La dépression

La dépression

-

Livres
76 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Si la dépression est la plus connue de toutes les souffrances psychiques – au point que certains l’appellent encore le « mal du siècle » –, elle n’en reste pas moins paradoxalement la plus mystérieuse. Comment la définir ? L’enjeu est de taille, car plus vagues en sont les contours, plus nombreux sont les patients. L’industrie pharmaceutique l’a bien compris, qui tire profit de l’immense marché que représente aujourd’hui la consommation des antidépresseurs, en France comme dans le monde.
D’où provient cette véritable épidémie ? La dépression serait-elle une maladie neurologique ? ou d’origine génétique ? Le contexte social et culturel joue-t-il un rôle dans sa propagation ? Autant de questions très actuelles qui, toujours sans réponse, semblent se rapporter au même désarroi dont les humains, face à la précarité de leur existence, souffrent depuis des siècles.

À lire également en Que sais-je ?...
Le deuil, Marie-Frédérique Bacqué et Michel Hanus
Les états limites, Vincent Estellon

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 20 janvier 2017
Nombre de lectures 19
EAN13 9782130736813
Langue Français
Signaler un abus
couverture
pagetitre

À lire également en
Que sais-je ?

Marie-Frédérique Bacqué, Michel Hanus, Le deuil, no 3558.

Paul Denis, Le narcissisme, no 3946.

Jacques André, Les 100 mots de la psychanalyse, no 3854.

Vincent Estellon, Les états limites, no 3878.

Avertissement

« On se perd à étudier la mélancolie. Où chercher ? chez les médecins ? chez les artistes ? […] La mélancolie relève de la nature de l’homme, mais elle est aussi une création de l’histoire. »

Jackie Pigeaud,
Prolégomène à une histoire de la mélancolie

Ce que chacun nomme « dépression » aujourd’hui est une invention moderne. L’acception psychologique du mot est attestée à partir de la seconde moitié du XIXe siècle seulement, dans un contexte plus littéraire que médical. En revanche, l’état mental aujourd’hui désigné par ce mot a été décrit il y a plus de deux mille cinq cents ans, en Grèce. En se référant à sa théorie des humeurs, Hippocrate lui a donné un nom : mélancolie. L’étymologie du mot évoque la cause supposée de cet état, considéré comme pathologique : la « bile » (χολή) « noire » (μέλας) est en excès dans l’organisme. Cette étymologie influence nos représentations actuelles et l’usage du mot « mélancolie », encore très répandu aujourd’hui, impose ici deux remarques, l’une générale, l’autre plus spécifique.

1. Lorsqu’il souffre physiquement, l’homme moderne préfère se confier à des professionnels du corps, clairement identifiés : médecins généralistes et spécialistes, dentistes, pharmaciens, infirmières, kinésithérapeute… Mais s’il souffre psychiquement – d’une souffrance dépressive, par exemple –, le choix de l’interlocuteur dont il attend un soulagement s’étend au-delà des frontières médicales et paramédicales. Le recours au médecin n’étant pas la règle dans cette situation, les souffrances de cette nature reçoivent des noms qui diffèrent selon les professionnels sollicités.

2. Dans le vocabulaire psychiatrique, le mot « mélancolie » désigne actuellement une pathologie mentale grave, pouvant engager le pronostic vital. Cet état psychique dramatique nécessite une prise en charge médicale qui peut associer une hospitalisation et la prescription de médicaments psychotropes (du lithium le plus souvent), ainsi que d’autres gestes comme la contention ou la sismothérapie (par électrochocs).

Compte tenu de la double acception du mot « mélancolie », survivance de l’ancien terme ou diagnostic psychiatrique actuel, le sens auquel il renvoie tout au long de cet ouvrage dépend du contexte de son utilisation. Soit il souligne l’influence de son premier usage dans notre pensée moderne, évoquant de manière métaphorique un aspect intemporel de la réalité psychique humaine, soit il désigne l’une des pathologies décrites dans la nosographie psychiatrique contemporaine.

Introduction

« Parfois, je me sentais moins que rien – si par “se sentir rien” nous entendons le calme de la bête et de la résignation – moins que rien c’est-à-dire chaos lent et visqueux, dans lequel la parole est balbutiement et qui, justement parce qu’il est moins que rien et ne possède même pas la force étrangère du désir, se débat dans les limbes épais et comme étranger du mépris de soi et de rêves d’anéantissement. »

Juan Jose Saer, L’Ancêtre

« Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. »

Stig Dagerman

De toutes les souffrances psychiques, la souffrance dépressive semble la plus connue et paradoxalement la plus mystérieuse. En parler simplement autour de soi suffit pour constater à quel point elle occupe les esprits. Nul n’y échappe : le mot « dépression » s’est imposé partout. Dans les secteurs professionnels atteints ou non par la crise, au sein des familles, recomposées ou non, et finalement, quel que soit le milieu social auquel on appartient, se dire atteint par la dépression se banalise. Les personnes qui s’en disent victimes ne se comptent plus, et certains médias évoquent ce phénomène sur le thème : « la dépression, mal du siècle ». Jusqu’à l’OMS, pour qui la dépression toucherait déjà 6 % de la population occidentale, serait la deuxième affection la plus fréquente au monde et pourrait même, en 2030, devenir sa priorité : « La dépression est l’une des dix causes principales des années de vie corrigées de l’incapacité perdues, et devrait être une des trois premières d’ici 20301. »

Combattue comme un fléau depuis près d’un demi-siècle à l’échelle planétaire, la dépression reste malgré tout une énigme. D’où provient cette véritable épidémie ? Est-ce une maladie neurologique ? Est-elle d’origine génétique ? Peut-on la transmettre ? Le contexte social et culturel joue-t-il un rôle dans sa propagation ? Autant de questions très actuelles qui, toujours sans réponse, semblent se rapporter au même désarroi dont les humains, face à la précarité de leur existence, souffrent depuis des siècles.

Au Moyen Âge et durant plusieurs siècles, la peste a frappé et détruit le corps des hommes. La dépression serait-elle le mal qui, aujourd’hui, frappe et détruit leur esprit ? Ces vers de La Fontaine ne pourraient-ils pas désigner un mal psychique autant que corporel ?

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

On n’en voyait point d’occupés

À chercher le soutien d’une mourante vie ;

Nul mets n’excitait leur envie ;

Ni loups ni renards n’épiaient

La douce et l’innocente proie.

Les tourterelles se fuyaient :

Plus d’amour, partant plus de joie.

Assaillie par des tourments accablants permanents, la personne atteinte de « dépression » accepte toute explication à propos de son état pourvu qu’elle s’accompagne de l’espoir d’en être un jour débarrassée. Les proches de la personne diagnostiquée « déprimée » doivent eux-mêmes affronter cette situation terrible : assister, impuissants, à l’inquiétante métamorphose. Comment réagir lorsque quelqu’un, toujours dynamique, entreprenant, inventif, énergique, commence à perdre progressivement son optimisme, à renoncer à ses projets les uns après les autres, et se met à ruminer des idées sombres ? L’inquiétude naissante ne peut que croître autour de la personne déprimée. Le plus souvent d’ailleurs, l’alerte est donnée par l’entourage immédiat, qui prévient un médecin : « Docteur, il faut faire quelque chose, il n’est plus dans son état normal. »

Comme beaucoup de personnes déprimées, c’est bien malgré lui que Philippe Labro est un jour devenu le personnage central de ce scénario. Dans son livre, Tomber sept fois, se relever huit, il a rendu publique l’histoire de sa douloureuse expérience. La valeur et l’intérêt de son témoignage tiennent autant à sa banalité qu’à son originalité. Il est banal parce qu’il ressemble trait pour trait à l’histoire de tous ceux à qui un médecin propose un jour ce diagnostic : « Vous faites une dépression. » Comme pour la plupart des déprimés, Philippe Labro offrait jusqu’à cet épisode l’image d’un homme solide, dynamique, entreprenant, à l’abri de ce genre de difficultés. Comme pour beaucoup d’entre eux également, son épisode dépressif a commencé par des perturbations physiques, pénibles sans être problématiques. Mais son témoignage est original parce que, journaliste d’une honnêteté incontestable et pourvu de talents littéraires indiscutables, il a pleinement su restituer à ces symptômes corporels leur valeur métaphorique.

Bien d’autres écrivains ont rendu publique leur expérience, décrivant la manière dont, sans crier gare, cette « maladie » les avait frappés en pleine activité. Davantage que leur intérêt littéraire, l’aspect le plus frappant de ces témoignages est l’insistance de leurs auteurs à valider l’interprétation médicale d’un vécu intime, personnel. Faire état des phénomènes physiques qui accompagnent leur état psychologique traduit implicitement leur acceptation du diagnostic médical. Si le philosophe Clément Rosset les présente ainsi : « C’est cette suprématie du physique dans la dépression qui en explique à mes yeux le caractère redoutable » (Rosset, 1999, p. 15), William Styron note sobrement : « Il est notoire que toute perturbation du cycle du sommeil naturel est un trait dévastateur de la dépression » (Styron, 1990, p. 32).

Dès le début de son récit, Labro décrit un phénomène corporel qui, selon lui, « dit » quelque chose de son état psychologique. Alors qu’une nuit il se réveille en nage, il en cherche la raison. Il parle de son corps comme d’une chose molle et mouillée et, le comparant à une serpillière bonne à jeter, il se demande s’il ne serait pas, lui aussi, bon à jeter ? Un second signe physique succède au premier : une douleur thoracique, un étouffement qui lui fait redouter un problème cardiaque. Consulté en urgence, un cardiologue le rassure, affirmant que ce qui ne va pas ne se passe pas dans son cœur mais « ailleurs », sans toutefois préciser où. Déçu de n’avoir pas été pris en charge pour le cœur, Labro laisse passer le temps. Gardant au fond de lui ce sentiment que « ça va très mal », il considère soudain que le mot « mal » n’a plus de sens pour lui et qu’il faudrait, pour décrire vraiment son état, trouver un autre mot. C’est précisément en cherchant ce mot que, sans prendre la mesure de ce qui lui vient à l’esprit, il découvre qu’il a commencé à aller mal au moment où tout allait très bien, et note même : « à la veille d’aboutir à ce que j’avais cru devoir être un sommet de mon chemin professionnel ». Consulté à ce moment précis, le médecin n’explore pas davantage cet apparent paradoxe chez son patient. Il se contente de faire ce qu’il a appris à faire à la faculté de médecine : à partir des plaintes d’un patient, diagnostiquer une maladie.

Consulter un médecin pour de mauvaises raisons physiques et s’entendre répondre : « c’est ailleurs », voilà qui est assez fréquent. C’est un malentendu dans lequel sont pris, sans le savoir, patient et médecin. Prisonnier de cette situation sans issue, Philippe Labro s’évertue à se découvrir lui-même d’autres souffrances physiques et persiste à ignorer le sens de sa propre quête, déclinant par exemple une invitation au nom d’un nouveau mal de dos.

Dans l’entourage de quelqu’un qui déprime, on trouve souvent une personne qui refuse d’être dupe et conteste la nature purement physique des multiples plaintes corporelles. En réalité, cette réaction survient parce que l’ensemble des changements survenant chez le déprimé finissent par le rendre étrangement inquiétant : il est toujours lui-même, mais on ne le reconnaît plus tout à fait. Il s’agit exactement de ce que décrit Labro dans un passage où, ne parlant plus de lui à la première mais à la troisième personne du singulier, il semble découvrir que sa femme est mise en présence de quelqu’un d’autre que lui : « Elle ne le reconnaît plus. Elle croit voir le visage d’un autre homme […]. Qui est cet homme ? Qui est cet étranger ? […] Il n’a fait aucun effort. Il voudrait bien. Mais il ne peut pas. Il s’enfonce. »

La clairvoyance du déprimé à l’égard des réactions d’un entourage désemparé par sa métamorphose progressive contraste avec son peu d’empathie, son absence de réaction visible, audible : « Elle a pleuré. Je la fais pleurer. Je devrais avoir honte. Je ne suis même pas capable d’une larme […]. Mais rien ne sort. Rien ne vient adoucir la douleur. […] C’est une tristesse sèche, un isolement aride. » Devant la douleur qu’il observe autour de lui, le déprimé se concentre encore et toujours sur la sienne, cherchant désespérément à la localiser corporellement, à la décrire en termes physiques : « Définis ta douleur. Ça se passe où ? Dans le ventre ? […] dans le creux du corps, au milieu de moi comme une vrille, ça tourne et tournoie […], comme une bétonnière qui broie sable et chaux et eau pour en faire du ciment. » Pour le déprimé, mieux vaut supposer que la source de sa souffrance est située à l’extérieur de lui, plutôt que de l’imaginer jaillir de son être même. Tous les procédés sont bons pour demeurer dans l’ignorance d’une origine intime, personnelle, de la détresse qui le ronge. Un autre procédé utilisé par Labro témoigne de son inventivité : représenter la souffrance dépressive sous différentes formes animales. Sous sa plume, la dépression devient successivement un serpent, qui étouffe sa proie ; un singe, qui ricane et agrippe sa victime sans vouloir la lâcher ; un crabe, qui s’acharne sur un corps blessé ; ou encore un rat, qui n’en finit pas d’agrandir un trou au milieu de son corps.

Pendant que le déprimé, intérieurement, cherche désespérément à décrire ce qui lui arrive comme pour mieux le comprendre, les efforts de ses proches se concentrent sur un seul but : le retrouver tel qu’il était, avant qu’il ne devienne méconnaissable. Labro observe, les unes après les autres, toutes les tentatives de sa femme pour essayer de l’en sortir. Il note toutes ses démarches, y compris les rencontres organisées dans l’espoir de le décider à se soigner. Mais comme pour la plupart des personnes vivant au côté d’une personne déprimée, les échecs répétés de ses multiples tentatives confortent la femme de Labro dans l’idée que seule une maladie peut disposer de ce double pouvoir : provoquer un tel changement chez quelqu’un et empêcher ses proches de l’enrayer. Face à ce qu’elle considère comme un constat, chaque nouvelle initiative est portée par un seul espoir : obtenir, quel qu’en soit le prix, la guérison du malade. Malheureusement, l’espoir du déprimé et celui de ses proches ne vont pas dans le même sens. Alors que le déprimé attend de son entourage qu’il comprenne son calvaire intérieur, l’entourage pour sa part ne souhaite qu’une chose : le convaincre qu’il est malade et qu’il doit se soigner. C’est un autre malentendu où s’enferment le déprimé et son entourage. Tandis qu’il tente en vain de partager sa souffrance dans le seul espoir de l’atténuer, ses proches sont à la recherche de la personne qui réussirait, là où ils ont échoué : le guérir. Sans conviction, Labro lui aussi se prête au jeu de la guérison que promet un acupuncteur déniché un jour par sa femme. Il relate la fin de cet épisode en supposant que cet homme n’y a sans doute pas cru plus que lui, rajoutant ce commentaire sans comprendre à quel point il engage autant ses prochains interlocuteurs que lui-même : « Après tout, pour guérir, il faut être deux. »

C’est donc avec le sentiment d’avoir tout essayé qu’un jour, sa femme se résout à lui parler de diagnostic médical : « Rien n’a marché parce que tu n’as pas voulu accepter la vérité : tu fais une dépression […]. Je t’ai pris rendez-vous avec un spécialiste de ces problèmes, il m’a été recommandé, il t’attend demain à 17 heures. » À partir de ces quelques mots, le journaliste entame une trajectoire classique, une sorte de rituel du déprimé avec ses passages obligés, trois étapes qui se succèdent inexorablement. La première est la consultation qui permet d’énumérer les symptômes : réveil en sueur vers 3 ou 4 heures du matin, vertiges, perte de l’appétit, de l’envie de boire, de parler, de rire, idées de mort, etc. À propos du médecin qui l’interroge, Labro se dit qu’il a déjà entendu cent fois ce qu’il lui raconte et que ses symptômes lui sont familiers. La seconde étape est la formulation par le médecin de son diagnostic : vous êtes en pleine dépression nerveuse. La troisième étape qui clôt le rituel étant la prescription du traitement, le médecin lui ordonne d’acheter les médicaments en sortant de chez lui et de commencer le traitement le soir même.

Une fois franchies les trois étapes de ce rituel moderne, le patient peut, s’il le souhaite et si le prescripteur ne l’en dissuade pas, s’intéresser aux effets dits « secondaires » des médicaments antidépresseurs qui lui ont été prescrits. Sur la notice, il peut donc lire ce qui l’attend éventuellement : vision troublée, bouche qui s’assèche, constipation intense, etc. Si ces inquiétantes perturbations corporelles sont évoquées en consultation, la logique médicale du prescripteur s’impose avec cette formule : c’est le prix à payer. Chez Labro comme chez la plupart des déprimés sous antidépresseurs, les effets secondaires touchent aussi son état d’esprit. Il constate que son caractère se dégrade : il devient agressif, méchant avec ceux qui l’aiment, et des bouffées de colère imprévisibles lui montent à la tête. Il s’en inquiète et comme le phénomène s’accélère, son médecin le fait hospitaliser pour, dit-il, faire vérifier l’état de ses neurones. Chez des personnes moins entourées que Labro, il arrive que ces effets secondaires se traduisent par de véritables passages à l’acte ou par des violences aux conséquences difficilement prévisibles. Ces changements de caractère, souvent brusques, sont parfois interprétés comme les effets d’une prescription inadaptée, justifiant alors simplement un changement de traitement. Lorsque le médecin de Labro troque un jour l’Effexor contre le Prozac, il déclenche sans le vouloir une nouvelle inquiétude chez son patient, qui se demande quels résultats vont bien pouvoir donner le croisement dans son système psychique d’éléments artificiels dont la composition reste mystérieuse.

Comme le reconnaît pour lui-même Philippe Labro, le pouvoir de la parole est essentiel dans le traitement de la souffrance dépressive par des antidépresseurs2. Son propre psychiatre fait l’effort de venir chez lui régulièrement : « il avait pris ses habitudes, lors de ses visites de 18 heures. Nous suivions une routine. Je commençais par énumérer mes malheurs. Il continuait en les démystifiant […], il savait écouter et j’éprouvais un soulagement passager à lui parler. Ça durait trois quarts d’heure, parfois une heure. Il ne ménageait pas son temps et il me le faisait payer assez cher ». De cet échange de paroles tarifé va surgir une question fondamentale qui hante finalement tous les déprimés : une dépression, d’où ça vient ? Cette question sur les origines de sa souffrance dépressive amène insensiblement Philippe Labro à se pencher sur son histoire personnelle et sur ses relations avec les êtres qui l’ont jalonnée. Peu à peu, comme malgré lui, l’épisode douloureux qu’il traverse est associé à d’autres périodes douloureuses de son existence, dont certaines très anciennes. Sans en avoir manifestement conscience, Philippe Labro décrit la fonction thérapeutique de sa propre parole adressée à quelqu’un qui, à ses yeux, détient le pouvoir de le soulager de ses...