi, au regard de tout ce qui précède, cette crise n'était-elle pas prévisible? Enfin, que dirait Adam Smith, le père du libéralisme économique, face à ce revers dans le comportement de l'Etat vis-à-vis du marché? Autant des questions qui continuent à être posées dans les quatre coins du monde depuis que le système financier international subit un cataclysme sans précédent qui présente d'ailleurs toutes les couleurs d'une récession. Face à cette situation difficile que traversent les marchés financiers internationaux et qui cristallise la
1

Eamonn

KELL Y, Powerful
Upper Saddle

Times.
River,

Rising to the Challenge
New Jersey, USA:

of our
Wharton

Uncertain
School

World, Publishing,

2006. 8

précarité du capitalisme, il. est fort surprenant de constater qu'un grand paradoxe en découle. En effet, c'est au même moment où le phénomène socioéconomique de mondialisation, un produit brut du néolibéralisme, bat le plein en avivant toutes les économies du monde que l'intervention étatique à outrance s'avère également obligatoire pour protéger institutions et acteurs économiques contre la sévérité de la concurrence du marché financier international, c'est-à-dire contre les retombées néfastes de leurs propres turpitudes. N'est-ce pas là une contradiction flagrante dans la logique ultralibérale, ou logique de la concurrence sauvage et libre qui est censée prévaloir aujourd'hui dans ce marché financier international très affaibli et très malade? Pourtant, il s'agit là d'une cristallisation des contraintes financières devenues inévitables pour les différentes économies du monde et qui se concrétisent déjà par la remise en question des accords de Bretton Woods, l'insécurité bancaire, l'achat des banques aux crédits toxiques à des vils prix, le durcissement d'accès au crédit, la suppression d'emplois, la réduction des exportations et des importations selon le cas, l'affaiblissement du crédit interbancaire, la réduction du pouvoir d'achat de plusieurs consommateurs, la réduction des investissements, la chute des recettes nationales, la réduction de la croissance économique et, partant, d'autres signes aussi alarmants et qui, en réalité, cristallisent la récession. Pendant que toutes ces manifestations et ramifications de la crise s'avèrent plus prononcées dans des économies qui étaient déjà actives sur le marché financier international, c'est-à-dire les 9

économies des pays du Nord, la grande question qui se pose consiste à savoir si l'Afrique qui, par le truchement du commerce international, participe à moins de 2 % dans les finances internationales sera aussi touchée par cette crise? De surcroît la même question se pose pour la RD Congo. Effectivement, car les conséquences catastrophiques de cette crise sur l'économie congolaise déjà malade et qui exemplifient aussi ce qui se passe dans tant d'autres économies africaines sont telles que la réponse à cette question est malheureusement affirmative. Car, malgré cette presque absence de l'Afrique de ce marché financier international, son essor économique dépend à peu près entièrement du financement extérieur des pays et des institutions qui sont aujourd'hui embourbés dans ce cataclysme financier. De ce fait, l'Afrique ne peut que subir indirectement mais inévitablement les conséquences de cette crise, comme va le montrer cette étude consacrée à la RD Congo. D'ailleurs, compte tenu des économies des pays en développement généralement très malades car très mal gérées, la magnitude de ces ramifications sera encore plus prononcée pour les Etats africains qui restent incapables d'intervenir financièrement pour sauver leurs économies. Ainsi, dans une approche historieo-descriptive, ce travail introduit d'abord le lecteur aux notions des modes de production et des fondements libéraux du capitalisme. Le reste du travail se focalise sur les origines de la crise, ses manifestations, les tentatives de solutions dans le Nord, ses ramifications sur la RD Congo ainsi que les propositions de sortie pour ce pays en voie de développement.
10

CHAPITRE

I. DU CAPITAUSME COMME MODE DE PRODUCTION

La crise financière internationale de 2008 dont il est question dans cette étude est un phénomène économique lié à un mode de production bien déterminé. Or, par la complexité philosophicoidéologique et pratique de certains modes de production, il serait, à mon sens, difficile d'interpréter et de contextualiser cette crise sans une compréhension préalable des principes, des lois fondamentales de la base philosophico-économique du capitalisme, du mode de production auquel elle est liée, et dont elle est d'ailleurs l'émanation. Car, ce sont ces mêmes préalables philosophiques et idéologiques qui permettront de comprendre, dans les analyses qui suivent, combien cette crise est une démarcation classique des fondements mêmes de ce mode de production, si du tout elle en est une! Cette approche s'avère nécessaire parce que ce prérequis historico-scientifique au niveau de la «compréhension scientifique» de la crise était constamment absent dans les nombreuses critiques émises dans le monde au lendemain de la crise. Ce qui avait fait que des conclusions hâtives et erronées étaient tirées sur le sort du capitalisme comme mode de production, c'est-à-dire comme modèle économique, et sur celui de tant d'autres de ses corollaires. C'est donc dans cet effort pédagogique d'exclure toute interprétation ou approche amateuriste de ce sujet important qu'il sied d'abord de présenter la genèse des idées qui aujourd'hui sont le soubassement de nos réalités économiques en matière de la production, de la
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transformation, de la consommation, du stockage et des échanges des biens et services ainsi qu'en ce qui concerne les transactions financières et les modalités opérationnelles et réglementaires y afférentes. Il s'agit donc de comprendre ici comment l'homme a initié les activités économiques et comment il les a perfectionnées et a évolué pour aboutir aux réalités et pratiques économiques et financières devenues beaucoup plus complexes aujourd'hui, et qui sont à la base de la crise financière dont il est question dans cette étude. Aussitôt que l'être humain a pu, selon le darwinisme (Darwin, 1859)1, dépasser ses stades évolutifs, c'est-à-dire en suivant la trajectoire « australopithèques -+ homo habilis -+ homo erectus -+ homo sapiens -+ homo sapiens sapiens », sa préoccupation principale était restée la même: l'accès à la nourriture. A cet effet, il était ainsi devenu l'homo œconomicus. Ainsi, ayant suffisamment acquis d'intelligence en passant d'un stade à un autre, l'homme a progressivement abandonné sa vie animaliste où seule la force était la loi, pour ainsi vivre dans une communauté humaine qui sera graduellement organisée. Cette organisation consistera, entre autres, en la création des règles devant régir les rapports sociopolitiques et économiques de chaque communauté. Toutefois, c'est la « FOOD REVOLUTION» ou la « REVOLUTION ALIMENTAIRE» qui se produit vers le Ive millénaire avant Jésus-Christ qui change profondément la vie de l'homme en Afrique, le « berceau de l'humanité. »

1

Charles DARWIN, De l'Origine des Espèces
1859, Original.

par voie de sélection

naturelle,

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(Shillington,. 19911; UNESCO, 19932; Newman, 1995\ Cette révolution se concrétise par la capacité de l'homme de stocker d'abord la nourriture cueillie; puis, ayant découvert l'agriculture (par le phénomène du fruit tombant de l'arbre et se reproduisant au pied même de son arbre mère), l'homme va se sédentariser, produire sa nourriture et accompagner cette production par l'apprivoisement de certains animaux, autrement dit l'élevage. C'est l'ensemble de toutes ces opérations et transformations cristallisant généralement des pratiques et considérations qui fondent une façon particulière de vivre et de survivre en tant que communauté humaine économiquement organisée. D'où la notion du « mode de production» ci-haut évoquée. En effet, par mode de production, il faut entendre l'ensemble des règles qui organisent la façon de produire, de transformer, de stocker, d'échanger et de consommer les biens et/ou les services au sein d'une communauté ou entité politique donnée (Nkere, 2009)4. Ainsi, dans son histoire économique, l'être humain a eu à confronter la nature dans ses efforts de satisfaire ses besoins économiques. En le faisant, il a pu développer toute une série de modes de production dictés par les contraintes de son environnement. Ces différents modes de production apparaissent sous forme d'un continuum ou
1
2

Kevin SHilLINGTON, History of Africa, london, The United
Macmillan Education Limited, 1991.

Kingdom:

UNESCO, General History of Africa, Vol. VIII. Berkeley, California:
The United

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4

University of California Press, 1993. James L. NEWMAN, The Peopling of Africa, london, Kingdom: Yale University Press, 1995.

Ntanda Nkingi, NKERE, «Histoire du Droit et des Idées Economiques, Politiques et Sociales », Cours, Université William Booth, Kinshasa, République Démocratique du Congo. Inédit: 2009. 13