La langue dans la cité

La langue dans la cité

-

Livres
322 pages

Description

La langue ne serait-elle qu’un sujet propre à intéresser des esthètes désœuvrés, des puristes sourcilleux ou d’aimables cruciverbistes ? Non, car c’est à travers elle que nous appréhendons le monde et que nous nous intégrons à la collectivité. C’est à travers elle que le pouvoir se donne ou se refuse : dans un monde où communiquer est capital, régner sur elle représente un enjeu de taille. Et à l’ère du numérique, la langue est aussi un riche gisement économique. À côté des politiques de la santé ou de l’environnement, nos sociétés démocratiques doivent donc inventer une politique de la langue, dont les objets sont nombreux : droits de l’usager à l’égard d’institutions publiques qui ne semblent pas faites pour lui ; droit du travailleur à travailler dans sa langue ; protection du consommateur face aux produits standardisés ; intégration des populations migrantes… Ce nouveau livre de Jean-Marie Klinkenberg place nos langues – et spécialement le français – au cœur d’une réflexion sur les communications et les relations humaines dans le monde d’aujourd’hui. Il énonce avec brio et clarté les principes d’une politique linguistique visant la justice et l’équité, en proclamant que la langue est faite pour le citoyen, et non le citoyen pour la langue.Professeur émérite de l'Université de Liège, Jean-Marie Klinkenberg y a enseigné les sciences du langage. Ses livres, et ceux du Groupe μ dont il est un des fondateurs (Rhétorique générale, 1970 ; Traité du signe visuel, 1992), ont été traduits dans une vingtaine de langues. Membre de l’Académie royale de Belgique, il préside le Conseil de la langue française. Il est notamment l’auteur de Précis de sémiotique générale (Le Seuil, 2000) et de Petites mythologies belges (Les Impressions Nouvelles, 2009).

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 mars 2015
Nombre de visites sur la page 25
EAN13 9782874492907
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
LA LANGUE DANS LA CITÉ Vivre et penser l’équité culturelle
Cet ouvrage est pubîé avec ’aîde de a Fédératîon Waonîe-Bruxees
Mîse en page : Méanîe Duour Photo de couverture : © Chrîster Strömhom Estate / Gaerîe VU’
© es ïmpressîons Nouvees – 2015 www.esîmpressîonsnouvees.com îno@esîmpressîonsnouvees.com
Jean-Marie Klinkenberg
LA LANGUE DANS LA CITÉ Vivre et penser l’équité culturelle
Préface de Bernard Cerquiglini Recteur de l’Agence universitaire de la francophonie
ES ïMPRESSïONS NOUVEES
Pour ïsabee, toujours
e présent texte appîque es rectîIcatîons de ’orthographe de 1990, approuvées par toutes es înstances rancophones com-pétentes, en ce comprîs ’Académîe rançaîse. ï reprend certaînes pages de ’ouvrageLa Langue et le citoyen, pubîé aux Presses Unîversîtaîres de France en 2001.
PRÉFACE par Bernard Cerquiglini Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie
ecteur, tu peux aéger ta bîbîothèque et te déaîre de bîen des ouvrages consacrés au rançaîs. Qu’îs rapportent a égende dorée d’un îdîome paré de toutes es vertus et de bîen des éé-gances, passé, mîracueusement întact et vénéré, des cours prîn-cîères aux symboes de a Répubîque, du paaîs du gouverneur coonîa à a trépîdante jeunesse des îndépendances. Qu’îs racontent a égende noîre d’une angue en décîn, concurrencée à ’extérîeur par ’îdîome du mercantîîsme yankee, ruînée à ’în-térîeur par e soécîsme, ’îgnorance et e aîsser-aer. îbérés, es rayonnages pourront s’orner de bîbeots choîsîs et de cet ouvrage îndîspensabe.
D’une pume aerte et paraîtement înormée, avec ’assu-rance du grand savant et ’expérîence du pratîcîen, Jean-Marîe Kînkenberg détruît ces chîmères pour traîter sérîeusement du rançaîs : c’est une questîon de scîence et de poîtîque.
ï y a en efet des savoîrs posîtîs sur a angue. ï en est égae-ment en matîère de mîcrobîoogîe marîne, par exempe, maîs îs ne donnent pas matîère à un débat pubîc. a dîicuté tîent îcî au aît que tout rancophone s’est ormé une opînîon, qu’î croît avérée, sur ce qu’î en est de sa angue (norme, statut, évoutîon), et qu’î est prêt à a déendre avec ardeur. ’auteur rappee avec tact queques soîdes vérîtés actuees : depuîs qu’î s’est détaché du atîn, e rançaîs n’a jamaîs été autant paré (200 mîîons de ocuteurs) nî écrît (grâce au numérîque) ; aucune étude sérîeuse,
7
La Langue dans la cité
en outre, n’a aît apparatre une queconque perte de quaîté. Un rappe théorîque n’est pas moîns nécessaîre : e rançaîs, en tant que angue, n’est pas porteur de vaeurs întrînsèques (a propensîon à ’unîvocîté probe, ou bîen ’expressîon des droîts de ’homme) ; présentant, comme tout îdîome, un équîîbre dynamîque d’unîté et de dîversîté (ce quî assure son extensîon mondîae), î se dîférencîe avec nature dans e temps comme dans ’espace. Cette dernîère mîse au poînt est partîcuîèrement sautaîre, tant essentîaîsme et purîsme, pourraît-on dîre, e dîs-putent argement à ’angaîs pour ofenser notre angue.
EnIn, un îdîome vîvant est un objet de part en part socîa ; on en déduît qu’î requîert une actîon pubîque. Maîs à encore Jean-Marîe Kînkenberg adopte une optîque dont a écondîté rompt avec es préjugés : magré du Beay et une émînente tradî-tîon poémîque, ce n’est pas a angue qu’î convîent de déendre, maîs es droîts de ses ocuteurs à a parer. a poîtîque înguîs-tîque concerne es afaîres de a cîté ; démocratîque, ee entend donner aux cîtoyens es moyens de eur angue. Reèvent aînsî d’une tee actîon écaîrée et concertée : ’apprentîssage des com-pétences angagîères requîses par es nouvees technoogîes, a matrîse de a rédactîon technîque, ’accroîssement des termîno-ogîes, a pratîque du purîînguîsme. On est oîn de a déense, très « vîeîe France », des ormes surannées d’un usage exquîs ; on est au pus près des besoîns concrets de ocuteurs rées, en Europe comme dans e monde.
Une tee perspectîve renouvee notre îdée de a rancopho-nîe. Cee-cî ne répond pas à queque messîanîsme essentîe de a angue rançaîse, pas pus qu’ee ne met en œuvre un huma-nîsme quî uî seraît propre. Ee est un aît géopoîtîque com-pexe, mêant unîté et dîversîté (a rancophonîe est une syntaxe, dîversement prononcée), artîcuant besoîns partîcuîers (’actîon rancophone est par nature déconcentrée) et aspîratîons com-munes. Au-deà des sîtuatîons spécîIques (es attentes égîtîmes
8