//img.uscri.be/pth/bcc2969b4a8abc0f360622cc0a96c5a4366e425f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 17,18 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

LA FOLIE HYSTERIQUE

288 pages
L' " hystérie " pouvait parfois être considérée comme la véritable cause pathogènique des troubles psychologiques dont la physionomie clinique révètait les allures d'une véritable folie. La folie hystérique (1910) est le dernier ouvrage paru sur le sujet avant qu'il ne fasse l'objet d'un retentissant silence de cinquante ans dans les discussions psychiatriques.
Voir plus Voir moins

LA FOLIE HYSTÉRIQUE

Collection Psychanalyse et Civilisations Série Trouvailles et Retrouvailles dirigée par Jacques Chazaud

Renouer avec les grandes œuvres, les grands thèmes, les grands moments, les grands débats de la Psychopathologie, de la Psychologie, de la Psychanalyse, telle est la finalité de cette série qui entend maintenir l'exigence de préserver, dans ces provinces de la Culture et des Sciences Humaines, la trace des origines. Mais place sera également donnée à des Essais montrant, dans leur perspective historique, l'impact d'ouverture et le potentiel de développement des grandes doctrines qui, pour faire date, continuent de nous faire signe et nous donnent la ressource nécessaire pour affronter les problèmes présents et à venir.

Dernières parutions
L'instinct et l'inconscient, W. H. R. RIVERS, 1999. Hallucinations et délire, Henri EY, 1999. La confusion mentale primitive, Philippe CHASLlN, 1999. La réception de Freud en France avant 1900, André BOLZINGER, 1999. Récits de vie et crises d'existence, Adolfo FERNANDEZ-ZOÏLA,1999. Psychanalyste, où es-tu ?, Georges FAVEZ, 1999. Psychopathologie psychanalytique de l'enfant, Jean-Louis LANG, 1999. La figure de l'autre, étranger, en psychopathologie cUnique, Zhor BENCHEMSI,Jacques FORTINEAU,Roland BEAUROY (eds), 1999. De lafoUe, Etienne GEORGET, 1999. Les mariées sont toujours belles, Robert Michel PALEM, 1999. LafoUe hystérique, Albert Mairet, E Salager, 1999.

Précédente édition: Montpellier, Coulet et Fils éditeurs, 1910. (Ç)L'Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-8643-6

A. MAIRET, E. SALAGER

LA FOLIE HYSTÉRIQUE

Introduction de David Frank ALLEN et Dany NOBUS

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

INTRODUCTION LA RÉHABILITATION , DE LA FOLIE HYSTERIQUE
DAVID FRANK ALLEN & DANY NOBUS

« Ce n'est pas que l'histoire de l'hystérie soit à négliger... Elle est pleine d'enseignements précieux... Tout d'abord, qu'il y ait une histoire de l'hystérie est en soi fort intéressant... Ce point seul est déjà la marque d'une singularité par rapport aux autres "pathologies" psychiques. D'ailleurs le lien de l'hystérie à l'histoire, qui prête depuis Lacan à tous les jeux de mots que l'on peut imaginer, ne s'arrête pas là. De la grande Histoire à l'histoire de l'individu, en inventant la psychanalyse, l'hystérique a introduit l'historisation au cœur même du traitement analytique... » Nicolle Kress-Rosen, Du côté de l'hystérie
« r..] L'hystérie {...] tombe si facilement dans r..] les expériences dramatiques de l'irifluence et de la possession» Henri Ey, Traité des hallucinations

«

C'est de réminiscences surtout que souffre l'hystérique»
J. Breuer, S. Freud, Etudes sur l'hystérie

II

INTRODUCTION

Aujourd'hui réédités les travaux de Mairet et Salager pourraient ressembler à une forme de provocation car la clinique elle-même semble se réduire chaque jour à une peau de chagrin sous la double emprise de l'idéologie "managementale" et de la folie taxinomique qui sous-tend le D.S.M. (Délire d'Arrangeurs pour Leuret...) On n'oublie pas, cependant, que le retour à l'hystérie qui accompagne logiquement le retour à Freud possède déjà sa propre histoire. Ce retour à la folie hystérique peut-être entendu comme un NON, coup de tonnerre dont on entend encore aujourd'hui les réverbérations... A qui veut-on dire NON? La question s'impose car la clarté des travaux de Bienville, Charcot, Mairet et Salager, SJ.M. Ganser, K. Abraham, K. Jaspers et Freud a peutêtre été tout simplement éclipsée par la gloire ambiguë du Pr. E. Bleuler. Ce dernier ne pouvait pas ou ne voulait pas séparer la folie hystérique et le syndrome de Ganser de la "schizophrénie". Il Y a là un problème délicat - celui même des catégories logiques. Les "idées étranges" sont une indication de "schizophrénie" - voilà l'infâme devise des bleuleriens de tous les pays. Le retour à la folie hystérique fut amorcé au début des années soixante avec la publication d'un article désormais célèbre de S. Follin et J. Chazaud: "Cas cliniques de psychoses hystériques" publié pour la première fois dans L'Évolution psychiatrique en 1961. Comme le remarquera plus tard J.-c. Maleval, le titre même de l'article pose une grande question. Peut-on souffrir à la fois de psychose et d'hystérie? La question sera peut-être mise en relief par quelques remarques sur un concept couramment utilisé par les anciens, à savoir la notion de "perte de la réalité" que l'on trouve chez Freud, chez Minkowski et ailleurs. On comprendra aisément qu'avant les travaux de Lacan sur le Réel, le Symbolique, et l'Imaginaire, le clinicien eut

INTRODUCTION

III

recours naturellement à la relation entre le patient et son environnement en tant que critère de diagnostic différentiel. Freud rédigea même un article intitulé Perte de la réalité dans la névrose et la psychose au début des années 1920. Il utilisa aussi la notion de psychose hystérique en raison de l'autre rapport que la Jolie hystérique implique avec "le monde". Les lecteurs de Minkowski quelque peu soucieux de questions méthodologiques savent que la "perte du contact

vital avec la réalité" signifie, pour lui, une destruction des
capacités dialectiques d'une personne comme on peut la rencontrer, par exemple, dans le syndrome de Capgras. Ici la conviction se cristallise autour de l'idée que des proches ont pu être remplacés par des sosies. Dans la folie hystérique si finement décrite par Mairet et Salager, on reconnaîtra de temps à autre un trouble de la nomination; d'ailleurs ce phénomène fut décrit par S.J.M. Ganser en 1897 et 1902 ainsi que par e.G. Jung (Godwina F., 1902). Dans le syndrome de Capgras, le savoir est absolu, ceci n'est pas le cas dans la folie hystérique où l'on trouve plutôt une sorte d'effacement temporaire du savoir quotidien. S. Follin t consacrera de nombreuses pages à la soidisant "psychose hystérique"; heureusement elles sont aujourd'hui réunies dans Vivre en délirant (Paris, Synthélabo). Vers la fin des années 1970, J.-C. Maleval publie toute une série d'articles sur la folie hystérique dont certains seront regroupés sous le titre Folies hystériques et psychoses dissociatives (Paris, Payot, 1981). Le livre est dédié à J. Lacan, comme si la psychanalyse était revenue à la clarté qu'elle possédait à l'époque de Karl Abraham qui, lui, n'hésitait pas à mentionner le trouble Ganserien dans

IV

INTRODUCTION

un article sur les troubles hystériques d'une jeune fille ayant aperçu le coït de ses parents. En 1978 Maleval publie "Le délire hystérique n'est pas un délire dissocié" dans L'Évolution psychiatrique (IV). Arrêtons-nous un instant simplement sur le titre: les origines de la dissociation sont en très grande partie françaises. François Leuret n'est pas un personnage sympathique - disons qu'il est le portrait-robot du psychiatre qui croit à la raison - la sienne - aussi il faut bien reconnaître qu'il ne parvenait pas à séparer délire psychotique et "erreur". Peut-être pour cette raison se permet-il de corriger ses patients à l'aide de douches froides et d'humiliations physiques. Cela dit, aujourd'hui même on trouve bien des psychiatres qui s'amusent à faire hurler de jeunes hystériques tout en refusant de les faire hospitaliser; la jeune fille présente des convulsions, elle pleure, elle crie, elle ne sait pas répondre de manière bureaucratique au psychiatre post DSM (nous l'appellerons Dr. Aire-de-Repos). Le Docteur Repos explique au thérapeute que Mlle X "n'a pas de demande". C'est aussi de la même manière que l'hystérie crépusculaire est balayée de la carte nosographique. Leuret représente certainement (avec Kraepelin, Clérambault et bien d'autres), l'image d'Épinal de ce qu'il ne faut pas faire avec des patients. Ceci dit la sottise idéologique de Leuret ne doit pas nous faire oublier l'importance de ses avancées sémiologiques. Dans Fragments psychologiques sur la Jolie (Paris, 1834), Leuret explique assez clairement que le manque de force dans les associations appartient, essentiellement aux "Incohérents" ceux parmi les psychotiques qui manifestent une déchirure invalidante en ce qui concerne l'appareil psychique. La dissociation, si l'on choisit de suivre Leuret, équivaut donc à l'impossibilité ontologique

INTRODUCTION

V

de construire le moindre sens par rapport à l'expérience vécue. Quoi que l'on puisse dire de la clinique de Leuret, il aura toujours une place de choix dans les dictionnaires de psychiatrie car c'est lui (et non pas Bleuler qui ne le cite même pas) qui établit la différence entre les Incohérents (avec une dissociation évidente) et les Arrangeurs. Chez les Incohérents, l'on pourra trouver des néologismes ainsi que l'impossibilité de suivre une conversation, en bref, un manque certain d'unité sémantique. Chez les Arrangeurs, le tableau clinique est tout autre la reconstruction délirante leur permet de bâtir des systèmes, de réorganiser le monde en fonction d'un ancrage absent ou précaire. La notion d'Incohérents s'est maintenue, même si Leuret est presque oublié par les cliniciens - aujourd'hui on parlerait peut-être de délire paranoïde. La notion d'Arrangeurs eut une carrière plus riche en rebondissements: pour Sérieux et Capgras, c'est l'ancêtre du délire d'interprétation. Certains Arrangeurs sont certainement très proches du rationalisme morbide de Minkowski. Le succès de Folies hystériques et psychoses dissociatives est en partie imputable à la grande richesse des références historiques, comme si une conscience historique pouvait fonctionner comme un antidote à la pensée indifférenciée amenée par Bleuler et ses émules. Voici par exemple comment Maleval perçoit le rôle de Mairet et Salager: « En 1910, Mairet et Salager, professeurs à la faculté de médecine de Montpellier, livrent un combat d'arrièregarde en consacrant un ouvrage aux différentes manifestations de la folie hystérique; à notre connaissance ils furent les derniers à le faire. Cette entité

VI

INTRODUCTION

nosologique est morte de la conjonction du rejet de l'œuvre de Charcot, dans la psychiatrie française, et de l'introduction du concept de schizophrénie, dans la sphère allemande ». [1981, p. 64] 1 Karl Jaspers a très bien cerné certains éléments de la folie hystérique; en 1911 il publie sa Psychopathologie générale avec l'intention de faire réfléchir les psychiatres. Voici quelques extraits du cas Franz qui semblerait être en parfaite harmonie avec les positions soutenues par Ganser, Mairet et Salager, Ey, Maleval, Israël et d'autres: « Franz Rakuzky, un cocher de 41 ans, éprouva le 15 mai 1908 un fort sentiment de vertige. Il fut obligé de se coucher; il s'enroula dans des couvertures et fut pris d'une transpiration violente. Ensuite il put de nouveau travailler. Après dix jours... il se sentit de nouveau fatigué, il éprouva une grande fatigue dans les jambes et eut un nouvel accès de vertige violent. A la suite de quoi il fut transporté à la clinique médicale. Le soir du troisième jour, il se montra tout à fait désorienté, il était très excité et avait grand-peur. Le matin suivant, il est calme pendant la visite. Il est accessible et il déclare avec un sourire joyeux qu'il est

I Les philosophes sont parfois bien courageux: voici comment P-H. Castel commente les travaux de Mairet et Salager: "Cet ouvrage transfère dans le cadre des psychoses les reliquats de l'hystérie traditionnelle". Cette méthodologie si particulière rappellera peut-être au lecteur une vieille plaisanterie: " Tu sais quoi, Boris a gagné 50000 dollars aux cartes l" " Oui, oui, oui... c'est ça, c'est tout à fait ça, mais ce n'est pas 50 000 dollars, mais 500 roubles et ce n'est pas gagner c'est perdre". Cf. Castel P-H., La querelle de l'hystérie, Paris P.U.F, 1998, p.332. ColI. La bibliothèque du collège international de philosophie.

INTRODUCTION

VII

colonel et qu'il s'appelle « de » Rakutzky et qu'il est de très vieille noblesse silésienne. Deux lieutenants, Ahlefe1d et Fritz, l'auraient accompagné à l'hôtel de l'Aigle, à Karlsruhe. Les gens de l'asile sont des soldats en cantonnement. On est en juillet 1885. A des questions faites pour le suggestionner, il répond avec netteté qu'il gagne 10 marks par jour; lorsqu'on insiste, il fait augmenter jusqu'à 100000 marks par an. [...] On lui demande s'il est persécuté. Il répond à haute voix: «Moi, persécuté! Je vais faire avancer tout mon régiment, si quelqu'un dit cela". Il résout mal les problèmes d'arithmétique: 6 x 6 = 20, 2 x 2 = 6, mais il dit bien que 1 + 1 = 2.» Le diagnostic de Jaspers: Psychopathe hystérique. [Jaspers, 1911/tr.fr. 1928, p. 532] Bien entendu le cas Franz est loin d'être isolé: L. Lichtwitz 2, étudia de manière minutieuse la question des anesthésiés des muqueuses que devait également aborder plus tard Ganser lui-même 3. Sous la rubrique « Suggestions 4», Lichtwitz constate que «la malade accepte à l'état de veille et à l'état cataleptoïde toutes sortes de suggestions. Nous citons seulement celles qui ont trait à l'abolition des réflexes des muqueuses.

2. Les Anesthésies hystériques des muqueuses et des organes des sens et les zones hystérogènes des muqueuses, par L. Lichtwitz, docteur en médecine de l'université de Vienne et de la faculté de Bordeaux, membre de la Société française d'otologie et de laryngologie, Paris, Librairie J.-B. Baillière et Fils, 1887. 3. Cf Ganser S., « Contribution à la théorie de l'état crépusculaire hystérique », Évolution psychiatrique, 1993, t. LVII, na III, p. 548. 4. Lichtwitz L., Les Anesthésies hystériques ..., op. cît., p. 134.

VIII

INTRODUCTION

« Si on donne à la malade la suggestion de ne plus avoir de nausées à l'attouchement de l' arrière- gorge, il faut titiller et frotter longtemps le voile du palais, les piliers et la paroi postérieure du pharynx, pour provoquer des nausées, bien que la malade sente le contact de la sonde comme auparavant 5». A l'instar de Mairet, Ganser, Laing et bien d'autres, Lichtwitz perçoit un phénomène d'insensibilité cutanée qu'il «déplace» par le biais de ce qu'il nomme le « transfert». «Transfert - Nous avons produit le transfert, au bout de dix à quinze minutes, par l'application de pièces d'or sur l'avant-bras gauche. Avant que le transfert eût commencé, l'hémianesthésie gauche, qui chez la malade n'est pas totale, devenait d'abord totale, c'est-à-dire que les plaques ordinairement sensibles du côté anesthésique, devenues au début de l'expérience insensibles, résistaient le plus longtemps au transfert. »Les muqueuses et les organes des sens subissaient tous le transfert presque en même temps. » Après le transfert, l'hémianesthésie du côté droit était totale. Nous avons aussi produit le transfert en remplissant de mercure le conduit auditif gauche. Le transfert était complet au bout d'une minute et demie 6.» Si Lichtwitz perçoit bien les troubles de la sensibilité hystérique mis en relief ultérieurement par Mairet et Salager (suspension du savoir ordinaire, profonde modification du champ de la conscience), il n'est pas le seul: d'autres les relèvent également dans bien des cas d'hystérie «à forme particulière », tel René Lépine qui, dans un article de 1894, rapporte les constatations
5. Ibid., cas Ill, p. 134. 6. Ibid., p. 135.

INTRODUCTION

IX

suivantes: «Le malade n'entend absolument que les bruits qu'il écoute. On a très souvent agité soudainement derrière lui une petite cloche produisant un bruit assourdissant et insupportable pour toute personne dont l'ouïe est normale. [...] Il est absolument certain que le malade n'entend pas la cloche si on ne l'avertit pas et s'il ne la voit pas. Aucune simulation de sa part n'est admissible à cet égard et parmi les médecins fort nombreux qui ont été témoins du fait, aucun n'a élevé le moindre doute [...] 7.» Lépine remarque également ce que l'on pourrait appeler des perceptions à côté: «Je présente au malade, à distance convenable, une épingle anglaise, objet qui ne lui est [...] pas familier; il répond "c'est blanc" et quand je le presse de préciser: "e' est un morceau de craie." [...] Il est donc certain qu'il voit quand il sait ce qu'il doit

voir 8. »
L'on constatera sans peine la continuité historique de la folie hystérique; dans le travail clinique l'on rencontre aussi une continuité certaine. Et c'est bien sur la base de cette continuité logique que le clinicien doit se placer. La psychiatrie décomposée produit une nouvelle vérité par semaine, elle est d'ailleurs presque totalement privée de repères axiologiques et épistémologiques. Les grandes études historiques sur l'hystérie - nous pensons à celles de Trillat9 et LibbrechtlO bien sûr - démontrent que l'hystérie possède une qualité que l'on pourrait nommer
7, Lépine R., « Sur un cas d'hystérie à forme particulière», in Revue de médecine, août 1894, n° 8, Paris, Félix AIcan, p. 716. 8, Ibid., p. 717. 9.Trillat E., Histoire de l'hystérie, Paris, Seghers, 1986, IO.Libbrecht K., Hysterical psychosis, a historical survey. London, Transaction, I994.

X

INTRODUCTION

Caméléon, elle varie selon les idéologies de l'époque. La véritable leçon clinique de Charcot est peut-être que l'hystérie répondra au regard qu'on lui inflige. Rayez-la des manuels médiocres et elle produira des "personnalités multiples", comme pour faire échec au discours du maître. Elle répondra toujours "présent" aux carrefours des incertitudes scientifiques, la logique de sa structure est ainsi. La "victoire" de l'incohérence bleulerienne provoqua non seulement un oubli coûteux de la folie hystérique mais aussi un point aveugle et anaxiologique à l'endroit du syndrome de Ganser. La psychiatrie s'enfonça peu à peu dans un triste marasme de contrevérités. La réhabilitation de la folie hystérique implique, nécessairement, une réévaluation complète des travaux de Ganser de Dresde. Ganser, on s'en souvient, avait décrit au début du siècle une forme d'hystérie crépusculaire avec réponses à côté, suspension du savoir ordinaire, méconnaissance et transformation subjective de l'environnement, troubles des perceptions gustatives, conversions, anesthésies cutanées variables, amnésie pour la période du trouble et ainsi de suite. Henri Ey fut avec R. Laing un des rares cliniciens à comprendre la pertinence de ses travaux. Fut-il entendu? Certes non! Voici un exemple métonymique extrait d'une symphonie burlesque et discordante.
« Le syndrome de Ganser ou discours à côté. Le schizophrène répond à la question posée et son propos ne présente aucun lien avec le sujet de la conversation. » G. Heuyer, La Schizophrénie. (Sic)

INTRODUCTION

XI

Le menteur s'est menti à lui-même, ainsi la falsification a pu construire une maison à son image. On sait cependant qu'au tournant du siècle certains auteurs français avaient posé des jalons qui auraient dû permettre une introduction durable de la notion de folie hystérique dans notre pays. Aussi les réticences qui apparurent alors nous paraissent-elles quelque peu surprenantes, l'oublié de Dresde n'ayant fait après tout que réunir dans divers tableaux cliniques ce qui était déjà reconnu en France, parfois depuis fort longtemps, sous diverses formes séparées: ainsi, quand Mairet et Salager rappelaient en 1910 11, dans leur traité, le phénomène subséquent d'amnésie, il s'agissait là d'un constat banal puisqu'on pouvait trouver quelque chose de comparable dans les manuels de démonologie depuis au moins 1608 12.

BLEULER

ET LA CHUTE

Bleuler chercha l'unité qui amènerait de l'ordre dans le chaos des ensembles de symptômes 13. Aujourd'hui, la

II. « L'amnésie n'est qu'un élément surajouté, et la folie hystérique conserve toujours les mêmes caractères.» (Mairet A. & Salager E., chap. III, « Folie hystérique avec amnésie », p.225.) Notre livre est peut-être l'une des dernières salves en faveur de la folie hystérique, avec la Première Guerre viendrait le grand démantèlement. La suite permettra de ne rien comprendre au shell-shock et les experts de l'après-guerre auront beau jeu de distinguer psychose et simulation dans la folie hystérique et l'hystérie crépusculaire... 12.Francesco Maria Guazzo, Compendium Maleficarum (1608), translated from the latin by E. A. Ashwin, edited with notes by M. Summers, John Rodker, Londres, 1929; reprint, Muller, Londres, 1970, p. 168-170. 13. Cf. Bleuler E., « La schizophrénie », Congrès des aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française, xxxe

XII

INTRODUCTION

question de l'unité du concept et de la cohérence du mot schizophrénie doit être reposée, car ces points à eux seuls justifient l'utilisation ou l'abandon du mot et du concept, y compris la définition implicite de l'homme qui les soustend. Voici un bref rappel de l'essentiel de la position de Bleuler en 1911 : Par le terme «démence précoce» ou «schizophrénie », Bleuler nomme «un groupe de psychoses [...] parfois chroniques [...] ou intermittentes [.oo] qui peuvent s'arrêter ou rétrograder [...] mais qui ne permettent pas une complète restitution ad integram 14». « Dans chaque cas [oo.] il Y a une dissociation [oo.] des fonctions psychiques [.. .], la personnalité perd son unité [oo .]. Souvent les idées ne sont développées que

partiellement,

[oo .],

des fragments d'idées sont connectés

de façon illogique, de façon à constituer une nouvelle idée. Les concepts perdent leur complétude, et semblent se disperser avec un ou plusieurs de leurs composants essentiels 15.» «Ainsi le processus d'association fonctionne avec de simples fragments d'idées et de concepts. Ceci a pour résultat des associations qu'un individu normal considérera comme incorrectes, bizarres et totalement imprévisibles 16.» «Souvent la pensée s'arrête au milieu d'une idée, ou dans une tentative de passer à une autre idée; elle peut cesser totalement, du moins en ce qui concerne un
session, 1926, Masson, 1926, repris in Postel J., La Psychiatrie, Paris, Larousse, colI. Textes essentiels, 1994. 14. Bleuler E., Dementia Praecox or The Group of Schizophrenias, International University Press, Madison (Conn.), 1950, p.9 15 . Ibid. 16. Ibid.

INTRODUCTION

XlII

processus conscient (barrages). Au lieu de maintenir une pensée, de nouvelles idées se pré'sentent que ni le patient, ni l'observateur ne peut mettre en relation avec la pensée précédente 17.»

« A part les signes de Il détériorationIl [...] on trouve
hallucinations, délires, confusion, stupeur, [une] fluctuation maniaque et mélancolique et des symptômes catatoniques. Beaucoup de ces symptômes accessoires sont spécifiquement schizophréniques 18.» Ceci constitue ce que nous considérerons comme le noyau irréductible de la définition, mais nous avons à peine quitté les notions kraepeliniennes, à peine quitté un « ensemble de symptômes» ou le «chaos ». La nécessité d'organiser ce chaos avec une floraison de termes nouveaux était réelle pour Bleuler. Cependant, c'est sans doute l'avènement des sous-groupes qui va faire du mot schizophrénie une combinatoire d'une élasticité si variable que le risque d'un retour au chaos était difficile à éviter, surtout dans les pays anglo-saxons qui avaient eu des traductions de bonne heure. Considérons les quatre sous-groupes: 10 Paranoïa: hallucinations et délires dominent le tableau clinique, suspicion, délire d'interprétation crédible (systématisé), sentiment de persécution, d'insultes, hallucinations auditives, hallucinations corporelles, délires « comme un éclair dans un ciel serein », excitation, confusion, désorientation, expérience religieuse, délire de grandeur. On constate un développement irrégulier: oscillation entre états presque normalisés et états délirants.
17. Ibid. 18. Ibid. p.lO

XIV

INTRODUCTION

La confusion hallucinatoire est aussi fréquente que la dépression mélancolique. Les symptômes catatoniques sont transitoires et les excitations maniaques rares. Il y a une forme paranoïde sans hallucinations (une fausse idée de soi devient un délire). Érotomanie (que Bleuler identifie au « délire de grandeur») et schizophrénie quérulente sont également incluses ici 19. 2° Catatonies: la catatonie domine continuellement ou pour de longues périodes de temps, avec ou sans prodromes, et avec les symptômes suivants de catalepsiehyperkinésie : le patient subit une oscillation entre manie, mélancolie et états stuporeux ; on constate des périodes de calme, d'amélioration. Les états stuporeux s'accompagnent de négativisme, d'agitation transitoire, de colère, d'insultes, de violence, etc., et il y a détérioration après chaque pause. Cinquante pour cent des cas hallucinent peu ou pas du tout. En cas d'autocritique du délire, on parle de
« guérison avec cicatrice»
20.

3° Hébéphrénie: apparition de symptômes accessoires qui ne dominent pas le tableau clinique de façon continue. La détérioration est plus ou moins marquée: a) Le début de la forme aiguë se présente comme suit: mélancolie, manies, troubles de la perception, états crépusculaires. b) Dans les cas chroniques, les symptômes accessoires ne dominent pas. Il n'y a pas de symptômes spécifiques: hallucinations, délire, catatonie peuvent compliquer le tableau, mais non pas le dominer.
Ibid. Cf. pp. 228-31 20. Ibid. p. 233 ] 9,

INTRODUCTION

XV

4° Schizophrénie simple: symptômes fondamentaux, uniquement, tout au long de la psychose avec déficit intellectuel. En 1911, Bleuler ne pensait pas pouvoir résoudre le problème des «sous-groupes naturels ». Ceux qu'il distingue sont nés du besoin pratique. Ce ne sont pas des entités mais des regroupements de symptômes. Leur valeur réside dans la nécessité pragmatique de décrire, de rendre compte de la situation d'une personne. La « théorie des symptômes» fait de la schizophrénie quelque chose comme le chat du dessin animé qui quitte la montagne tout en courant dans l'air; c'est seulement lorsqu'il regarde ses pattes qu'il peut se rendre compte qu'il va tomber. En effet, les métaphores biologiques saupoudrées à travers ladite théorie manifestent sans cesse l'idée que la manière d'être du schizophrène n'est que l'expression de son corps malade. «Dans une maladie telle que l'ostéomalacie, les processus chimiques et physiologiques incluant la décalcification des os constituent la maladie (disease process) 21.» Bleuler continue sa métaphore explicative des symptômes primaires et secondaires en disant que «la fragilité des os est une conséquence directe de ces changements; cependant une fracture ou torsion de l'os aura lieu seulement après une action directe de forces externes 22». Par conséquent, les symptômes primaires sont l'expression directe du trouble organique, et les symptômes secondaires le résultat d'un affaiblissement
21. Ibid. p. 348 22. Ibid.

XVI

INTRODUCTION

occasionné par les troubles primaires. Les seconds sont donc plus éloignés dans la chaîne causale. A la recherche d'une certitude, on peut dire que le fait d'établir le groupe des symptômes primaires constituait une grande avancée scientifique, comparable peut-être à l'isolement de la paralysie générale; mais la structure de l'œuvre ne nous permet pas autre chose qu'une définition tautologique ou sophiste de la schizophrénie. Imaginons un cercle composé d'hypothèses (organiques) et de conclusions (psychopathologiques), où chaque hypothèse amène une conclusion qui draine dans son sillage une autre hypothèse. (Insistons sur la nature fermée de ce cercle.) La validité logique de ce système dépend du fait que le lecteur adhère à une dialectique, corps-symptômes primaires ou symptômes-psychismecorps. Le tenne «probable» revient tel un leitmotiv à travers la théorie des symptômes - il recouvre le non-dit de l'ensemble de l'œuvre. Pour le psychopathologue qu'était Bleuler, l'homme n'a pas d'âme ou d'expérience: toute souffrance doit être le résultat d'une «maladie cérébrale» ; aucune autre possibilité n'est avancée. Le fait d'avoir échafaudé un système complexe à double tiroir ne peut masquer le fait que chaque « pourquoi» nous ramène tel un train pour enfants à la case départ, à une conviction inébranlable que cela ne peut pas être autrement. Considérons l'énoncé: « On ne connaît pas encore avec certitude les symptômes primaires de la maladie cérébrale du schizophrène 23». On note dans une telle phrase ce que nous appellerions volontiers le principe du cheval de Troie. Cela consiste à avancer un doute par rapport à ce qui est donné comme fait scientifique. Si on lit
23. Ibid., p. 349

INTRODUCTION

XVII

rapidement, cela paraît logique; cependant, si l'on dit: « Nous ne sommes pas encore sûrs de l'effet des émetteurs vénusiens sur les pervenches parisiennes », on fait comme si les émetteurs étaient un fait et non pas une hypothèse. On peut rétorquer que nous n'avons en rien démontré l'existence des émetteurs, le fait que les pervenches chantent, pleurent ou sourient ne pouvant être avancé comme indication de l'existence de quoi que ce soit. Avant de terminer ce bref rappel, nous souhaitons insister sur l'inconsistance et l'impérialisme de cette conception de la schizophrénie: inconsistance, parce que Bleuler doute même des symptômes primaires tout en avançant l'hypothèse d'une base biologique; impérialisme, car tout un champ appartenant à la fureur utérine et à l'hystérie se trouve par là même amputé.

DE LA MÉTHODOLOGIE

BLEULERIENNE

Le fait d'utiliser l'adjectif «schizoïde 24» afin de qualifier ce que Freud et Breuer avaient nommé état hypnoïde - un trouble hystérique de la conscience - et la notion de schizophrénie légère ouvre la porte à une confusion sans nom, qui hante encore peut-être aujourd'hui les antichambres de la science. Afin de comprendre l'essence des problèmes que Bleuler se posait avec le courage et l'intelligence que l'on sait, il faut examiner la logique propre de sa méthodologie. «La limite du délire hystérique n'est pas encore déterminée [How far purely hysterical delusional

24. Bleuler E., Textbook of Psychiatry, New York, Macmillan, 1924, p.553.

XVIII

INTRODUCTION

formation can go is not yet determined] 25 », écrit-il dans son traité, et, plus loin: « On parle de manie, mélancolie et
folie hystérique [...]. Ces notions couramment employées jadis sont, d'après moi, des cas de schizophrénie [One also speaks of hysterical mania, melancholia and insanity... what was formerly so called daily are schizophrenics according to my experience] 26». La logique de cette opération intrigue: on pose une inconnue (folie hystérique), puis on mentionne des notions anciennes, que l'on retrouverait peut-être, par exemple, chez Bienville. Le troisième mouvement logique est de modifier le passé (la fureur utérine devient rétroactivement de la schizophrénie), ce qui permet d'affirmer la notion moderne de schizophrénie en admettant, tout en le dissimulant, le fait qu'elle est en partie un décalque de la folie hystérique de jadis. Le génie de Bleuler est de pouvoir à la fois poser l'inconnue d'une équation tout en raisonnant comme si la valeur de cette inconnue était définie par un néologisme. Dans cette perspective, on comprend mieux pourquoi « le relâchement des associations» (Lockerung) ressemble au Vorbeireden (parler à côté) ou aux unsinnigenant Worten (réponses absurdes) de Ganser. L'exemple que Bleuler donne du relâchement des associations mérite notre attention: « A la question: "Où l'Égypte se trouve-t-elle ?", il ne vient à l'idée de nul être normal de répondre: "Entre l'Assyrie et l'État du Congo 27"».
25. Ibid., p. 546 26. Ibid., p. 547 27. Cf Bleuler E., « La schizophrénie », Congrès des aliénistes et

neurologistes

de France et des pays de langue française

xxX"

INTRODUCTION

XIX

Il nous semble que cette sorte de réponse approximative pourrait également se rencontrer dans la folie hystérique ou dans le syndrome de Ganser. Ainsi, Bleuler a bâti son concept aussi bien sur l'hystérie que sur la démence précoce: « Chaque symptôme hystérique peut avoir une base schizophrénique. Ceci s'applique aussi à la neurasthénie et aux pensées imposées obsessionnelles 28». Rendons-nous à l'évidence, si gênante qu'elle soit, la schizophrénie, c'est presque tout, la névrose aussi bien que la psychose. Lire Mairet et Salager aujourd'hui signifie non seulement une reconnaissance de la gloire éternelle de l'école de Montpellier, mais aussi un retour à la base même de cette clinique qui doit toujours tendre vers la logique différentielle. L'amalgame arbitraire ne produit que des concepts vides. Tout un siècle de psychiatrie "ne peut qu'en témoigner"...

David Frank Allen & Dany Nobus

Pour ORIANA L. N. (Née le 20 mai 1999), TINY V. et KATRIEN L.

session, 1926, Masson, 1926, repris in Postel J., La Psychiatrie, Paris, Larousse, colI. Textes essentiels, 1994. 28. Bleuler E., Dementia Praecox or The Group of Schizophrenias, International University Press, Madison (Conn.), 1950, p. 269.

xx

INTRODUCTION

PETITE BIBLIOGRAPHIE ALLEN D.F., «Pour la réhabilitation de Ganser de Dresde», Évolution psychiatrique, III, 1992. « Petite note pour Ganser de Dresde », Évolution psychiatrique, I, 1993. «Tombeau pour François Klein (A=A) », préface pour Klein F., Une folie psychiatrique, Paris, Synthélabo, Coll. Les Empêcheurs de penser en rond, 1998. Critique de la raison psychiatrique: éléments pour une histoire raisonnée de la schizophrénie, Toulouse, Erès, 1999, Coll. Des travaux et des jours. ALLEN D.F. & POSTEL J., «R.D. Laing et le problème œ l'hystérie crépusculaire », Évolution psychiatrique, IV, 1993. « Récit d'une découverte -le syndrome de Ganser », in J. Carroy N. Richard (eds), Récits des découvertes en sciences humaines, Paris, L'Harmattan, 1998. BIENVILLE [1771], La Nymphomanie utérine, Paris, Le Sycomore, 1980. ou traité de la fureur

BLEULER E., « Affectivity, Suggestibility, Paranoia », New York State Hospital Bulletin, février 1912, p.481-601, tr. ang. œ « Affectivitat, Suggestibilitat und Paranoia », Halle, Marhold, 1906. « The Prognosis of Dementia Prrecox: the Group of Schizophrenias» in CUTIING J. & SHEPHERDM. [sous la direction de], The Clinical Roots of the Schizophrenia Concept, Cambridge, Cambridge University Press, 1987, tr. ang. œ « Die Prognose der Dementia Praecox. Schizophreniegruppe », Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie, n° 65, 1908, p. 436464. «La schizophrénie », Congrès des aliénistes et neurologistes el? France et des pays de langue française xxxe session, 1926,

INTRODUCTION

XXI

Masson, 1926, repris in POSTEL J., La Psychiatrie, Paris, Larousse, coll. Textes essentiels, 1994. The Theory of Schizophrenic Negativism, Nervous and Mental Disease Publishing Company, New York, 1912; rééd. New York, Johnson Reprint Corporation, 1970, tr. angl. de William A. White de «Zur Theorie des Schizophrenen Negativismus », Psychiatrisch-neurologische Wochenschrift, vol. XII, 19101911, nOs 18, 19,20,21. Dementia Praecox or The Group of Schizophrenias, International University Press, Madison (Conn.), 1950, tr. ang J. Zinkin d'après Dementia Praecox oder Gruppe Der Schizophrenien, Leipzig und Wien, Franz Deuticke, 1911. Dementia Prœcox ou groupe des schizophrénies, Paris-Clichy, E.P.E.L/G.R.E.C., 1993, tr. fr. A. Viallard, d'après Dementia Praecox oder Gruppe Der Schizophrenien, Leipzig und Wien, Franz Deuticke, 1911. L'Invention de l'autisme, p. 277-330 de Lehrbuch de Psychiatrie, Julias Springer Verlag, Berlin, 1916, tr. fr. Yves Kaufmant, Paris, Navarin, coll. «Analytica », n° 52, 1988, préface ce
BERCHERlE P..

Textbook of Psychiatry, [d'après la quatrième édition allemande], New York, Macmillan, 1924, tr. ang. A. A. Brill. La psychanalyse de Freud [1911], tr. fro Viallard A., Clichy, GREC, 1994. CARROY J., Le mal de Morzine, de la possession à l'hystérie, Paris, Solin, 1981. Les personnalités doubles et multiples, Paris, P.U.F., 1993. CHAPEROT c., «Hystérie et hallucinations », L'information psychiatrique, n° VI, 1998. «Le diagnostic différentiel névrose-psychose d'un point de vue structural: essai de formalisation », L'Évolution psychiatrique, IV, 1998. CHARCOT J.M., L'hystérie, textes choisis et présentés par E. Trillat, Paris, L'Harmattan, 1998.

XXII

INTRODUCTION

CLAIR 1. et al., Autour des "Études sur l'hystérie ", Vienne 1895, Paris, 1995, Paris, L'Harmattan, 1998. DAVID-MÉNARD M., L'hystérique entre Freud et Lacan, Paris, Éditions Universitaires, 1983. FLOURNOY TH., Des Indes à la planète Mars, Paris, Le Seuil, 1983. FOLLIN S., CHAZAUD J. & PILON L., «Cas cliniques œ psychoses hystériques », L'Évolution psychiatrique XXXVI, 1961. FOLLIN S., Vivre en délirant, Le Pies sis Robinson, empêcheurs de penser en rond, 1992. Les

FREUD S., La naissance de la psychanalyse [1887-1902], Paris, P.U.F., 1956. FREUD S. et BLEULER E., «Correspondence », in Archives of General Psychiatry, vol. XII, 1965. ISRAEL L., La Jouissance de l'hystérique, Paris, Arcanes, 1996 JEANNEAU A., Les délires non psychotiques, 1990. Paris, P.U.F.,

KRESS-ROSEN N., Du côté de l'hystérie, Paris Arcanes, 1999. Le Discours Psychanalytique, Revue de l'Association Freudienne, Possessions d'hier, possessions d'aujourd'hui, n° XX, 1998. LffiBRECHT K, Hysterical psychosis, a historical survey, London, Transaction, 1994. MALEVALJ.-C., Folies hystériques et Psychoses dissociatives, Paris, Payot, 1981. MELMAN CH., Retour à Schreber, Freudienne Internationale, 1999. Paris, l'Association

NITSCHE P. et WILMANNS K, The Prison Psychoses, [1912]. Johnson Reprint, New York, 1970. NOBUS D. (ed), Key Concepts in Lacanian Psychoanalysis, London, Rebus Press, 1998. OESTERREICH, T. K, Les Possédés, Paris, Payot, 1927.

INTRODUCTION

XXIII

POSTEL J., La Psychiatrie, Paris, Larousse, 1994. SHOWALTER E., Hystories, Hysterical Epidemics and Modern Culture, London, Picador, 1998. TRILLAT E., Histoire de l'hystérie, Paris, Seghers, 1986. De L'hystérie à la psychose, Paris, L'Harmattan, 1999. YAP P. M., « The Possession Syndrome: A Comparison of Hong Kong and French Findings », Journal of Medical Science, 1960, n° 106. ZAMBACO D. [1882], Onanisme avec troubles nerveux chez deux petites filles, Paris, Solin, 1978.

***