La HQR à l'école

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Description

Demain, c’est la rentrée... Et si l’école allait à l’enfant ? L’école publique traverse une période de fortes turbulences. Elle subit de plein fouet les problèmes de violence qui sévissent dans la société française. Les agressions vis-à-vis des professeurs ont augmenté de 30 % depuis 2002. Les parents se plaignent de ne pas être les bienvenus dans une institution qui a pour vocation de préparer l’avenir de leurs enfants. Les élèves attendent plus d’autorité de la part de leurs enseignants, quand dans le même temps, cette noble fonction est dévalorisée dans la société tout entière.
Et si l’école allait de moins en moins aux élèves ? Aux enseignants ? Aux parents ?... comme l’on dit d’un vêtement qui se démode. Néanmoins, tous aiment l’école publique et les valeurs d’égalité dont elle est porteuse. Des solutions existent pour sortir de la crise.
Fruit de nombreux débats participatifs ainsi que de nombreuses études, l’ouvrage propose une voie destinée à aider tous les acteurs de la vie scolaire à passer une année sans violence et dans un climat de sérénité et d’enrichissement mutuelle : la Haute Qualité Relationnelle (HQR).
La Haute Qualité Relationnelle est une clé de « reliaison » à la portée de tout établissement.
Enseignants, proviseurs, parents, élèves, ce livre est pour vous. À vous de vous en emparer et d’en faire votre miel. Pour un établissement zen ? Utilisez les clés de la HQR.
Christophe MÉDICI est psycho-sociologue, formateur/coach en communication et développement personnel, spécialisé en écologie relationnelle. Il est également porte parole du collectif COUP DE JEUNE.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2008
Nombre de visites sur la page 11
EAN13 9782849241004
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0111 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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®La HQR à l’école
Pour un établissement sans violencedu même auteur :
La Haute Qualité Relationnelle : les nouvelles clés du mieux-être
ensemble, Éditions du Cygne, 2008
Lettre à Ségolène, Éditions du Cygne, 2007
Fin de parti, YCE Éditeur, 2005
Frère de sans. Pour un nouvel esprit politique, YCE Éditeur, 2001
© Éditions du Cygne, Paris, 2008
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-100-4Christophe Médici
®La HQR à l’école
Pour un établissement sans violence
Éditions du CygneÀ mon fils, Axel
Aider les êtres à aller jusqu’où ils peuvent,
et un peu plus.
Wilhem ReichSommaire
Introduction 7
1. La HQR à l’école 23
Chapitre 1 : La vie scolaire :entre violence et résilience 24
Chapitre 2 : La relation professeur-élève : 34
une relation en souffrance
Chapitre 3 : La relation parent-professeur : 47
une relation de méfiance
2. Le Label HQR 67
Chapitre 4 : Élaborer la Charte HQR 72
de votre établissement.
Chapitre 5 : Pratique de L’écologie relationnelle 75
dans l’établissement (PERLE)
Conclusion 115
Annexes 121Avertissement
Toute la théorie concernant la HQR ainsi que les tests
d’évaluation sont disponibles dans le précédent ouvrage de
l’auteur : La Haute Qualité Relationnelle : les nouvelles clés du
mieux-être ensemble, Éditions du Cygne, 2008Introduction
« Demain c’est la rentrée, et si l’école allait à l’enfant ? »
C’est par ce mot d’esprit qu’en 1991, Lionel Jospin, alors
ministre de l’éducation nationale du gouvernement d’Édith
Cresson, concluait son « Heure de vérité », émission politique
mythique des années 1980-90.
Vingt ans après, l’école publique traverse une forte
période de turbulences. Bien loin d’aller à l’enfant, elle
semble s’en éloigner. C’est comme si l’institution « allait » de
moins en moins aux élèves, aux enseignants et aux parents.
Comme on le dit d’un vêtement qui se démode. L’école subit
de plein fouet ces problèmes de violence qui sévissent au
coeur de la société française. Selon une étude de
l’Observatoire national de la délinquance, les agressions
physiques et verbales envers les professeurs ont augmenté
de 30 % depuis 2002. Difficile de se prémunir contre les
multiples propos et situations toxiques auxquelles nous
sommes confrontés au quotidien dans les divers
environnements que nous fréquentons. Au sein de nombreux
établissements scolaires, les relations se dégradent.
Le 16 décembre 2005, une enseignante d’art plastique,
Karen Montet Toutain, était poignardée à sept reprises en
pleine classe. Ce drame, largement médiatisé, bouleversa la
France. À la rubrique faits divers de la presse quotidienne, on
lit souvent des situations au cours desquelles des enseignants
ont été frappés, insultés. Qui se souvient de ce proviseur
assassiné au pied de son logement de fonction dans le sud de
la France ? Dans certaines contrées, le métier d’enseignant est
devenu une profession à haut risque. Parfois, ils craquent. Ce
fut le cas de celui qu’on appelle à présent « le prof gifleur ».
7Le 28 janvier 2008, José Laboureur, professeur de
technologie au collège Gilles de Chin à Berlaimont dans le Nord, va
s’emporter et molester l’élève Alexandre au sein de sa classe,
parce que celui-ci l’a traité de « connard ». Le père du jeune
homme, gendarme, porte plainte contre l’enseignant. Une
grande partie du corps enseignant se montre alors solidaire
de ce collègue. Ils firent circuler une pétition signée par
plusieurs dizaines de milliers d’entre eux. Ils se mobilisent.
Leur mot d’ordre ? « Je ne suis pas à l’abri d’avoir la même
réaction que José ». Le 13 aout 2008, le tribunal correctionnel
d’Averne-Sur-Helpe, a condamné l’enseignant à une amende
de 500 euros. C’est moins que ce que le procureur avait requis.
Néanmoins, ce jugement hautement symbolique, inquiète les
syndicats d’enseignants. « Le risque c’est que les enseignants
soient contestés dans leur autorité » affirme Karine Barlone
responsable régionale du SNES FSU (syndicat National de
l’enseignement supérieur). Les enseignants n’ont pas le sourire.
Du côté des élèves, le paysage n’est pas plus ensoleillé. Ils
cherchent leurs marques dans une Éducation Nationale en
crise, et qui se refuse à tout changer. Nombre d’entre eux se
forcent à étudier dans une institution qui n’a pas intégré
toutes les évolutions de la vidéocratie dans laquelle ils
évoluent. « Ils sont les purs produits de la vidéosphère et on
leur enseigne les disciplines comme au temps de la galaxie
Gutemberg », nous affirme Jean Marc 38 ans, professeur
d’histoire géographie dans un collège classé ZEP. Le décalage
est de taille, et nul ne semble s’en préoccuper. Quant aux
parents, ils sont porteurs de nombreux griefs vis-à-vis de
l’institution scolaire.
Selon une étude BVA réalisée en avril 2007, 79 % des
parents interrogés estimaient que la violence en milieu
scolaire était leur première source d’inquiétude, avant même
la réussite scolaire. Leurs revendications sont multiples. La
8première d’entre elles concerne l’orientation. Selon un
sondage CSA datant d’avril 2008, 60 % d’entre eux
estimaient que l’école n’aidait pas à faire des choix d’orientation.
Une autre source d’insatisfaction est liée à la relation
qu’entretiennent les parents avec le corps enseignant. En majorité,
ils ne se sentent pas accueillis. Entre des enseignants sur la
défensive, et des parents craintifs qui ne se sentent pas les
bienvenus, la communication est difficile parfois même
inexistante. Les associations de parents d’élèves soulèvent
cette question, et les études qu’ils effectuent auprès de leurs
adhérents donnent les mêmes résultats : les parents sont
insatisfaits du sort qui leur est réservé dans l’institution scolaire
Ils passent pour les fâcheux, ceux dont on ne veut pas. Rares
sont les établissements qui mettent en place de réelles
rencontres parents-professeurs plus de deux fois par ans.
Observons ces dernières. La majorité d’entre elles se
déroulent d’une façon très formelle, froide, académique.
Bref, les parents sont de plus en plus décontenancés.
Qu’attendons-nous pour réagir ? Qu’un enseignant soit
assassiné ? Que des élèves s’entretuent ? Que l’encadrement soit en
dépression profonde, et que les taux de suicide décuplent ?
Pourtant, des solutions existent. Depuis 2005, notre collectif
éducatif COUP DE JEUNE, s’active pour promouvoir les
pratiques de la Haute qualité relationnelle, dite H.Q.R.
Qu’est ce que la HQR ? C’est une pratique
comportementale à la portée de tous, qui a pour fondements l’écologie
relationnelle. Nous effectuons une distinction entre l’univers
du macro relationnel et celui du micro relationnel. À la
manière des économistes qui distinguent entre la micro
économie et la macro économie, nous affirmons qu’il existe
un champ macro relationnel et un champ micro relationnel.
Ce dernier englobe les relations que tout un chacun vit dans
les divers environnements humains qu’il fréquente au
quoti9dien : famille, travail, cercles d’amis, activités de loisirs. Le
macro relationnel regroupe deux phénomènes : primo, l’état
des relations d’une populations avec les grandes entités, par
exemple « le peuple et l’État », « le peuple et l’alimentation »,
« le peuple et le système de santé », « le peuple et la classe
politique », « le peuple et l’Éducation Nationale ».
Secundo, tout ce qui touche aux messages généraux passés
à la population d’un pays via les différentes médiatisations
possibles. Cet alliage génère l’ambiance apaisée ou agitée
d’une société. On pourrait évoquer l’idée d’une météo
relationnelle qui nous éclairerait sur le climat d’un peuple. Lors
de la dernière campagne présidentielle française, sous
l’impulsion de l’animateur Nicolas Hulot, des milliers de français
signaient le pacte écologique. Cela déboucha sur le Grenelle
de l’environnement en octobre 2007. À présent, les français
sont sensibilisés aux dangers qui pèsent sur notre planète, et
conscients de la nécessité de protéger la biodiversité. Dans le
même esprit, nous souhaitons les sensibiliser à l’écologie
relationnelle et proposer à chacun de s’inscrire dans une logique
de développement relationnel durable.
Nous proposons aux français de signer le pacte pour
l’écologie relationnelle. Comment définir l’écologie
relationnelle ? C’est l’acte d’éduquer sa manière de communiquer
tant avec l’autre qu’avec soi même, afin de ne pas envoyer de
messages toxiques qui polluent une relation. Il s’agit d’éviter
d’utiliser « la voix du chacal » en soi, et de privilégier la « voix
de la biche. » Chacun dispose de ces deux voix en soi.
L’écologie relationnelle est une pratique quotidienne. Elle
mène à cultiver la Haute Qualité relationnelle (HQR), tout en
restant conscient que nul n’est jamais exempt d’une conduite
de basse qualité relationnelle (BQR).C’est pourquoi la HQR
réclame une vigilance de tous les instants. Entendons-nous
bien. La HQR est une pédagogie, et non une thérapie. C’est
10une pratique profondément humaniste, et une pratique qui
nécessite des outils. Nous les appellerons les Outils
Relationnels.(OR). Il existe deux familles d’outils relationnels :
Les outils relationnels envers l’autre; (ORA) et les outils
relationnels envers soi (ORES).
Les trois trousseaux
Tout au long de son existence, l’être humain dispose donc
de trois trousseaux :
– Le trousseau « FIRRMIS », composé de sept clés noires :
La fermeture
L’irrespect
La rigidité
Le rejet
La méchanceté
L’irritabilité
La surdité
Elles symbolisent sept comportements toxiques. Plus elles
sont utilisées plus l’individu s’enferre dans une attitude de
basse qualité relationnelle.
– Le trousseau « SAGREER », composé de sept clés blanches :
La souplesse
L’accueil
La gentillesse
Le respect
L’écoute
L’expressivité
La régulation
Plus elles sont utilisées et plus l’individu s’inscrit dans une
attitude de haute qualité relationnelle.
11– Le trousseau « FORCE », composé de cinq clés
noires et blanches : souhaitant par-dessus tout tenir
compte d’une façon lucide et vécue de la réalité de
l’existence, il ne nous apparaît pas efficient de proposer aux
individus de n’utiliser que les clés SAGREER pour
parvenir à s’installer durablement dans une attitude HQR
envers les autres.
Le grand humoriste Pierre Desproges affirmait : « On
peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » Comme en
écho, nous estimons que l’on peut SAGREER partout avec
soi, mais pas avec n’importe qui. Il ne s’agit donc pas de
s’installer dans un comportement de « mauvais » gentil.
« Il semble que les méchants aient compris quelque chose
que les gentils ignorent » affirmait Woody Allen. En
analysant cette réflexion, nous avons effectué la distinction entre
les « bons » méchants et les « mauvais » méchants. Les
premiers sont ceux que la méchanceté aide à s’accomplir
dans l’existence voire même à être appréciés par les autres.
Les seconds sont ceux que la méchanceté fait mettre au ban
de la société, détestés par les autres et en situation d’échec.
Parallèlement, nous distinguons entre les bons gentils et
les mauvais gentils. Évitons toute confusion :le mauvais
gentil n’est évidemment pas une personne méchante, ce
serait un contresens absurde. Il faut entendre « mauvais »
dans le sens ou un commentateur sportif souligne qu’un
participant « joue » mal. Le « bon » gentil est celui à qui la
gentillesse permet d’évoluer sur l’échelle sociale, d’être
respecté par les autres, même par les méchants ; et si tel n’est
pas le cas, il a les arguments pour se faire respecter, et bien
évidemment être apprécié et aimé de ses congénères. Le «
mauvais » gentil est celui que la gentillesse fait stagner, voire
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