La Foi au risque de la psychanalyse

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La foi au risque de la psychanalyseAprès les deux volumes de L’Évangile au risque de la psychanalyse, Françoise Dolto poursuit ici devant Gérard Sévérin sa lecture des Évangiles à la lumière de son expérience de chrétienne et de sa pratique de psychanalyste. Si Jésus apparaît comme « le maître du désir », et si la foi donne la conviction que le désir a un sens, les certitudes ne sont pas d’ordre dogmatique ni les jugements d’ordre moral : c’est dans l’ordre spirituel que Françoise Dolto replace la vérité de chacun comme la sienne propre.Françoise Dolto (1908-1988)Médecin, psychanalyste travaillant dans le sillage de Jacques Lacan, elle n’a cessé de défendre la « cause des enfants ». Elle est notamment l’auteur de Lorsque l’enfant paraît (Seuil, 1977, 1978, 1979) et de L’Image inconsciente du corps (Seuil, 1984).

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Date de parution 25 novembre 2014
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EAN13 9782757850572
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’Évangile au risque de la psychanalyse o o t. I (n 111), t. II (n 145)
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Autoportrait d’une psychanalyste texte mis au point par Alain et Colette Manier Seuil, 1989 o et « Points Actuels », n A 123, 1992 Paroles pour adolescents ou le Complexe du homard en collaboration avec Catherine Dolto-Tolitch o « Le Livre de poche », n 4331, 1992 Gallimard, « Giboulées », 1999 L’Échec scolaire Essai sur l’éducation o « Pocket », n 3414, 1990 Lorsque l’enfant paraît édition complète en relié Seuil, 1990 L’Enfant du miroir en collaboration avec Juan-David Nasio Payot, 1992 Le Corps entre les mains de Boris J. Dolto (préface de Françoise Dolto) Hermann, 1992 Les Étapes majeures de l’enfance, volume 1 Gallimard, 1994 et « Folio Essais », 1998 Les Chemins de l’éducation Gallimard, 1994 La Cause des enfants o « Pocket », n 4226, 1995 L’Éveil de l’esprit : nouvelle pédagogie rééducative o LGF, « Le Livre de poche », n 13710, 1995 Destins d’enfants, volume 1 Gallimard, 1995 Les Évangiles et la Foi au risque de la psychanalyse
Gallimard, 1996 La Sexualité féminine Gallimard, 1996 La Cause des adolescents o « Pocket », n 4225, 1997 Le Sentiment de soi Gallimard, 1997 Parler de la mort Mercure de France, 1998 L’Enfant et la Fête Mercure de France, 1998 Le Féminin Gallimard, 1998 Enfances o Seuil, « Points », n P600, 1999 L’Enfant, le juge et la psychanalyse en collaboration avec Andrée Ruffo Gallimard, « Françoise Dolto », 1999 Jeu des poupées Mercure de France, « Le petit Mercure », 1999 Le Dandy, solitaire et singulier Mercure de France, « Le petit Mercure », 1999 La psychanalyse nous enseigne qu’il n’y a ni bien ni mal pour l’inconscient : 30 décembre 1987 en collaboration avec Jean-Jacques Moscovitz Temps du non, 1999
Traduction originale des Évangiles réalisée par Gérard Sévérin sur la base des éditions critiques du Nouveau Testament grec (édition Nestlé).
ISBN 978-2-75-785057-2
© Éditions Universitaires BGSA, 1981.
Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Avant-propos
GÉRARD SÉVÉRIN : Après avoir, dans un premier livre, commenté quelques passages d’Évangiles et, dans un second tome, exposé la manière dont « Jésus enseigne le désir et non une morale », voici un livre sur la foi. FRANÇOISE DOLTO : C’est un projet bien difficile ! Comment, en effet, parler intellectuellement de la foi qui, en fait, est un acte, une expérience de vie. C’est une histoire, bien souvent, sans histoires.
Justement, la psychanalyse n’aurait-elle pas son mot à dire puisque la foi est une expérience humaine…
Humaine… sous certains aspects, oui. Bien sûr, la psychanalyse, par son approche des actes humains, ses découvertes et ses points de repère, peut nous aider à tenter de comprendre, en partie, ce qu’est la foi. La psychanalyse s’occupe de la psychologie humaine, mais non pas de ce que nous appelons le spirituel. Son objet, pour être brève, vise les interactions de notre psychisme (conscient et inconscient) et de notre histoire personnelle. La théorie psychanalytique et ses découvertes cliniques peuvent, en effet, nous être très précieuses pour aborder et comprendre les dispositions de l’être humain quand il croit…
Mais alors, pour vous, Françoise Dolto, psychanalyste, qu’est-ce que croire ? Que veut dire pour vous : « Je crois en Dieu » ?
Jamais je ne pourrai répondre à une telle question. D’ailleurs, elle ne m’intéresse pas. Tenir un discours sur Dieu, sur la foi, peut passionner certains ; pas moi. Je préfère prendre, comme pour les autres livres, les Évangiles, textes fondateurs de notre civilisation occidentale et qui se donnent comme étant la parole de Dieu. J’y découvre ce que ces écrits évoquent pour moi et comment la libido, désir enraciné dans les processus inconscients, s’y articule.
Pour vous, pas de discussion sur les preuves de l’existence de Dieu, ni sur l’athéisme, ni sur les idéologies. Vous savez, pour moi, toutes ces théories sont des systèmes de défense. On veut tout expliquer logiquement. On devient totalitaire par peur que ne se glisse une faille ou une ouverture ou une inconnue dans notre vie.
Toute théorie devient pour vous, par conséquent, un symptôme ?
Oui. Un symptôme est un signe, un indice qui cache et révèle en même temps un état psychique ou une crise. Bien souvent, au lieu d’être un tremplin inconfortable et déséquilibrant pour aller plus loin ou ailleurs, la théorie ou le dogme ou le système de pensée sont des bouche-trous qui colmatent les brèches, gomment les interrogations, endiguent les errances.
D’après vous, quiconque organise son savoir, agence ses découvertes d’une manière logique ou dogmatique s’assure contre tout imprévu ou, pire, étouffe ses doutes et fixe ses incertitudes ? La théorie de quelqu’un ne m’intéresse que si je peux la démonter et la faire mienne, y retrouver, exprimés autrement que je ne l’aurais fait, mes fantasmes, mes découvertes, mon expérience, et laisser tomber de la théorie ce qui n’éclaire pas ce que je ressens, ce à quoi je réfléchis, ce que j’expérimente, ce que je vis.
Vous n’êtes l’élève de personne ? Si, mais dans le sens et à la mesure que je viens de préciser. Sinon, l’« élève » se coule dans la théorie d’un maître, d’un leader, d’un prophète, etc. Il ne pense pas, il plagie. C’est pourquoi je serais vivement contrariée si mes lecteurs me copiaient ou répétaient mes propos comme si je détenais la vérité.
Chaque lecteur est donc seul à savoir ce qui concerne sa vie, son itinéraire, même s’il erre souvent ? Chaque lecteur doit penser, chercher, inventer, trouver pour lui-même, à ses risques et périls ? Votre « ciel » est vide pour les autres ?
Dans ce que j’écris, le lecteur peut parfois croiser une expression ou une idée ou un raisonnement qui lui « révèle » une pensée. Mais cette pensée existait déjà en lui ! Il n’osait pas la formuler, ou même ne s’en préoccupait pas. Mais, si mon exposé l’aide à se comprendre davantage, il peut alors fâcheusement croire que je dis « la » vérité, alors que je ne dis qu’un moyen pour moi d’approcher une vérité ! Pour un autre lecteur, ce que j’écris peut ou même doit n’avoir aucune valeur. A chacun son itinéraire.
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LA FOI NOMADE